Chapitre 2: La dure révélation

Tout ce bordel, ça commença le jour où elle n'arriva pas en retard. Le jour de ses examens de fins d'années de collège. Elle avait prit soin de prendre son objet chanceux du jour: Junjou Romantica tome 3.

"Tiens, salut Mathilde-chan.

-Salut, Kuroko.

-Tu es prête pour l'oral?

-Je stress un petit peu, mais ça va. Et toi?

-Je te dois de l'avouer, je crois que ça se voit. Je suis super stressé je ne tiens plus debout.

-Je vois ça, oui..."

Mathilde sourit, puis rit légèrement. Kuroko sourit, puis il fut appelé. Elle lui souhaita bonne chance, puis attendit son tour.

Lorsqu'il revînt, elle entra, puis fit son oral, le sourire aux lèvres. Pourquoi était-elle contente? Parce qu'après leurs oraux, ils allaient tous pique-niquer au stade en herbe du coin.

Sans réellement savoir... Savoir qu'une telle chose allait arriver, ça lui donnait envie de profiter d'un instant présent. C'était sans aucune doute LA FOUGUE DE LA JEUNESSE!

"Merci, et au revoir!"

Elle sortit de sa salle d'examen, puis rejoignit les autres dans la cour. Ils étaient tous là, le sourire aux lèvres, et ça faisait plaisir.

"Allez Mathilde, on attend plus que toi!

-J'arrive, Daiki!"

Sans réfléchir, elle courut, et se jeta dans les bras de son frère.

Ah... Le bonheur. C'est chaud, c'est doux, et c'est agréable.

Le malheur, c'est triste, c'est froid. Mais ça l'ait encore plus lorsque ça vient stopper le bonheur. Ça devient effrayant.

TOUT COMME LORSQUE TU VOIS UN POINT DE PEINTURE NOIRE SUR TON MUR, QUE TU DECIDES DE LE REPEINDRE DONC TU ES CONTENTE PARCE QUE TU ADORES PEINDRE MAIS QUE TU VOIS ENSUITE QUE C'EST UNE PUTAIN D'IMMENSE ARAIGNEE!

"On va aller au magasin juste là, Ryouta et moi. On a rien emmené.

-Tu me payes, Aominecchi?

-Quoi?!

-RYOUTA JE T'AVAIS DIT DE PREPARER TON PUTAIN DE DEJEUNER CE MATIN BORDEL DE MERDE TU FAIS VRAIMENT CHIER!

-Ça va, ça va, excuse-moi Mathilde-onee-san...

-… C'est bon, je plaisante. Tiens, voilà 1000 yens.

-Merci, mais je n'en ai pas besoin, j'ai déjà...

-PRENDS!

-OK, OK!"

Mathilde sourit à la vue de son frère prendre le billet, avant se recevoir un bisou sur la joue. Le blond partit avec son ami, avec qui il commença à discuter.

"On va s'installer sur les bancs, là-bas?

-Yep!"

Mathilde sourit, puis suivit Akashi qui guida le groupe jusqu'aux bancs. Là, ils discutèrent de tout et de rien, rirent. Les deux échappés revinrent un peu plus tard, puis se joignirent à la mêlée.

Le repas se fit en riant, en pouffant, et même en s'étouffant pour certains. C'est juste lorsqu'on s'amuse qu'on ne se doute pas de ce qu'il peut arriver. Et c'est pour ça qu'il y a des instants où l'on observe le ciel, ressentant au fond de nous que quelque chose ne va pas au moment même où l'on s'amuse. Comme si... Quelque chose de précieux pour nous... N'était en fait pas réel. Mais bon. Oublions ça, et passons un bon moment, à la place.

Les au revoir furent longs, surtout pour celui de Ryouta et Aomine. (nan mais, sans mentir, ça se voit TELLEMENT que finalement ils s'aiment bien. Même si… Bon au fil du temps de cette année, Aomine était vraiment devenu prétentieux et distant avec les gens). Celui d'Akashi et Midorima fut également un peu long, mais ce fut celui de Mathilde et Midorima qui fut le plus long.

"Tu vas me manquer... Un peu.

-Tu sais, on habitera pas si loin l'un de l'autre.

-P... Promets-moi qu'on se reverra alors! Promets-le!

-Euh... Je te le promets."

Midorima sourit POUR SA PUTAIN DE PREMIÈRE FOIS! Mathilde sourit, puis tourna soudainement la tête, ses lèvres se retournant, sentant ses larmes monter.

"B-Bon, on doit y aller, Ryouta! Papa et maman doivent nous attendre! À bientôt j'espère, tout le monde.

-Oui, papa maman nous attendent, c'est ça...

-Comment ça, "c'est ça"?!

