Je ne fais pas trainer les choses et poste le second chapitre qui est un peu plus long que le premier.

Merci aux revieweurs, j'espère que cette suite vous plaira.

En fin de chapitre, j'ai noté le prompt qui m'avait été proposé.

Bonne lecture!


Auteure : Pouki


- Dis-moi ce qui se passe Derek ! Qu'est-il arrivé à mon père ? Est-ce qu'il est blessé ? Où est-il ? A l'hôpital ? Mélissa s'occupe de lui ?

Stiles s'agitait frénétiquement sur son siège lançant une flopée de regards anxieux à Derek tandis que des milliers de questions se bousculaient dans sa tête faisant poindre un début de migraine.

- Tu parles trop !

Les yeux rivés sur la route, frisant une vitesse incroyable, l'alpha grinça des dents peu désireux de répondre à ces questions plus que dérangeantes. Il essayait de réfléchir, de trouver une solution à son problème, de prévoir un plan, mais son passager survolté lui mettait les nerfs à vif et rendait sa concentration difficile. Il songeait sérieusement à l'assommer.

- Mais réponds-moi bon sang ! S'emporta Stiles, le corps tremblant d'appréhension et d'agacement. Je sais à quel point tu aimes économiser ta salive, que tu détestes faire des phases avec sujet, verbe et complément, mais il s'agit de mon père et j'ai besoin de savoir…

- Ton père n'a rien. Révéla aigrement le loup sans même lui accorder un coup d'œil.

- Quoi ? Mais qu'est-ce que...

- Le shérif n'est pas en danger. Il va bien.

- Mais alors, à quoi rime tout ça ?

Derek soupira. Et merde !

- Pourquoi m'avoir menti ? Où est-ce tu m'emmènes alors ?

Le jeune homme tira sur la ceinture pour s'installer de biais afin de mieux examiner le faciés de Derek. Il vit la bouche de ce dernier s'arquer en un sourire énigmatique et ses yeux prendre une légère teinte rougeâtre. Y'avait-il matière à paniquer ? Jamais encore il ne l'avait vu avec une telle expression sur le visage. C'était quoi ce bordel ? Qu'est-ce que ce loup mijotait ?

- Arrête la voiture Derek !

Comme écho à ses paroles, le brun passa une nouvelle vitesse et accéléra, empruntant une route que l'hyperactif ne connaissait pas. Ce dernier jeta un regard circulaire, examinant rapidement le décor avant de reporter des yeux colériques sur Derek.

- Je t'ai dis d'arrêter la voiture ! Réitéra-t-il, vélocement. Ramène-moi tout de suite ! Scott va s'inquiéter de ne pas me voir en cours et je n'ai pas que ça à faire que de subir tes humeurs.

Le jeune homme se retint de justesse de se jeter sur le volant pour obliger Derek à s'arrêter. A cette vitesse c'était du suicide. S'ils percutaient un arbre, un mur ou une voiture, ils n'y survivraient pas. Mais Stiles commençait clairement à baliser. Le silence de l'alpha était certes inquiétant, mais son mensonge à propos de son père l'était encore plus.

- J'ignore à quoi tu joues, mais tu vas arrêter ça tout de suite ! Poursuivit Stiles, virulent. J'en ai ma claque de toi et de tes lubies de loup.

- Je ne joue pas. Déclara le brun d'une voix implacable et cassante.

- Oh vraiment ? Ricana le jeune homme peu sensible à la brutalité de ses mots. Puis-je alors savoir à quelle sauce tu comptes me manger dans ce cas ? Parce que si mon père va bien, que tu ne veux rien me dire sur notre destination et qu'en plus de ça tu es encore plus taciturne et énervé que d'habitude, c'est surement parce que tu prépares un mauvais coup. Je sais pas, éclaire ma lanterne. Est-ce que tu cherches à te débarrasser de moi ? Peut-être prévois-tu de m'égorger sauvagement et de cacher mon corps quelque part.

- En effet ! Trancha Derek lui lançant un coup d'œil peu rassurant. Alors si tu voulais bien la fermer maintenant. Tu me fous mal au crâne.

