Mon réveil sonna avant celui de toutes les autres. Il était 7 heures et une nouvelle semaine débutait. Je pris mon temps pour me préparer et Zoé me rejoignit pour aller déjeuner. La grande salle était très calme ce matin, les quelques élèves présent étaient encore à moitié endormis. On débutait la matinée par un cours de métamorphose. On se rendit dans la salle et le professeur McGonagall n'arriva que plusieurs minutes après. Elle aussi avait l'air fatiguée de son week-end, de grands cernes se dessinaient sous ses yeux.
Nous prîmes place à notre table et le cours débuta. Je trouvai le cours passionnant mais ce n'avait pas l'air d'être le cas pour Zoé qui dormait sur la table. Sa bouche était entrouverte ce qui me fit rire. Sûrement un peu trop fort puisque cela attira l'attention du professeur qui vînt se planter juste devant Zoé et tapa d'un coup sec sur la table. La rousse se réveilla en sursaut sous les rires de toutes les personnes présentes dans la salle. Le rouge lui monta aux joues et elle sa cacha derrière son livre honteuse.
- Alors Zoé tu as mal dormi ? Tu as trop rêvé d'Evan peut être, me moquais-je gentiment.
Elle me donna un coup de coude sous la table.
- Tu aurais pu me réveiller quand même ! S'exclama-t-elle.
- Je n'ai pas eu le temps, répondis-je en souriant.
Le cours se termina et nous enchainâmes avec un cours de botanique. Pas de chance pour Zoé qui n'était pas non plus une passionnée des plantes.
- Quel lundi horrible, se lamenta-t-elle.
Après un cours d'Etude des animaux magique, l'heure du repas arriva enfin ce qui fut un soulagement pour Zoé qui trouvait la matinée interminable.
Nous discutions avec Avery autour de notre déjeuner quand Rabastan et Evan arrivèrent accompagnés d'Emmy et de Narcissa. Comme à son habitude Rabastan pris place à côté de moi quitte à déranger les personnes déjà présentes. Avery et Rabastan avait une conversation animée à propos de je ne sais quoi sur Severus Rogue.
Une fois le temps de repas terminé, nous nous dirigeâmes en cours de potion avec les Gryffondor. Je m'assis à côté de Zoé mais le professeur Slughorn avait décidé de nous mettre par binôme de même niveau afin de préparer différentes potions.
- Wilson, mettez-vous près de Lupin. Ordonna le professeur.
Je fis ce qu'il me demandait même si cela ne me plaisait guère. Je pris donc place à la gauche de Remus Lupin qui m'adressa un sourire sincère. Il était vrai que c'était dur de le détester. Lupin était de ceux pour qui la couleur de ta maison ne changeait rien. Il ne te jugeait pas à l'étiquette que l'on t'avait mise en rentrant dans cette école mais par lui-même. Ça aurait pu être appréciable s'il n'avait pas été l'acolyte de Potter…
- Salut ! Dit-il.
Je posai les yeux sur lui et le saluât en retour sur un ton réservé.
- Tu veux commencer à couper les ingrédients pendant que je démarre la préparation ? Dit-il.
- Oui bien sûr. Tu veux bien me donner le couteau à ta droite ? Répondis-je.
Il me le tendit et quand je l'attrapai ma manche remonta le long de mon bras dévoilant des marques violettes et marron. Souvenir de mon altercation avec Rabastan. Quand je vis ça je me dépêchai de tirer sur ma manche mais quand je relevai les yeux vers Lupin, celui-ci me dévisageait. Je retournai à ma planche à découper mais je sentais toujours le regard de Lupin sur moi.
- Qu'es ce que tu t'es fait au poignet ? Me demanda-t-il.
- Je… Je me suis cogné contre un meuble. Essayais-je de me justifier.
- Drôle de meuble. Répondis-t-il.