-R-Rien..."

Ryouta sourit tristement, puis suivit sa petite sœur adorée. Soudainement, un "attend!" la retint. Elle se retourna les yeux rouges, observant le sourire du capitaine de Rakuzan.

"Tu me manqueras, Mathilde.

-... Toi aussi tu me manqueras, Akashi…

-Il y a plutôt intérêt."

Mathilde perdit le sourire quelques instants, puis le regagna lorsqu'elle le vit sourire, les lèvres tremblantes. Elle s'essuya les yeux, puis sourit avant de partir.

C'était plutôt perturbant. Evidemment qu'il avait dit ça pour rire, mais… Sa voix n'était tellement pas humoristique… Elle était plus froide. Et c'était comme si… Ça n'avait pas été lui pendant un instant.

"Bon on y va, Ryouta?! J'ai un cil dans l'oeil, il faut que je me l'enlève."

Ryouta rit, puis tous deux repartir vers chez eux.

"Tu peux avouer que tu as pleuré Mathilde-onee-san, tu sais!

-J'AI PAS CHIALE!

-Moi aussi j'ai pleuré!

-OUAIS MAIS PARCE QUE T'ES UNE PEDALE!

-C'est pas gentiiiiil!

-Je plaisante, Ryouta... Tu es courageux d'avouer tout ça."

Mathilde sourit, puis embrassa son frère sur la joue. Ce dernier sourit, puis tous deux rentrèrent chez eux.

"PAPA, MAMAN, ON EST RENTRES!

-Crie pas...

-Pourquoi?

-Pour rien... Bon, je... Je vais finir mes cartons! Tu viens Onee-san? J'ai besoin de toi pour décrocher mon poster de Kagamine Rin.

-Et moi j'ai besoin de toi pour me décrocher celui de Jin.

-Jin qui?

-KIM SEOKJIN, UN PUTAIN DE CHANTEUR COREEN, NAN MAIS TU CONNAIS PAS?

-Euuuuh... SI JE CONNAIS, TOTALEMENT!

-BIEEEEEN..."

Ryouta s'éloigna, les gouttes de sueurs froides sur le front. Mathilde sourit, puis partit dans la cuisine prendre une pomme. Elle était tout-de-même songeuse pour l'absence de ses parents, puis ce doute fut estompé lorsque la porte d'entrée s'ouvrit.

"Ah, vous êtes déjà rentrés!

-Bah et vous, où vous étiez?

-Au travail, bien sûr. Désolés du retard.

-Bon, je vais faire mes valises! Mathilde, soit gentille et apporte une orange à ton père.

-D'accord."

La mère déposa un baiser sur le front de sa fille avant de partir vers sa chambre. Cette dernière sourit, avant d'apporter une orange à son père.

"Merci. Ryouta! J'espère que tu es prêt, on part dans une heure! Tu peux aller aider ton frère?

-Ok."

Mathilde se leva de sa chaise, puis monta jusqu'à la chambre de Kise. Il le vit ranger ses manga avec précisions, rangeant shojo d'un côté et shonen de l'autre, sans oublier ce fameux yuri qu'elle n'ouvrira PUTAIN DE JAMAIS.

"Tu veux de l'aide Ryouta?

-Oh, ça ira. Par contre, est-ce que tu peux monter sur la table et prendre le poster, toi qui est moins lourde, s'il-te-plaît?"

Mathilde obéit, puis donna le poster de la Vocaloid en maillot de bain à son frère. Ce dernier répondit par un merci et un sourire, puis partit ensuite décrocher le poster de Jin de sa sœur après avoir finit de ranger ses manga.

"Merci, Ryouta.

-De rien mais c'est pas gratuit!

-Enfoiré."

Mathilde soupira, puis donna un billet de 1000 yens à son frère. Celui-ci sourit, puis lui rendit.

"Tiens parce que moi aussi je t'en dois!

-Purée mais tu me fais perdre mon temps.

-Meeuuuuuh...

-Je plaisante."

Mathilde sourit, puis repartit au rez-de-chaussée se regarder la dernière vidéo de Squeezie. C'était un youtuber francophone, qu'elle aimait beaucoup. Par contre, même si elle se débrouillait en français, elle n'y comprenait rien.

Ce ne fut qu'une heure plus tard, après avoir regardé du Squeezie, le dernier single des One Ok Rock, et un début de film américain, qu'ils partirent. Elle dit alors au revoir au mur où elle avait noté chaque année la taille de son frère à côté de la sienne, puis ils se mirent en voiture.

"Mettez tout à l'arrière, il y a déjà mes valises et celles de votre mère dans le coffre.

-D'accord."

