Mea culpa pour le temps que je mets à vous servir la suite. J'ai une irl chargée en ce moment, et je voulais avoir fini d'écrire cette fic avant de poster. C'est donc désormais chose faite, la suite attend patiemment dans un coin de mon ordi.

J'espère que ce chapitre vous plaira, bonne lecture !


Ianto ne réfléchissait plus réellement. Il agissait d'instinct, mécaniquement. La portière du véhicule claqua derrière lui. Il tressaillit. Démarra le moteur. Prit la route. Pas un seul regard en arrière. Jack trouverait un autre moyen de rentrer et de ramener ce weevil Jack trouvait toujours.

A vrai dire, toutes ces considérations lui étaient sorties de l'esprit au moment où il s'était laissé allé dans les bras de son Capitaine, laissant son chagrin éclater. C'était à cet instant ci qu'il s'était vraiment rendu compte de ce que signifiaient les paroles de sa sœur, qu'elles avaient pris tout leur sens. Jusque là, ce n'était que des mots. Une succession de lettres formant un son creux. Ceux ci avaient pris forme dans sa tête, tout à coup, s'appliquant soudain à un fait, un fait impossible, inconcevable. Brutal. Choc. La réalité venait de le rattraper et de le mordre. Tout lui éclatait à la figure, et il n'avait la force de retenir l'ouragan déclenché en lui.

Il enleva sa veste, pensa maladroitement d'une main sa plaie avec sa chemise pendant qu'il conduisait de l'autre. Il avait encore assez de raison pour se dire qu'aller chez sa sœur dans un costume déchiré n'était pas la meilleure option, Ianto fit donc un crochet par son appartement. Sa sœur était déjà abattue au téléphone, elle devait l'être plus encore après que le jeune homme lui eût raccroché au nez si elle le voyait dans cette tenue... Elle s'inquiéterait. Surtout, elle lui poserait des questions. Tout mais pas ça. Pas les questions. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle il l'avait évitée ces derniers temps, la raison pour laquelle il les avaient tous évités. Son père, à sa propre mort, peu après son entrée à Torchwood Londres. Sa sœur, son neveu et sa nièce qu'il ne voyait pas grandir. Et maintenant, sa mère qui le quittait sans qu'il ait pu lui dire au revoir... Sans qu'il n'ait jamais pu lui dire grand chose, finalement.

Il ne les voyait plus parce qu'il était trop occupé à Torchwood et parce qu'il ne devait sous aucun prétexte leur parler de l'institut. Pour leur sécurité. Oui, c'était ainsi que Ianto Jones justifiait son comportement.

Etait-ce cependant la vérité ? Ianto se cachait-il derrière le secret imposé par son travail ? Non. Ou plutôt, pas entièrement. Il ne pouvait pas et ne voulait pas leur en parler, ne pas les inquiéter, ne pas les mettre en danger, ne pas faire entorse au règlement. Cela, c'était vrai. Mais somme toute... il y avait autre chose. Le jeune homme devait bien le confesser. Ianto n'avait peut être tout simplement pas eu le courage de faire face aux autres membres de sa famille depuis la mort de son père. Certes, la vie à Torchwood et ses relations avec ses collègues étaient loin d'être simples, mais il avait moins de mal à les affronter eux que sa véritable famille. En particulier ses parents. Une part de lui le regrettait, aujourd'hui. Il n'avait pas pu leur dire au revoir. Les choses se déroulaient avec sa mère exactement comme avec son père avant. Même schéma. Inévitable. Fatal.

Il n'avait pas pu leur dire que, malgré tout, il les aimait.

Tout était parti, fini, terminé, poussière. Ne demeureraient à présent qu'images et sons si lointains, d'un passé dans lequel il était alors si différent... Et surtout, quels souvenirs ? Un père lui cassant la jambe plutôt volontairement le jour de son anniversaire ? Des réflexions, remarques, silences et regards où explosait toute la déception que M. Jones ressentait pour la chair de sa chair ? Ce n'était pas le pire. Ca n'avait jamais été le pire, mais ça personne ne le savait et ne le saurait jamais. Il s'était beaucoup confié à sa sœur, mais il n'avait montré les marques de coup à personne. Plus tard, avec Lisa, il s'était servi de Lisa pour remonter la pente, s'était noyé dans son amour, lui donnant tout le sien, sans jamais rien lui avouer.

