Titre: Indécence

Auteur: Stubby Stubb

Source: Tous les tomes d'HP, mais sans suivre le déroulement de l'histoire.

Disclaimer: L'univers d'HP n'est définitivement pas à moi bien que je l'arrange largement à ma sauce.

Rating: M

Avertissement: Futur présence de slash, changement de sexe, travestissement, torture psychique.

Genre: Sorte de UA, slash. Angst, Harry OOC( dans le sens où il a eut une toute autre vie qui l'a influencé…),

Résumé : Slash …parce qu'il est indécent pour un garçon de désirer s'habiller en fille. Parce que même les meilleures intentions du monde peuvent détruire une vie. N'est-ce pas Dumbledore ?

Si la prophétie ne s'était pas réalisée de la même manière. Si Voldemort n'avait pas disparut. Si à la mort des Potter Dumbledore avait fait une erreur en voulant protéger Harry ? Si…

Note: Il y assez de angts dans ce chapitre. Alex réagit plutôt violemment à ce changement Alex/Harry.

Pour ceux qui se poseraient la question : Alex restera Alex, tant qu'Alex se pensera et considèrera Alex. Tant qu'elle ou il ne se pensera pas comme étant un homme et encore plus, comme étant Harry, je continuerais de l'appeler ainsi.


Tout d'abord un énorme merci à ceux qui ont lu même sans laisser de mots le chap précédent. Je devrais avoir remercié ceux qui l'ont fait personnellement, mais au cas ou je le répète: merciiiiiii !

Que le message soit court, ou long, qu'on aime ou pas, ça fait toujours plaisir de savoir qu'il y en a qui suivent, et qui prennent le temps de laisser une petite trace de leur errance. BizZ

( Stubby tient à préciser que ce message enthousiaste n'a pas été rédigé sous la contrainte du néfaste alcool ou de la fourbe drogue.)

-Les mots en gras, seront en français dans le texte.-


.Partie 2.

-Sois un homme et tais-toi.-

Elle avait hurlé. Elle avait gémit. Elle avait même supplié. Juste pour que tout ceci s'arrête. La torture aurait peut-être été préférable, dans la mesure où la douleur ne serait pas venue de changements à l'intérieur même de son propre corps.

Quand elle finit par se taire et s'effondrer, il lui sembla avoir tant crié que le timbre de sa voix en était devenu plus rauque. Sans jamais se douter un seul instant de l'innommable tragédie qui venait de la frapper. Quand elle parvint à ramper sur le lit, quand son esprit cessa de clignoter comme une luciole affolée, elle s'étonna de sa solitude.

Elle s'était attendue à voir débouler une troupe de voisins affolés entourant Dumbledore. Ou au moins le vieux lui-même. Elle l'avait même espéré. Une arrivée miraculeuse précédent celle du médicomage et de sa trousse de premiers soins pleine de potions contre la douleur.

Mais rien.

Juste le fantôme de cette souffrance dans ses muscles, et un tiraillement douloureux, semblable à celui ressenti dans un membre qui aurait voulu grandir trop vite.

Alex serait bien restée une éternité à se demander si la Faucheuse l'avait prise, s'imaginer s'enfonçant dans ce matelas de seconde main. Mais une odeur âcre imprégnait les couvertures humides de bile, qu'elle avait expulsé comme on cherche à déloger une douleur inaccessible. Tremblante, trop pour être révulsée, elle s'essuya la joue. Puis, elle quitta le lit pour embrasser le sol dans un glapissement surpris.

Flou.

Elle, qui avait toujours été doté d'une vision parfaite, ne voyait à présent le monde qu'à travers un sublimissime fond trouble. Elle était myope comme une taupe. Et elle avait les fesses pleines de bile.

Avez-vous déjà ressentit cette envie de tout en envoyer en l'air en poussant un hurlement de frustration ?

Ses jambes tremblaient quand elle se saisit des habits fournis par Dumbledore. Juste pour les tirer à elle.

Son ventre se contractait quand elle se déshabilla avec précaution.

Ses doigts tremblaient quand elle boutonna sa chemise, se sentant trop faible pour prendre une douche avant de se changer.

Sa voix ne trembla pas quand baissant la tête, elle constata pour la première fois son nouvel état, et ses conséquences…

Quand elle vit pour la première fois de sa vie un sexe d'homme, elle s'évanouit. Seulement, c'était le sien.

oOOo

Elle ne s'était pas douchée depuis trois longues journées.