Ryouta se mit à l'avant, conduisant, tandis que Mathilde s'installa à l'arrière aux côtés de sa mère, avec son portable pour regarder encore d'autres vidéos. Bien sûr pendant le trajet, et chanta avec son père, sa mère et son frère dans la voiture avec la radio, et parla également beaucoup avec eux.

Ce fut environ une demi-heure plus tard qu'ils arrivèrent.

"AAH~! DE L'AIR FRAIS!"

Ayant crier, Ryouta inspira un grand bol d'air pur, avant de se recevoir le journal du soir dans la gueule.

"Bonne soirée.

-Ouais, merci..."

Ryouta grogna dans son coin, tandis que Mathilde rit. Franchement, il faisait vraiment rire, son frère.

"Bon, rangez vos affaires. On va s'occuper des notre."

Mathilde sourit, acquiesça, puis monta ses affaires.

Elle s'arrêta en plein chemin, comme si quelque chose venait de changer subitement. Comme si toutes ses impressions qu'elle avait eu étaient belles et bien réelles.

C'était l'absence de quelque chose, quelque chose qu'elle pensait exister mais qui n'existait finalement pas. Cette impression, elle l'avait déjà eu quelques fois, surtout pendant qu'elle avait pique-niqué avec ses amis. Mais cette fois-ci… Ça paraissait plus que réel. Quelque chose venait de partir de sa vie, et elle en était sûre.

Mais quoi?

"Ryouta?

-Quoi?

-… Non rien."

Le grand frère regarda bizarrement sa petite soeur, elle se disant que ça n'avait rien à voir avec lui, heureusement. Elle prit ses valises, réfléchissant toujours. Elle alla dans la maison, observant l'espace vide. Qu'est-ce qu'il manquait donc?

"Ça ne va pas…?

-Non, je ne sais pas… Une impression."

Ryouta sourit, regardant sa soeur, puis posa ses valises dans l'entrée. Mathilde posa les siennes, réfléchissant.

"Va choisir la chambre que tu veux, je prendrai l'autre.

-Et Papa et Maman?"

Tout ça fit tilt dans sa tête, à laquelle elle eu vite mal soudainement. Ces deux mots semblaient creux, vides, assez perdus dans ce vaste monde. Tout ça voudrait donc dire que ce sont les parents qui n'existent pas? Non, ce serait stupide, elle venait de les voir i minutes…

Pourtant, ça sonne bien réel.

"Dis-moi Ryouta.

-Oui…?

-Papa et Maman… Ils sont bien là, hein?

-…"

La seule réponse visuelle fut une morsure de lèvres, dénonçant son stress et le fait qu'il ne savait pas quoi répondre. Il commença bien quelques syllabes, mais qui ne furent jamais continuées. Elle le regarda, étonnée.

"Eumh… E-Ecoute, Mathilde… On m'a dit que si un jour tu me posais cette question… Il fallait que je te réponde non.

-Qu'est-ce que ça veut dire? Explique-moi, Ryouta…

-E-Euhm… Mathilde, je… Papa et Maman sont morts… Depuis tes 8 ans.

-… Hein?

-On m'a dit de ne pas te le dire… Avant que tu ne le réalises toi-même, et… J-Je ne voulais pas trop t'inquiéter avec ça, alors… J'ai fais ce qu'on m'a dit…

-Pourquoi tu ne me l'as pas dit dès le début?

-J-Je ne sais pas… Je ne voulais pas te faire mal…"

Ce fut long, très long, mais elle comprit. Tous ses souvenirs s'effacèrent, donnant place à de nouveaux, dans lesquels les visages de ses parents étaient absents. Plus aucuns souvenirs d'eux, comme s'ils n'avaient jamais existé, et forcément, ce fut un choc.

Puis... Plus rien.

Seulement des vagues noires ondulants dans ses souvenirs. Le visage de Ryouta semblait brûler au loin, dans ce qu'elle semblait apercevoir. Le visage de ses parents souriaient, mais elle ne pouvait les toucher.

Tout était noir, absolument tout. Juste une petite lumière brillait au loin. Elle décida de s'en approcher, pour la toucher...

"AAH!"

Aussitôt, on la calma. Elle se re-saisit, observant ce blond lui sourire à côté, et des femmes inconnues.

"Qu'est-ce que...

-Vous vous sentez bien? Ne vous brusquez pas trop.

-Quoi? Où suis-je?

-À l'hôpital. Vous avez seulement dormi une demi-journée."

Les deux infirmières se regardèrent, souriantes, puis s'éloignèrent.

"Ryouta… Tu pourrai m'expliquer un peu… Mieux s'il-te-plaît?

-D'accord…"

Le grand frère s'assit sur la chaise à côté, puis sourit à sa petite soeur.

