Note de la traductrice: et voici le deuxieme chapitre... je ne sais pas si il y a des lecteurs et lectrices qui trainent par ici, mais si c'est le cas, à vot'bon coeur m'sieurs dames, une ptite review pour dire ce que vous en avez pensé!

Chapitre 2

« Je vous en supplie… » soupira t'elle, le visage de Laurie à une distance périlleuse du sien, lui donnant une vue sur son menton plus détaillée qu'elle ne l'aurait cru possible, «dites moi que le claquement de la porte ne veut pas dire ce que je crois que cela veut dire… »

« Euh.. » commença Laurie, les yeux grands ouverts tandis que sa pomme d'Adam s'agitait frénétiquement.

« C'est-à-dire que…. Ne sommes-nous pas censés retenir de la Catéchèse qu'on ne doit jamais mentir ? Le pasteur semble penser que le mensonge est la voie la plus directe vers l'Enfer. »

Si Jo ne s'était pas trouvée si près de lui, elle aurait été tentée de lui envoyer un bon coup de pied. Mais, vu la situation dans laquelle ils se trouvaient et leur position, elle préféra fermer les yeux avant de demander, sans parvenir à masquer totalement la note de panique dans sa voix.

« Est-ce qu'on est vraiment pris au piège ici ? »

Laurie ne répondit que par un grognement qui raisonna en Jo, étant donné la proximité de leurs deux corps, pressés l'un contre l'autre dans la pièce minuscule, que Jo avait mentalement surnommé 'l'Antichambre de Belzébuth'.

« Eh bien… tout dépend de ce que vous entendez par 'pris au piège', Jo. »

Elle releva la tête et lui jeta un regard glacial, ses yeux se fixant sur les narines de son compagnon, lui en laissant voir l'intérieur dans les moindres détails, à son grand désarroi. C'était là un aspect de Laurie qu'elle aurait préféré ne jamais connaitre.

« Vous voulez ma définition de « pris au piège ? C'est être enfermée dans un espace frigorifé et bien trop petit avec un enquiquineur certifié. Cela correspond-il à votre définition, Laurie ? »

Le jeune homme se contenta de lui sourire, et les papillons qui s'élevèrent puis s'éparpillèrent dans l'estomac de Jo à cette action ne pouvaient résulter que d'un immense sentiment de colère chez la jeune femme.

« Je n'ai rien contre la présente compagnie, pour ma part. »

Jo laissa échapper un soupir bruyant, avant de se persuader que si elle le tuait dès maintenant, il trouverait encore le moyen de se montrer pénible.

« Et bien appréciez la compagnie si vous le voulez, mais sachez qu'elle n'apprécie pas du tout la votre en ce moment, alors évitez de prendre un peu trop de libertés ! Et puis combien de temps cela va-t-il prendre pour que quelqu'un vienne nous sortir d'ici ! »

A ces mots, l'air narquois et ravi de Laurie laissa place sur le visage du jeune homme à l'inquiétude, un changement loin d'être plaisant songea Jo, surtout qu'ils étaient toujours coincés l'un contre l'autre, sans même la place pour s'assoir .

« Si je vous répond que je n'en ai pas la moindre idée, allez vous devenir violente ? »

« Très violente » lui assura Jo du tac au tac.

« Alors je vais devoir me préparer au pire » marmonna Laurie tandis que Jo tambourinait sans résultats à la porte, démontrant par là à quel point elle était énervée contre lui, et non pas à quel point elle craignait de passer dieu seul sait combien de temps seule avec lui, enfermés dans un espace si réduit, d'où elle ne pourrait pas fuir son regard perçant, ou ses sourires hésitants, ses mains caressantes qui semblaient toujours s'attarder sur elle pour repousser une mèche de cheveux, ou replacer son châle sur ses épaules ou…

Oh, non pas que Jo passe tout son temps à songer à Laurie, à ses mains ou ses sourires de toute manière ! Tout ceci n'était au contraire que problèmes qu'elle passait tout son temps à ignorer, ou plutôt, au delà de les ignorer, à les nier purement et simplement.

Sans se soucier des tourments intérieurs de sa compagne, dont il était au cœur même, le jeune homme continua, comme si voir son amie s'acharner de ses poings sur une porte faisait partir de leur routine :

« De toutes façons, et même si vous devez être violente, la situation n'est pas si terrible que ça ? Je veux dire… » continua-t-il malgré le regard meurtrier que lui jeta Jo, «... au moins, nous avons tout le temps pour parler, vous et moi, sans craindre d'être interrompus, et il est grand temps que je vous dise… »

Si le ton du jeune homme ne l'avait pas encore alarmée jusqu'à présent, Jo était maintenant pétrifiée.

« Que je vous dise… » continua-t'il, ses mains se dirigeant doucement vers les joues de la jeune femme, s'attardant sur la rondeur délicieuse de l'une d'elle, « quelque chose que je brule d'envie de vous dire depuis si longtemps, Jo , trop longtemps. »