Coucou!!
De retour pour le premier chapitre de cette histoire... ça fait un moment que je l'ai terminé mais il faut l'avouer, j'espérais avancer le chapitre 2 et également recevoir quelques reviews pour commenter mon prologue qui aurait du intriguer ce qui avait lu le début de la première version de ma fic... Bah, tant pis c'est pas grave... Je ferais un effort pour le chapitre 2, normalement j'écris un peu plus vite quand j'ai la pression, mais bon, on verra... Mdrrrr Le truc c'est que je veux absolument que chacun de mes chapitres fassent au moins 5000 mots donc sur le coup, je radote et je m'enlise dans chaque chapitre... Sniffff, c'est dur...
Sinon, euh, comment dire? Ce chapitre est tout sauf guimauve... Quoique j'en sais rien, vous me direz, n'est-ce pas? Je vous avertis, l'auteur( donc moi, n'est-ce pas, à des pulsions sadiques incontrolées... Faut bien que je sublime, nan?). Un lecteur averti en vaut deux!!! Mais comme z'aime mes personnages, j'essaie de les ménager... Faudrait pas qu'ils meurent avant la fin quand même, nan?
Donc voilà, je crois que j'ai tout dit, il me semble...
Ah nan... Je cherche toujours une gentille correctrice(ou correcteur qui sait? moui l'espoir fait vivre...) qui serait encore plus fort en orthographe que moi et word 2007 réuni!! '-_- moui enfin, je prends ce que je trouve...
Bah, ben sur ce, je vous souhaite une bonne lecture!!!
Chacha
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Chapitre 1: If I Could Be Where You Are
Le plus beau présent de la vie est la liberté qu'elle vous laisse d'en sortir à votre heure.
Breton (André)
Quand le poète peint l'enfer, il peint sa vie.
Hugo (Victor)
Dieu punit l'homme de ses fautes en le laissant vivre.
Xavier Forneret
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Le 14/02/71, de A.Z. à L.M.,
Lucius,
Je voulais te remercier pour ton cadeau, je l'apprécie beaucoup. Cependant, ce n'est pas pour cette raison que je t'écris.
Tu l'as deviné, je suis folle d'impatience de fêter mon 17e anniversaire. Tous mes cousins qui l'ont vécu, n'ont plus jamais été les mêmes. Ça doit être réellement important. Les elfes de maison ont parlé d'un secret. Et tu sais à quel point j'adore les secrets !
J'aurais voulu te montrer ma robe pour avoir ton avis, mais je sais que tu t'en fiches… Mais soit indulgent, je n'ai plus personne à qui parler à part toi… Les filles me détestent et les garçons ont de plus en plus ce regard libidineux que je hais tant ! Tu m'excuseras donc de cet épanchement typiquement féminin et tellement peu digne d'un Malefoy !
Je t'écris tout à l'heure pour te raconter ce qui s'est passé !
Amy
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Juillet 1998
Elle se réveilla en sursaut… Comme d'habitude depuis le mois de juin, elle était incapable de trouver le sommeil. Seulement, cette fois-ci, au lieu de rester étendue sur son lit, les yeux fixant le plafond, elle se leva pour aller passer un peu d'eau sur son visage…
Les autres dormaient tous profondément, à croire qu'elle avait été la seule atteinte par les évènements. Elle s'en voulut immédiatement de cette pensée. D'autres avaient souffert bien plus qu'elle.
Arrivée à la salle de bain, elle se regarda dans la glace. Elle se sentait si seule… Elle observa son reflet et le regard implacable qu'il lui lançait. Bouleversée, elle se souvint de son regard à lui… Quand elle avait lancé le sortilège… La détresse dans ses yeux. L'avait-elle regardé avec ce regard ?
