Je tiens à remercier AlcianSirius pour son commentaire qui m'a beaucoup aidée à écrire ce chapitre et également à tout le monde, pour avoir lu le premier contact. Un grand merci !

Sans plus tarder, je vous souhaite une bonne lecture.


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.


DEUXIÈME CONTACT


« Jubia a peur.

- On est là, tout va bien. »

Accroupi à côté de la jeune femme, un brun lui caressa doucement la cuisse, appuyé par un regard tendre.

À vrai dire, Grey Fullbuster avait autant peur que la demoiselle. Seulement, il préférait ne pas le montrer. Tout comme Natsu, un garçon qu'il connaissait depuis pas mal de temps. Même s'ils battaient sans arrêts pour des raisons plus ou moins futiles, il était bien heureux de le savoir avec lui en ce moment même. C'était d'ailleurs l'idée de son camarade de longue date que de se réfugier ici, dans cet appartement abandonné. Les anciens habitants devaient être partis en toute hâte au vu des restes de nourriture dans les assiettes. Cette demeure était sans dessus-dessous – meubles renversés, papiers arrachés et jetés sur le sol, aliments aussi, écrasés. Les tiroirs étaient tirés, tombaient presque. Les portes des placards étaient ouvertes en grand –.

« J'ai trouvé des bougies !»

Grey porte son attention sur la jeune femme entrant dans le salon avec un carton dans les mains. Il se releva mais resta aux côtés de Jubia.

« Pourquoi il n'y a pas d'électricité dans ce taudis ? C'est n'importe quoi…

- Ce qui arrive est n'importe quoi. » grommela Natsu.

Il balaya ce qui se trouvait sur la table pour permettre à la brune de poser ce qu'elle tenait. Les couverts et assiettes tombèrent au sol, provoquant un tintement et une fracture de la porcelaine.

« Fais moins de bruit, siffla Grey. T'es idiot ou t'en fais exprès ?

- T'as un problème ?!

- Les gars ça suffit ! Ce n'est ni l'endroit, ni le moment pour vous battre ! »

Ils reniflèrent dédaigneusement à l'unisson, se concentrant plutôt sur le bazar à l'intérieur de carton.

« Kana, Jubia aimerait savoir ce que tu as derrière toi.

- Oh, ça ? Fit la concerné en enlevant l'arme coincée entre le bas de son dos et le jean. J'ai trouvé ce pistolet dans la chambre.

- C'est un Colt. »

La brune haussa les épaules face à la remarque de Natsu – peu devait lui importer quel sorte de flingue il s'agissait –.

« On devrait allumer les bougies. Il fait froid.

- Hum bonne idée. Je vais voir s'il reste de la nourriture en attendant. »

Exerçant une légère pression qui se voulait rassurante sur l'épaule à Jubia, Grey se dirigea vers la cuisine en quelques pas – son pied droit écrasa une tomate et il jura –. Il ouvrit les placards restant, fouilla. Il voulait s'occuper l'esprit. Il essayait. Sauf qu'il voulait comprendre pourquoi tout avait dégénéré si vite, pourquoi son père avait voulu le tuer.

Inconsciemment, ses yeux sombres se portèrent sur ses mains tremblantes. Il pouvait presque revoir le sang moite, gluant et d'un rouge si profond qu'il se rapprochait du noir sur ses paumes. La bile envahit sa bouche et il se précipité à l'évier, vomissant le peu qui lui restait dans l'estomac. Ses doigts se crispèrent sur le rebord alors qu'il toussait, un gémissement rauque sortant de sa gorge tandis que le liquide odorant éclaboussait la tôle.

On frotta son dos.

« Mec, ressaisis-toi, souffla Natsu.

- Je suis… désolé.

- T'as pas à l'être. »

Se redressant, Grey essuya sa bouche du dos de sa main et se retourna, le visage pâle.

Kana avait allumé les bougies et les avait disséminé un peu partout dans le salon pour avoir un éclairage à peu près décent. Les deux garçons s'approchèrent.

« Il n'y avait pas de nourriture ?

- Même pas une boîte de conserve, soupira le brun d'une voix enrouée. On dirait que d'autres personnes sont passées avant nous. »

Pause.

« Où est Jubia ? »

Au même moment, un cri étranglé alertèrent le trio. Natsu s'y précipita automatiquement, suivi par les deux autres, jusque dans la salle de bain.

« Merde ! »

Il se couvrit le nez de la main en grognant et attrapa la jeune femme de l'autre pour la faire sortir de la pièce. Kana détourna les yeux et se recula, déglutissant. Dans la baignoire, un homme gisait, la chair du ventre déchirée, lacérée, les tripes éparpillées sur le sol où l'eau et le sang s'y mêlaient.