' As-tu entendu parler du mage noir nommé Voldemort ?...'

Un air ahurit de première qualité semblait s'être gravé sur son visage.

'… Quand le jeune Harry Potter l'a défait, il m'a fallut assurer sa protection en l'éloignant de notre monde…'

Elle n'avait rien avalé depuis. Mais l'idée de se nourrir la révulsait à présent. Si suicide n'était pas le mot, autodestruction volontaire l'était.

'… Alors caché sous une identité que personne ne pourrait deviner, je l'ai confié à un orphelinat moldu...'

Le simple fait de remuer ce corps, qui était désormais le sien, la révulsait, lui remuait les entrailles, faisait danser le sol sous ses pieds, lui donnait une irrépressible montée de gerbe. De s'arracher cette peau qu'elle ne reconnaissait plus.

'… A l'orphelinat, on lui attribua le nom d'Alex. Et cette Alex c'est toi...'

Elle cauchemardait tout simplement. Ce n'était qu'une longue, longue agonie.

'…Mais il faut oublier tout ça. Tu dois redevenir Harry Potter, le survivant...'

Etait-ce son sourire, ou apprendre qu'il était le responsable de sa torture qui la révulsait à ce point ?

' … Le monde magique attend ton retour avec impatience, Harry.'

Elle s'appelait Alex.

Alex.

oOOo

Dumbledore avait mi fin à sa révolte silencieuse peu de temps après. Il semblait déterminé à ramener auprès des siens un survivant conforme à ses souhaits, et ne souffrirait pas les caprices d'une gamine qui ne comprenait rien à la vie, et dont l'avis avait moins d'importance que les espérances de la communauté magique tout entière. Du moins c'est ainsi que compris le coup d'éclat qui obscurcit de manière assez effrayante la physionomie de la prestigieuse silhouette.

'Maintenant ça suffit Harry ! Je comprends parfaitement que cette révélation soit un choc pour toi, mais il est temps de te remettre ! Il est hors de question que tu continues à te laisser aller ainsi ! Tu vas te laver maintenant. Je t'attendrais dans le salon, nous irons déjeuner.'

' Je suis ALEX !'

Le statu quo instauré jusque-là avait volé en éclat. Si Alex avait espéré que Dumbledore la laisserait gérer cette crise à sa manière, elle réalisait à présent l'étendue de son erreur. Il l'avait peut-être laissée seule découvrir ce qui lui arrivait, mais il avait bien l'intention de régenter sa vie tant qu'il le pouvait pour faire d'elle ce Harry Potter.

Mais que s'imaginait-il ? Que toute sa vie durant, elle avait espéré ce moment avec impatience ? Qu'il n'y avait qu'à gratter la surface pour voir surgir cet Harry Potter viril, glorieux, de sous son chapeau comme dans un tour de magie ? Croyait-il combler ainsi le manque qu'elle avait toujours ressentit ? Cette légère gêne qu'elle reconnaissait pleinement ?

Elle avait grandit, été élevée, formé ses pensées en croyant être une fille. Espérant comme toutes les filles devenir bientôt une femme séduisante. Rêvant du prince charmant.

Et maintenant elle devait être un homme ? Une autre personne ?...Harry Potter ?

Hors de question.

« Alex, je suis Alex, et seulement Alex. » se répétait-elle, en boucle la porte de la salle de bain fermée sur elle depuis de longues minutes. Elle savait un miroir lui faire face. Elle savait qu'il lui suffisait d'ouvrir les yeux, et de lever la tête pour croiser son reflet. Mais son mantra ne parvenait pas encore à lui dispenser assez de courage. Dans sa phase de rejet d'elle-même, elle avait consciencieusement évité tout reflet de son corps. Tout au plus savait-elle que ses cheveux n'étaient pas tombés de son crâne…

« Je suis moi. Je suis moi. Je suis moi. Je suis Moi… » Elle prit une profonde inspiration, et croisa des prunelles vertes dans le miroir.

La première fois qu'elle se vit dans un miroir, elle fut comme gelée de l'intérieur. Elle ne se reconnaissait pas. Tout en sachant qui était l'inconnu dans ce miroir. Au plus profond de ses tripes, elle su, su que ça avait toujours été ainsi. Là. Tapis au fond d'elle-même. Elle en avait la conviction à présent. C'était elle.