Et Ron, qu'elle n'arrivait plus à regarder en face… Qu'elle se forçait à embrasser… Tous ces sourires qui sonnaient faux… Elle avait détruit elle-même ce qui lui restait de vie, pouvait-elle réellement rester la même Hermione, si forte et si droite ? Non, elle ne pouvait plus, car cette fille, elle ne l'était plus ! Elle avait réussi à rester forte pour Harry, Ron et tous les autres, mais maintenant que tout était terminé, elle n'était plus sure d'y arriver… Tous ces morts, ces blessés, ces gens endeuillés… Et lui… Elle n'arriverait jamais… Si seulement, elle avait quelqu'un pour partager sa peine. Même ça, elle ne méritait pas. Et elle n'avait pas non plus le droit d'imposer sa souffrance aux autres… Pas après ce qu'elle avait fait… De toute façon, ils s'éloignaient tous petit à petit d'elle… Harry et Ginny dans leur bulle de paradis… Ron et le goût enivrant de sa gloire nouvelle…
N'y tenant plus, elle laissa s'échapper les larmes qui, une à une faisait de longues trainées humides sur ces joues pales. Un rayon de Lune solitaire, s'invitant à travers la petite lucarne, l'éclaira soudainement.
D'un seul coup, elle ressentit une solitude inimaginable… Non, pire, elle était seule…
Qu'avait-elle fait pour mériter cela ?
Pourquoi l'avait-il tous abandonnée ?
Après tout, peut-être qu'elle le méritait ?
C'est cela… Elle ne méritait pas de vivre ! De toute façon, le voulait-elle vraiment ?
Elle était si seule, elle avait si mal.
Cette souffrance si profondément ancrée dans sa chair, elle ne voulait plus la ressentir !
De rage, elle se griffa le visage, enfonçant ses ongles dans sa peau, le sang se mélangeant insolemment avec ses larmes.
A genoux au sol, ses doigts rencontrèrent accidentellement une lame, un objet coupant… elle s'y accrocha comme une bouée de sauvetage, se blessant les mains…
Regardant le sang coulé tout doucement sur ses mains, elle comprit ce qu'elle avait à faire… Juste appuyer la lame délicatement sur son poignet…
Viens, Rien ne nous retient…
Tout ne tient qu'à nous…
Regarder la vie s'échapper de la plaie…
Tout doucement…
Ne plus sentir son corps et surtout cette solitude…
Oui, telle était la solution...
Douce et amère punition, elle n'avait pas le droit de vivre…
Alors laisser l'ombre gagner son cœur goutte à goutte...
Tout oublier…
Embrasser la nuit une dernière fois du regard comme un chant d'adieu silencieux…
Mourir pour mieux renaitre !
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Elle ouvrit les yeux difficilement. Et les referma immédiatement. La lumière lui paraissait douloureuse. Elle était si bien dans la quiétude de l'obscurité, pourquoi était-elle réveillée ? Elle avait trop souffert pour croire encore au paradis. Ce ne sont que des choses auxquelles les hommes s'accrochent pour avoir moins peur de la mort. A moins que ? Elle rouvrit les yeux, cette fois pour de bon, elle regarda ses mains… Non, elle était bien vivante. Elle n'était pas un fantôme ou quelque autre chose.
A présent avec le recul, elle se demanda si ce qu'elle avait des regrets de ce qu'elle avait fait. Malgré son mal de tête, elle ne pouvait s'empêcher de penser, d'y réfléchir, d'analyser l'acte désespéré qu'elle avait commis. C'était sur, elle s'en voudrait de faire du mal à ses amis, ils tenaient sincèrement à elle… Pour l'instant. Elle pria pour que cela ne change jamais. C'était son secret. Donc, elle n'avait presque aucun remord. La solitude qu'elle avait ressenti à ce moment-là était trop oppressante, pesante, insupportable. Rien que le souvenir était douloureux. Si jamais, elle devait la ressentir à nouveau… aucun doute qu'elle agirait de la même façon… Ou peut-être plus efficacement ? Du poison pourquoi pas…
Un rire nerveux la prit. Elle était là, clouée dans un lit parce qu'elle avait tenté de se suicider et tout ce à quoi elle pensait, c'était une autre façon de mourir. Elle devait être folle. De toute façon, la chambre où elle se trouvait empêchait tout acte de violence.