Son paternel aurait bien rit d'ailleurs aujourd'hui, en apprenant que son travail avait longtemps consisté à ramasser la merde derrière ses collègues et à leur faire le café. Il n'aurait sûrement pas été très étonné. Finalement, Ianto Jones regrettait de ne pas avoir revu son père à l'hôpital avant sa mort parce qu'il aurait espéré qu'à ce moment là, l'homme accepterait enfin de le reconnaître comme son fils. Il ne demandait pas à ce qu'on soit fier de lui. Juste à être accepté. Comme s'il espérait encore que cela eût été possible...

Ianto déglutit, seul dans la voiture, les mains crispées sur le volant. Il devait éviter de repenser à son père. Tout cela était fini, enterré depuis bien longtemps désormais. Mais sa mère, qui hantait cruellement son âme depuis l'annonce de sa mort, lui renvoyait automatiquement au souvenir du mari. Ses dents s'attaquant férocement à sa lèvre supérieure pour se forcer à rester concentré sur la route, il atteignit finalement son immeuble. Ianto nettoya le sang, fit rapidement un bandage au niveau de sa plaie la plus importante, à l'épaule, avant de se changer et de sauter à nouveau dans le SUV. Chemise pourpre : s'il y avait quelques traces de sang, elles se verraient moins. Cela commençait à faire un certain temps que sa sœur avait appelé, le jeune gallois n'osait donc même pas penser à sa réaction lorsqu'il arriverait enfin. Pas de temps à perdre.

Les pneus crissèrent quand il se gara enfin à cheval sur le trottoir. Ces quartiers défavorisés demeuraient toujours si semblables, malgré les années. Rien ne changeait. C'est avec un pincement au cœur et lourd d'anxiété que Ianto poussa la porte d'entrée. Ses conditions de vie n'avaient plus rien à voir avec celles dans lesquelles il avait grandi, et dans lesquelles Rhiannon baignait toujours. Ce n'était pas juste, non. Rien ne l'était. Si seulement elle savait...

Lorsque Ianto poussa la porte, il n'eût le temps que de voir sa sœur lever vers lui deux yeux hagards.

« Ianto ! »

Le petit bout blond en t-shirt bleu qui venait de crier son nom sauta des genoux de sa mère pour se précipiter sur son oncle. Celui ci récupéra Mica, la portant dans ses bras, sa tignasse dorée obstruant sa vue et chatouillant sa joue alors que la petite enfouissait son visage au creux de son épaule. Il la garda près de lui quelques instants avant de la rendre doucement à Rhiannon.

Son neveu et sa nièce avaient-ils été proches de leur grand-mère ? Pas plus que cela pensait Ianto, pourquoi celle ci aurait elle été plus proche de ses petits enfants que de son propre fils ? Mais c'est avec amertume qu'il se rendait compte qu'il n'en savait strictement rien. D'un autre côté, il connaissait assez Mica pour affirmer qu'elle était très empathique malgré son côté chipie. Qu'elle ait été proche ou non de sa grand-mère le chagrin de sa mère ne pouvait que la toucher.

C'est avec stupeur qu'il réalisa qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait dire. De ce qu'il devait dire. Y avait il seulement une bonne manière de réagir dans sa situation ? Il aurait dû garder Mica dans ses bras plus longtemps, cela lui aurait donné le temps de réfléchir et de trouver quelque chose. Alors il se tint droit devant sa sœur, interdit, retroussant ses lèvres dans un signe évident d'embarras, et surtout d'angoisse.

« Johnny n'est pas là ? »

Ce fut la seule question qui réussit à passer la barrière de ses lèvres. Gagner du temps... Cela changerait il réellement quelque chose ? Sa sœur le fixa soudain, comme si entendre sa voix lui avait fait réaliser sa présence.

« Il est parti chercher David à l'école et ils doivent passer au club de rugby du quartier. Mica n'avait pas cours, elle.

-Ah. »

Ils se dévisagèrent, découvrant chacun au fond du regard de l'autre un vide, un vide immense, mais un vide étonnement plein. Débordant. Rempli de reproches, de ces reproches qu'on garde jalousement pour soi jusqu'à ce qu'ils vous rongent et vous détruisent mutuellement. Mais il y avait aussi de l'affection. Ianto essayait de se concentrer dessus. C'était pour elle qu'il était là...

