Et voilà le second chapitre de cette fic!!
Bon, heu... je me demande si il y a aumoins une personne qui l'a lue, vu que je n'ai reçu aucun commentaire... fin bon, m'en fout, je l'écris pour moi aussi lol. Et d'ailleurs je me régale.
Si votre plaisir à la lire est tout aussi présent, merci de me le faire savoir!!!
so, enjoy minna sama.
Chapitre 2 : Past fears are today's nightmares
Ceras jouait avec un mèche de cheveux de la fillette allongée contre elle dans son cercueil. Elle l'avait douchée, nourrie, et la petite s'était laissée faire, comme une vieille poupée de chiffon usée. Ses yeux ternes reflétaient tellement de douleur que son esprit semblait anesthésié, comme déjà préparé à la mort... Non... Comme déjà mort.
La draculina avait déjà vu cette expression quand elle avait été dans la police. Les victimes de sévices particulièrement cruels pendant de longues périodes semblaient mettre leur cerveau en veille pour que la douleur ne les détruise pas totalement. Comme si la simple réalisation que ce qu'ils vivaient était vrai pouvait les rendre fous. Un « mécanisme de défense », c'est comme ça que les psys appelaient ça, pendant cette autre vie où Ceras avait encore un coeur qui battait dans sa poitrine. Ils avaient aussi appelé ça un syndrome post traumatique...
Mais pour la jeune vampire, aucun nom ne pouvait décrire cet état. Elle savait ce que ressentais la petite fille car elle avait déjà vue cette expression sur son propre visage dans le miroir. La première fois, ça avait été quand elle avait survécu au massacre de ses parents.
Elle avait tout vu de là où elle était, et tout ce sang qui souillait les murs de leur nid douillet, les hurlements de sa mère, les cris de son père, et la peur, paralysante, étouffante comme un serpent froid autour de sa cage thoracique, la comprimant dans ses anneaux meurtriers. Elle avait fui à ce moment là, pas physiquement, mais dans les méandres de son âme, et elle s'était cachée.
Quand elle avait commencé à se réveiller de sa transe, elle était à l'orphelinat. Et tout avait été pire à ce moment là. Le directeur faisait des « choses » aux enfants pendant la nuit, riant comme ses victimes pleuraient, suppliaient. Et elle, Ceras, avait appris à se cacher encore plus profondément dans sa tête. Elle s'était enfouie dans un monde où les chevaliers en armure blanche sauvaient les damoiselles en détresse alors que le dragon arrivait à grand pas. Le monstre, las de voir que la petite blondinette ne hurlait pas, ne réagissait pas, préferrait les autres enfants et la laissait dans son coin, ne la torturant qu'à l'occasion quand il s'ennuyait...
Au bout d'un an, une dame s'était épris de ses yeux bleus et de ses cheveux blonds et l'avait arraché à toute cette folie. La petite était tout simplement restée plus discrete que les autres, trop calme disaient certains, trop silencieuse. Et dans la sécurité d'un nouveau foyer, Ceras avait pu cicatriser, petit à petit. Mais comme elle n'en avait jamais parlé à quiconque, une partie d'elle même était restée là, prostrée dans le placard alors que sa camarade de chambre hurlait.
La jeune femme humaine d'avant n'avait jamais pu laisser des hommes être proche d'elle, le moindre contact pysique lui faisait l'effet de vers grouillant sous sa peau et elle ne pouvait leur faire confiance, même à ses collègues policiers, même à ses parents adoptifs, la retenue avait toujours été là.
Et pourtant quand son Maître l'avait pris dans ses bras ce soir là, elle n'avait ressenti aucun dégoùt. De la gène, de la peur, de l'étonnement, mais elle savait au fond d'elle quelle lui avait toujours fait confiance. Après tout, elle lui avait bien confié sa vie. Après tout, il était un monstre, et seuls les humains étaient capables d'infliger de telles souffrances.
La femme flic sentit le sommeil lui abaisser les paupières, et tout en serrant la petite fille aux yeux émeraudes contre elle, elle se laissa glisser dans les bras de morphée.
Un rêve, toujours le même depuis des années, peuplé de cris et de mort. Elle était dans un cercueil de verre, comme Blanche neige, sauf que ce n'était pas elle qui mourrait mais tous ceux qu'elle aimait. Elle frappait les parois de sa cage transparente, furieuse de ne pouvoir rien faire, hurlant à sa mère de regarder derrière elle alors que la Grande Faucheuse l'approchait, un sourire narquois inscrit sur son visage squelettique. Elle était la spectatrice alors que son monde éclatait devant ses yeux, impuissante. Et toujours cette douleur dans sa poitrine, comme une fleur rouge sang, une promesse de mort.