Une grande pièce au mur blanc capitonné… Une immense fenêtre scellée magiquement… Un lit simple aux draps blancs… Une grande cloison la séparait d'un autre lit… Tout ce blanc… Ecœurant… Encore heureux qu'elle n'ait pas eu de camisole de force ! Quoique, c'était Moldu, ça…
Elle se leva, la longue robe blanche trainant à terre, ses pieds blancs frissonnant au contact du sol froid… Elle appuya sa tête à la fenêtre, regardant les nuages passer lentement dans le ciel…
La porte s'ouvrit doucement, laissant entrer un docteur entre deux âges…
- Ah, vous êtes reveillée, Miss… Peut-être auriez-vous la force pour une visite ? De la part de Mrs. Weasley ? C'est elle qui vous a amené ici…
- Oui, faites-la entrer…
Elle acquiesça à chaque recommandation du Médicomage, sans pour autant écouter un seul mot. Heureusement, la matrone, trop pressée pour attendre poliment l'invitation du mage, le bouscula pour la serrer dans ses bras. Elle vit que son hôtesse avait pleuré. Elle laissa sortir le soigneur puis s'assit sur son lit. Sa visiteuse s'installa à ses cotés, sans rien dire. Pourtant, elle savait que le flot de paroles forcerait vie la barrière des lèvres de Molly. C'est pourquoi elle savoura les quelques minutes de silence qui lui était offerte. Trop courtes.
- Mais qu'est-ce qui t'a pris de nous faire ça ? Tu aurais pu mourir ! Imagine ce que j'ai pu ressentir en te voyant à terre… Pleine de sang ! Pourquoi as-tu fait ça ? As-tu pensé à Ron, Harry, Ginny ou même moi, Hermione ? Je n'ai pas osé le dire aux autres… J'ai pensé qu'il te faudrait un peu de temps… Pauvres enfants qui ont vécu des choses atroces… Je n'arrive même pas à t-en vouloir… Dieu seul sait ce que vous avez tous souffert… Promets-moi de ne plus jamais recommencer, je t'en supplie… J'ai déjà perdu plusieurs enfants dans cette guerre… Alors te perdre aussi…
- Mentir n'est pas dans mes habitudes… Je ne sais pas si je le referais ou pas… Je vous promets d'essayer de rester forte.
Elle vit le visage de Molly se décomposer pour arriver à une expression horrifiée. Elle reprit calmement la parole, avec une voix douce contrastant avec le ton indifférent qu'elle avait précédemment utilisée. Elle se sentait peinée pour la mère de famille mais certainement pas coupable.
- Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Oh... Depuis quelques heures… Je suis resté ici à l'hôpital pour attendre des nouvelles de ton état. Maintenant que tu vas mieux, je pourrai peut-être repartir, si ça ne te dérange pas.
Elle lui fait un timide sourire en guise de remerciement. Et enchaina, toujours d'une voix très douce.
- S'il vous plait, Mrs. Weasley… Si vous pouviez ne rien dire à personne, et surtout pas à Harry, Ron et Ginny. Je ne veux pas leur faire de la peine à cause de l'inconscience de mon acte et ils ne comprendraient pas. Je ne veux pas qu'ils s'en veulent, ce n'est pas de leur faute.
Autre sourire, moins timide cette fois-ci. La rousse se tordait les mains, gênée par cette demande, à laquelle elle ne désirait pas répondre.
- S'il vous plait…
- C'est-à-dire que… Ils savent déjà que tu es à l'hôpital, je ne leur ai pas dit la raison mais ils voudront certainement savoir, venir te voir… Tu les connais ? Ils détestent qu'on leur cache des secrets… Ils feront tout pour savoir.
Vous leur mentirez dans ce cas. Prétextez une fatigue due à l'épuisement de ces derniers jours. Du surmenage, que sais-je ? Vous trouverez.
Elle voyait la nervosité de la quinquagénaire… Il y avait quelque chose qu'elle ne lui avait pas dite.
- Où est le problème ? Ne me dites-pas que vous ne pourrez pas leur mentir, je sais que c'est faux.
- En réalité, le souci est que tu vas surement rester dans cet hôpital, un certain temps. Le psycho-mage a parlé de quelques semaines…
Elle prit le temps d'assimiler la nouvelle. Elle aurait du s'y attendre. Elle était censée être psychologiquement fragile. Mais cela n'empêchait pas qu'elle ne voulait pas que les autres le sachent.
- Ça ne change rien. Vous ne direz rien. Et je ne veux pas de visites. Autorisez-les seulement à m'envoyer du courrier. Dites-leur que j'ai besoin de me retrouver seule.
- Bien, j'essaierai de garder secret la vérité.