Je me remis au travail feignant de ne pas avoir entendu sa remarque mais Lupin persista :
- Tu sais si tu as des problèmes il faut que tu en parles.
Je posai le couteau à coter de la planche et me retourna franchement vers lui.
- Ecoutes Lupin, je suis capable de régler ça, je n'ai besoin de l'aide de personne. Et je ne veux surtout pas de la pitié d'un Gryffondor.
Le concerné m'adressa un regard triste. Et voilà qu'il me faisait culpabiliser... Ce furent les derniers mots qui n'avaient pas de rapport avec les cours que nous nous adressions. Notre potion fut un succès, il était vrai que nous avions tous les deux un talent certain pour ce cours.
A la fin des trois heures, le professeur Slughorn nous prit à part afin de nous inviter dans le mois à un dîner privé dans ses appartements. C'était un privilège, je répondis à l'affirmative ainsi que Lupin.
- A bientôt Nora, prends soin de toi. Dit Lupin au moment de quitter la salle.
Je lui adressai un sourire timide. Zoé qui m'attendais dans le couloir me regardais avec des yeux ronds.
-Alors comme ça Lupin t'appelle par ton prénom !
-Ah ? Je n'avais pas fait attention.
Elle sourit puis nous nous dirigeâmes dans notre salle commune. A l'intérieur Rabastan et Avery discutaient tranquillement. Alors que j'allais monter dans mon dortoir, Rabastan se leva pour me dire :
- Nora, tu voudrais venir avec moi au bal ?
- Ais-je le choix ? Répondis-je en souriant.
- Pas vraiment enfait, ajouta-t-il dans un demi sourire.
Puis il s'approcha de moi.
- Je ne laisserai personne avoir l'honneur de danser avec toi, affirma-t-il en me regardant droit dans les yeux.
A ces mots il m'attrapa le bras et me fit virevolter autour de lui. J'éclatai de rire dérangeant les quelques personnes qui travaillaient.
- J'ai hâte, assurai-je.
Je retrouvais Zoé dans notre chambre, elle était allongée sur son lit et regardait le plafond.
-Qu'es ce que tu as ? Demandais-je.
- J'ai appris qu'Evan se rendait au bal avec Anna Parkinson…
Anna était d'un an notre cadette et était également à Serpentard. Je m'assis près de mon amie.
- Elle lui a peut-être demandé et il n'a pas osé dire non, dis-je sur un ton réconfortant. Qui t'as dit ça ?
- Personne, je l'ai entendu en parler tout à l'heure et c'est bien lui qui lui a proposé, répondis-t-elle tristement.
-Enfin Zoé, tu ne vas pas le laisser te rendre morose, va au bal avec un autre garçon et rend le jaloux !
- Mais je n'ai rien à me mettre se lamenta-t-elle.
- On ira au Pré au Lard mercredi si tu veux !
Elle acquiesça de la tête.
Arriva le mercredi tant attendu par Zoé, nous n'avions pas cours l'après mdi et nous pûmes nous rendre dans le petit village. Dehors tout était couvert de neige mais le soleil pointait le bout de son nez faisant scintiller le manteau blanc. On s'habilla chaudement et Zoé me prêta une grosse écharpe pour affronter le froid mordant. L'humeur à Poudlard était à la fête et les 7èmes années peinaient à réviser leur Aspics ! Je pris Zoé par le bras et l'entraina vers Pré-au-lard. Nous marchiions rapidement espérant nous réchauffer!
Sur le chemin nous discutions de tout et de rien quand Zoé s'exclama :
- Oh j'oubliais ! Samedi il faut venir avec un masque !
- Un bal masqué ? Répondis-je étonnée.
- Oui le professeur McGonagall nous en avait parlé mais j'avais oublié de te le dire.
- Etonnant, je crois que c'est une première !
- Ce qui rend tout ça encore plus excitant ! Expliqua-t-elle sur un ton enjoué.