- C'est la meilleure. Tu comptes me buter et je dois la fermer ? Tu veux vraiment me tuer ? Pourquoi ? Enfin, ça je sais pourquoi, mais je veux dire, pourquoi maintenant ?

- Parce que par ta faute, je ne suis plus vraiment moi ! Claqua froidement le loup, du tac au tac.

Stiles ouvrit de grands yeux, choqué. Pardon !?

- Qu'est-ce que tu racontes ? S'indigna le plus jeune les yeux ronds. J'admets bien volontiers que je puisse parfois être insupportable avec mon bavardage incessant, que je te casse les pieds et ne cesse de te provoquer, c'est sans doute mon coté masochiste qui adore se retrouver plaquer contre un mur avec pour récompense quelques magnifiques bleus, mais sinon je ne vois pas bien en quoi je t'empêche d'être toi. T'es vraiment bizarre et j'aimerai savoir ce qui te permet de dire ça !

- Je te hais Stiles ! Aboya Derek saisissant violemment le jeune homme par le col de sa veste avant de le repousser durement contre la portière. Je te hais, t'as compris ? Mes sentiments pour toi son embrouillés, incertains, empêtrés entre désir fou et mépris. Par ta faute, je ne sais plus où se situe la vérité. Tu me fais me sentir faible et misérable. Et je déteste ça. Tu es pire qu'un poison. Et je te promets que tu vas sincèrement regretter d'avoir un jour croisé ma route.

Derek avait hurlé ces mots si forts que sa rage faisait trembler son corps rendant ses gestes sur le volant fébriles. Comment aurait-il pu décrire la jalousie qui le rongeait un peu plus chaque jour, s'emparant de ses os et brûlant ses organes quand il voyait Stiles faire de pitoyables courbettes devant la si parfaite Lydia Martin ? Comment pourrait-il lui avouer qu'il tenait tout simplement son cœur entre ses mains, l'emprisonnant dans un étau de fer, le cloîtrant dans une cage empoisonnée ?

- Je hais tout ce que tu représentes ! Répéta-t-il d'une voix sinistre avant de reprendre le contrôle et tachant d'ignorer au mieux le jeune homme et les battements furieux de son cœur qui tambourinaient péniblement à ses oreilles.

Dire que Stiles était médusé par les paroles de Derek eut été un sacré euphémisme, un mensonge éhonté. Aucun mot n'était assez fort pour décrire l'état de confusion et d'effarement dans lequel il se trouvait. Il n'était d'ailleurs même pas sur d'avoir réellement saisi ce que le brun lui avait craché au visage. Non, mais qu'est ce que c'était que ce micmac sérieux ? C'était quoi ce charabia sans queue ni tête ? Et depuis quand Derek parlait autant ?

L'hostilité et la surprenante révélation du loup se répandaient comme un liquide glacé dans les entrailles du plus jeune. Son estomac faisait d'horribles nœuds et son cerveau se mit à carburer à une vitesse folle faisant d'innombrables hypothèses. Ca y'est, il avait la migraine.

Bon ! Qu'est-ce qui allait se passer maintenant ? Est-ce que l'alpha allait réellement se débarrasser de lui ?

Stiles déglutit péniblement et tourna un visage ravagé par l'effroi sur le loup.

- Tu…

Derek n'était pas un enfant de chœur certes, mais il n'était pas non plus un monstre. Pourtant, Stiles se devait d'être réaliste.

- Tu es en train de m'enlever ! S'exprima-t-il d'une voix si faible qu'il s'entendit à peine le dire.

Malgré lui, Derek frissonna et son cœur se serra. L'espace d'un très court instant il se maudit pour ce qu'il était en train de faire mais se reprit si vite que l'éclair de remord que Stiles aperçut sur son visage disparu aussi rapidement qu'il était apparu.

- Que comptes-tu réellement faire de moi ? Demanda l'hyperactif reportant son regard sur la route.

- Je t'emmène là où personne ne te trouvera.

Un frisson glacé parcouru l'échine du jeune homme et il dut se mordre la lèvre inférieure pour ne pas faire de connerie en voulant se jeter une nouvelle fois sur le loup pour l'obliger à stopper la voiture. Cependant, il n'avait rien à perdre en tentant le coup. Après tout, Derek avait dit vouloir se débarrasser de lui.