Un élan de colère la traversa, au moment où Mrs. Weasley parla d'essayer. Elle ne voulait pas qu'elle essaie, elle voulait qu'elle réussisse. La rousse leva son visage fatigué vers elle. Il restait encore un point à éclaircir apparemment. Le plus vite serait le mieux. Elle ne supportait déjà plus la présence ennuyante de sa future belle-mère.
- Quoi d'autre ?
- Je sais bien que tu es majeure… Mais vu la gravité de la situation, j'ai pensé qu'il faudrait prévenir ta famille. Tu es un peu sous ma responsabilité et je m'en veux énormément pour ce qui s'est passé. Donc, dès que je sors d'ici, je vais chez toi informer tes parents.
La panique qu'elle ressentit à cette annonce n'était rien par rapport à la rage qu'elle ressentit. De quel droit décidait-elle de ce qui était bon pour elle ? Elle avait déjà supporté son monologue moralisateur mais là… C'était trop.
- Non. Vous n'irez pas.
Molly Weasley arbora un air surpris. Et la gifla.
- Ma chérie, je comprends bien que tu ne veuilles pas… Mais je ne te laisse pas le choix. J'irais prévenir tes parents. Tu n'es pas dans ton état normal en ce moment… Il vaut mieux laisser quelqu'un d'adulte t'aider avec tes problèmes.
Jamais, elle n'avait ressenti une telle colère. Elle sentait ses veines bouillir en elle. Un courant de magie pure la traversait. Ses sentiments prenaient le pas sur sa conscience. Elle ferma les yeux, un instant, laissant sa rage envahir chaque parcelle de son corps. L'air autour d'elle était devenu « électrique ». Sa respiration était saccadée. Elle rouvrit les yeux. Peu à peu, la pièce perdait en luminosité. Ses mains semblaient irradiées d'un éclat surnaturel. Elle posa son regard sur la rousse qui semblait terrifiée. Pouvait-elle savoir à quel point elle était en colère ?
- Non. Vous n'irez pas.
Elle répéta ces mots encore une fois. La vieille femme ne répondit pas. Un guérisseur ouvrit la pièce à l'instant. Elle lui fit signe d'entrer. Et reprit la parole.
- Je n'ai plus confiance en vous. Vous ne tiendrez pas parole. Nous allons faire un Serment Sorcier. Vous, vous serez notre témoin.
Joignant le geste à la parole, elle tendit le poing. Molly Weasley tendit le sien en tremblant. Le Médicomage, bien que quelque peu surpris, psalmodia le sortilège.
- Jurez- vous sur votre magie de ne plus jamais parler à quiconque et même à moi de ma tentative de suicide, et cela jusqu'à ce que je vous défasse de ce serment ou à ma mort ?
- Je, je… Je le jure.
- Bien…
Le lien qui entourait leur poignet, se resserra puis disparut. A cet instant, elle se rendit compte de la violence de son acte. Mrs Weasley devait se sentir offensée et blessée. Ça expliquerait pourquoi elle tremblait de tous ses membres.
- Bien… Ce rituel est très fatigant… Je suppose que vous désirez rentrer au Terrier. Rentrez s'il vous plait, Mrs Weasley… Je, je… Je suis vraiment désolée, à vrai dire, je ne sais pas ce qui m'a prise. J'aurais réagi différemment d'habitude, je ne suis pas dans mon état normal. Oh… Et puis merde… Vous n'auriez pas du accepter, maintenant votre vie est en danger… Et puis vous n'aviez pas à me frapper…
Elle fondit en larmes. Toute la pression, ces émotions libérées à travers des sanglots non maitrisés. Elle ne se reconnaissait plus en ce moment. Comme l'impression qu'il y avait deux Hermione différentes… Une qui était beaucoup plus sensible que l'autre, pour laquelle toutes les émotions étaient exacerbées. Non, elle avait juste les nerfs à fleur de peau, et elle se faisait un tas de scénarii pour rien… Mrs Weasley semblait toujours choquée, et c'est certainement pour cette raison qu'elle continuait à la regarder avec horreur. Comme si elle était quelque chose de particulièrement dégoutant. La madone à la chevelure flamboyante sortit quand même de la chambre, la stupéfaction toujours peinte sur ses traits. Le Médicomage suivit la petite femme replète, après lui avoir indiqué quels médicaments prendre et montrer les horaires de rendez-vous qu'elle avait.