« Au moins, on sait où est le proprio… »

Ordonnant à ses amis de quitter la pièce, Grey referma derrière eux avec une bruyante inspiration avant de les rejoindre.

La lune filtrait à travers les rideaux à moitié détachés et il en écarta un pan pour jeter un coup d'œil à l'extérieur. Des voitures étaient renversées et en feu. Des gens passaient même en courant. Et il y avait des cris.

« Pourquoi on ne bouge pas ?

- C'est dangereux. En plus on a le ventre vide. Et il fait nuit.

- Natsu a raison, avoua Grey. On attendra le jour pour partir.

- Alors Jubia… Jubia pense qu'il faudrait barricader la porte pour plus de sécurité.

- Je m'en charge.

- Je t'aide. »

Les deux jeune hommes soulevèrent un des nombreux meubles renversés et s'apprêtèrent à le mettre de façon à bloquer l'entrée quand celle-ci s'ouvrit soudainement. D'un geste vif, Kana pointa l'arme à feu sur les intrus et comptaient tirer quand Jubia l'arrêta d'un « stop ! ».

« Elles sont vivantes, murmura cette dernière.

- Je suis un peu nerveuse… pardon. »

Elle leur fit signe de rentrer, ce qu'elles firent et les garçons continuèrent de barricader la porte. Une fois fini, Grey regarda les nouvelles venues. Deux femmes dans la vingtaine. Une aux cheveux rouge, écarlate même. Elle portait des vêtements simples – une chemise, veste, un slim et des tennis –. L'autre avait des cheveux blanc, aux reflets argentés. Tout comme la rousse, elle était habillée simplement, sauf qu'à la place d'un chemisier, elle portait un sweat bien trop grand pour elle.

« Qui-

- Je suis Erza Scarlett et mon amie s'appelle Mirajane Strauss. Écoutez, on ne veut pas déranger. On souhaite juste un endroit en sécurité où passer la nuit puis nous partirons. »

Natsu plissa légèrement des yeux.

« C'est d'accord, approuva-t-il, mais il va falloir nous expliquer deux trois trucs. »


Gerald soupira de lassitude.

Allongé sur le dos, sur son sac de couchage, il regardait les étoiles. D'habitude, c'était difficile de les voir à cause des lumières mais là, elles brillaient, comme si elles se moquaient de ce qu'elles voyaient. Et il y avait de quoi.

Il se mit dans une position assise, ses mains se posant sur ses genoux.

Plus tard dans la journée, minuit étant passé, il devra partir à la recherche de Mirajane Strauss, cette même journaliste indépendante qui était rentrée dans la base militaire sans aucune autorisation pour récolter quelques petits renseignements. C'était Luxus lui-même qui s'était chargé de la raccompagner en dehors de l'enceinte. Il fallait croire qu'il n'était pas si indifférent à la jeune femme. Car Gerald était loin d'être bête. Il avait bien vu son inquiétude débordante. Oh, il était doué pour jouer les mecs froids mais ses yeux le trahissaient souvent et ça, ça le faisait bien rire.

Il repéra le blond au milieu du toit, entrain de changer les fusées éclairante avec d'autres soldats. Puis son regard dériva sur les sacs de ravitaillement, non loin d'eux. Il n'avait pas regardé ce qu'ils leur restaient. Alors, se levant, le militaire y partit avec son fusil en mains, les pieds traînant légèrement. Son ventre gronda alors qu'il inspectait le reste des munitions et armes – Desert Eagle, Revolver, M9 –. C'était clair qu'ils en avaient, des armes mais les cartouches… c'était une autre histoire. Les économiser était une priorité s'il voulait que ses hommes puissent garder cette position. Il y avait aussi des vivres, plus grand-chose, certes, mais de quoi tenir deux journées tout au plus.

Gerald soupira.

« Luxus ! »

Le blond l'observa durant un instant et accepta, l'accompagnant jusqu'à la bordure du toit.

« On va partir dans quelques heures mais avant ça, j'ai besoin de plus d'indications où nos recherches seront vaines.

- Je sais, soupira-t-il.

- Est-ce que… est-ce qu'elle a son téléphone sur elle ?

- Si elle l'a, on peut la localiser, pas vrai ?

- Je te laisse te charger de cette tâche. Je vais briefer mes hommes sur la situation. »

Une fois la position connue, il s'agira moins d'une mission en aveugle. Le risque restait tout de même élevé – ce n'était pas parce qu'il n'avait pas confiance en ses capacités où en celles de Luxus, loin de là –. Ils allaient devoir sécuriser la zone et donc, de ce fait, affronter la menace. Ou la fuir.

Gerald se sentait déjà exténué et pourtant, tout venait de commencer.