Chapter one \o

...

Oui, j'ai encore une fois du retard dans mes réponses, mais sachez que tous vos retours me font très plaisir !

C'est Les Enfoirés ce soir, je ne pense pas à grand chose que je pourrais bien ajouter dans cette intro, elle sera donc courte (remerciez moi x))

Réponse à la review anonyme et c'est partit !

Rainbow-Chewbaka: Wow *.* Et bien, j'espère que la coolitude durera x) Merci beaucoup
(Oh si, le sérieux c'est possible, avec un peu de concentration tout est poss OW UN PAPILLOOOOONNNNN ! *O* Objectif atteint, je suis joie ! (Ce perso, c'est la classe incarnée (et pas que ! BLBLBLBLBLBLBLBLBLBLLBLBLBLBLBLBLBLBL ! *Q*/SBAM/ HOOOOOORS SUJEEEEEET ! (concentration, toussa toussa... (je me perds actuellement dans mes parenthèses... (je vais en mettre plein pour fermer, et on dira que c'est bon \o)))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))
Ow, c'est moi qui t'ai convertie au PDP ? *o* Blbleup. *.* (MAIS ILS SONT BEAU SES SOURCILS, D'ABORD ! XD) (ON EST D'ACCORD ! BLBLBLBLBLBLBLBLBLBLBLBLLBLBLBLBLBLBLBLBLBLBL(note mentale: dès le premier chapitres je commence à me noyer dans mes bulles, ça promet !)BLBLBLBLBLBLBLBLBLBLBLBLBL !
Et bien voilà la suite ;D

Disclaimer (après j'arrête. Nan parce que si vous passez par là, vous êtes déjà au courant pour le reste de la fic x)): La plupart des personnages présents aussi ne sont pas à moi, ils sont la propriété de Kriss, de LangueDePub.

Bonne lecture ;)


Mercredi 25 décembre 2013, "Nous aurons le destin que nous aurons mérité", A. Einstein

Ses chaussures vernies dans la boue, son bas de pantalon humide. Quelque chose lui disait qu'il n'avait rien à faire là et pourtant il marchait toujours.

Il aurait voulu le retenir, l'implorer de l'attendre, mais il se pliait à son rythme.

Toujours marcher en retrait, sourire bêtement.

Mais pas trop.

C'était bien tout ce qu'il pouvait faire pour le moment.

Il ne savait même pas où ils allaient. Comment se poser la question au vue de la démarche convaincue de celui qu'il avait immédiatement identifié comme un supérieur ? Comment se poser la question, au vue de son regard de pure colère ? Ce regard dans lequel semblait briller une étincelle de défis si violente qu'elle en frôlait la démence...

Une peur naturelle le poussa à s'écarter.

Ses jambes commencèrent à fatiguer, ses yeux se promenèrent nerveusement sur le paysage environnant.

Toutes ses vignes, c'était si beau.

Où était-il ? Où allait-il ?

Sa tête, âgée de quelques heures à peine, lui imposa la première migraine de son existence.

Trop de choses, trop de détails, trop de sensations, trop de questions.

Mais où pouvait-il aller, sinon là où l'emmenait cet homme ? Avait-il seulement une autre issue ?

Pas la moindre.

Regard fuyant, pas décidé...

(Mais pas trop.)

... Il poursuivit son chemin déjà tout tracé.

Un objet lourd dans la poche gauche de sa veste frappa contre sa cuisse, un millier d'odeurs chatouillèrent ses narines. Il avait froid, faim, sommeil, il était... Vivant.

Oui, lentement, dans ce silence quelque peu tendu, son corps s'éveillait. Au fil des secondes, il se sentait de plus en plus consistant, de plus en plus réel. Encore confus, son pied buta contre une racine mais il finit par retrouver son équilibre, certain d'avoir entendu au passage une exclamation méprisante à quelques pas de là. La douleur. Dans son pied. Une brève douleur qui s'effaça lentement. Vivant.

Il aurait voulu s'asseoir un moment et tout analyser, tout comprendre. Il aurait volontiers posé des questions, mais le climat qui le liait à cet homme ne l'y encouragea pas vraiment.

Il se retint. Continua de marcher, commença à vraiment frissonner.

Froid.

La terre sous ses pieds craquait par endroit, là où la boue avait gelé. Au loin, des guirlandes dessinaient les contours de maisons lointaines.

Lui ne frissonnait pas. L'homme devant lui. Les poings et les dents serrés. Tout serré. Tout caché. Insensible. Il n'était que colère. Rien que colère. Et c'est précisément ce sentiment humain qui l'effraya, le poussa à ralentir un peu, à faire le moins de bruit possible.

