Le bordel de l'auteur : Et voici la suite ! Comme vous pouvez le remarquer, j'ai changé le titre, "fucking" étant trop vulgaire pour un titre, je l'ai remplacé par sa version édulcorée, "frigging".

Petit point sur les noms avant que vous ne lisiez :

Alasdair : Ecosse, évidemment

Francine : Nyo! France, évidemment aussi

Arthur : Bon, Angleterre

Owen : Pays de Galles

Siobhan : République d'Irlande

Seamus : Irlande du Nord

William : Nouvelle-Zélande.

Et voilà ! Bonne lecture !


- Debout là-dedans ! On se lève !

Alasdair ouvrit les rideaux en grand, laissant la lumière du soleil envahir la chambre d'Arthur. Le blond grogna alors qu'il se réveillait lentement, tirant à un sourire à son frère aîné. C'était un des rares sons qu'il arrivait à tirer de lui et il décida d'en profiter.

- Owen nous rend visite, cet après-m' ! William sera sûrement avec lui. Tu te souviens de William ?

Il s'approcha du lit et tira le fauteuil roulant à côté. Les yeux de son frères étaient ouverts, prouvant qu'il était bien réveillé, et il fixait le vide, ne lui accordant même pas un regard alors qu'il lui avait demandé quelque chose. Le roux ne put s'empêcher de soupirer malgré lui.

- Non, bien sûr que non, tu ne te souviens même pas de moi, bordel, je vois pas pourquoi tu te rappellerais de William. Viens par là, tête de noeud.

Il glissa ses mains sous les aisselles d'Arthur pour le soulever, le tirant hors de ses couvertures, et l'assit contre la tête de lit précautionneusement, essayant de le placer suffisamment droit pour qu'il ne tombe pas d'un côté ou de l'autre. Il marmonna un "Bouge pas." en se dirigeant vers le placard, fouillant à l'intérieur pour récupérer des vêtements. "Bouge pas.", bah bien sûr, comme s'il allait le faire. Il ne bougeait pas depuis l'accident. Il ne parlait pas non plus. Il ne regardait même pas les gens dans les yeux. Comme si son âme était déjà partie au Paradis mais avait oublié d'éteindre son corps en partant, le laissant respirer, manger et dormir.
Alasdair revint auprès du lit et, évidemment, le blond n'avait pas bougé d'un centimètre. Il lui retira son pyjama et commença à l'habiller, grommelant après les boutons de sa chemise. Enfiler des vêtements sur quelqu'un qui n'a absolument aucune intention de vous y aider était franchement casse-couille.

"Mais lève ta jambe, pour l'amour de Dieu..." il maugréa alors qu'il essayait d'enfiler la jambe d'Arthur dans son pantalon.

Il décida de rajouter ça à sa déjà très longue liste de raisons pour lesquelles tout le monde devrait porter des kilts. Au moins, si vous finissiez dans le coma ou dans un espèce de coma éveillé, les gens n'ont pas besoin de se battre pour vous habiller. Deux chaussettes plus tard, Alasdair se recula pour admirer son oeuvre, vérifiant surtout qu'il n'avait rien oublié. Des fois, il mettait les vêtements de son frère à l'envers, le derrière devant ou l'intérieur à l'extérieur. Et il pouvait imaginer le blond de 19 ans l'engueuler et l'insulter mentalement pour ça. Un autre s'échappa de ses lèvres et il passa sa main couverte de taches de rousseur dans l'espèce de buisson blond d'Arthur tendrement.

Il jeta un coup d'oeil à sa montre. Owen et son époux ne seraient pas là avant une heure, ce qui lui donnait suffisamment de temps pour manger son petit déjeuner et faire manger le sien à Arthur. Pour briser l'éternel silence qui envahissait leur appartement à chaque fois qu'il se taisait, il alluma la radio, chantonnant approximativement avec le chanteur d'AC/DC alors qu'il déplaçait son petit frère dans son fauteuil roulant pour l'emmener dans le salon. Leur appartement n'était pas vraiment grand mais c'était toujours mieux que l'espèce de cage à lapin dans laquelle il vivait lorsqu'il étudiait en France. Deux chambres à coucher, une pour Arthur et une pour lui même s'il avait tendance à s'endormir sur le canapé devant des séries, une salle de bain pour deux et un salon plutôt large (pour un appartement) incluant une kitchenette. Owen payait le loyer puisque lui n'aurait jamais les moyens de le faire, même s'il essayait d'avoir un travail, puisqu'il lui restait deux ans d'études à compléter. Des fois, il se sentait mal à l'aise à ce sujet, n'aimant pas dépendre de quelqu'un d'autre, mais ça faisait partie de leur accord, après tout. Le plus vieux d'entre eux, et le plus confortablement installé financièrement parlant, payait pour leurs besoins. La deuxième plus vieille, Siobhan, s'occupait de toute la paperasse découlant de l'accident. Elle s'était également occupée du procès. Et lui, Alasdair, prenait physiquement soin d'Arthur. Le plus jeune, Seamus, avait également offert son aide mais qu'est-ce qu'un jeune homme de 18 ans commençant à peine ses études pouvait faire ? De plus, il ne pouvait même pas déménager et reprendre ses études ailleurs comme lui puisqu'il avait été acceptée dans une école privée très exigeante en Irlande.