Révulsée, elle en vomit glorieusement sur ses chaussures. Mais pourtant…elle était incapable de se détourner de son reflet. Elle savait l'identité du corps représenté sous ses yeux. Après tout elle n'avait pas tant changé. Ses cheveux, étaient toujours aussi noirs, ses yeux du même verts. Elle avait peut-être gagné quelques centimètres, et ses traits s'étaient-ils épaissi pour devenir un peu plus masculin, carré, c'était elle.

Une nouvelle série de hoquet secouèrent son corps encore étrangement fin, mais elle parvint à se contenir. Se contenir mais pas retenir les larmes qui débordèrent de ses paupières lourdes de peines, pour dévaler ses joues.

C'était elle. Tout ce qu'elle avait toujours redouté. Elle n'était qu'un monstre. Un monstre de foire.

Alex gémit. Un sanglot qui montait de son âme exprimant sa douleur. Sans quitter l'image des yeux, elle se laissa lentement glisser au sol. Alors, ramenant ses genoux contre son buste, elle enfouit sans tête au creux de ses bras. Et fit ce que se permettent de faire tous les enfants, toutes les femmes, tous les êtres perdus. Elle pleura.

Je suis moi.

Son reflet dans le miroir magique, persista encore un instant, se demandant ce qu'il avait fait de mal dans sa tâche, il s'était pourtant évertué à restituer ses traits le plus fidèlement possible, avant de disparaître.

Tout autre personne à la place d'Alex n'aurait pas convoqué l'image d'un monstre en guise de comparaison pour désigner la créature qu'elle était devenue, mais éthérée. Oui, ce même qualificatif qu'on utilisait pour qualifier les créatures célestes inaccessibles aux mortels et qui semblaient évoluer dans leur propre monde. Alex avait raison. La potion l'avait changé. Même en homme, elle ne pouvait être normal. C'est pourquoi la Potion de l'Héritier n'était plus utilisée depuis longtemps : ses effets sur le long terme, en plus d'être trop méconnus étaient dangereux.

Mais là, personne hormis Alex peut-être, n'aurait pu se plaindre des effets retors de cette potions. Sa silhouette était indéniablement masculine, mais d'une masculinité fragile pour ne pas dire frêle. On devinait une ossature fine pour un corps décidemment androgyne, effet renforcé par ses longs cheveux noirs peut-être plus ébouriffés et moins épais qu'avant mais toujours aussi long. Elle qui avait toujours eu une peau très pâle avait pris des couleurs et arborait une peau mate mettant en valeur des traits fins et mutins de fée. Une moue légèrement boudeuse, un nez busqué, des cils noirs trop longs pour un garçon. Ses détails pris un à un, la virilité désirée par le directeur en prenait un sacré coup. Pourtant, c'était bien elle qui l'avait frappée au premier coup d'œil.

Avec ses épaules qui s'étaient élargies, ses épaules aussi, la forme de ses muscles qui avaient changé, le léger dessin d'une pomme d'Adam à son coup, de sourcils plus fournis, des doigts plus courts, des jambes moins longues.

Et pourtant…

(1)

oOOo

« Hors de question ! »

Une fois n'est pas coutume, Alex se disputait avec Dumbledore. Ou plutôt tentait d'échapper à une de ses nouvelles revendications pour faire d'elle le Parfait-Harry-Potter. Tout avait commencé deux jours plus tôt avec les vêtements. De garçons cela va s'en dire. Et maintenant, il ne semblait plus vouloir s'arrêter.

« Allons, Harry, sois un peu raisonnable veux-tu ! » On voyait clairement que le vieil était sur le point de perdre patience. Mais qu'à cela ne tienne.

« J'ai dit non c'est non ! »

Au début, elle avait eu du mal à tempêter, voire s'opposer tout court à l'illustre homme. Malgré tout, il restait le Célèbre Albus Dumbledore qui devait détenir elle ne savait combien de décorations. Elle avait vite changé d'avis. Cet homme était le diable fait sorcier.

« Ca suffit maintenant ! Tu vas cesser de courir partout et me laisser te couper les cheveux ! » explosa finalement le sorcier. Il était vraiment impressionnant lorsqu'il parlait fort comme ça. Vraiment. Tellement, qu'Alex cessa son énième tentative de fuite, figée. Mais c'était la cinquième fois qu'elle le mettait dans cet état en deux jours. Elle avait appris à se remettre.

