Bonjour tout le monde !

Dis donc, j'étais inspirée aujourd'hui, et j'ai réussi à écrire ce nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira ! En tout cas j'ai pris un agréable plaisir à me mettre dans la tête de Sherlock, j'espère que je suis assez proche du caractère ! En tout cas, ça m'amuse vraiment de décortiquer toutes leurs expressions corporelles et faciales !

Je dédie ce chapitre à Shadowquil's pour toutes les gentilles reviews que tu m'as posté, et à ma chère Lou Rose, j'espère qu'il te plaira, vu que tu t'attendais à ce que je fasse du John (oH mon Jawhnnn ^^)

Je pense qu'il pourrait être intéressant pour vous de voir la scène puis de relire cette fic, peut être qu'en fait, vous n'avez pas du tout la même interprétation ;)

Bonne lecture :)

Situation : réécriture de la scène dans le taxi - 1X01 (de 18:04 à 21:35)


02 : SISTER !

Clic, clic, clic. Sherlock consultait les derniers SMS qu'il avait échangé avec Lestrade lorsque le bruit irritant des rouages de l'esprit en pleine ébullition du docteur assis à ses côtés l'interrompit. Il lui lança un regard en coin, confirmant ainsi ses soupçons : Le regard fuyant de quelqu'un qui n'ose pas parler et qui pourtant en meure d'envie. La bouche entrouverte, mourant d'envie de poser des questions. Mais les muscles orbiculaires et zygomatiques tendus dans un signe évident de confusion mêlée à de la nervosité. Prévisible. Tellement prévisible. Mais pourquoi donc lui avait-il proposé de le suivre ?

L'ambiance était de plus en plus tendue. Résigné, Sherlock inspira un grand coup. Il était temps de le laisser poser ses questions, sans quoi le cliquetis incessant allait bientôt devenir insupportable.

« Okay, vous avez des questions » fit-il, prêt à subir les interrogations du médecin.

Comme prévu, la réponse ne se fit pas attendre.

« Oui, où allons-nous ?»

Quoi ? Tiens, ça c'était inattendu. Il n'arriva pas à masquer sa surprise. Ses sourcils se haussèrent malgré lui, et il jeta un œil furtif à son voisin. Il s'était plutôt attendu à se faire assaillir par les questions habituelles : « Comment savez-vous tout cela sur moi ? Avez-vous enquêté sur moi ? Vous êtes cinglé ?! ». Néanmoins, le questionnement était légitime, et rationnel. Il se reprit en détournant les yeux de son voisin, se concentrant brièvement sur le paysage urbain qui défilait à travers la fenêtre, afin d'adapter ses réponses à son interlocuteur et non essayer de les anticiper comme d'habitude. Garder le contrôle.

« Sur la scène de crime. Suivante ? »

« Qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ? »

L'entretien ressemblait à un échange de tennis de table. Question-réponse, question-réponse. Cela avait le mérite d'être stimulant. Par ailleurs, le médecin n'avait toujours pas posé les questions fatidiques. Il était capable de compartimenter ses émotions afin de saisir les informations les plus importantes en premier. Intéressant, quoique pas si surprenant que cela de la part d'un ex-soldat. Il décida de tester sa réflexion.

« Selon vous ? » Il gardait les yeux fixés sur la route. Il ne souhaitait pas lui faciliter la tâche. Il voulait observer et décortiquer le cheminement de sa pensée sans que celui-ci ne soit altéré par un regard, ou un indice qu'il aurait pu lui donner sans le vouloir.

Watson tourna la tête vers lui, puis se recentra sur la route qui défilait à travers la vitre.

« J'aurais dit, détective privé... »

Bien, un bon point. Le ton de sa voix était élevé. Il n'avait donc pas fini sa phrase. Sherlock l'encouragea à continuer :

« Mais... »

« ...mais la police ne fait pas appel aux détectives privés. »

Bien ! Il était pertinent au moins. Il eut une ébauche de sourire avant de poursuivre :

« Je suis un détective consultant. Le seul au monde. J'ai inventé ce poste. » Il ne put réprimer l'élan d'orgueil qui montait en lui et qui avait dû transparaître dans ses dires. Il se gifla mentalement. Garder le contrôle.

« En quoi cela consiste ? » demanda aussitôt le médecin.

Question-réponse, question-réponse. Pas le temps de penser, il fallait agir. C'était... déstabilisant, mais pas hors de sa portée, bien entendu.