Puis elle se retrouva à l'orphelinat à nouveau, mais cette fois-ci le rêve était différent, comme étranger. Elle reconnut le bureau comme étant celui du directeur, mais il avait un peu changé, la décoration semblait plus récente. De petits gémissements, comme ceux d'un animal blessé, émanaient de sous le meuble au centre de la pièce. Ceras s'approcha, comme un pantin manipulé par des forces mystérieuses et regarda ce qui se passait dans les ténèbres de ce lieu maudit...
Et ce qu'elle vit l'horrifia. Le directeur, un homme d'une cinquantaine d'années, un rictus de joie mauvaise étirant sa bouche de dément, avait immobilisé la petite chose sous son poids d'adulte et alors qu'il ricanait au dessus d'elle, la petite étincelle d'innocence qui vit dans le coeur et l'âme de chaque enfant disparaissait de ses yeux émeraudes.
Elle voulut sauter à la gorge de cet homme, elle se débatit, furieuse, mais elle comprit vite pourquoi elle était impuissante: ce n'était pas son rêve.
C'est alors que tout l'endroit devint rouge. Rouge, la lumière blafarde de la lune. Rouge, le sang collé aux murs du bureau. Rouge, la colère de Ceras. Et enfin, rouges les yeux du maître vampire, les lèvres retroussées découvrant les crocs aiguisés, les pans de son manteau flottant autour de lui d'une façon irréelle. Sa voix, un baryton puissant mais suave, retentit dans le rêve et dans le coeur des jeunes filles. Si la jeune apprentie n'avait pu sauver la petite fille, le Maître, lui, le pouvait.
Les cauchemards ne faisaient ils pas partie de sa « juridiction », après tout?
Tout disparut, comme soufflé par un puissant typhon. Ne restait plus que Alucard, son infant, et deux yeux émeraudes éclipsant un petit corps frèle et tremblant.
-Maître?
-J'ai entendu votre peur à toutes les deux, femme flic. C'était si fort que ça aurait réveillé une armée de télépathes morts. Si on ne remédie pas à son état, cette fille finira comme une coquille vide. Et tu sais que ce genre de choses ne fait pas véritablement partie de mon domaine. Aide la, Ceras. Tu es sortie de là, montre lui le chemin.
-Vous vous trompez Maître. Fit elle dans un souffle, contemplant avec fascination le bout de ses pieds nus.
-Comment ça, je me trompe? Un sourcil levé, sa bouche avait pris un pli cruel, prêt à répliquer avec sarcasme, voire avec colère, à une telle insubordination.
-Vous m'avez bien sauvée à moi, Maître, et vous l'avez sauvée à elle aussi. Comme je l'ai fait, elle à mis son existence entre vos mains, et même si pour des raisons évidentes vous ne pouvez la changer en ce que nous sommes, elle fait partie de votre famille maintenant. Elle releva la tête, le regardant droit dans les yeux, un sourire plein de chaleur illuminant son visage. Je suppose qu'il n'y a qu'un monstre qui puisse nous sauver des êtres humains.
Alucard regarda son apprentie à travers les brumes du rêve et il se remémora pourquoi il l'avait changée, pourquoi il navait pu laisser cette flamme s'éteindre alors qu'il en avait soufflé tant d'autres sans hésitation, et pour la seconde fois depuis qu'il la connaissait, il posa sa main gantée de blanc sur la tête de sa fille vampire dans un élan d'affection.
Le monde onirique se dissipa petit à petit alors que les deux êtres semblaient perdus dans les yeux l'un de l'autre, protégeant la petite vie qui tremblaient entre leurs deux corps pourtant morts.
Quand Ceras se réveilla quelques heures plus tard, elle ouvrit ses yeux doucement et regarda le petit être endormi contre elle. Son regard de vampire discerna le visage blême de l'enfant, figé dans une expression de tristesse pendant son sommeil. Doucement, la jeune femme enlaça son corps avec ses bras, l'attirant encore plus contre elle. Soutenant la petite fille, la jeune nosferatu se leva de son cercueil et se concentra, laissant ses sens vampiriques s'étirer dans le manoir comme des tentacules de ténèbres à la recherche de son Maître. Il était sur le toit, chose assez habituelle pour lui qui aimait tant regarder le lever de la lune.
-Maître?
-Qu'y a-t-il Ceras?
-Je pense que ce serait une bonne chose si au moment de son réveil la petit était avec vous. Ca la rassurerait sûrement. Ceras était comme toujours intimidée par son Maître, mais elle savait qu'elle devait le convaincre, même si elle ne savait pas encore pourquoi.
