Coucou,
Je poste cinq jours après le deuxième chapitre. Le troisième le sera plus tard. Tant que j'y suis, autant le faire.
Bonne lecture à ceux qui passeront et sont intéressés par l'histoire.
Bye, bye.
Immédiatement, l'intention diabolique est devinée, le regard en est terrifié, hurlant. Tout ce qui traverse l'esprit en un éclair est Je ne veux pas mourir. Et ma fille. Son mental en vient ensuite à crier son prénom Patrick, Patrick ! Rajouté à celui-ci Charlotte ! Sa panique, l'atroce peur l'envahissent intégralement, sentant sa condamnation. Madame Jane devient fataliste. Son corps paralysé par l'abominable frayeur principalement, Angela est incapable de crier réellement. Et d'une voix inquiétante par cette douceur qui glace, presque malsaine due par ce que l'on considérerait d'anormalité, représentant le diabolisme, John Le Rouge lui déclare ce message.
-Votre cher époux n'aurait jamais dû me manquer de respect. N'a-t-il pas songé à vous ? Soyez en paix. Vous allez être épargné de remercier votre tendre époux à la considération limitée tant son égoïsme l'aveugle. Il mérite ce que je lui réserve. Et je suis sûr que vous partagez ma pensée.
Les yeux de madame Jane se parent d'un langage éloquent à cette seconde. Non. Rien n'est partagé. Puis d'un coup précis, net, la lame lacère ensuite la gorge, supprimant d'une traite cette vie si précieuse d'une manière si fulgurante. Encore un tout petit peu consciente avant que la mort ne l'emporte rapidement, John Le Rouge découvre le corps en rabattant draps, couverture, le prend dans ses bras, le déposant par la suite sans brutalité sur le parquet tandis que la vie quitte l'enveloppe corporelle. Les paupières se ferment, pensant avant l'ultime voyage à ses deux amours, le coin des yeux mouillé par une fine coulée de larmes. C'est fini. Le pistolet hypodermique fut utilisé très peu avant la lacération mortelle, sentant bien la lame tranchante, froide néanmoins. A quoi cela servirait autrement si l'anesthésie serait instantanée ? La motivation d'un sadique est de prendre du plaisir à faire, voir souffrir les personnes qu'il sacrifie. Mais pourquoi ne pas essayer de fuir, se débattre ? Quand on est pétrifié on en est réduit à se montrer soumis.
Couchée à présent sur le sol de la chambre, John Le Rouge se réjouit alors de sa sentence ainsi que de son art personnel, créatif, macabre, qui va être appliqué. Très soigneusement, subtilement donc, gardant ses gants en caoutchouc d'une fine matière, avec le propre sang d'Angela, l'ignoble peigne les ongles des pieds de celle-ci, très soignés par ailleurs, y compris à ceux des mains, manucurés, sans déborder. Un véritable artiste. Une préparation exprès, spécialement pour monsieur Patrick Jane.
L'avoir défié à un prix très cher qui lui vaut cette punition. Est signé là, le machiavélisme d'un être inhumain, maître de l'innommable. Le tueur se relève ensuite après avoir terminé la mise en application, contemple durant une brièveté la première étape de son œuvre bientôt achevée. Il s'accroupit, reprend le corps dans ses bras, le déplace, le disposant non loin, en évidence. Le début de la mise en scène commence. Parfait !
La chambre conjugale est alors quittée, John Le Rouge allant s'engager en silence dans celle de l'enfant, inondée par l'innocence. L'anéantir également est détruire la personne que l'on punit. L'ange dort profondément, tournant le dos à sa jolie poupée, le sommeil imperturbable. Le pistolet hypodermique est aussi utilisé telle une piqûre, ne réveillant même pas Charlotte Anne Jane. Il observe sans éprouver la moindre miséricorde. Et par cette lame froide, essuyée après l'exécution de la mère, la vie de la princesse s'extrait de ce petit corps à son tour, prématurément.
La fillette semble n'avoir rien senti, réalisé ce qui lui est arrivée. Comme si on l'avait préservé, l'abstenant de l'horrible douleur. Son innocence est protégée par cette façon étrange, inexpliquée. Le corps inanimé est par la suite transporté jusqu'à la chambre des parents, le place à côté de sa maman, réunies toutes deux maintenant. Et l'œuvre se complète. Avec tois doigts, le barbare les trempe dans le sang de chacune, s'avance quelques secondes plus tard vers le mur puis dessine minutieusement un smiley sinistre dont certaines parties se mettent à dégouliner, au niveau des yeux, du haut, du bas de cette figure sanguinolente.