- Rassure-toi ! Je ne compte pas te tuer.

Stiles pouffa.

- C'est vraiment trop d'honneur votre majesté. Se moqua-t-il en décochant à Derek un regard plein d'ironie. Vous allez donc me déposer quelque part et me laisser pourrir seul. C'est ça votre plan ?

- Pas tout à fait ! Répliqua Derek ralentissant pour prendre un virage en pleine forêt.

Il sentit le regard inquisiteur de Stiles posé sur lui mais n'eut pas le courage de le regarder.

- Tu ne seras pas seul.

Stiles haussa les sourcils attendant la suite, mais rien ne vint. Il soupira, agacé.

- J'adore discuter avec toi Derek ! Grinça-t-il détournant les yeux pour observer le paysage inconnu défiler devant lui. C'est un bonheur de tous les instants que de chercher à décortiquer ce qu'il se passe dans ta tête. Oui, un vrai bonheur. Souffla-t-il, subitement las.

- Cesse de te plaindre. On y est !

Stiles se redressa vivement tous les sens en alerte quand la Camaro s'arrêta enfin, après plus d'une heure de route. Il fronça les sourcils d'étonnement.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Où est-ce qu'on est ?

Pourquoi Derek le conduisait-il dans un endroit pareil ?

Stiles avait plutôt pensé, à juste titre d'ailleurs, que le plus vieux le trimballerait dans un putain d'hangar puant et délabré, ou encore une espèce de cabane pourrie et blindée d'araignées secrètement planquée dans les bois. En vérité, il s'attendait à tout sauf à ce qu'il avait sous les yeux.

Devant eux se dressait un magnifique chalet, quelque peu vieilli par le temps certes, mais absolument ravissant et d'apparence chaleureuse. La maison surplombait un large étang aux allures de lac princier dont les nuages se reflétaient avec élégance sur la surface tranquille de l'eau. On se serait presque cru en Finlande : une maisonnette en pleine nature, près d'un lac, dans un environnement paisible et pur tel un parc régional protégé, loin du bruit et de la pollution. Un endroit rêvé pour les vacances en gros.

- Descend ! Ordonna Derek d'un ton si tranchant qu'il en ramena Stiles à la réalité.

Le jeune homme eut un hoquet de surprise mais ne chercha nullement à discuter les ordres et descendit de voiture oubliant l'espace d'une minute les raisons qui l'avait conduit ici.

- Inutile de chercher à fuir ! Le prévint inutilement le brun.

- Comme si j'avais la moindre chance. Railla le jeune homme en claquant avec véhémence la portière et faisant ainsi enrager un peu plus le loup qui ne supportait pas qu'on puisse s'en prendre à sa voiture.

Mais Derek ne pipa mot et observa l'hyperactif passer devant lui, lui décochant au passage un regard assassin tandis qu'il s'avançait jusqu'à la surface de l'eau.

Stiles s'efforça d'oublier quelques instants l'odieuse présence de Derek dont il sentait le regard brulant posé sur lui. Ca lui picotait désagréablement la nuque. Il savait qu'il guettait la moindre de ses réactions et qu'il se tenait prêt à toute éventualité de fuite de sa part. Très drôle. Comme s'il avait moyen de s'échapper à pied. Il aurait beau courir de toutes ses forces, l'alpha le rattraperait en un rien de temps. Inutile de se fatiguer.

Stiles souffla longuement préférant admirer le paysage qui s'étendait devant lui à perte de vue. Rêvait-il ? Cet endroit était éblouissant, luxuriant, majestueux, comme tout droit sorti d'un songe. D'immenses épicéas encadraient la maison comme une grande muraille infranchissable, la surplombant de toutes leurs hauteurs, quelques rochers longeaient le bord de l'eau, un bateau à moteur ballotait calmement au grès du vent, et le soleil d'été rendait le tout paradisiaque. Un vrai petit coin de bonheur. Dommage que Derek l'ait mené jusqu'ici pour le séquestrer contre sa volonté. Car telles semblaient-être ses motivations premières. Le retenir captif, loin de la ville, à l'abri des regards indiscrets. Son cœur tressauta à cette pensée et il se retourna pour poser un regard anxieux et inquisiteur sur l'alpha. Celui-ci l'observait sans un mot, les mains enfoncées dans ses poches, un air impassible imprimé sur le visage.