"Tu fermes ta gueule"

Au souvenir de cette récente apostrophe, il secoua silencieusement la tête.

Quelques mètres plus loin pourtant, l'apparition soudaine dans son champ de vision d'un grand portail couleur de fer lui arracha un petit cri de surprise étouffé. Un bref regard noir lui répondit mais son supérieur s'intéressa plutôt aux barreaux qu'il palpa avec précaution tandis que lui se stoppait enfin.

Au pied de ce portail, ses jambes lui réclamèrent le repos. Indécis, il s'appuya contre une poubelle, reprenant son souffle tandis que celui qu'il accompagnait poursuivait son inspection.

- Je pourrais les briser sans problème, l'entendit-il marmonner distraitement, mais je doute qu'on m'accepte à l'intérieur si je vandalise...

L'autre se retourna, fronça les sourcils en le fixant soudainement. Il le regarda en retour, attentif bien que mal à l'aise.

Pourquoi tant d'animosité ? Qu'avait-il fait ?

La réponse ne se fit pas attendre.

- JE T'AI DIS DE T'ASSEOIR ?! DEBOUT !

Et il se leva. D'un bond. Transpercé de part en part d'une peur foudroyante. Comme un éclair.

- Ou... Oui, monsieur ?

- Prof de Philo.

- M... Monsieur Prof de Philo ?

La fureur habitant le regard qui fixait le sien s'atténua, à cette seule annonce. A ce seul titre.

Il en resta confus un instant. Avait-il encore fait une erreur sans le savoir ?

Aucun cri ne vint, il supposa que non.

Son soulagement fut pourtant de courte durée, puisque le Prof leva alors un doigt vers le ciel, retrouvant rapidement ce visage de colère pure auquel s'ajouta un petit sourire terrifiant.

- Tu passes par-dessus.

Son regard s'éleva au rang des nuages, là où la barrière semblait se perdre.

Silence.

- Quoi ? Là-haut ?

À sa grande gêne, le petit sourire s'étira dangereusement.

- Je veux vérifier s'il y a une alarme.

Nouveau silence, bref mais lourd de sens.

- Et bien ? Qu'est-ce que tu attends ? Monte !

Un test. C'est ainsi qu'il ressentit la situation, ce que l'on attendait de lui. Savoir s'il était capable de se mettre en danger pour obéir à un ordre. Un test de soumission.

Et sans même savoir à quoi son potentiel sacrifice aurait servi.

Là encore, il aurait voulu réfléchir, peser le pour et le contre, mais la colère humaine si près de lui le remua de nouveau de l'intérieur. Il s'en rapprocha avec précaution, semblant se ratatiner à chaque pas de plus dans sa direction. Enfin près du Prof, il déglutit et empoigna un barreau. Quand bien même il en aurait eu le choix, jamais la fuite ne lui aurait été envisageable. Il était bien trop lâche pour ça.

Il ne savait peut-être pas encore tout à fait quel genre de personne il était, mais la lâcheté lui parut naturelle pour le décrire.

Avisant le métal froid sous ses mains, il s'y agrippa donc, élançant son pied sans perdre de vu son objectif.

D'abord s'en sortir indemne, ensuite, éventuellement, le sommet.

Ne pas regarder en bas

Il força sur ses jambes fatiguées, trembla lorsque sa chaussure, absolument pas prévue pour une telle activité, manqua de le faire glisser et chuter.

Ne pas regarder en bas.

Au prix d'une concentration et d'une volonté qui l'impressionnèrent lui-même, il réussit à se hisser jusqu'au au dernier barreau et à s'y asseoir, guidant son regard vers un point imaginaire quelque part sur sa manche. L'espace d'une seconde, il voulut se retourner pour guetter la moindre réaction, mais n'en eut finalement plus besoin lorsqu'un autre cri retentit:

- Accélère un peu ! On n'a pas toute la journée !

Il déglutit encore. Son pied se posa à l'aveuglette mouvement après mouvement. A une petite quarantaine de centimètres du sol, il se laissa tomber de l'autre côté, retrouva la terre ferme avec une grimace.

L'espace d'une demi-seconde, il s'imagina se faire prendre, un son strident retentissant tandis qu'il se débattrait impuissant... Mais rien.

Réalisant comme le monde était toujours silencieux et lui, à défaut peut-être d'être libre, bien vivant, il ouvrit les yeux qu'il ne se souvenait plus avoir fermé.

Le Prof était toujours de l'autre côté, toujours aussi impassible, quoi qu'il devinait chez lui une certaine satisfaction. A peine eu-t-il l''idée de s'écarter pour le laisser passer à son tour que, sans prévenir, son supérieur gravit trois échelons, bondit, et, d'un coup de pied agile, sauta du sommet de la barrière pour chuter de quelques mètres, se retrouver presque gracieusement à ses côtés.

