Saluuuuuuuuuut !
Ouh, ça fait un bail pour ceux qui me suivent, pas vrai ? Hé ouais, j'ai repris la fac et le rythme est absolument monstrueux. Ça devrait s'arranger dans les prochains mois, mais rien n'est sûr. Et puis mince alors, qu'est-ce qui me prend de revenir avec une suite à Mars Ultor alors que c'est un texte complètement décalé, qu'il est supposé être fini et que je suis supposée travailler mes fanfics principales ? Hé bien, parce qu'encore une fois, la fac. Quand je ressors de mes cours d'histoire de l'art antique, j'ai pléthore d'inspiration, et pas toujours sur ce que je voudrais. C'est comme ça ! Au moins j'écris, et pour une fois que j'ai un peu de temps à consacrer à un OS, j'vais pas m'gêner !
Petite parenthèse pour ceux qui attendent telle Pénélope attendant Ulysse le remake et la suite de Laissez-moi écrire : J'attends de voir ce que les prochaines adaptations spin-off de Saint Seiya (à savoir la suite et l'anime de Saintia Shô, Episode Zero et l'anime Netflix) vont donner pour en extraire le jus qui m'intéresse, rapiécer ça avec ce que j'ai déjà et former un ensemble cohérent et dynamique ! C'est pas gagné. Mais pas impossible ! Pour cette fic j'ai déjà quatre chapitres pas trop mal et le plot principal qui ne devrait changer qu'en fonction de la fin de Saintia Shô, donc ça va !
C'était la petite parenthèse, revenons-en à nos… Crabes ?
Je me lance donc aujourd'hui dans une suite inopinée de Mars Ultor, un second volet qu'on pourrait appeler Brutus et qui j'espère vous plaira. Attention, c'est plein de symbolisme et de références superflus parce que TOUJOURS PLUS AVEC BEUAH AHAHAHAHA. Et on change un peu de ton par rapport au chapitre précédent mais c'est normal. Pour ceux qui lisent mes écrits pour la première fois avec celui-ci, désolée vous êtes tombés sur un pas drôle, et super bizarre en plus, mais quoiqu'il en soit bienvenue et si les trucs pas drôles et super bizarres c'est votre truc bah c'est super lisez donc ! ('fin si vous êtes arrivés là c'est que vous avez déjà lu le début, mais bon)
Allez, petite présentation basique et squoualalaaa, nous sommes partiiis… !
Informations :
Titre : Brutus
Rating : T-M
Genre : Dramaaaaaaaaa(…)aaa
Contexte : Post-tout
Personnages : Saga (POV), DeathMask, mention de Shura
Résumé : Masque contre masque, visage contre visage… Mais à la fin une seule tête tombe. Pour que la deuxième, enfin, puisse ressembler à la personne qu'elle aime.
Et voilà ! Bonne lecture !
Ce soir-là, depuis que tes yeux avaient rencontré les miens, semblait déjà être pour moi la fin d'un long voyage, ou plutôt, d'une longue fuite. Une fuite en avant puisque sans cesse un mur m'empêchait de retrouver la quiétude réconfortante d'un passé révolu mais jamais oublié. Un passé semblable à une petite chambre plongée dans l'obscurité où, prostré dans la chaleur, il serait alors possible de se sentir réfugié. Cette petite chambre, je la partageais jadis avec mon frère. Puis mon alter ego a pris sa place et a condamné ce paradis noir entre quatre murs, en dehors desquels je fus chassé.
Le gris bleuté de tes yeux me rappelait, ce soir-là, les deux petits trous de ciel que j'apercevais le matin, quand les volets étaient encore fermés et le jour timide, et que mon bienheureux cadet ronflait encore après une nuit de vagabondages enfantins. L'espoir naquit dans mon cœur quand tu t'approchas de moi. Venais-tu m'offrir un nouveau jour, ô toi qui par ta monstruosité m'avais rendu captif ?
Ton sourire en coin réapparut. Tu le savais. Nous étions tous les deux piégés l'un à l'autre, sans savoir qui du premier ou du second était le premier ou le second. De quel monstre parmi nous deux était né l'autre monstre. Nous nous sommes construits autant que nous nous sommes détruits l'un par l'autre et l'un dans l'autre. Et ce soir-là, je le sus dès notre premier contact, tu voulais faire cesser la confusion.
Les modestes festivités battaient leur plein, et dans ce ballet des mensonges, tout le monde portait un masque. Et toi, roi des masques, tu voulais m'arracher le mien, celui qui était désormais collé à ma peau marmoréenne. Mais pour ce faire, il nous fallait entrer en représentation pour savoir comment partir par les coulisses. Surprenante manigance, faite de charmes, de paroles ambiguës, de ces répliques que tu connaissais par cœur à force de les répéter comme autant de fois où tu visionnais les films qui t'inspiraient ce genre de personnages préfabriqués. Je mentais aussi, je construisais un masque nouveau dans le vain espoir de protéger celui qui, en dessous, était en péril. Shura n'y avait vu que le spectacle de deux hommes un peu trop proches qui cherchaient plus d'intimité. Quel mal tu lui faisais… Mais tu le savais, ça aussi.
Et cette intimité, nous décidâmes de l'avoir. Dans une petite chambre, plongée dans l'obscurité. Prostrés dans la chaleur de nos derniers ébats, nous eûmes l'illusion d'un refuge.