- Qu'est-ce que tu veux ? T'as le choix entre... Hm... Purée de fèves, purée de patates ou de la compote de pomme si tu préfères quelque chose de sucré.

Pas de réponse, bien sûr. Comme toujours.

- Compote de pomme, donc. il répondit tout seul.

Il devrait probablement réfléchir à la dernière suggestion d'Owen, à savoir : fixer un rendez-vous avez un psychologue. Vivre avec quelqu'un qui n'était même pas mentalement présent n'était franchement pas bon pour sa santé mentale.

Alasdair essaya de se réconforter un peu avec les furieux accords de guitare de TNT tandis qu'il cuisinait ses oeufs brouillés. Au moins il s'améliorait en cuisine depuis qu'il ne pouvait plus s'enfuir de sa cuisine pour supplier Francine de faire à manger pour lui. A un certain point, elle avait même fini par lui interdire formellement d'approcher une seule casserole. Ca avait sûrement à voir avec la fois où il avait réussi à brûler un steak d'un côté et à le garder cru de l'autre.

Apparemment, son "Qu'est-ce que tu veux dire par "retourner le steak ?" répondant au "Tu as oublié de retourner le steak ?" de Francine n'était pas la chose la plus intelligente qu'il ait dit en face d'elle.

Francine... Allait-elle encore l'appeler aujourd'hui ? La moitié de son cerveau espérait que oui, désireuse d'entendre sa voix à nouveau. L'autre moitié de son cerveau était une personne responsable qui réalisait à quel point il était égoïste de sa part de souhaiter une chose pareille. Elle devait s'en remettrer et passer à autre chose. Et elle le ferait, un jour ou l'autre. Le plus tôt serait le mieux.

Lui aussi devait passer à autre chose.

Ouais, il devait le faire. Un jour... Ou l'autre.

- Je suis sûr que ce sont les meilleurs foutus oeufs brouillés que j'ai fait de ma vie. commenta-t-il en les glissant dans son assiette.

C'est-à-dire qu'ils semblaient comestibles. Alasdair mangea ses oeufs en attendant que la compte de pomme d'Arthur ait finie de rédchauffer dans le micro-ondes, jouant de la batterie avec ses doigrs sur la table au rythme de la musique. La sonnerie du micro-ondes le sortit de ses pensée et il se redressa pour attraper le bol et une cuillère, se rasseyant en face de son frère.

- Tu vomis pas aujourd'hui, ok ? demanda-t-il en installant un torchon sur la poitrine d'Arthur pour qu'il ne tache pas sa chemise s'il recrachait sa nourriture. Ca arrivait de temps en temps. Au lieu d'avaler, il laissait tout retomber hors de sa bouche.

Pour une fois, tout se passa très bien. Son petit frère ouvrait la bouche dès qu'il sentait la cuillère touchait ses lèvres et avalait juste après. Il ne se plaignait jamais et Alasdair était convaincu qu'il pourrait lui faire manger des limaces sans problème. Au moins, il y avait du progrès par rapport au tout début. Lorsqu'il était encore à l'hôpital, il ne pouvait pas manger du tout et avait dû être placé sous perfusion. Et même alors que le roux avait commencé à s'occuper de lui, il devait forcer sa mâchoire à opérer quelques mouvements pour chaque bouchée pour que son cerveau comprenne qu'il devait avaler.

- J'vais t'allumer la télé pendant que je fais la vaisselle. indiqua-t-il, poussant le fauteuil roulant devant l'écran.

Il éteignit la radio pour que la musique ne couvre pas ce qui passait à la télé. Il y jeta un coup d'oeil. Les infos. Ca ferait l'affaire pour Arthur.


- Rentrez, vous deux, restez pas sur le pas de la porte ! Bordel, qu'est-ce que tu as encore fais à tes cheveux, Owen ?
- Comme d'habitude. Je me suis juste réveillé.

Alasdair rigola et frotta les cheveux d'Owen, les ébouriffant encore plus. Les lois de la physiques ne s'appliquaient pas à cette masse de boucles auburn.

- Comment vous allez ? Vous avez regarder le match des Australiens, hier ? Ils étaient dans une forme olympique !