-Femme flic... Penses-tu vraiment que ma présence puisse être rassurante pour une simple humaine? Sa voix avait pris un ton ennuyé, hautain... mais aussi légèrement curieux.
-Oui je le pense. Vous avez été la seule personne à pouvoir rassurer Integra le jour où elle a failli mourir, vous vous rappelez?
-Dans ce cas, fit-il avec une pointe d'amusement, rejoint moi avec elle, mais fait bien attention à ne pas la reveiller.
Un léger ricannement se fit entendre dans l'esprit de la jeune vampire. Bien sûr, elle aurait dû s'en douter, il la défiait. Et elle savait qu'il n'y avait qu'un moyen pour monter là haut sans réveiller l'enfant dans ses bras. Elle ferma les yeux et serra les mâchoires, recherchant au fond d'elle le pouvoir que lui avait légué son sire avec son sang. Puisant dans cette réserve quasi infinie, elle prit le contrôle de l'espace autour d'elle et fit s'élever leurs corps comme si la gravité n'avait plus de prise sur elles.
Des gouttes de sang perlèrent de son front plissé par l'effort quand elle enfreignit les règles de physique de cette dimension, altérant l'espace pour se glisser dans une faille de ténèbre dans la structure même du plafond de sa chambre. Au bout de quelques minutes d'intense concentration, elle finit par arriver à bon port aux côtés de son Maître.
Il la regardait, son sourire de dément plaqué sur son visage comme un masque, ses yeux couleur de sang pétillants d'envie tournés vers le visage de son infant. Sa langue monstrueuse jaillit de sa bouche pour lécher ses lèvres retroussées et il commença à s'approcher d'elle, le désir irradiant de sa personne comme une douce chaleur. La surplombant de sa haute stature, Alucard sembla finalement se ressaisir et, reprenant ses esprits, ricana doucement devant le visage terrifié de Ceras.
-M...Maître... Qu'avez vous?
-Ceras... Tu ne peux pas savoir quel effet tu me fais quand ton joli visage innocent est couvert de sang. Laisse moi m'occuper de ça tu veux bien? Et sur ces mots, il se pencha en avant, prenant le menton de la jeune vampire entre ses doigts gantés pour l'empêcher de reculer. Sa langue avide jaillit à nouveau d'entre ses mâchoires et il lécha les joues de la jeune femme, nettoyant la sueur sanguinolante qui s'y trouvait.
Un soupir d'extase sortit d'entre ses lèvres alors que la draculina semblait fascinée par le bout de ses chaussures, rougissant furieusement. Il recula légèrement, tenant toujours fermement la tête de son apprentie entre ses doigts. Puis une petite chose bougea contre la poitrine de la jeune blonde, gémissant doucement en s'étirant. Alucard posa son regard maintenant curieux sur elle, un sourire plein de dents trop blanches et trop pointues fendant son visage pâle de monstre.
Des yeux verts fixèrent des yeux carmins l'espace d'un instant et des bras trop maigres se tendirent vers le vampire, le suppliant de la prendre avec lui. Il renifla avec mépris mais néanmoins il tendit un de ses membres vers l'enfant, la soulevant comme si elle ne pesait pas plus qu'un fétu de paille, faisant disparaître son corps frêle dans un repli de son manteau rouge.
Son visage se fit ensuite plus sérieux alors qu'il fixait la lune au loin.
-J'ai vu les souvenirs du directeur alors que j'engloutissais sa misérable existence. Je t'y ai vue, Ceras, alors que tu étais encore humaine et jeune. Il n'y a que les cloportes pour faire de telles choses à leurs sembables. Je veux que tu saches que je ne t'ai pas choisie pour rien. Tu as de la force en toi, et tu as aussi cette faculté de rester innocente malgré toute la douleur et la souffrance qui t'entoures, malgré tout le sang. Et même si tu as gagné ta liberté d'être de la nuit il n'y a pas si longtemps, tu restes à mes côtés et tu réveille en moi des choses mortes il y a de cela une bonne centaine d'années. Tu es ma famille Ceras, et je suis la tienne, ne l'oublie jamais.
Ceras fixait son Maître... non... Alucard, avec des yeu agrandis par la surprise. Que lui arrivait-il pour qu'il devienne sentimental à ce point?