« Je.Ne. Me. Couperais. Pas.Les.Cheveux. » siffla-t-elle à son tour furieuse. « Suis-je claire ? Vous contrôlez peut-être ma vie, mais je peux encore faire ce que je veux de mes cheveux bon sang ! »

Quand on lui avait apprit qu'elle serait adoptée, elle ne se serait jamais imaginée un tel cauchemar. Allez savoir pourquoi l'adoption était le rêve merveilleux commun à tous les orphelins, même à ceux de St Anne. C'était leur espoir le plus précieux. Avoir une famille. A eux.

L'arnaque.

Peut-être l'impressionna-t-elle. Peut-être fut-il marqué par un éclat soudain au fond de ses prunelles. Peut-être le sorcier en eut-il tout simplement assez de lutter pour un sujet aussi futile. Toujours est-il que Dumbledore finit par capituler.

« Très bien. » soupira-t-il.

« Bien. »

Si elle devait se comporter comme un garçon, s'habiller comme un garçon, pire encore, prétendre être un putain de garçon, on ne l'empêcherait pas de garder une preuve de ce qu'elle était vraiment. De ce qu'elle avait été.

oOOo

Sa première sortie de l'hôtel où ils avaient leurs chambres l'avait terrifiée à l'idée qu'on la pointe du doigt en la traitant de monstre. Mais non, le gérant de l'hôtel récupéra les clés comme tout bon gérant, et ne fit même pas la rapport entre la jeune fille entrée la semaine précédente, et l'adolescent qui lui faisait place. Quand Dumbledore était là, les gens ne faisaient guère attention à ce qu'il se passait autour se disait-elle.

Si elle savait.

Appuyée sur le comptoir, elle attendait que le vieil homme finisse de payer, et régler elle ne savait quelle formalité. Son regard balayait la salle sans s'y attarder. Un couple de sorciers venait de pénétrer dans le hall. La fourrure de madame aurait fait peur aux associations défenseuses des animaux. Leurs regards se croisèrent. Elles s'examinèrent l'une l'autre, comme lorsque l'on sent que l'on a affaire à une personne qui nous est totalement différente, issue d'une catégorie qu'on ne comprendrait jamais.

Et soudain, l'attention de la femme se focalisa sur son front. Sur la fine cicatrice qui l'ornait, pourtant discrète de part son ancienneté.

Un véritable cri brisa le calme ambiant.

« Oh mon dieu ! Mais c'est Harry Potter ! »

La nouvelle se répandue comme une traînée de poudre. Oublié Dumbledore, l'adolescent timide au comptoir était la source de toutes les attentions. Harry Potter, le Survivant anglais dont les journaux à scandales relançaient régulièrement la légende.

Elle avait eu tord de s'en faire. On ne la traitait pas de monstre. On la traitait de Survivant. On voulait l'approcher la toucher, la palper, la vénérer, lui demander un autographe, lui parler, la terrifier, l'oppresser.

Ce fut Dumbledore qui la sortit de là. Il posa une main sur sa épaule, et les fit transplaner loin de ce lieu maudit. Il avait l'air furieux. Sûrement aurait-il voulu éviter d'attirer l'attention. Ou contrôler lui-même l'annonce du retour du Survivant dans la presse.

Alex s'en fichait.

L'agoraphobie, la peur de la foule et du nombre. Elle venait de se découvrir une nouvelle peur.

oOOo

Assise dans un coin du Magicobus Trans-Atlantique, Alex lisait avec attention son nouveau livre de chevet : 'La légende d'Harry Potter, ou comment un enfant vainquit le seigneur des Ténèbres.'. La trajet allait durer une bonne heure pour rejoindre l'Angleterre, autant se documenter un peu sur la légende sorcière qu'elle était devenue. Ce serait un comble que la principale concernée ne connaisse rien de son histoire. C'était ce que Dumbledore avait laissé sous-entendre.

Le livre était illustré. Elle avait passé le premier quart d'heure à fixer une photo de ses parents. Fascinée. Ils étaient beaux. Ils avaient l'air heureux. Elle avait du mal à réaliser que ces personnes étaient ses parents. Les siens. Parfois, les orphelins en venaient à penser qu'ils étaient différents des autres enfants, qu'ils naissaient sans parents. Mais eux, étaient beaux. James et Lily Potter. Elle avait déchiré l'image animée, comme toutes les photos sorcières, et l'avait glissée dans sa poche. Tout au fond, tout contre sa cuisse, là où elle pourrait la sentir constamment. Ses parents.