- C'est un endroit magnifique !

Rien n'obligeait Stiles à faire d'éloges sur cette maison et encore moins l'avouer à l'alpha tordu, mais le regard ardent et imperturbable de Derek posé sur lui le rendait nerveux. Son silence le rendait agité. Et entendre sa voix le rassurait quelque peu. Mais c'est surtout qu'il avait dit ces mots sans réfléchir. Il haïssait parfois sa spontanéité.

- Je suppose que tu ne m'as pas emmené ici pour me détendre. Essaya-t-il. Dommage, je ne serai pas contre faire un tour en bateau. Ou alors bronzer tranquillement sur le ponton. Ouais, c'est un endroit charmant pour être séquestrer contre son grès. Ya pire c'est sur.

Le loup ne broncha pas se contentant de le fixer de son regard froid. Stiles frémit, un frisson désagréable dégringolant le long de son échine. Il avait la sensation que les yeux de Derek passaient au travers lui, qu'il ne le voyait pas vraiment, un peu comme s'il n'était qu'une ombre. Ce type avait vraiment le don pour lui foutre les boules parfois. A quoi était-il en train de penser ?

- Derek ?

Stiles ne pouvait détacher ses yeux des siens cloué par l'intensité de ce regard inflexible. Le silence de Derek l'angoissait tout autant que ses intentions. Son cœur se mit à battre plus vite arrachant un froncement de sourcils à son vis-à-vis. Il fit un pas de côté, puis deux, comme prêt à fuir, mais le loup, plus rapide, fut immédiatement là, ses bras se refermant sur lui. D'une main agile, Derek le bâillonna, et de l'autre il bloqua le bras de l'hyperactif dans son dos interdisant le moindre mouvement.

- Ne résiste pas ! Gronda bassement l'alpha, se pressant contre lui et effleurant son oreille de ses lèvres sèches.

Résister ? Les membres de Stiles étaient mous, faibles. Ses genoux étaient sur le point de se dérober et son cœur prêt à exploser par tant de proximité. Le corps de Derek pressé contre le sien, sa main recouvrant sa bouche, ses lèvres frôlant le lobe de son oreille… Il lutta pour étouffer le gémissement qui menaçait de s'échapper d'entre ses lèvres.

Mais Derek dut le sentir puisqu'il se recula prestement retenant le jeune homme par les épaules pour scruter son visage avec minutie. Le regard du loup ne fit que rendre Stiles encore plus nerveux le troublant jusqu'au plus profond de son être. Il lorgna sur sa bouche pour s'assurer qu'aucuns crocs ne pointaient à l'horizon avant de pénétrer à nouveau ses yeux. Et quels yeux ! Des yeux sublimes. Froids et insolents à n'en pas douter, mais des yeux magnifiques. Stiles s'y perdait sans aucune pudeur, sa peur se volatilisant au grès du vent. Il n'aspirait qu'à s'y noyer carrément mais le grondement rauque qui s'échappa de la gorge de Derek le ramena au présent.

- Suis-moi ! Intima ce dernier le tirant par le bras.

- Allons bon ! S'exclama Stiles reprenant contenance. C'est l'heure de la visite ? Demanda-t-il, s'essayant à la plaisanterie. On commence par quoi ? La maison ? Le jardin ? Ou peut-être le lac ? Oui, le lac tiens, ça peut être sympa. Enfin, sauf si tu comptes m'y plonger la tête de force jusqu'à ce que mort s'ensuive, mais je t'avoue que je ne suis pas très chaud pour le moment. Peut-être plus tard hein !

- Ne me tente pas ! Le tança le loup s'arrêtant sur le porche de la maison et le plaquant durement contre l'entrée.

Il maintint le jeune homme contre la porte une main appuyée sur son torse pour l'empêcher de fuir tandis qu'il semblait chercher quelque chose dans ses poches.

- Je ne compte pas fuir. Inutile de me malmener.