Les trois doigts sont ensuite essuyés avec un morceau de chiffon pris dans la poche de son pantalon, rangé de nouveau à l'intérieur avant de marcher en direction de la table d'Angela. La prise de la lampe est retirée, rebranchée dans celle au bas du mur, celui redécoré par un graphisme rouge d'éclat. Celle-ci est ensuite mise en position couchée, allumée, lumière dirigée vers le smiley. 3,2,1. La lumière fut, mettant là en valeur la signature célèbre. Les gouttes de sang de Charlotte sont après nettoyées par le morceau de chiffon imbibé alors d'une lotion nettoyante, conservée dans un flacon miniature dont celle-ci ne laisse aucune trace. Très efficace. John Le Rouge revient ensuite en direction de la chambre, admire rapidement son œuvre, esquisse un sourire victorieux, malsain et referme la porte. Une feuille dactylographiée à l'encre qui oscille entre le marron, l'ocre est enlevée de la poche interne de la veste noire, la déplie puis la scotche sur la porte, ayant changé de gants auparavant, ceux usagés rangés dans l'autre poche du pantalon. Précautions Ne pas laisser, jamais, traîner d'empreintes. La règle majeure !
Le message tapé sur papier, sa mise en évidence ne pourra qu'attirer l'intérêt avec imminence. Ce qu'il avait à dire a été explicitement retrancrit. Sa plus sincère rancune, profonde opinion sans estime déclarées prévient son méfait. Il sait avec conviction l'effet qu'aura le contenu sur celui qui l'a maudit. Le tueur tourne à ce moment le dos, avance sur quelques mètres, descend les escaliers sans empressement à nouveau, calme, s'arrête au milieu d'une manière furtive et respire. Le parfum du savon noir, de la lavande, imprégné sur madame Jane ainsi que celui de Charlotte Anne, mélange de sueur et de fraise à la crème, viennent se raviver à son odorat. Qu'elles sentaient bons !
Les pas silencieux se remettent à descendre et tel un mystère, l'intrus démoniaque repart de la maison comme il est apparu. Dans la nuit, il disparaît.
Plus tard, à moins de sept minutes de la demeure, ma belle voiture prend avec fluidité un virage, sur cette route circulaire, en bas de côte, la pleine lune au zénith qui paraît plus lumineuse, imposante que jamais, brillant au-dessus de la mer. Une fois arrivé, je me gare, descends, verrouille les portes à l'aide de la mini télécommande, tourne mon trousseau de clés autour de l'index, content puis marche vers la porte d'entrée que j'ouvre. Je suis si heureux d'être enfin rentré.
Maison éclairée comme habituellement, courrier ramassé, déposé avec les clés sur la console de l'entrée, lampe design qui trône éclairant quant à là une couverture de magazine spécialisée, s'intitulant LV Limelight, encadré de baguettes noires sur laquelle je pose en tant que mon personnage d'extralucide. Peut-être présomptueux mais tellement fier.
Je m'avance par la suite en direction du vélo rose de ma fille que je fais rouler jusqu'à l'autre pan du mur d'à côté, afin de le ranger puis l'humeur hâté de retrouver ma femme, mon adorable petite princesse, je monte les escaliers, le cœur en joie qui se reflète sur mon visage. A l'étage, murs peints de rouge, portraits en noir et blanc encadrés de baguettes noires également, qui fait ressortir le contraste de ces belles photos, accrochés, je parcours, lèvres souriantes donc, le couloir légèrement illuminé.
Mon regard à distance distingue une feuille scotchée sur la porte de ma chambre, ne réalisant encore la raison de sa présence. Est-ce un mot d'Angela ? Une surprise qui m'a été réservée ? Aucune idée. Plus mon champ de vision se rapproche, plus je fixe la feuille sans pour autant me questionner réellement. Il me tarde tellement de les retrouver. Mes pas se stoppent au seuil de la porte et à ce moment, je prends conscience que le message qui m'est destiné n'est d'aucune nature affectueuse. Mon sourire se modère méthodiquement et je lis.
Cher monsieur Jane,
Je n'aime pas être calomnié dans les médias, surtout par un charlatan mercantile et profiteur.Si vous étiez un vrai médium et non une petite larve crapuleuse, vous n'auriez pas besoin d'ouvrir cette porte pour voir ce que j'ai fait à votre jolie femme et enfant.
Mon esprit se brouille, ayant des difficultés à mon tour à assimiler ces mots qui me frappent de terreur. Une brusque montée d'angoisse alarmante, d'affolement, de crainte aiguë m'envahissent ainsi que de soudaines sueurs froides. Je suis terrifié par ce message comminatoire qui gronde d'une manière pernicieuse. Mon dieu !