Alors, un drôle de sentiment avait vrillé son cœur en contemplant les traces de cette page déchirée sur le livre ouvert. Un sentiment proche de la jalousie, plein de possessivité, et aussi de douleur. Elle n'avait jamais eu le nom, ou d'images de ses parents, ses propres parents, mais des inconnus eux se permettaient d'afficher leurs photos dans ce livre, comme s'ils étaient siens. Comme s'ils lui volaient. Sentiment d'injustice.

Prévu pour les longs trajets, le Magicobus comportait des lits comme le magicobus habituel, mais aussi des cloisons entre ses lits, comme pour créer des sortes de petits compartiments.

Dumbledore était sur le lit en face du sien. Il n'avait rien dit depuis leur départ. Elle le haïssait. Vraiment. Elle le rendait responsable de ce qui lui arrivait. Et après tout n'avait pas vraiment tord.

Si elle ne s'était pas encore enfuie c'est qu'il avait sa tutelle. Et qu'elle n'irait pas loin dans le monde magique tant qu'il aurait sa tutelle magique. Et aussi…que personne n'avait le droit de revenir à l'orphelinat une fois partit. Et que personne là-bas ne la reconnaîtrait maintenant. Ou peut-être que si, mais les filles la verraient alors comme une sorte de monstre.

Elle fixa Dumbledore. Elle voulait garder le contact avec sa seule famille. Vraiment. Mais elle supposait que même pour un simple échange de lettres, il lui faudrait son autorisation.

« Si je veux envoyer une lettre, je fais comment ? »

« Tu ne l'envoies pas. »

« Mais j'ai promis d'écrire ! C'est ma famille. » s'indigna-t-elle.

« Crois-tu qu'on ne fera pas attention à ton courrier, Harry ? » Le sorcier soupira. Il la regarda comme s'il comprenait ce qu'elle ressentait. Foutaises. « On se poserait trop de questions si on te voyait écrire à l'orphelinat. »

Alex se renfrogna. « Ca veut dire non ? »

« Ca veut dire non, jusqu'à ce que je sois sûr que ça ne court aucun risque. »

« Je vais vous pourrir la vie vous savez. » promit-elle solennellement.

Une lueur étrange brilla dans les yeux bleus du directeur. Elle perçut un sourire à travers sa barbe blanche. « Tu ressembles bien à Lily… »

Alex inspira brusquement.

Il n'avait pas le droit de dire ça.

oOOo

Dumbledore avait réalisé qu'il ne pourrait décemment dire au monde sorcier qu'il avait ramené le survivant, sans préciser d'où. C'est pour cela qu'il empêchait Alex de dormir depuis maintenant trop longtemps pour son organisme d'adolescent. On ne pouvait décemment non plus dire au monde sorcier qu'Harry Potter avait passé les seize premières années de sa vie dans un orphelinat pour filles.

« Ce n'est pas mon problème. » répondit simplement Alex. « C'est vous qui êtes venu me chercher. C'est vous qui avez détruit ma vie. Assumez-en seul les conséquences. » Elle se retourna dans son lit, et tira le draps au dessus de sa tête. Quel crétin ce directeur. Il aurait du y penser plus tôt, il ne croyait tout de même pas qu'elle allait aider son bourreau.

« Harry, les élèves reviennent de vacances dans deux jours. Tu ne peux pas apparaître à Poudlard sans passé. »

« J'ai un passé. S'il ne vous va pas c'est votre problème. »

« Sois un peu raisonnable ! »

« Non. »

« Harry ! »

« Ecoutez. » Alex se redressa dans son lit, et fixa avec un calme étonnant l'illustre vieillard, vêtu de son pyjama bleu roi. « Vous ne pourrez pas me lancer de sort pour contrôler ce que je dis. C'est illégal. Et avec les résidus de potions que j'ai dans le sang, vous avez vous-même dit que c'était un coup à me réduire le cerveau en bouillie. Je suis désolée que votre fichue combine tombe à l'eau, mais comptez pas sur moi pour vous aider ! Bonne nuit. »

Il se passa quelques secondes durant lesquelles, celui qui avait fait tremblé Voldemort en personne, était respecté par la communauté magique entière, et vénéré par une poignée de sorciers de pacotille, fixa l'adolescent qui lui tournait le dos. Pour la première fois depuis bien des années : impuissant.