« Lorsque la police patauge, ce qui est à peu près tout le temps le cas, ils me consultent. »

Il évitait toujours délibérément le contact visuel avec son voisin. Voisin qui répliqua aussitôt, un petit sourire aux lèvres :

« La police ne consulte pas les amateurs. »

Touché. Fit une petite voix en lui, tandis qu'il tançait le médecin d'un regard légèrement vexé. L'orgueil qu'il avait réprimé tout à l'heure fit une remontée. Il était temps de calmer l'Impertinent en lui exposant les faits apportés par la Sainte Science de la Déduction.

« Hier, quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, j'ai demandé « Afghanistan ou Irak ? » et vous sembliez surpris ». Et c'est un faible mot.

« Oui, comment avez-vous su ? »

Enfin ! Sherlock allait enfin pouvoir réciter la réplique qu'il avait soigneusement préparée dans son esprit.

« Je ne l'ai pas su mais vu » Il se mit à parler avec un débit à la limite de l'intelligible : « Votre coupe de cheveux, votre maintien, me signifient clairement votre origine militaire. Mais votre conversation avec Mike, en entrant dans la salle révèle que vous avez été formé à St Bart', donc médecin militaire, - manifestement. Votre visage est halé, mais vous êtes pâle au-dessus des poignets. Vous avez donc été à l'étranger, mais pas pour le tourisme. Votre claudication est importante lorsque vous marchez mais vous ne demandez pas de chaise lorsqu'il s'agit de rester debout, comme si vous aviez oublié votre jambe, donc c'est au moins en partie psychosomatique. Ceci implique une blessure traumatique, donc blessé au combat. Blessure de combat et bronzage aboutissent à : 'Afghanistan ou Irak ?' »

Léger silence. Le temps de digérer ou bien de se remettre de l'efficacité de la Sainte Science de la Déduction ?

« Vous avez dit que je consultais un psy. »

« Votre claudication est psychosomatique, bien sûr que vous voyez un psy » dit-il avec dédain. Il enchaîna, ne laissant pas le temps au médecin de répliquer : « Et il y a votre frère... »

Le blond tourna vivement la tête en sa direction en laissant échapper un « Hum ?» alors qu'il le sortait de ses pensées. Clic, clic, clic. Il tendit sa main en sa direction, réclamant l'appareil :

« Votre téléphone. Il est coûteux, avec e-mail, MP3, mais vous recherchez une colocation, donc vous ne gaspilleriez pas d'argent là-dedans. C'est donc un cadeau. » Enonça-t-il tout en examinant le téléphone que son futur colocataire lui avait donné. « Des éraflures. » dit-il en désignant l'une des nombreuses qui figuraient sur l'appareil, « Pas une, mais plusieurs. Dues aux clefs à son contact dans la même poche. L'homme à mes côtés ne traiterait pas un objet d'un tel luxe de cette manière, donc c'est un objet de seconde main. La suite est assez facile, vous la connaissez déjà. »

« La gravure. » Dit-il tout en le scrutant. Les lumières de la nuit se reflétaient sur son visage. Elles défilaient au rythme du taxi, dans un jeu d'ombre envoûtant.

« Harry Watson. » Récita Sherlock. « Clairement le membre de votre famille qui vous a cédé son vieux téléphone. Pas votre père, ce gadget est trop branché. Cela pourrait être votre cousin, mais vous êtes un héros de guerre qui ne trouve pas de lieu où vivre. Vous n'avez donc certainement pas une grande famille, donc c'est votre frère. Venons-en à Clara. Qui est Clara ? Trois baisers signifient un lien amoureux. Le prix du téléphone nous apprend que c'est sa femme, pas sa petite amie. Elle a dû lui offrir récemment, - le modèle n'a que six mois. Le mariage ne va pas fort, il vous le donne. Si elle l'avait quitté, il l'aurait gardé, par sentimentalisme. Mais ce n'est pas le cas, il voulait s'en débarrasser car il l'a quitté. Il vous a donné le téléphone ce qui signifie qu'il veut garder contact. Vous rechercher une location bon marché mais vous ne demandez pas d'aide à votre frère ce qui veut dire que vous avez des problèmes avec lui. Peut être que vous aimiez sa femme, ou alors vous ne cautionnez pas son alcoolisme. »

John l'interrompit : « Comment pouvez-vous connaître sa possible addiction ? »

Les lèvres de Sherlock s'ourlèrent rapidement en un sourire satisfait. Dans le mille.

