Ton nom
Jackson présente Léa à sa mère.
OoOoO
OoOoO
Il était plus de 23 heures et tout était tranquille dans l'hôpital, surtout dans cette partie du bâtiment qui abritait l'administration. Léa avait décidé de faire la fiesta ce soir. Comme April avait - malgré ses protestations - besoin de repos, Jackson avait pris la petite pour lui faire visiter l'hôpital. Après la salle de repos, la crèche, les salles d'opération et la galerie, le tour finissait par son bureau. Il avait passé un temps fou dans cette pièce lorsque April était en Jordanie et leur appartement bien trop vide. Mais, il se rendait compte en voyant la pile de documents sur son bureau que cela faisait un bon moment qu'il n'était pas venu. Il avait arrêté de marcher quelques secondes pour regarder les papiers. Mais Léa fit rapidement entendre son mécontentent.
- «ok ok ma puce. On va se remettre en route. Mais tu sais, papa commence à être fatigué. Ça serait bien si tu acceptais de dormir dans ton lit», dit Jackson
- «tu sais que ce n'est que le début?», répliqua une voix amusée derrière le jeune père.
Jackson se retourna et vit sa mère dans l'embrasure de la porte.
- «maman, tu es là? Mais il est super tard!».
- «j'ai pris le dernier vol. J'en aurais - bien sûr - pris un bien avant, si j'avais été prévenue plus tôt», répondit Catherine Avery avec une légère pointe de reproche.
- «désolé pour ça. Mais les choses ont été vraiment chaotiques ici», répliqua le jeune homme en faisant le sourire qui avait toujours fait fondre sa mère et ainsi tiré de nombreux mauvais pas. La stratégie marcha. Elle levait les yeux au ciel tout en tentant de refréner un rictus puis dit:
- «je comprends, t'inquiète pas. Elle va bien?»
- «tout va très bien», répondit le trentenaire en s'approchant. Catherine Avery aperçut alors beaucoup mieux le nourrisson. L'émotion saisit la nouvelle grand-mère et elle s'écria :
- «mon dieu! Elle est encore plus belle que sur la photo»
Jackson ne put s'empêcher de sourire face à la vive réaction de sa mère si souvent maître d'elle-même lorsqu'il était question de sentiment.
Il lui tendit alors le bébé et dit :
- «Léa, je te présente ta Mamy Cathy».
La grand-mère récupéra la petite dans ses bras. Toute émue, elle n'avait même pas réagi au «Mamy Cathy». Elle s'émerveilla:
- «c'est ton portrait craché!»
- «peut-être mais le sourire c'est April», estima Jackson.
Entre la conversation et la position arrêtée prolongée, Léa se décida à rouvrir un œil. Catherine susurra doucement :
- «bonjour Léa Avery».
- «en fait, c'est Léa Reed Kepner-Avery», reprit le jeune père.
- «Quoi?», s'offusqua sa mère.
Comprenant immédiatement où sa mère tiquait, le chirurgien plasticien expliqua :
- «comme j'ai dit à April, elle est à nous deux. C'est normal qu'elle ait nos deux noms. En plus, j'ai fait des recherches. Ça simplifie les démarches administratives dans le cas de parents non-mariés. A l'école, pour partir en voyage, en cas de décision médicale urgente... les gens sont moins suspicieux si les enfants portent les noms de chaque parent».
- «mais pourquoi pas Avery-Kepner, alors? En plus, c'est dans l'ordre alphabétique!», répliqua la grand-mère.
- «parce que j'ai trouvé que ça sonnait moins bien. Et franchement, pourquoi l'ordre aurait une importance», poursuivit-il agacé.
- «parce que plus grande lorsqu'elle se présentera, elle dira le premier nom et pas forcément le deuxième. En plus, ça diminuera son poids au sein de la fondation», justifia l'urologue.
- «elle a peine 3 jours. Je pense qu'elle a de la marge avant de penser conseils d'administration et jeux de pouvoir», lâcha Jackson fortement irrité par sa mère. Son entrée à l'école de médecin, le choix de la chirurgie plastique, son mariage avec April (ou même son divorce) et maintenant la naissance de sa fille... Elle ternissait toujours toutes ses décisions, ses joies ou ses réussites en lui parlant avenir, responsabilité et fondation Avery. Elle ne le laissait jamais simplement respirer!
- «mais les décisions que tu prends pour elle maintenant auront un poids plus tard», reprit Catherine énervée car son fils ne voyait pas les futurs problèmes.
Léa qui avait dû sentir la tension montée entre les deux adultes, se mît à chouiner. Jackson la reprit des bras de sa mère pour la calmer... et lui même par la même occasion.
- «et ma décision est prise. Tu es celle qui vit pour la fondation, pas moi. Pour moi, ce n'est pas aussi vital. Je ne suis pas prêt à tout sacrifier pour les Avery. Et sûrement pas ma fille ou ce qui est juste», déclara-t-il.
- «ok, fais comme tu veux. Mais je t'aurai prévenu !», répliqua la sexagénaire. Elle s'adoucit après avoir regardé le bébé quelques secondes puis soupira :
- «ton grand-père va détester ça...»
- «t'inquiète, il réalisera sûrement pas avant un bon moment. Il ne s'intéressera à Léa que lorsqu'elle sera en âge de tenir un scalpel de tout manière», plaisanta Jackson et il ajouta beaucoup plus sérieusement :
- «puis s'il te demande des explications, dis lui que Léa est uniquement là car April a subi une césarienne d'urgence sans anesthésie sur la table de cuisine de Meredith Grey. Ça, ça mérite notre reconnaissance. Et ça prouve que Kepner n'est pas un nom de faible».
Catherine Avery qui n'était pas au courant des détails de cette naissance, était sous le choc. Jackson était, lui, tout simplement fier de sa fille et d'April.
OoOoO
OoOoO
Note : J'ai passé beaucoup de temps sur youtube et google pour trouver un titre à ce one-shot car je n'avais pas d'idées. Finalement, j'ai vu «Ton Nom» d'Adamo. C'est très très kitch, très vieux et pas connu mais ça collait pas trop mal.