Puis enfin, toutes les illusions cessèrent. Bas les masques. Les hommes se parlèrent.
— Tu sais ce que je vais faire.
— Et toi, tu sais que je compte me défendre.
Je rattrapai la main qu'il tenta d'abattre sur ma nuque mais ne pus la retenir de toutes mes forces. Je savais très bien pourquoi, mais m'en étais rendu compte trop tard.
— J'compte bien laisser une jolie marque sur ta nuque, moi aussi. Peut être même sur tout ton cou.(1)
— Es-tu donc devenu monstre au point de tuer sans scrupules un de tes frères d'armes au sein même du Sanctuaire ?
— T'as jamais été mon frère. Et t'as tué mon père. Je t'ai cru Auguste, Saga. Auguste. Mais tu n'es en fait qu'un vulgaire simulacre de Brutus qu'a voulu s'finir comme une chienne de Cléopâtre... Ordure, lâche…
Les deux points célestes de tes yeux devinrent roses comme un couchant, embués par des larmes que je n'avais jamais vues jusqu'alors.
— J'ai essayé d'être Shion pour toi. J'ai essayé, de toutes mes forces. Mais l'Alter Ego ne m'a-
— Cette bouche a dit bien trop de conneries, bien trop longtemps !
Ta main nerveuse s'empara des commissures de mes lèvres pour les resserrer, muant mon masque de cire en masque blanc de la tragédie. Afin de détacher celui-ci, tu posas tes doigts sur mon cou. Je ne pouvais résister, car depuis que tes yeux avaient croisé les miens quand tu fus tout juste arrivé à cette réjouissance factice entre Chevaliers, je savais que tu étais parvenu à me droguer. Tu ne connaissais que trop bien mon goût raffiné pour le vin rouge, et cette bouteille que j'eus crue venue de chez Camus avait en réalité été posée par tes soins. Un complice, ou même une main innocente et ignorante connaissant la perversion de tes subterfuges, avait dû altérer ma boisson sans que je ne m'en aperçusse.
— Alors, ça fait quoi de te sentir planer quand t'en as pas envie, hein ? Le miroir s'est retourné, Saga. Maintenant, j'te renvoie le visage de ton propre mal. Il m'a fallu du temps pour être comme toi, aussi sale que toi. Mais maint'nant, j't'ai dépassé. Je vais venger les miens, venger ceux qui auraient dû être les plus forts. J'vais dev'nir plus fort que toi. Ce s'ra la seule victoire de ma vie. Tu s'ras mon dernier trophée. Je t'ai aimé, Saga, de toutes mes forces. Tu m'as fait mal, beaucoup trop mal… Mais je n'ai pas besoin de toi, je n'ai jamais eu besoin de toi.
— Tes larmes trahissent tes mensonges... Tu ne sauveras personne, est-ce que tu le sais ?
— Je sais tout. Ce soir, Saga, je porte les masques des ancêtres de mon rang et de tous ceux qui sont morts pour cette poudre aux yeux qu'était ta gloire. Tu vas répondre devant eux des saloperies que t'as faites, et je t'y emmène maintenant !
— … Alors toi aussi…
Ce soir-là, après un voyage pénible, je retrouvai enfin la chambre que j'avais laissée. Mais elle était atrocement vide, et noire. La dernière chose que je sentis alors furent tes larmes sur mes joues, et l'immense vertige qui me saisit et m'emporta hors de ce monde. Ô DeathMask, ce soir-là tu devins comme Shura qui, coupant les ponts avec l'empereur de sa vie(2), s'était enfermé dans les regrets avec pour seul réconfort un triomphe à l'interprétation toute relative. Ton châtiment était sans appel : sans mon visage pour être reconnu par les vivants et les morts, je ne trouverais jamais la quiétude dans le trépas.
Mais je t'en prie à cet instant, ô toi qui lis dans mon âme et m'accompagnes comme tu l'as toujours fait. Si tu n'es plus, si tu n'es pas un monstre et que tu respectes ce qu'il restait de ma bonne foi, accorde-moi une dernière faveur : si tu dois déposer ma tête devant ce que tu as vengé, dépose-la devant cette sculpture d'Athéna que Shura chérit tant.
Notes de fin de texte !
(1) : Référence assez subtilounette à mon OS Crimen Sollicitationis, dans lequel Saga humilie un peu DeathMask mais ça va c'est pas en public. J'en dis pas plus, je veux pas spoiler ceux qui l'ont pas lu, et je vous laisse le soin de chercher la référence ! Héhé, je suis diabolique !
(2) : Je ne me lasse pas de faire ce jeu de mots à deux balles depuis que j'ai lu Episode Zero… « Couper les ponts »… Hahaha… Pour ceux qui ont pas lu ce spin-off et sans spoiler le déroulé de celui-ci, j'évoque bien entendu ici la mort d'Aiolos de la main de Shura, peu importe de quel canon il s'agit !
Voilà bon ben j'espère que ce texte court mais dense et riche en références et confusions volontaires aura su vous plaire ou au moins titiller votre curiosité ! N'hésitez pas à commenter, donner votre avis, dire ce que vous avez compris ou pas compris, donner vos interprétations... C'est vraiment super gratifiant d'échanger réellement, de débattre entre auteurs et lecteurs ! Bref, je ne vous garde pas en otage plus longtemps, faites comme vous le sentez. À la revoyure, merci d'avoir lu !