Owen chouina bruyamment, ce qui était toujours marrant à voir puisqu'il était un rugbyman d'un mètre quatre-vingt-dix.

- Ne m'en parle même pas, ils vont complètement nous écraser ! Je te promet, je ne vais pas sortir vivant de ce match ! Et dans trois semaines, on joue contre la Nouvelle-Zélande !

William, le petit blond qui lui servait d'époux, frotta gentiment son dos avant de lui adresser un grand sourire.

- Je suis sûr que vous pouvez battre les Australiens. Bon, probablement pas les All Blacks mais...
- Merci pour ton soutien, Will'.

La plupart des gens disent que le succès et la célébritait changeaient un homme mais ça ne s'appliquait pas à Owen. Neuf mois plus tôt, quelques jours à peine avant l'accident d'Arthur, il lui avait été annoncé qu'il avait été sélectionné pour jouer dans l'équipe nationale de rugby du Pays de Galles, légalement puisqu'il y était né, ce qui était son rêve depuis tout petit. Même dans les plus vieux souvenirs d'Alasdair, il pouvait voir les immenses posters de rugby dans la chambre de son grand frère et le jeune Owen essayant de plaquer leur père dès qu'il en avait l'occasion. Mais même après avoir joué plusieurs matchs devant le monde entier, il restait aussi timide et gentil qu'il l'avait toujours été, s'inquiétant pour tout le monde et rougissant à tout. La même chose pouvait être dite de William. Le néo-zélandais était un auteur à succès de romans de fantasy et pourtant il n'avait pas une once d'arrogance ou de prétention.

- Faites comme chez vous, j'amène de la bière ! lança Alasdair en allant vers le frigo.

L'aîné de la famille remarqua rapidement Arthur dans son fauteuil roulant et s'approcha de lui, plaçant gentiment sa main sur son épaule et essayant d'instaurer le contact visuel entre eux.

- Comment tu te sens, mon grand ? souffla-t-il doucement.

Le silence fut sa seule réponse et il soupira tristement avant de frotter les cheveux de son petit frère.

- Dépêche-toi de revenir avec nous, les dîners de famille sont ennuyants quand tu n'es pas là pour te disputer avec Alasdair.

Le téléphone décida soudainement de briser le silence en sonnant bruyamment, faisant râler Alasdair.

- Owen, décroche pour moi, je me suis foutu de la bière sur les mains ! C'est sûrement le médecin, il m'a dit qu'il appelerait en début d'après-midi !

L'homme aux cheveux auburn hocha la tête et décrocha, amenant le téléphone à son oreille. Mais ce n'était pas le médecin.

"Alasdair ?!" demanda une voix facilement reconnaissable de part son accent français.

Un sourire étira les lèbres d'Owen.

- Désolé Francine, essaie encore. C'est Owen. Ca va ?

"Ah, Owen... Uh, ça va, et toi ?"

Owen répondit en s'appuyant sur la table. Il avait apprécié la petite amie d'Alasdair dès le début, et même avant lorsque son petit frère lui parlait d'elle et de ses tentatives pour la séduire. Elle était gentille, pleine de bonnes mannières, belle, sérieuse lorsque c'était nécessaire et sur la route d'une belle carrière si elle continuait d'étudier aussi sérieusement. Il n'aurait pas pu demander une meilleure personne pour quelqu'un comme le roux.

"Est-ce que Alasdair est là ?"

- Ah, oui, il est dans la cuisine, attend une seconde.

Il couvrit le téléphone avec sa main pour ne pas crier dedans.

- Al' ! Francine au téléphone !

Alasdair s'immobilisa alors qu'il s'essuyait les mains avec un torchon, regrettant de ne pas avoir informé Owen de l'état actuel de sa relation avec Francine. Il soupira lorsque son frère lui tendit le téléphone et le prit.

- Merci. il marmonna avant de raccrocher et de poser le portable.
- ...Alasdair ?

Owen cligna des yeux, le fixant alors qu'il essayait de comprendre ce qui venait de se passer. Pourquoi Alasdair raccrocherait-il au nez de sa petite amie comme ça ?

- Est-ce que quelque chose s'est...
- On est plus ensemble.
- Mais...
- Et si elle t'appelle, s'il te plaît, ne décroche pas.
- ...Pourquoi ?

Il observa le visage de son frère. Il ne semblait pas en colère. Juste... Triste. Le roux évita son regard and haussa les épaules.

- C'est pour le mieux. Je vais t'expliquer, promis. Pour l'instant...

Il soupira.

- Tu pourrais me repasser le numéro de ce psychologue ?


Et voilà ! Je vous avais dit que ce serait plus long ! J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à laisser une review si c'est le cas, c'est très motivant !

Merci d'avoir lu !