Le brun leva des yeux agressifs sur le jeune homme ne le croyant visiblement pas, mais ses battements de cœur restaient réguliers.

- Bien sur, je ne dis pas que je souhaite rester, loin de là. Tu n'es pas du genre super accueillant comme hôte, et avec tes menaces proférées je n'ai guère envie de m'attarder ici, mais je n'ai pas de téléphone, personne ne sait que je suis là, je ne sais pas moi-même où je suis, et je me vois mal me taper un sprint avec un avec alpha fou à mes trousses.

Les mots 'alpha fou' firent grogner le loup, mais il ne rétorqua rien et se contenta de glisser dans la serrure la clé qu'il avait finie par trouver au fin fond de la poche de son jean.

Stiles sentit la porte s'ouvrir dans son dos et pendant une seconde il glissa en arrière manquant de se vautrer, mais les mains de Derek étaient à nouveau sur lui, le maintenant sur ses pieds et le poussant rudement à l'intérieur avant de fermer la porte à coup de talon rageur. Il ne lui laissa pas le temps de découvrir la déco et l'entraina rapidement à l'étage le rattrapant quand il manqua par deux fois de trébucher dans les escaliers.

Derek ne supportait pas de toucher Stiles. Ca le rendait dingue. Car le toucher revenait à se faire violence pour ne pas fondre sur lui et le prendre de force. Il le désirait tellement. Mais il ne parvenait pas non plus à s'empêcher de le faire.

Longeant le couloir, Derek avisa la première porte sur la gauche, l'ouvrit et balança sans ménagement son paquet dans la pièce.

- Hey ! Ca te tuerait d'être un peu plus sympa ? S'offensa Stiles en lui lançant un regard courroucé. Où sont tes manières Derek ? Ah oui, c'est vrai, tu n'en as pas.

Mais il se détourna rapidement pour découvrir la pièce dans laquelle il avait été jeté de force et en resta bouche bée.

Une chambre. Et pas n'importe laquelle.

Une grande et majestueuse chambre. Aussi bien en superficie qu'en hauteur. Le sol tout en parquet était clair, chaleureux et propre. En vérité, toute la pièce était d'une propreté étonnante. Une immense fenêtre pareille à une baie vitrée offrait un spectacle magnifique sur le lac qui n'en était pas un et faisait pénétrer la lumière du soleil rendant la pièce agréable et lumineuse. Il y avait un immense lit king size recouvert d'une literie blanche impeccable, une table au milieu de la pièce, une armoire tout en bois vernis, une chaise à bascule et une grande bibliothèque blindée de livres divers. De quoi s'occuper à plein temps pensa Stiles, blasé. Il aperçut même au fond à droite une porte; sans doute la salle de bains.

- Ta chambre !

Stiles se retourna vivement sur l'homme qui se tenait dans l'encadrement de la porte, surprit par le ton grisâtre. Derek Hale avait-il quelques remords ?

- Ma chambre ? Répéta le jeune homme, incrédule.

- Demain, j'irai chez ton père récupérer tes affaires.

- Mais qu'est-ce que tu racontes encore ?

Stiles s'approcha de l'alpha, sourcils froncés, mains posées sur les hanches montrant qu'il n'était absolument pas d'accord.

- C'est quoi le plan Derek ? Tu comptes me garder ici combien de temps ?

- Le temps qu'il faudra.

- Le temps qu'il faudra pour quoi ? S'emporta soudainement Stiles, sur la défensive.

Le regard du loup se fit plus ferme, plus belliqueux. Il serra les poings, sa mâchoire se contractant sous l'effet de la colère qui menaçait une fois de plus de lui échapper.

- Qu'est-ce que ça veut dire Derek ? Qu'attends-tu de moi exactement ? Si me tuer n'est pas dans tes intentions, pourquoi suis-je ici ?

- Je te l'ai dis. Je te hais Stiles.

Stiles tiqua et son cœur tressauta. Oui, il lui avait déjà dit. Un peu plus tôt, dans la voiture. Et ça faisait mal. Un mal de chien d'ailleurs. Mais il ne saisissait pas pourquoi le loup le méprisait à ce point. Qu'avait-il fait qui puisse justifier autant de haine à son égard ?