Pré-au-lard était enseveli sous la neige et de petites volutes de fumée s'échappaient de certaines des maisonnées comme Honeydukes la célèbre confiserie et Madame Pieddodu le salon de thé.
Nous entrâmes dans la boutique de vêtement et d'accessoires de soirée. Zoé sautillait sur place, elle était impatiente. Comme d'habitude, pensais-je. Des centaines de robes étaient suspendu, de toutes tailles, formes et couleurs. Autrement dit le paradis pour la plupart des filles. Il y avait également un grand nombre de costume pour homme de différentes couleurs et de différentes matières. La boutique était prise d'assaut par de nombreuses personnes qui souhaitait trouver une tenue pour le bal de samedi. Je cherchais une robe pour Zoé mais celle-ci en avait déjà trois dans les bras. Je lui souris et nous nous dirigeâmes vers les cabines. Elle essaya une première robe noire, sans manche et longue. Elle était ravissante dedans. Puis elle enfila une robe rouge bustier et courte qui lui allait beaucoup moins. Enfin elle passa une robe dorée et bustier, elle était magnifique. L'or de la robe faisait ressortir à merveille ses cheveux roux et faisait des éclats dans ses yeux noisette. C'était la bonne robe c'était sûr ! Zoé partie se changer avec un grand sourire. Je décidai alors d'aller flâner dans la boutique en l'attendant. Je ne regardais pas devant moi et je bousculai quelqu'un qui était en train de faire retoucher son costume. Je m'excusai et relevai le regard vers la personne que j'avais déranger. Je rencontrai deux iris gris anthracite qui le temps d'un instant me firent perdre pieds. Sirius, pensais-je. Celui-ci me dévisageait avec un air indéchiffrable. Dans un costume noir et argentée, parfaitement ajusté il était vraiment troublant.
- Pardon, répétais-je.
- Pas de soucis, répondis-t-il en détournant le visage.
Je poursuivis mon chemin en faisant attention à ne bousculer personne. En face de moi Potter et Lupin riait à propos de je ne sais quoi. Quand on se croisa, Potter me jeta un regard dédaigneux, il me détestait, et Lupin me salut comme à son habitude. Zoé me retrouva près des caisses ravit de son futur achat. On attrapa deux masques, un en plume noir pour moi et un loup couleur or pour Zoé.
- Et toi tu ne prends pas de robe ? Me demanda-t-elle.
- J'ai déjà ce qu'il me faut.
Une fois sorties de la boutique nous allâmes aux Trois Balais, afin de profiter d'une bonne bière au beurre. Nous y retrouvâmes Avery, Rabastan et Emmy. On discuta une petite heure autour de notre verre puis il fût temps de rentrer au château.
Sur le chemin Avery proposa à Zoé de se rendre au bal avec lui et celle-ci accepta.
Les jours qui précédèrent le bal passèrent à une vitesse folle, les professeurs nous donnaient beaucoup de travail et on ne savait plus où donner de la tête.
Le samedi soir arriva enfin. La robe que j'allais mettre avait appartenue à ma mère, je l'avais juste faites retouchée à mes mensurations. Je l'enfilai et me plantai devant le miroir. C'était une robe longue couleur bleue nuit. Le haut de la robe était argenté et le décolleté en forme de V était plongeant, mettant en valeur ma poitrine. Je relevai mes cheveux foncés et bouclés dans un chignon sophistiqué duquel je laissai s'échapper quelques mèches ondulées. Satisfaite de mon allure je décidais alors de me maquiller. J'utilisais alors un noir charbonneux afin de mettre en valeur mes deux yeux océan. Zoé sortit de la salle de bain et resta béate. Elle me fit mille compliments que je lui retournai. Elle était vraiment jolie dans cette robe, elle faisait plus femme, la robe moulante mettant en valeur ses formes généreuses. Ses cheveux bouclés tombaient en cascade sur ses épaules dénudées. Il était temps d'y aller, nous enfilâmes nos escarpins et nous descendirent dans notre salle commune.
