Le soir tombé doucement dur le district 12 et Peeta terminait de ranger les sacs de farine dans l'arrière-boutique de ses parents. Son père lui avait proposé cette tâche après que sa mère l'ai une nouvelle fois rabroué concernant les traces de sucre qu'il laissait sur le comptoir de la boutique : « comme ça, elle ne t'aura plus dans son champ de vision et s'en prendra à un autre que toi ! ».Son père avait fermé la boutique et avait emmené sa mère en haut dans la maison où Peeta l'entendait de temps en temps râlait sur un de ses frères. Elle devait probablement être en train de faire le repas du soir et se plaindre que personne ne l'aider.
L' esprit de Peeta ne pouvait s'empêcher de repenser à ce que sa mère lui avait dit plus tôt dans la boutique, à savoir que si par malheur il était choisi durant la moisson qui s'annonçait dans quelques jours, il ne serait pas capable de représenter dignement son district. Il se demandait si son père ou ses frères le voyaient également ainsi. Ses frères, il n'avait jamais vraiment été proche d'eux, le plus vieux s'intéressait plus aux filles qu'à autre chose et le cadet ne s'intéressait qu'à ses études et au moyen de rejoindre le Capitole afin de sortir d'ici. Ils n'avaient pas grand-chose en commun en fait et Peeta se retrouvait plus de point commun avec son père qui aimait comme lui travaillait avec ses mains. Ses frères le traitaient de « fillette » quand il glaçait les gâteaux mais lui préférait ça plutôt que de porter les gros sacs de farine à longueur de journée quand il n'avait pas classe ou de servir à la boulangerie après les cours, même s'il adorait le contact avec la clientèle, avec sa mère. Sa mère … Cette femme aigrie qui ne pouvait s'abstenir de les rabaisser, que ce soit lui ou ses frères ou même son père … Il s'était toujours demander ce qui avait bien pu lui arriver pour qu'elle devienne ainsi, surtout que son père ne cesser de lui rabâcher quelle femme charmante elle avait été à une certaine époque. Mouais … Peeta restait toujours sceptique en entendant ce discours maintes fois répétés. Il se demandait même ce que son père avait bien pu lui trouver ! Mais bon, on ne choisissait pas de qui on tombait amoureux. Et inlassablement il se remit à penser à Katniss, ses longs cheveux, son visage si énigmatique …
Il soupira et se tapa le front … Même à quelques jours de la moisson, le jour où la vie vingt-quatre adolescents de son âge, ou même la sienne, allait changer et probablement se terminer dans un bain de sang comme tous les ans, il ne pouvait parvenir à se concentrer là-dessus et son esprit lui imposer invariablement le visage de Katniss. Peeta secoua ses mains pleines de farine et s'essuya le front, plus les années passées et plus cette fille l'obsédé « c'est dément ! » bougonna-t-il en ouvrant la porte de l'arrière-boutique avec son sac d'ordures et tombant nez à nez avec … Katniss le poing levé et son sac dans l'autre, les sourcils levés. Assis sur un muret, plus loin, il aperçut le garçon plus vieux qui l'accompagnait partout, Gale, il en ressentit une pointe de jalousie.
_ Qu'est-ce qui est dément ?, demanda Katniss.
_ Quoi ? , interrogea Peeta, puis se rappelant ce à quoi il était en train de penser, son cerveau se mit en mode automatique, oh ! Les sacs de farine, c'est dément comme ça peut être lourd !
_ Tu parles tout seul toi maintenant ?
_ Ça m'arrive … (il darda un œil sur son sac) Tu viens voir mon père ?
_ (elle rougit) Oui …
_ Je vais te le chercher …
Peeta retourna à l'intérieur en soupirant. Il était à la fois gêné et heureux. Ça devait faire des mois qu'ils ne s'étaient pas adressé la parole, juste quelques regards échangés par-ci par-là, souvent courroucés. Mais une conversation complète comme celle-ci, ça ne leur était pas arrivé depuis … jamais ! Il monta quatre à quatre les marches jusqu'à leur salon et entra chercher son père, le sourire jusqu'aux oreilles.
_ Qu'est-ce qui lui arrive à celui-là ? , demanda hargneusement sa mère qui sortait de la cuisine.
_ (Peeta ne lui accorda même pas un regard) Papa, tu peux descendre, j'ai quelque chose à te montrer en bas (il lui adressa un clin d'œil)
_ Oh …
Son père se leva du canapé en posant son journal et suivit Peeta jusqu'à l'escalier.
_ Katniss est là, chuchota Peeta.
_ Vu ton sourire fils, j'avais compris !, plaisanta son père
Peeta sourit et regarda son père se dirigeait vers la porte et il écouta leur conversation.
_ J'ai deux écureuils et quelques fraises … , énuméra Katniss
_ Parfait, dit son père qui prit le sac et se tourna vers Peeta. Plutôt que de nous espionner, ouvre donc la trappe sous tes pieds et sors donc la miche qui y est.
Peeta sursauta et regarda sous ses pieds et remarqua pour la première fois une trappe auquel il n'avait jamais fait attention avant. Il l'ouvrit et découvrit une belle miche de pain dorée à point emballé dans des feuilles d'arbres. Dans cette même trappe il découvrit quelques fruits à peine gâtés. Il prit le pain, referma la trappe et le donna à son père.
_ Tiens et faites bien attention à vous, termina sur un ton paternel.
_ Merci monsieur Mellark et à bientôt, le salua Katniss.
Elle s'éloigna avec Gale qui lança un regard soupçonneux à Peeta.