Les yeux dans les yeux, les deux hommes se jaugeaient, se scrutaient, s'appréhendaient. Ils s'affrontèrent un long moment, l'un empli d'une rage désespérée, l'autre se retenant de foncer sur sa cible pour le plaquer à même le sol dans le besoin viscéral de lui clouer le bec par la seule force de ses lèvres.

- Est-ce que tu réalises ce que tu es en train de faire ? Demanda Stiles au bout d'une éternité. Tu vas séquestrer le fils du shérif. Déjà que mon père ne te porte guère dans son cœur, mais là tu t'enfonces carrément. Je ne donne pas chère de ta peau quand il me retrouvera. Et je n'imagine même pas la réaction de Scott quand il l'apprendra. Il te reniera et tu pourras toujours courir pour espérer le garder dans ta meute. Quand à moi, je ne te parle même pas de ce que ton attitude m'inspire.

D'ailleurs, que ressentait-il exactement ? De la peur, beaucoup, il le reconnaissait. De la colère, absolument, il bouillonnait de rage. De la confusion, sans doute un peu, mais pas de haine, pas même une once. Non, Stiles ne méprisait pas le loup. Et il aurait beau lui hurler de toute ses forces que ce ne serait que mensonge et vanité. Il lui en voulait bien sur de jouer avec lui mais il ne savait éprouver le moindre dédain pour lui. Même s'il l'avait haï au tout début, il avait appris à le tolérer puis, petit à petit, il en était venu à le respecter, car au fond, Derek, malgré son cœur aussi gelé que le pôle nord et son caractère de chacal n'était pas un mauvais bougre. Il n'était certes pas le meilleur des alphas qui puisse exister, mais il n'était pas non plus un monstre, et Stiles avait fini par s'en accommoder.

Mais aujourd'hui, on atteignait le paroxysme de la connerie. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez ce type ? Et c'était quoi ce petit discours qu'il lui avait tenu dans la voiture à propos de ses sentiments incertains et qu'il le rendait faible ? Avait-il essayé de lui dire quelque chose ? Stiles n'était pas vraiment certain de vouloir en connaitre les sous entendus.

- Je me fiche pas mal de ton avis Stiles ! Claqua Derek en tournant les talons.

- Où vas-tu ? S'enquit le jeune homme refusant de se laisser enfermer.

- Inutile de chercher à t'enfuir. Dit Derek sans même se retourner. Les fenêtres de cette maison sont scellées et je détiens la clé de ta chambre. Tu n'es pas prêt de quitter ces lieux. Pas tant que tu seras une gêne pour moi.

Sur ces mots, il quitta la pièce en prenant soin de verrouiller la porte à double tour. Hors de question de laisser sa proie s'échapper.

Immédiatement, il entendit des pas précipités suivis de violents coups, et la voix de Stiles l'injurier. Celui-ci lui ordonnait de lui ouvrir, qu'il n'avait pas le droit de le traiter de cette manière, que Scott et son père allaient lui faire payer et qu'il était le pire des alphas de cette Terre. Mais Derek n'en avait clairement rien à foutre de ses menaces, et pire, il n'éprouvait aucun remord quant à la capture de Stiles Stilinski, adolescent aux babillages insupportables. Il n'avait qu'un seul but, qu'un seul désir : garder Stiles pour lui seul et le cacher aux yeux de tous.


Et voilà, fin du deuxième chapitre. J'espère que vous avez aimé. Le troisième chapitre sera nettement plus court mais vous aurez ensuite droit à deux superbes chapitres de Diane.

Voici le prompt qui m'avait été proposé :

"Derek hait Stiles parce qu'il l'aime trop, et ne sait pas comment gérer ça. Sans parler que le fils du Shérif ne lui prête même pas attention, et ne semble avoir d'yeux que pour Lydia. Un jour, par jalousie, Derek craque, et finit tout simplement par enlever Stiles et l'enfermer dans une pièce pour le garder pour lui seul. Le pire dans tout ça, selon Derek lui-même, c'est qu'il n'en éprouve pas le moindre remord".

J'ai essayé de respecter au mieux l'histoire de base proposée.