Chapitre 2
Plusieurs heures défilèrent en silence et elle s'arrêta finalement sur une aire d'autoroute. Elle tourna la tête vers son passager.
« Je suis fatiguée. »
« Laissez moi conduire. »
« Merci. »
Ils échangèrent leur place et démarrèrent à nouveau.
« On va où ? »
« Droit devant. »
Il ne chercha pas à en savoir plus et démarra. Presque aussitôt elle s'endormit. Il aurait aimé la regarder ainsi. Calme et paisible. Mais il ne le pouvait pas, il devait rester concentré sur la route et lutter contre le sommeil qui grandissait en lui. Il avait au moins autant envie de dormir qu'elle mais il ne voulait pas rester à l'arrêt dans la voiture avec elle alors il conduisait.
Une heure plus tard il ne tenait plus. Ses yeux se fermaient tout seul. Il décida qu'il était temps de s'arrêter.
Sur l'aire d'autoroute il essaya d'isoler la voiture du mieux qu'il pu. Il allongea le siège, déposa un baiser sur le front de sa voisine et s'endormit.
Il était près de seize heures lorsqu'elle se réveilla. Elle regarda autour d'elle et découvrit que la voiture était arrêtée et que son passager dormait à poing fermé à côté d'elle. Il semblait paisible. Il avait une expression calme et éloignée de son expression habituelle de travail. Il était sublime comme cela.
Elle aurait pu rester à l'observer durant des heures mais elle décida que ce serait mieux si elle allait chercher quelque chose à manger dans le magasin qui se situait non loin d'eux.
Elle disparut de la voiture quelques minutes. Les minutes qui furent suffisantes à son passager pour se réveiller. Comme si il avait senti que quelque chose manquait. Une présence en moins. Une peur en plus.
Mais elle revint avant même qu'il ne fasse le moindre mouvement pour sortir de la voiture.
« Où étiez vous ? »
« J'ai acheté à manger. »
« Bonne idée. »
« On redémarre. »
Il remit le siège conducteur dans sa position initiale et la laissa prendre le volant.
Ils mangèrent tranquillement en voiture, dans ce même silence qui les accompagnait depuis le début du voyage.
« Pourquoi vous vouliez partir ? »
Il ne supportait plus ce silence. Le son de sa voix lui manquait. Il voulait l'entendre et discuter avec elle, loin de tout le monde.
« Je ne sais pas trop. Je crois que j'en avais besoin. »
« Pourquoi ? »
« Je ne me sentais plus à l'aise. »
« Au travail ? »
« Oui. »
« A cause de moi ? »
« En partie. »
Il se tut.
« Pourquoi vous m'avez suivit ? »
« Je ne sais pas. J'en ai ressenti le besoin. »
« Merci. »
Ils se turent à nouveau.
La nuit commençait à tomber et ils étaient garés face à l'océan. Elle descendit de voiture et alla s'asseoir sur le sable. Il la suivit et s'assit à côté d'elle.
« C'est ici que vous vouliez venir ? »
« Je crois oui. »
Elle ferma les yeux et écouta le bruit des vagues partir et revenir. Partir et revenir.
« J'aime le son des vagues. C'est apaisant. »
Il ne répondit rien. Il n'y avait pas besoin de réponse.
Elle se leva et il la suivit à nouveau. Elle entra dans la voiture et démarra pour alla se garer non loin de là près d'un motel qui avait vu sur l'océan.
« On dort ici ce soir. »
« D'accord. »
Ils sortirent leurs sacs du coffre et entrèrent dans le motel. Elle demanda deux chambres. On leur donna deux clefs différentes et ils allèrent se coucher.
Il était seul assis sur le bord du lit, son sac à ses pieds. Il n'avait pas envie de dormir mais il ne voulait pas aller la déranger. Alors il se résigna, se mit en pyjama et s'allongea sous les couvertures. Il s'endormit rapidement.
A trois heures du matin il fut réveillé par un bruit contre sa porte. Il se leva les yeux embrouillés d'images de rêves qui s'évaporaient au fur et à mesure de ses pas. Il ouvrit la porte et elle était là, tremblante et effrayée.
Il la fit entrer et s'asseoir sur le rebord du lit où il se trouvait précédemment.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Elle ne répondit pas mais à la place elle se glissa sous les couvertures.
« Serrez-moi dans vos bras. »
Il s'allongea près d'elle dans le lit et la pris dans ses bras. Il sentait son corps trembler contre son torse. Il lui caressa tendrement les cheveux et lui déposa un baiser sur le front. Elle commençait à se calmer. Elle ne tremblait plus et sa respiration se faisait de plus en plus régulière jusqu'à devenir une calme respiration de sommeil.
Elle s'était endormie dans ses bras et comme il ne voulait surtout pas la réveiller et encore moins la laisser partir il s'endormit emporté par le doux parfum sucré de cette femme.