« Au jugé. Mais bien tombé ! » Il reprit ses explications pour le commun des mortels : « La connectique : il y a de petites rayures autour. Chaque soir, il branche son appareil pour le charger mais ses mains tremblent. L'homme sobre ne fait jamais de telles marques, mais un ivrogne, oui. Ah, et vous aviez raison. »

Il rendit le téléphone à son interlocuteur, attendant patiemment la dernière question qui lui permettrait d'asséner le coup de grâce.

« J'avais raison ? A quel propos ? »

« La police ne consulte pas les amateurs. »

Il avait exagérément accentué chacun de ses mots afin de bien faire regretter à l'Impertinent ses anciens propos, dans un excès de fierté mal placé. Sa tirade terminée, il se permis enfin de souffler un peu en baissant le regard, se demandant finalement s'il avait été bien pertinent de vouloir donner une telle leçon d'humiliation à l'homme qui s'apprêtait peut-être à devenir son colocataire. Après tout, il lui avait bien trouvé quelques qualités. Certes, il n'arrivait pas à la hauteur de sa géniale intelligence, mais il avait eu le mérite de le surprendre par sa gentillesse hier, et aujourd'hui par son sang-froid et sa manière d'aborder les choses de façon cohérente et rationnelle, un fait après l'autre.

Néanmoins, aussi surprenant que ce médecin fût, il restait un homme. Sherlock releva la tête, les yeux dans le vide et se mordit les lèvres, prêt à subir les insultes habituelles.

« C'était... Stupéfiant ! »

Oh. Sherlock fronça les sourcils. Avait-il bien entendu ? Décidément, cet homme était complètement imprévisible. Cela était déroutant. Mais pas désagréable.

« Vous le pensez ? » Demanda-t-il, n'osant y croire.

« Bien sûr. C'était extraordinaire »

Sherlock le détailla. Il regardait devant lui puis baissait la tête, dans une pudeur qui lui semblait caractéristique des anciens soldats. Sa bouche était pincée dans une admiration non feinte. Il ne mentait pas.

« Ce n'est pas ce que les gens disent normalement » constata le détective.

« Que disent-ils normalement ? »

« 'Allez vous faire foutre !' » Expliqua-t-il en souriant malgré lui. Il ne pouvait s'empêcher d'afficher son soulagement. Il n'avait pas perdu son potentiel coloc' et en prime, celui-ci ne le prenait pas pour un déséquilibré mental. Vraiment, cet homme était incroyable. Et Sherlock ne souvint pas de la dernière fois dont il avait pensé cela d'un autre être humain.

Le taxi fit quelques mètres encore puis arriva à destination. Il descendit, puis John le suivit en s'appuyant sur sa canne pour se relever.

« Me suis-je trompé quelque part ? » demanda-t-il, sûr de lui, en relevant machinalement le col de son long manteau.

« Harry et moi ne nous entendons pas, on ne s'est jamais entendu. Clara et Harry se sont séparées il y a trois mois et sont en instance de divorce. Et Harry est alcoolique... »

Pas mal mon vieux, bien que prévisible, se félicita mentalement Sherlock.

« Un sans faute, donc. Je ne m'attendais pas à avoir raison sur tout. »

« ... et Harry est le diminutif de Harriet... »

Oh non. Il se figea, mortifié, en réalisant son erreur – stupide.

« Harry est votre sœur. » Ca n'était pas une question, mais une évidence.

John continuait tant bien que mal d'avancer, aussi vite que son boitillement le lui permettait.

« Ecoutez, que suis-je censé faire ici ? » demanda-t-il en se retournant, comme si de rien n'était. Mais son expression n'arrivait pas à cacher le début de sourire qui se dessinait au niveau de ses fossettes.

« SISTER ! » cracha-t-il, les dents serrées. Quel idiot il faisait, à vouloir étaler sa science en se trompant sur un fait aussi stupide. Débutant.

Il reprit sa route et John lui emboita le pas en lui posant une question qu'il distingua à peine. Vraiment, cet individu avait réussi en moins de vingt-quatre heures à l'étonner trois fois et à le dérouter dans ses formidables déductions. La colocation s'annonçait vraiment comme une expérience pour le moins... intéressante. Car John Watson était un homme fascinant.


NDA : J'ai choisi volontairement de laisser la réplique "SISTER" en anglais, car je la trouve tellement bien dans cette langue, que je ne vois pas du tout Sherlock la prononcer autrement.

J'accepte les reviews avec plaisir ;)