Il s'assit, essayant de toute ses forces de continuer à soutenir le regard de sa sœur, mais ses yeux semblaient trouver ses mains croisées sur ses genoux beaucoup plus intéressantes. Ce fut elle qui rompit le silence.

« Tu étais bizarre quand je t'ai appelé. Et tu as mis du temps à venir. Tout va bien, Ian' ? »

L'intéressé retint un petit rire. Est-ce qu'il allait bien ? A son avis ? Autant répondre à ses interrogations tout de suite. Bien qu'il avait espéré, il n'avait pas imaginé une seule seconde pouvoir y échapper.

« Oui, tout va bien, ne t'inquiète pas pour moi. Ca m'a juste secoué. J'étais au boulot et je ne m'y attendais pas du tout Mais ça va aller, ne t'en fais pas..

-Oh désolée, je... Je ne voulais pas t'interrompre au milieu de ton travail. Ce mystérieux job... » Un sourire triste flottait sur ses lèvres. « Ils ne t'en ont pas voulu que tu t'en ailles comme ça j'espère ?

-Pas du tout, ce n'est rien, vraiment. Et je voulais être là pour toi, un peu, tout de même. »

Elle acquiesça douloureusement avant de reporter son attention sur sa fille.

« Mica, remonte dans ta chambre, ton oncle et moi devons tout régler pour l'enterrement de grand-mère. »

La petite s'exécuta, non sans avoir collé un gros bisou sur la joue du susnommé oncle. Il esquissa un petit sourire attendri qui s'effaça bien rapidement, dès lors qu'il se retrouva seul avec Rhiannon. Celle ci avait un air incroyablement fermé, que Ianto ne lui connaissait que très peu. Tout ce qu'il savait, c'est que dans ces cas là ce n'était pas bon signe. Elle pris la parole après une grande inspiration. Sa voix habituelle si pétillante et enjouée avait disparu au profit d'un ton tremblant. Elle débita son petit monologue comme David récitait à contrecœur une poésie devant toute la classe.

« Elle est partie paisiblement, tu sais. J'essayais de passer à la maison de retraite une fois par mois avec les enfants ou Johnny. Elle s'ennuyait là bas, tu la connais, tu imagines bien ! Enfin, au moins elle était tranquille et on s'occupait bien d'elle. Les toubibs ont dit que même si Parkinson l'avait fait souffrir, ça aurait pu être pire. »

Ianto acquiesça. Il ne pouvait pas échapper à cette discussion là non plus, n'est-ce pas ? Elle ne lui avait pas posé de question, ne lui avait rien reproché directement. Pourtant... Pourtant il savait très bien où elle voulait en venir. Pas besoin d'avoir une expérience de la vie de la taille de celle de Jack pour le deviner.

Oui, on se doutait facilement que la mère de Ianto ne pouvait qu'enrager, dans une maison de retraite et avec une telle maladie. Elle était presque hyperactive, toujours enjouée, courant partout, s'occupant de ses enfants et... et se consternant devant le tempérament taciturne de son fils. Pas comme son père, non, elle n'était pas méchante ou violente avec lui. Pas directement. Pas de remarques acerbes, pas de coups par derrière – au sens littéral – pour lui montrer sa prétendue faiblesse de caractère. Mais elle l'avait délaissé, presque inconsciemment, naturellement cessant peu à peu de s'occuper de lui, de faire attention à son existence. Il n'avait jamais eu de contact spécial avec elle. Juste de l'indifférence. Rejeté par son père, transparent aux yeux de sa mère. Etait-ce pire ? Il en venait à se le demander. Il avait des souvenirs de son père, au moins. Cruels, mais profonds, vivants, marquants. Il avait l'impression d'avoir connu son père. Pas elle.

Sa sœur reprit, voyant qu'il ne répondait rien.

« Elle demandait souvent de tes nouvelles, et si tu allais passer. Je lui ai dit que tu te portais bien et que... que ton boulot te prenait beaucoup de temps.