Il n'avait pas prévu qu'Harry refuserait de coopérer. Pour lui tout était censé se passer pour le mieux dans le meilleur des mondes.

« Ceci dit. Si vous me laissez écrire à mes amis, et cessez de me tutoyer. Je pourrais peut-être prétendre venir de votre pensionnant machin-truc en Suisse. »fit soudain Alex sans se retourner. « Je veux aussi que vous m'appeliez Alex. C'est mon nom. »

Un autre silence s'écoula. Ravit qu'Alex lui tourne le dos, le directeur de Poudlard remonta d'un geste un peu perdu ses lunettes sur son nez. Manipulé par un adolescent de 16 ans. Il tenait bien de ses parents, il n'aurait pas du l'oublier.

« Entendu Alex. Mais au moindre écart de conduite de votre part, le contrat sera rompu. »

« C'est ça, b'nuit. »

Albus voulait un homme un vrai, avec des couilles, de la testostérone en pagaille, de la prestance. Il voulait un héros, bref, il voulait un survivant qui fasse illusion. Il aurait du réfléchir à deux fois avant de lui faire absorber cette potion.

Il se l'était répété mainte fois en voyant son viril survivant lui réclamer une brosse à cheveux, et une fois celle-ci métamorphosée, se les brosser longuement, avec une attention accrue, pour les attacher en une natte mi-longue.

Il se sentait fatigué depuis quelques jours. Mais alors très fatigué. A croire que le poids des ans avait fini par le rattraper…Surtout qu'il lui semblait voir sa mascotte sucer son pouce. Il n'avait jamais autant espéré se tromper.

oOOo

Elle portait une chemise assez stricte, toute en élégance. Mais ses manches étaient trop serrées, et elle n'avait pas l'habitude de porter une cravate. Cette cravate sombre l'étouffait. Elle regrettait les jupes, et les chemisiers de St Anne.

C'était le moment. Le moment de voir si Dumbledore hallucinait, ou si d'autres allaient eux aussi tomber dans la supercherie et accepter à bras ouverts le monde qu'elle était devenue.

C'était le moment. Ils étaient dans une diligence dirigée par…rien. C'était étrange, mais ils ne fallaient pas s'étonner dans le monde de la magie. Alex percevait des bruits de sabots sur le sol, mais ne voyait rien. Par la vitre, elle apercevait le château de Poudlard. Les livres disaient vrai. Il n'y avait pas de mots pour décrire sa majesté. Elle était morte de trouille.

Mais le directeur de Poudlard semblait bien l'être autant qu'elle. « N'oublie pas. Tu as été placé au pensionnat d'HengelWald en Suisse. Ce qui expliquera entre autre ton accent français. Si on te pose des questions, évoque le serment du secret qui le caractérise. Personne ne doit jamais évoquer ni l'emplacement exact, ni ce qui se déroule là-bas… »

Alex hochait la tête dès qu'il semblait solliciter son attention. Ce n'était guère que la quatrième fois qu'ils repassaient son histoire en vue. La calèche ralentit peu à peu. L'entrée du château se profilait dangereusement devant eux. Ses intestins faisaient la gigue de la nervosité croissante avec concours de nœuds à l'appui. Elle avait de plus en plus la certitude qu'elle pouvait pas faire ça. Prétendre être Harry Potter.

Dumbledore continuait de parler, mais elle savait déjà tout ce qu'il disait. Son regard était inévitablement attiré par les arbres du parc qu'ils traversaient. Qu'ils étaient sur le point de quitter. Et sans qu'elle comprenne ce que son corps faisait, elle avait jaillit de la calèche, et roulée dans l'herbe séchée par le froid. Dumbledore n'avait pas eu le temps de réagir, la calèche poursuivait sa route. Le temps qu'il se reprenne, Alex s'élançait déjà à travers les arbres du parc. Courant elle ne savait où, elle se contentait de fuir cette nouvelle vie qui s'amorçait. Elle courait, même si elle savait qu'on la rattraperait, parce qu'elle avait peur. Et avait bien le droit d'avoir peur.

