Je me lance avec deux POV différents, j'aime le changement.

Bonne lecture.


SOYONS HEUREUSES


CHAPITRE II : Confidences pour Confidences


- Voudrais-tu être mon témoin ?

J'eus du mal à ne pas recracher le vin que j'avais en bouche.

Il me fallut un temps pour déglutir bien que je savais d'avance que je ne pouvais refuser devant l'excitation dont faisait preuve Jane :

- Ce sera avec plaisir.

Jane posa sa main contre la mienne, avant que nos doigts finissent par s'entrelacer.

Cette douce attention me fit sourire tant elle m'apportait une douceur infinie et soulageait un peu mon cœur meurtri.

- J'ai de la chance de t'avoir pour meilleure amie. Je ne pourrais rêver mieux comme témoin.

Je soupirai devant le terme employé par Jane.

Il semblait si lointain de mes désirs enfouis…

- Maura ?! Maura !

Pour la deuxième fois de la journée, ma meilleure amie me secoua frénétiquement devant le silence que j'avais créé.

En sortant de ma léthargie, j'aperçu l'anxiété de la brune et comprit immédiatement que j'allais avoir droit à un interrogatoire.

- Pas ce soir J…commençais-je, lasse à l'idée de devoir justifier mon état lamentable, mes yeux cernés de noir, mes joues humidifiées et mon teint pâle.

Ce secret me rendait malade.

Jane posa son index sur mes lèvres comme pour me couper, n'étant pas dupe :

- Qu'est ce qui ne va pas à la fin ? Tu as l'air si étrange !

Je haussai les épaules, feintant de ne pas avoir aperçu un quelconque changement dans mon attitude.

Et pourtant, j'étais si mélancolique…

Je tentai de fuir la question de ma collègue en me ruant sur la bouteille, comme si le liquide rougeâtre allait m'apporter une solution pour résolver cette situation tendue, ce trio maudit qui s'était installé entre nous et Casey, gâchant le duo époustouflant que je formais avec Jane.

Pourquoi avait-il fallu qu'il débarque dans la vie de Jane et qu'il l'ait attiré et contrer mes avances ?

- Répond ! s'écria celle-ci, en haussant le ton et déplaçant le dit-objet.

Devant son incompréhension, j'essayai d'esquisser un vague sourire, pour la rassurer :

- Tout va bien.

Ma réponse eut pour effet qu'elle se rapproche de quelques pas.

La détective cherchait en moi des signes de mensonges, je la voyais déjà observer ma peau, mes pupilles alors que je tentais de dissimuler les battements irréguliers de mon myocarde.

J'étais fichue.

Collée contre un mur, l'index de Jane pointé sur moi, son regard furibond quémandait des explications.

Dans quelle situation m'étais-je encore fourrée ?

- Ah oui ? Et c'est pour ça que tu ne parles presque plus toi qui es si bavarde habituellement ?! cria Jane, sur un ton colérique.

Mes yeux s'embrumèrent dès l'instant où son alliance fut à portée de vue.

J'étais restée muette pendant des mois, à ne rien avouer uniquement pour garder cette amitié si précieuse et ne pas l'envenimer si Jane réfutait l'idée que je puisse être homosexuelle.

Lui dévoiler mes sentiments reviendrait à un refus catégorique de sa part.

Et si elle me délaissait par peur que je détruise son mariage ?

- Je suis fatiguée !

Ce fut la seule réponse qui me vint à l'esprit.

Une justification minable.

- Déprimée plutôt ! corrigea la brune, en fronçant les sourcils.

J'étais prête à répliquer, à m'enfoncer encore plus dans le mensonge avant de me rétracter, mon épiderme commençait à me trahir et à me démanger.

- Je suis amoureuse ! Voilà ! Tu es contente ?! m'écriais-je, en serrant les poings, toute la tension qui s'était accumulée disparaissant enfin.

Dieu que cet aveu me faisait du bien !

Ma respiration retrouvait enfin un rythme normal et mon début d'urticaire fut rapidement un mauvais souvenir.

Et pourtant, je n'avais avoué qu'une partie de mon lourd secret.


L'espace d'un instant, je fus comme figée, hébétée par ce que Maura venait de clamer.

Qui avait pu donc conquérir le cœur de la blonde à la silhouette voluptueuse et aux conversations interminables ?

Maura me scrutait, attendant une réponse de ma part bien que je demeurais sans voix.

Comme Maura quelques heures plus tôt quand je lui avais annoncé mes fiançailles.

Je chassai toute idée lugubre et de déjà vu de mon esprit pour me précipiter auprès de mon amie et l'enlacer fortement.

Je lui souhaitais le meilleur :

- Je suis si heureuse pour toi. Tu le mérites ! dis-je, d'une voix douce.

Après avoir tant souffert de son passé familial, il était temps qu'elle trouve un peu de répit et le sentiment d'être aimée à sa juste valeur.

- Ça suffit ! s'exclama-t-elle, en me repoussant fermement.

Ce n'était pas la réponse espérer face à une attention aussi démonstrative et rare de ma part.

Pourquoi semblait-elle encore troublée alors qu'elle venait de se libérer d'un poids ?

- Où est donc passé Maura Isles ? demandais-je, en soupirant.

Je savais qu'elle n'aimait pas spécialement être enlacée, mais à ce moment précis, je savais qu'autre chose la minait et lui rendait la vie impossible

- Je suis là ! répondit – elle, en prenant place à mes côtés sur le sofa.

Elle semblait tendue au vu des traits tirés de son visage, si bien que j'essayai une approche différente de mes cris et hurlements.

Je déposai ma main sur sa cuisse, sachant pertinemment qu'elle se concentrerait alors sur ma présence et non plus à se mordre les lèvres.

- Non ! La vraie Maura. Celle qui confie tout à sa meilleure amie ! dis-je, en tapotant sa cuisse gentiment pour lui donner du courage.

Elle me lança un regard remplit de tendresse avant de soupirer et de répondre difficilement :

- Je…C'est un amour impossible.

Cette réponse aiguisa ma curiosité :

- Il est marié, c'est ça ?

Avide de réponses, je continuai et toucha, sans le vouloir, la corde sensible :

- Je le connais !

Maura écarquilla les yeux avant de rougir.

- Oh ! Je brûle ! dis-je, exaltée.

J'allais lui proposer un nom, celui de Frost, mais la sonnette d'entrée m'en empêcha.

Quand Maura ouvrit et que je jetai un œil au visiteur armé de chips et gourmandises, je ricanai, sachant que ma meilleure amie finirait par être piégée et dévoiler l'identité de son cher et tendre.

- Casey !

La soirée promettait d'être intéressante.

TBC