-C'est vrai. Ce n'est pas contre toi non plus tu sais, si je passe peu. C'est un travail aux horaires très contraignantes mais je m'y plais. »

Détourner la conversion sur Torchwood n'était pas vraiment la meilleure idée qu'il ait eu de la journée. Sa sœur risquait de vouloir en savoir plus, curieuse comme à son habitude, et ça allait bloquer. Mais pour lui, il était moins douloureux de penser à ses collègues qu'à ses parents... Sentant le poids du regard de sa sœur rivé sur lui, il comprit qu'elle ne se contenterait pas de cette réponse.

« Tu as toujours été plus proche d'elle que moi. Vous vous ressembliez plus. Moi je... Je n'ai jamais vraiment existé pour elle.

-Ne dis pas ça !

-Quoi ? C'est la vérité Rhi, c'est comme ça. Ca ne m'empêchait pas de l'aimer. Seulement... Ca n'a jamais été facile entre elle et moi alors... Je n'ai pas trop osé aller la voir.

-Si tu le dis. C'est trop tard de toute façon, maintenant. » Lâcha t-elle sur un ton badin masquant la réelle contrariété qui la secouait.

Son petit frère soupira. Qu'est-ce qu'elle attendait donc qu'il réponde à cela ? Les choses étaient aussi simples – et stupides – qu'il venait de les lui dire : il aimait sa mère parce qu'elle était sa mère, mais aucun réel lien affectif ne les avait jamais liés. Il n'avait pas l'impression de l'avoir connue. Ca, plus son manque de temps dû à Torchwood... Il n'était pas passé voir sa mère depuis son entrée à la maison de retraite il y a un peu moins d'un an. Peut être aurait il aimé faire un effort et se construire une relation avec elle, même sur le tard. C'aurait été mieux que rien, mieux que ce qu'il avait maintenant. Il ne l'avait pas fait. Il avait préféré sa famille de cœur à sa famille de sang. Et comment pourrait-il le regretter ?

Un toussotement lui ramena les pieds sur terre. Échangeant un sourire triste avec sa sœur, ils décidèrent de s'atteler aux démarches à faire pour l'enterrement.

L'atmosphère sembla peu à peu se détendre entre eux, mais le poids de la mort de leur mère semblait toujours peser extrêmement lourd. En particulier après quelques coups de fils à quelques proches de la famille qui n'avaient pas encore été prévenus. Rhiannon n'avait pas eu besoin de s'expliquer : Ianto avait compris qu'elle ne se sentait pas de le faire seule.

Alors il avait pris sur lui, comme toujours, comme après Canary Wharf. Comme avec ses tâches ingrates au hub, comme avec ses collèges, comme avec les remarques d'Owen. Comme avec Jack. Il ne s'était jamais plaint à personne. Ce n'était pas dans sa nature, pas dans son caractère. Son père avait pu le trouver faible malgré toutes ses tentatives pour l'endurcir... Il ne s'était pas rendu compte qu'il y était arrivé. Ianto avait appris à encaisser chaque coup. Garder ses émotions pour lui et avancer. C'était devenu la seconde nature du jeune Teaboy de Torchwood.

Passer quelques coups de fil pour annoncer la mort de sa mère d'un ton quasi professionnel pour soulager sa sœur abattue, ce n'était vraiment pas grand chose.

Préparer l'enterrement en lui même ne devait en théorie pas leur prendre une éternité, mais ils y passèrent presque toute la fin de l'après midi. C'était dur pour Rhiannon plus que pour Ianto, qui, finalement, avait pris l'habitude de marcher la mort à ses côtés.

Faire toutes ces démarches administratives, si officielles, si froides... Elle se rendait compte peu à peu de ce que « maman est morte » signifiant réellement. Elle allait devoir continuer, se sortir de son chagrin. Reprendre le cours de sa vie qui venait d'être bousculée pas plus tard qu'il y a quelques heures. Mais cela lui semblait avoir été une éternité plus tôt. Elle devait déjà commencer à se plonger dans quelque chose de froid et rationnel comme l'organisation d'un enterrement, se détacher de tout le pathos qui l'habitait. Et elle se rendait compte avec une certaine stupeur que son cadet s'en sortait beaucoup mieux qu'elle.

Certes, il avait eu des rapports plus... difficiles avec leur mère. Il lui semblait cependant que ça allait plus loin que cela, comme s'il n'était même pas touché par ce qu'il se passait.