"Il y a… Des gens que je consultais pour toi. On m'avait dit que si tu te mettais à crier, il fallait que je te crie "papa et maman vont bien!" jusqu'à ce que tu sois calmée. Mais à la place, tu t'es t'évanouie avant, et... Je t'ai récupérée, je t'ai amenée ici...

-...

-J'aurais du te dire que tu avais des problèmes, tout ça... C'est de ma faute..."

Ryouta posa sa tête sur Mathilde, puis lui prit la main. Il commença doucement à pleurer, puis Mathilde suivit.

"Ce n'est pas de ta faute, je te promets! Pleure pas, p-pédale!"

Ryouta s'essuya les yeux, puis sourit de toutes ses dents, les perles d'eau encore accrochées à ses cils.

"Je ne suis pas une pédale!

-Oui, tu es tout sauf ça…

-Sache que je serai toujours là pour te supporter, Mathilde. Je t'aime, tu sais.

-Je t'aime aussi... Merci d'être là pour moi. Rien que d'y penser, je... J'ai peur, tu sais.

-Tout finiras bien, je te le promets."

Ainsi, les grandes vacances furent de tout repos. Eux deux passèrent tout le mois de juillet ensembles, à sortir au ski, aux restaurants, à la piscine (en hiver ma gueule!)… Ils firent également beaucoup d'activité différentes, histoire de se défouler. Des cours de sport, de la danse, du chant à casser les vitres de chez eux, et de la wii. C'était peut-être rien, mais pour elle c'était tout. Passer du temps avec son frère, c'était le meilleur.

Le second mois, Ryouta dû partir à New York pour sa carrière de mannequin. C'était un endroit où elle aurait tellement aimé aller, elle en était verte de jalousie. C'est en voyant ça qu'il lui promis de l'y emmener les prochaines grandes vacances. Chaque jour il lui envoyait des messages décrivant ses activités, et tout semblait se passer pour le mieux.

On ne va pas cacher qu'elle avait du mal à s'habituer à tout ça. La maison vide, plus personne à voir.

Mais bon, d'un certain côté, elle était contente d'avoir pu résoudre un problème qu'elle avait. Elle se sentait libre, légère, comme délivrée d'une prison froide. Et ne savait pas réellement pourquoi, mais son stress était tombé d'un coup. Elle se sentait mieux, et n'avait pas des moments de blanc dans ses pensées.

Elle était contente d'avoir oublié.

Et encore mieux, aujourd'hui on était la veille de la rentrée. Elle allait pouvoir faire de nouvelles connaissances, style des filles moins PIMBÊCHES qui ne s'intéressaient qu'à sa vie amoureuse. Combien de fois va-t-elle répéter que les seules personnes au monde avec qui elle décidera de se marier seront soit Jin des BTS, soit Ryuu Tsuji de Special A, c'est pas compliqué! Y'a que deux choix!

Ça lui rappelait un peu celles qu'elle avait rencontrées au collège, comme euh… Enfin, elle n'avait pas d'exemples en tête, elle ne se souvenait plus de qui elle avait réellement rencontré là-bas.

Aussi rencontrer d'autres amis, des nouveaux profs, des nouveaux voisins, une nouvelle équipe de basket…

Tout semblait être parfait.

Puisqu'elle avait tout oublié toute trace de passé. Elle s'était efforcée de se souvenir de son frère, et seulement lui. C'était le seul qui l'avait aidé après tout.

En même temps que d'avoir oublié ses parents, elle avait également oublié toutes traces de personnes qui étaient susceptibles de lui faire rappeler une potentielle existence de ces deux personnes.

Ah! Et Kise allait rentrer le soir même. Elle était si impatiente de l'attendre qu'elle avait déjà préparé le dîner pour lorsqu'il rentra alors qu'il n'était que 15h. Elle voulait tellement le voir, lui parler de plein de chose, qu'il lui raconte tout en face d'elle.

Alors elle s'assit dans le salon, devant son ordi, et se commença une petite partie d'Undertale.

Bon, on a eu les présentations, la partie tristes de sa vie, maintenant on va peut-être passer à la partie joyeuse? PARCE QUE BORDEL CA ME MANQUE DE FAIRE DE L'HUMOUR!

Bref, Kise rentra blablabla voyage new york blablabla le dîner est prêt blablabla j'ai fait ci et ça BLABLABLA

Alors, après avoir passer la meilleure soirée qu'elle n'ait jamais passée avec son frère, elle monta dans sa chambre, préparant son sac, puis se laissa partir vers le pays des rêves. Là où elle pouvait revoir ses parents, même si elle ne voulait pas forcément les voir.

Et, dans son sommeil, elle souffla qu'elle avait hâte de rencontrer beaucoup de monde.