-Il y a quelque chose que je veux que tu comprennes, fit il, lisant ses pensées. J'ai vécu plus de cinq siècles, et j'ai renié mon humanité ainsi que ma Foi, mais les émotions sont toujours restées avec mes souvenirs intacts. Les êtres humains, aussi difficile que soit leur vie, trouvent une certaine paix dans la mort au bout de même pas cent ans. Ils laissent leurs souvenirs derrière eux alors que leur âme va de l'avant. Moi je n'ai jamais de répit, les souvenirs restent en moi et même si ils sont moins vifs au bout de quelques décénies, leur blessure reste vive et ne guérit jamais. Les rêves me rappellent chaque jour qui passe que je suis condamné à vivre dans mon propre enfer pour l'éternité. J'ai étouffé les émotions humaines pour qu'elles ne détruisent pas mon esprit, mais parfois je me dis que j'aimerai pouvoir à nouveau ressentir certaines choses, même si je sais que je risque de tout perdre, comme cela a été le cas il y a un siècle. Voilà ce à quoi je t'ai condamnée, femme flic, en te donnant mon sang maudit. Je ne t'ai pas sauvée, je ne suis pas un chevalier en armure blanche, je suis un monstre.
Il se raidit soudain quand il sentit une main chaleureuse se glisser dans la sienne. Un doigt frais se glissa sur sa joue, retirant la larme de sang qui avait lissé de son oeil rouge de vampire. Ceras, goutant le sang de son ancien Maître, le regardait, ses yeux bleux azur fixés dans les siens. Sa voix se fit tendre, caressant les meurtrissures béantes de son coeur désseché.
-Alucard... Je ne peux pas être détruite, pas plus que je n'aurai pu abandonner ma vie ce jour là à Cheddars. Je dois vivre, c'est comme ça, et tu m'as donné cette vie, quelle qu'elle soit. La solitude est ton pire ennemi, elle te mène au désespoir et à l'amertume. Je pense que ce sont les deux seules choses au monde qui pourraient tuer un être tel que toi. Je pense que c'est pour cela que tu m'as faite, tu avais besoin de compagnie. Tu me l'as souvent dit: j'ai fait mon choix. Et je fais le choix à présent, en tant que No Life King, de rester à tes côtés tant que tu voudras de moi. Après tout, ne suis je pas moi même un monstre?
Elle avait fini sa diatribe avec une voix faible, le rouge de ses joues montrant l'effort qu'elle avait dû fournir ne serait-ce que pour appeler l'ancient vampire par son prénom, sans parler du tutoiement. Elle lacha soudainement sa main, réalisant la raideur de la posture d'Alucard, son regard lointain, presque perdu dans le vague. Son visage inexpressif se tourna vers la lune au dessus d'eux et il disparut progressivement dans les ténèbres de la nuit, laissant derrière lui une petite fille étonnée en équilibre sur le faîte du toit.
Ceras prit la petite dans ses bras et traversa à nouveau le manoir en sens inverse, descendant jusqu'à la cuisine pour trouver de la nourriture pour l'enfant. Ce qu'elle vit dans la grande pièce chichement éclairée ne fit rien pour apaiser le tourment de ses émotions.
Integra était là, assise devant une table, fixant son regard vide sur un repas froid depuis longtemps. Des souvenirs douloureux émanaient de chaque pores de son être, des souvenirs d'une personne en particulier. La présence de Ceras la sortit de sa transe et elle la regarda, ses yeux bleus à nouveau froids et aiguisés, sa composition de leader à nouveau inscrite sur son visage fermé. Puis elle remarqua la petite fille cachée derrière une des jambes de sa subordonnée. Elle leva alors un sourcil interrogateur vers la jeune vampire.
-Alucard l'a recueillie, répondit elle à la question non formulée. Elle est la seule survivante de l'orphelinat
-J'espère qu'il n'a pas l'intention d'en faire une des votres?
-C'est impossible Sir Hellsing... Elle deviendrait une ghoule si il la changeait.
Integra la regarda alors plus intensément, ne laissant transparaitre aucune émotion dans son expression.
-Son nom?
-Je ne sais pas, Sir.
-Si elle doit rester ici, il lui faut un nom. Trouvez le sien. Elle doit avoir un dossier à l'orphelinat, retournez là bas, la police à mis les lieux sous scellés mais en tant qu'agent de l'organisation, on devrait vous laisser entrer là bas facilement. Ceras, qu'y a-t-il? Vous avez l'air plus pâle que d'habitude...
Effectivement la jeune fille avait pâli à l'idée d'entrer dans cette vieille bâtisse. Son esprit, encore fragile à cause des évènements de la nuit précédente, menaçait de rompre son équilibre mental. Une voix dans sa tête la fit frissonner jusque dans ses os, ne prononçant que deux mots: « J'irai ». Lisant la surprise dans le regard du Maître de son ancien Maître, elle comprit que Alucard avait parlé dans leurs têtes à toutes les deux. Elle récupéra alors quelques relicats de nourriture dans le frigo ainsi que du sang pour elle et s'éloigna, la petite fille sur les talons.
Ja ne !!!