Le Prof de Philo jeta un œil à sa chemise, l'épousseta brièvement, et se leva pour passer devant lui, sa démarche assurée coupant la petite cour de béton qui s'étendait jusqu'au prochain bâtiment.

- Ferme la bouche et avance !

Il la ferma.

Pour la première fois il n'obéit pas aussitôt, occupé à tout simplement fixer ce point noir et blanc qui s'éloignait. Son esprit était vide, comme s'il était brusquement tombé en panne. Ou plutôt perdu entre admiration et incompréhension.

- J'espère pour toi que tu apprendras vite à être réactif, ta survie en dépend.

Ce fut ce vague avertissement marmonné de l'autre bout de la cour qui le ramena brusquement à la réalité.

Réactif. Obéir. Fermer sa gueule.

Il se mit à courir. Combler rapidement la distance, vite revenir dans le rang.

Il rattrapa le Prof, qui venait il ne savait comment d'ouvrir la porte d'entrée du bâtiment principal.

Rien ne semblait l'arrêter. C'était comme s'il pouvait passer au travers de n'importe quel obstacle.

Aussi resta-t-il prudemment en retrait.

Une fois encore, il prêta attention à l'environnent dans lequel ils évoluèrent, cachant sa perplexité lorsqu'ils passèrent par une série de couloirs présentant des dizaines et des dizaines de portes closes ainsi que par un long escalier gris.

Il avait l'air parfaitement déterminé. Il savait où il allait.

Après un énième détour, cette fois à l'étage, il remarqua en l'observant à la dérobée que ses yeux cherchaient systématiquement à chaque porte qu'ils passaient l'écriteau les surmontant. Une petite plaque vernie sur laquelle brillait presque fièrement un numéro.

E38, E40, E42 sur sa gauche...

... E39, E41, E43 sur sa droite.

Il devait chercher une salle particulière.

Une salle numérotée dans un couloir vide dans un bâtiment fermé.

- Est-ce que c'est une école ?

Il regretta aussitôt sa question.

Il plaqua une main contre sa bouche, tentative de faire comprendre à son supérieur qu'il regrettait, qu'il saurait désormais se taire... et n'eut pour toute réponse à son grand soulagement qu'une ignorance des plus totales.

Alors il avança toujours, faisant profil bas jusqu'à ce que la voix exceptionnellement grave ne reprenne:

- Ici.

Un mot. Un arrêt systématique. Une porte.

E58.

Le Prof s'en approcha avec lenteur et actionna la clenche qui ne lui résista pas, elle non plus. L'ouverture se fit, béante, et un poing déterminé contre l'interrupteur la rendit plus claire, révélant une série de tables impeccablement alignées.

C'était une grande salle de classe aux murs jaunes recouverts de cartes et aux rideaux fleuris.

Un radiateur, vingt chaises, dix bureaux, une fenêtre.

Lui en fit le tour, d'abord du regard, puis osa en quitter le seuil, subitement très intéressé par les petits schémas punaisés sur une surface de liège alors que le Prof prenait place au bureau.

C'était bien beau, tout cela, mais qu'allait-il bien pouvoir se passer maintenant que leur marche s'arrêtait ?

Le Prof parut se douter de cette interrogation, puisqu'il désigna vaguement l'ensemble de la pièce tout en posant deux pieds sur la plus grande table.

- Trouve-toi un coin pour passer la nuit, je ne veux pas t'entendre.

La surprise.

Puis la résignation.

"Tu fermes ta gueule"

Rapide analyse de la salle et il alla enfin s'allonger à même le sol près de la fenêtre, cherchant encore un peu de lumière dans ce ciel d'hivers beaujolais. Celle artificielle disparut en un battement de paupière.

L'obscurité. Le silence.

Il ferma les yeux, puis se retrouva il ne sut comment quelques minutes plus tard à tâcher de diminuer le bruit de sa respiration. Il crut distinguer une étoile par la fenêtre, mais ne fit pas un geste pour s'en approcher.

Par peur, sans doute. Car cet homme lui faisait peur.

...

Qu'allait-il devenir ? Il n'avait même pas eu le temps d'être quoi que ce soit avant. Il n'avait même pas eu l'opportunité de connaître ce qu'il se savait être sa passion.

Il avait l'impression d'être toujours au sommet de son portail de fer, et de devoir encore y jouer les funambules un moment.

Ne pas regarder en bas

Inconsciemment, sans doute plus par besoin que par envie, il finit par s'endormir.