Zoé me précédait et alla retrouver Avery qui était impressionné de sa beauté. Il rougit même légèrement quand elle lui prit le bras. Je posai alors le regard sur Rabastan qui ne me lâchait pas des yeux. Il était superbe dans son costume noir, et une lueur étrange émanait de son regard émeraude. Il me prit la main et l'embrassa.
- Nora, tu es ravissante, dit-il en jetant un coup d'œil qu'il pensait discret à mon décolleté.
Je lui souris timidement puis nous nous rendîmes dans la grande salle. Arrivée à l'entrée nous nous couvrîmes le visage avec nos loups. Rabastan portait un masque noir des plus simples. La fête battait déjà son plein et la grande salle était méconnaissable. Toutes les personnes présentent avait l'air de s'amuser et la piste de danse était bien occupée. Le punch était délicieux et nous monta peu à peu à la tête. Rabastan me fit beaucoup danser et ce n'était pas pour me déplaire. Zoé avait l'air d'oublier Evan dans les bras d'Avery. Alors qu'Evan leurs jetait de nombreux coup d'œil. Vers la fin de la soirée la musique se fit plus douce et les couples se rapprochèrent. Après une danse, Rabastan partit nous chercher un verre. Des bras m'enlacèrent, je me retournais vers Rabastan mais derrière un masque noir, à la place des yeux vert que je pensai trouver, je discernai deux iris argentés.
- Sirius ? Chuchotai-je.
Il ne répondit rien, se contentant d'un sourire énigmatique. Doucement il m'entraina sur la piste et nous commençâmes à valser et plus ça allait plus je me laissais aller. Sa main glissa le long de mon dos et s'arrêta à la base de mes reins, nous rapprochant encore. Il dansait merveilleusement bien et nos corps étaient comme aimantés. Nos yeux ne se lâchaient pas, c'était comme si l'on était seuls au milieu de la foule. La musique faiblit, nous restèrent encore un moment enlacés et au moment de me quitter Sirius me glissa à l'oreille :
- Tu es magnifique.
Mon corps entier frissonna, et il me laissa sur la piste pantelante.
J'avais des questions plein la tête et la foule qui dansait autour de moi me donnait le tournis. Mes pensées étaient totalement embrouillées. Je pris alors la fuite vers les cachots et alla me réfugier dans notre salle commune. Le sol tournait toujours un mélange de l'alcool et de mon attirance irréelle et inexpliquée pour Black. Je monta dans mon dortoir, seul Emmy était là et me demanda si ça allait. Je jetai mes escarpins et tira sur ma robe frénétiquement pour la retirer. Emmy m'aida à l'enlever et commença à s'inquiéter.
- Ca va Emmy, m'exclamais-je agacée.
Je filai dans la salle de bain et me jeta sous l'eau glacé de la douche. Cela contrastait avec la chaleur que j'avais ressentie dans les bras de Sirius. Mes pensées commençaient enfin à s'éclaircirent et je m'apaisai. Cependant les questions étaient toujours présentes. J'allai me coucher directement.
Encore cette sensation. J'étouffe. On m'observe. L'air me manque. Je panique déjà. Je veux courir mais c'est impossible. Je ne peux pas bouger. Pourquoi je ne peux pas bouger ?! A l'aide ! Que quelqu'un vienne ! Je ne peux pas bouger. Pourquoi je ne peux pas fuir ? Ses yeux jaunes me fixent encore. J'entends un rire sadique. J'entends son rire. Je ne peux plus respirer. Aaaaaaaaaaaaaaaaah.
Je me réveillai en sursaut en plein milieu de la nuit sombre. Je peinai à reprendre ma respiration et à calmer mon cœur. Assise dans mon lit je pris ma tête entre mes mains et laissa les larmes couler le long de mes joues. Silencieusement.