Ma respiration s'accélère, j'ai l'impression d'être sur le point de suffoquer, me sentant subitement nauséeux. Mon cœur bat à présent à un rythme agité, une appréhension affreuse, cruelle qui s'insinue en moi, prêt à manquer d'oxygène. Je suis tétanisé de l'intérieur. Je souffle à moitié, assommé par ces émotions violentes dissipées dans ma tête et courageusement, pulsations cardiaques à tout rompre, ma main se pose sur la poignée puis la tourne. Je suis mort de trouille.
J'ouvre alors la porte lentement, le regard empli d'apeurement. La vision d'épouvante se présente soudainement face à moi. Un smiley peint en rouge sur le mur, déduisant de suite que c'est du sang frais, mis en vedette par la lumière de la lampe. Tout s'effondre. Mes yeux se figent sur cette mise en scène qui me donne envie de vomir avant qu'une ravageuse douleur, un immense chagrin ne m'engloutissent. Je m'éloigne peu après, vais m'appuyer maladroitement sur le mur et me laisse tomber brutalement le long jusqu'à atterrir sur le parquet. J'ai envie de hurler. Mais je suis tellement terrassé, détruit que mes cordes vocales ne peuvent émettre aucun son. Ma femme, mon enfant qui baignent dans leur sang, leurs ongles peints avec leur propre sang. Comment peut-on faire ça ? J'ai envie de vomir, sentant que ça monte davantage dans la gorge tant mon estomac en est retourné.
Tout défile alors à une vitesse effarante dans mon esprit. Le jour où j'ai rencontré Angela, notre première sortie, notre mariage, la naissance de Charlotte Anne, composition qui ont avoir avec les sœurs Brontë. Charlotte, prénom de la sœur aînée. L'inspiration venue au moment du choix du prénom, tous deux d'accord pour lui donner, lui allant à ravir. Porter ce boutchou dans mes bras. Si heureux ! Lorsque je la bordais, je lui disais avec amour, tendrement cette déclaration de père.
« -Tu es en sécurité, tu es aimée et tu es sage. » Ajoutant
« -Tu es mon ange. »
Je n'arrive même pas à pleurer. Tout est bloqué. Je me mets alors à trembler, réaction due au choc. Un tsunami. Ne provenant à extérioriser ce raz-de-marée d'émotions, celles-ci se manifestent de cette manière. Je reste paralysé durant plus d'une heure avant que ma conscience ne vienne à mon secours pour me guider en me communiquant la marche à suivre.
Modus Operanti ! John Le Rouge. Si patent!
Malgré mon chamboulement, des frissons qui courent follement, avec courage encore, force amenuisée cependant, je me relève avec indolence, descends les escaliers, jambes flageolantes et téléphone ensuite à la police en utilisant le fixe. Je compose le 911, ne cessant de trembler. Arrivé, elles étaient déjà mortes. Je me serais précipité comme un fou pour téléphoner mais les sauver était trop tard de toute façon. Chacun réagit différemment. Si elles avaient été vivantes, bien sûr que oui.
-Les urgences, je vous écoute. Expliquez votre problème.
-Je…
La parole se bloque, la laissant suspendue durant quelques secondes.
-Allô ?... Monsieur ? Est-ce que vous êtes toujours en ligne ?... Monsieur ?
-Oui … Ma femme…. Fille. mots décousus.
La douleur s'intensifie tout d'un coup, à vif, s'étrangle dans ma gorge tant j'ai mal, du mal à m'expliquer.
-Prenez votre temps. Votre femme, votre fille. Qu'est-ce qui s'est passé ? se montrant patiente, diplomate.
-Je suis désolé. Je n'y… Arrive pas.
-Monsieur. Ecoutez-moi. Respirez.
Je m'efforce, respirant petitement, encouragé.
-C'est ça. C'est bien. Dites-moi ce qui se passe maintenant.
Elle est douée. Elle prend ma place. Aide extérieure que l'on m'envoie on dirait. Je souffle de nouveau alors et me lance, les yeux fermés.
-Elles sont mortes…. Elles….. Elles ont été…. Tuées. C'est…. C'est…. John Le Rouge. Il les a … Tué.
-D'accord, monsieur. Donnez-moi votre adresse.
Le timbre de la femme est teinté de stupeur. On a beau exercé ce métier ingrat, je crois que l'on reste toujours abasourdi par ce que l'on entend lors d'appels d'urgence.
-1533 Cedars Street. Malibu.
-Votre nom monsieur.
-…. Jane. Euh ?... Patrick Jane.
- Très bien monsieur Jane. Je vous envoie des voitures.
Je raccroche, l'expression encore hagarde, figure livide, la parole à nouveau gelée, restant dans le mutisme, immobile jusqu'à l'arrivée de la police moins de vingt minutes après.