Elle le détaillait en silence alors qu'il passait les coups de fils. Le visage si jeune, on dirait presque encore un poupon. Elle se rappelait de ses traits gamin, de ses fins sourires, si rares et si précieux. Les éclairs de malice autant que de douleur au fond de ses yeux bleus. De ses jeans délavés, t-shirts bon marchés et sweat-shirts flottants.

Il se tenait aujourd'hui devant elle dans un costume trois pièces peut être bien fait sur mesure.

Son petit frère... Qu'en restait il aujourd'hui ? Sûrement assez pour qu'il se préoccupe d'elle et lui vienne en aide, mais après ? Elle ne savait rien de lui, ne savait rien de sa vie, de son métier. Ils s'étaient vus deux à trois fois par an, alors qu'il n'habitait pas à plus d'un quart d'heure d'ici. Elle savait qu'il y avait eu cette Lisa quand il était à Londres, et qu'elle était morte peu après ou juste avant son retour à Cardiff. La beauté sombre n'avait guère plut à Mme Jones d'ailleurs raison supplémentaire pour Ianto de rester loin de sa mère. Rhiannon, elle, l'avait plutôt bien appréciée mais ne l'avait pas vue plus de deux fois. Une jeune femme cultivée, brillante, malicieuse et énergique. Tout ce qu'il fallait au jeune Gallois. Elle savait en tout cas qu'ils avaient été heureux ensemble des rares conversations qu'elle avait pu avoir avec Ianto à cette époque, il ne lui parlait que d'elle.

Sa mort avait dû le dévaster. Pourtant il n'avait rien laissé paraître lorsqu'elle était passée le voir en apprenant la nouvelle. Prétextant du travail, il avait vite écourté cette rencontre ci. Elle aurait voulu être là pour lui, l'aider, l'accompagner après cette perte qu'elle imaginait douloureuse. Il s'était renfermé comme une huître. Pourquoi ? Qu'avait elle ? Etait-ce quelque chose qu'elle avait fait, une remarque ? Elle cherchait mais ne voyait pas. N'avait elle plus le droit d'être près de lui ? D'être sa grande sœur qui l'avait tant réconforté après qu'il se soit fait humilié par les autres garçons alors que son père l'avait obligé à jouer au rugby ? Elle n'avait même pas entendu parler d'un quelconque enterrement. Tenue à l'écart, rejetée. Il savait qu'elle était là pour lui, pourtant...

Les deux diamants bleu profond servant d'iris au cadet tombèrent sur son aînée tandis qu'il raccrochait le téléphone. Elle le regardait d'un drôle d'air, la tête appuyée sur sa main, coude posé sur la table. Il avait l'impression d'être passé au laser, mais elle semblait en même temps si distante, absente.. Il s'approcha d'elle, passa doucement un bras autour de ses épaules. Ils passèrent quelques instants ainsi, dans une étreinte fraternelle qu'ils n'avaient plus connu depuis bien longtemps.

Oui, son petit frère était toujours là, se dit Rhiannon. Elle tiqua cependant. Les doutes, les reproches, ne pouvaient définitivement la quitter.

Ianto se dégagea lorsqu'il la sentit se crisper légèrement. Elle se mordait les lèvres et s'était remise à éviter son regard.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Elle demeura muette, cherchant en vain une aide imaginaire en lançant son regard aux quatre coins de la modeste pièce à vivre. Les mots tant retenus finirent par franchir ses lèvres devant l'inquiétude qui commençait soudain à envahir les traits de Ianto. Elle ne pouvait pas y résister quand il faisait cet air là, d'habitude. Mais aujourd'hui... il fallait que ça sorte, même si elle devait le blesser encore plus.

« Ianto... Qu'est-ce qu'on est, pour toi ? Johnny et moi, nos enfants, maman ? »


Donnez moi votre avis, il n'y a que comme ça que je peux avancer ! De plus je n'ai pas encore de bêta, en particulier pour l'orthographe (même s'il m'arrive de me dire que ça pourrait m'être utile), donc si vous voyez des coquilles restantes malgré mes relectures, n'hésitez pas !

Je suis absente à partir de demain pendant plus d'une bonne semaine, il vous faudra attendre un peu avant la suite (a)