Zoé me secouait doucement. J'ouvris les yeux et me leva. Aïe ma tête ! Zoé pouffa.
- Il est midi, il faut que tu viennes manger Nora !
- Oui merci Zoé.
Je pris une douche et pris une potion contre le mal de tête. J'enfilai rapidement mon uniforme de Serpentard. Je pensai une seconde aux évènements de la veille et choisit de les mettre de côté pour l'instant. Je sortis de la salle de bain, Zoé m'attendait assise en tailleur sur mon lit.
- On y va ? Dis-je en souriant.
- Oui bien sûr !
Sur le chemin Zoé me raconta sa soirée et comment Avery l'avais séduite. Je l'écoutais amusée et lui dit de penser à rester concentrer sur ses cours. Et toi alors ? Pensa ma conscience qui regardait d'un œil mauvais ma danse avec Sirius. Plus tard je penserai, pas maintenant, tout était encore trop tôt. Nous arrivâmes dans la grande salle. Et nous déjeunâmes avec nos amis Serpentard. Je fus étonnée de ne pas y voir Rabastan.
Après le repas, je choisi de me rendre dans le jardin. J'enfilai des gants et un bonnet car dehors il faisait encore très froid. Je marchai autour du château, laissant mes pensées divaguer. Je pensais à la présence de Rabastan et à quel point j'aimais celle-ci. Puis je me revoyais dans les bras de Sirius et me souvenais de son odeur enivrante. Il m'attirait c'était indéniable. Et ça me faisait peur. Vraiment peur. Pourtant je ne pouvais m'empêcher de repenser au trois mots qu'il avait prononcé hier soir et qui m'avaient transporté. Je laissai mon esprit divaguer, s'envoler vers les nuages, vers un futur meilleur ou il n'y aurait pas de place pour les idées sombres. J'espérai un jour trouver la source de mes cauchemars et m'en débarrasser. J'aurai aimé laisser derrière moi tous les préjugés sur les sangs purs et m'enfuir loin d'ici. Mes pas s'accélérèrent puis je commençai à courir, je courrai à en perdre le souffle, je courrai pour me sentir vivante. J'arrivai au lac et pensai un instant à me jeter dedans. Mais je m'arrêtai sur le ponton résistant à l'envie folle de plonger. Je m'assis et laissa tremper mes doigts à la surface. L'eau était gelée. Mais le lac était magnifique à cette période. Je restais un moment près de cette étendue liquide jusqu'à ce que mes orteils glacés me supplient de rentrer au chaud.
Je longeais tranquillement les couloirs de l'école, prenant mon temps avant de rentrer dans ma salle commune et travailler. J'observai les tableaux et quelque uns me firent rire. J'étais d'humeur bien plus légère grâce à ma balade. Je marchais toujours quand je tombai sur Rabastan appuyé contre un mur, les bras croisé avec un air enragé.
- Rabastan ? Qu'es ce que tu as ? Demandais-je gentiment en posant une de mes mains sur son bras.
Ses yeux habituellement vert étaient noirs. D'un geste il me fit retirer ma main de là où je l'avais posé.
- Comment oses-tu me demander ça ? Me répondit-il en me pointant du doigt. Tu crois que je ne t'ai pas vu hier danser avec un autre homme ? Continua-t-il de plus en plus furieux.
- Mais je pensais que…
L'air siffla, et sa gifle arriva sur ma joue avec force et rapidité.
- N'essaye pas de te justifier Nora ! Quand je le retrouverai tu peux être sûr que tous les deux vous souffrirez.