¤

Elle ne s'était jamais aventuré hors des limites de Jeanne D'Arc avait déjà fait une fugue dans les champs de blés adjacents. Depuis toute petite, elle courait au loin quand elle avait peur, quand on l'embêtait. La dernière fois remontait à sa cinquième année, et c'était son instinct qui avait fait galoper ses petits jambes le plus loin possible quand elle avait appris qu'elle allait avoir une grande sœur.

En dehors des parents, les figures de la famille était assez peu présentes chez les tout petits à Jeanne d'Arc. Pour tout dire, on ne voyait pas l'intérêt de leur apprendre les relations de sangs, puisqu'elles en étaient dépourvues. Aussi des mots tels que 'oncle', ou 'tante' ou 'cousine' pouvaient sembler du plus grand exotisme pour ses petites filles. Aussi, lui avait-on raconté qu'une grande sœur était une créature absolument démoniaque qui mangeait les petites sorcières la nuit venue. Elle avait toujours été une enfant très naïve. Et ce genre de contes florissaient dans les dortoirs.

Mais plus sérieusement, savez-vous comment l'on faisait pour avoir une petite sœur dans cet orphelinat ? Il était possible d'en acquérir une d'une manière beaucoup plus rapide et facile que de celle que subissent les enfants ordinaires.

Je ne parle pas de la lettre au Père Noël, ou encore du mythe de la cigogne, ou encore du cadeau d'anniversaire rêvé accordé dans leur grand bonté par des parents trop tendres après trois semaines de « Maman je peux avoir une petit soeeuuuur ? » ( Surtout que dans ce cas-ci vous seriez obligé de jouer le rôle de la grande sœur adorée qui fut de corvée couches les premières années de sa relation Sœur/sœur rêvée).

Non, à l'oprhelinat les liens de sang n'existaient pas, ou étaient méconnu, à une paire de jumelles près.

Peu de temps après l'ouverture de son établissement, Mme Prats avait instauré un système de tutelle. Un moyen de resserrer encore plus les liens entre ses pensionnaires. Il était possible,dès l'âge supposé de 13 ou 14 ans, à une fille de déposer sa demande pour avoir une petite sœur. Il s'agissait en vérité d'une sorte de tutorat d'une élève de 3 et 5 ans, dont la demandeuse serait à présent responsable personnellement. Afin de s'assurer de la bonne volonté et de la détermination de ces demandes, tout un cérémonial, et un système de paperasserie officiel-et officieux- avaient fini par entourer ses demandes. Mais les résultats étaient les mêmes. Les orphelines sorties de Jeanne d'Arc, formaient toutes une communauté solidaire toujours présentes pour s'entraider.

Sa grande Sœur avait toujours dit adorer ses cheveux. Elle s'appelait Elodie. Elle n'était ni grande ni petite, ni belle ni moche, mais une main de fer dans un gant de velours, des yeux chocolats pleins de tendresse quand elle la regardait, et des coiffures d'une élégance qu'Alex admirerait toute sa vie. Elle avait bien sûr quitté le pensionnat quelques années plus tôt, et sa bosse des maths lui avait fait préférer le monde moldu. Elle lui manquait. Mais comme la grande sœur qu'elle était, Elodie lui écrivait une lettre chaque samedi du mois, qui étaient chacune à elles seules une épopée doublée d'une véritable bouffée de tendresse..

A suivre…

Et voilà Alex déprime, puis s'affirme un peu face à Dumbledore (on est Potter ou on ne l'est pas huh ?), bon j'avoue ils vont s'en faire voir l'un l'autre de toutes les couleurs. C'est beau l'amour.

Sinon, qu'ne pensez-vous?...Je ne mentirais pas en avouant que j'ai assez peur de vos réactions devant ce chap.( Sera-t-il bien reçut ou non? That's it the question...Si non n'hésitez pas à faire couler du sang constructif après tout.)


(1)

Remarque :

Je ne sais pas si vous trouverez sa réaction trop exagérée. Si vous m'en voudrez ou m'accuserez d'en faire trop. Mais à cause de la potion, son corps féminin ne pouvait pas accéder à la puberté, et elle se considérait donc comme anormale. Toujours à cause de cette potion, quand la potion a cessé d'agir, non seulement elle s'est retrouvé avec un corps masculin, mais un corps masculin lui aussi étrange. Trop…fin, trop éthéré. Elle ne peut donc pas s'accepter aussi facilement.