Sur ces mots il s'en alla. J'avais toujours la joue collée à mon épaule, mes yeux picotaient, je me forçai à ne pas pleurer. Je devais être forte. Je posai doucement une main sur ma joue rougie, elle était encore chaude. Ma bouche me faisait souffrir aussi, je portai mes doigts à ma lèvre inférieur, je saignais. Le froid avait dû gercer mes lèvres et la gifle les couper. Je m'adossai au mur, les mots de Rabastan résonnaient dans ma tête et mes genoux cédèrent sous mon poids. Je pris ma tête entre mes mains et pensai que la gentillesse de Rabastan avait été de courte durée. Je pouvais m'attendre à tout venant de sa part et je ne savais plus quoi penser. J'entendis des pas se rapprocher ce qui mit fin à mes sombres pensées. Je me relevai rapidement pour que personne ne me vit ainsi. Je fus prise d'un vertige et je dus m'agripper à une colonne non loin. J'ouvrais les yeux et vit Potter et Black qui se rapprochaient de plus en plus. Je regardai le sol essayant de passer inaperçu et m'appuyai contre le mur pour ne pas qu'ils me voient. Cependant je sentis une main sur mon épaule qui me força à me retourner.
- Sirius ? Qu'es que tu fais ? On s'en fout d'elle, amène toi ! S'exclama Potter.
Sirius posa sa main sous mon menton, m'obligea doucement à lever le visage vers lui. Mes yeux rencontrèrent les siens et je me sentis défaillir. Ils étaient ardents et furieux je crois quand il posa le regard sur ma lèvre.
- Qui t'as fait ça ? Demanda-t-il.
Je ne répondis rien.
- Sirius ! Appela James.
- Pars, je te rejoins. Ordonna-t-il.
- Mais…
- James ! Le coupa Sirius en se retournant vers lui.
- Très bien à tout à l'heure. Répondis James en me lançant un regard amer.
Les yeux de Sirius cherchaient les miens mais je fixai le mur en face.
- C'est Rabastan n'est-ce pas ? Tu ne peux pas te laisser faire.
Je restai muette.
- Nora regarde-moi ! Cria-t-il. Surement plus fort qu'il ne voulait car il paniqua en voyant mon regard effrayé.
- Pardon, reprit-il en retirant sa main. Parles moi ou j'irai moi-même voir Rabastan.
- Ne fais pas ça ! Dis-je dans un souffle.
- Je n'ai pas peur de lui tu sais.
- Oui je sais, mais tu ignores qui il est et de quoi il est capable. Répondis-je doucement.
Sirius fixa ma joue et ma lèvre un instant.
- Je crois que j'ai une petite idée. Reprit-il avec les lèvres pincées.
- Je peux gérer ça, repris-je.
- Ce n'est pas l'impression que tu donnes.
- Rabastan ne me fera jamais de mal.
Un rire amer s'échappa de sa bouche.
- Jusqu'où faut-il qu'il aille pour que tu te rendes compte qu'il est dangereux. Tu crois que je ne sais pas qui il est ? Détrompe toi je l'ai cerné depuis longtemps, je sais quelle cause il a embrassé et je ne veux pas qu'il t'entraine dans sa chute.
Mon cœur loupa un battement quand j'entendis Sirius parler du Seigneur des Ténèbres avec autant d'aisance. Ce jeune homme semblait véritablement n'avoir peur de rien, c'était déroutant.
- Rabastan ne me blessera jamais intentionnellement, répétais-je entêtée.
- Je vois. Je pensais que tu étais plus forte que ça Nora. Je pensais que tu étais différente des autres. Apparemment je me suis trompé.
Ces mots me touchèrent plus que je ne l'aurai voulu, un pic de douleur traversa ma poitrine. Je levais des yeux tristes vers les siens.
- Tu ne peux pas comprendre Sirius.
- Tu l'aime ? Demanda-t-il avec un regard blessé.
Que pouvais-je répondre à ça ? Que savais-je de l'amour ? Oui il comptait pour moi, mais est-ce que je l'aimais ? Aucune idée. Sirius pris mon absence de parole pour un oui.
- Je crois que j'ai ma réponse… dit-il en détournant les talons.
Il me laissa dans le couloir, encore plus dévastée et seule qu'avant notre conversation.