Après avoir une potion de Sommeil, elle s'endormit, désireuse de retrouver les ténèbres qu'elle avait du quitter à regret.
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Les secondes s'écoulaient au compte-goutte. Les jours passaient avec la lenteur et la monotonie qui caractérise l'attente.
Elle avait eu le temps déjà de réfléchir sur sa situation de nombreuses fois. Elle découvrait la signification du mot ennui. L'interdiction de sortie due à sa « fragilité psychologique » et l'interdiction de visite qu'elle s'était imposée, faisait de l'ennui son quotidien. Quelques rares visites des Psycho-mages la distrayaient quelque peu. Etant donné qu'ils n'avaient pas détecté de troubles mentaux ou de sortilèges nocifs, ils ne considéraient pas son cas comme prioritaire. Avec raison, d'ailleurs. Molly n'était pas revenue ; elle y était surement allée un peu trop fort avec elle. Elle songerait à se faire pardonner.
Elle passait sa journée à lire des magazines de mode et de beauté, seule lecture à sa disposition. Elle y avait trouvé quelques sorts intéressants qu'il faudrait qu'elle expérimente. Les livres qu'elle avait commandés n'arriveraient que dans quelques jours. Etant donné que c'était des ouvrages moldus…
Elle avait également entrepris l'écriture d'un journal intime ou plutôt d'une autobiographie nuancée sur sa scolarité à Poudlard ainsi que sur les évènements de cette dernière année. Elle s'ennuyait réellement.
Elle s'était déjà entretenue avec le chef de service sur la date de sa sortie. Il la garderait un mois au maximum, et elle aurait, après sa sortie, tous les mois une visite de contrôle pendant un an. On lui recommandait des consultations hebdomadaires chez un Psycho-mage. Si il savait…
Elle avait menti froidement, prétextant un coup de blues passager et exceptionnel. Son assurance et sa froideur l'avait positivement étonné. Elle était certaine que sa douleur transparaissait dans son regard, ses gestes. A bien y réfléchir, le docteur ne l'avait peut-être pas cru. Cela expliquerait pourquoi la plupart du personnel médical la regardait avec crainte, que les infirmières évitaient de s'attarder dans sa chambre et que même les patients chuchotaient sur son passage. Ça n'expliquait pas tout, évidemment. Il était vrai qu'elle n'était pas particulièrement aimable et avenante, mais qui le serait enfermé et seul ?
Elle pensait à Ron. Elle n'avait guère l'habitude de se séparer de lui, mais il ne lui manquait pas autant qu'il y a un an. Elle était presque soulagé de ne pas à avoir à fuir ses caresses, à simuler la tendresse. Il lui avait écrit, brièvement. Après tout, Ron n'était pas très doué avec les mots.
Hermione,
Maman nous a dit que tu étais épuisé et qu'on avait du t'hospitaliser. Je ne sais pas où tu es maintenant, mais j'espère que tu sais qu'on t'attend tous.
Je pense qu'il y a quelque chose d'étrange avec maman, car à chaque fois qu'on lui demande de tes nouvelles, elle s'énerve. Je me trompe surement, mais tu sais à quel point je m'inquiète quand il s'agit de toi. Rétablis toi vite et reviens au Terrier, tu me manques.
Ginny et Harry te transmettent leur amitié, et moi tout mon amour….
Ron
Cette lettre ne l'avait pas ému comme elle aurait du. Elle ne s'était pas attendrie de cette attention et de l'effort que Ron avait fait. Deux pensées contraires se combattaient dans son esprit. Celle qui lui disait que Ron était fait pour elle. Qu'ils s'aimaient depuis des années et que rien ne pourrait jamais y changer. Et une autre, qui essayait de la persuader qu'elle était jeune, qu'elle avait le droit de vouloir gouter autre chose, qu'il était normal qu'elle ne veule pas que cet amour dure toujours. Qu'elle avait envie de profiter de la vie, de vivre, d'être libre. Au fond d'elle-même, elle savait que Ron n'était pas fait pour elle, et surtout qu'elle n'était pas faite pour lui. Malgré l'amour qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. Il manquait le feu et la passion qui feraient que chaque jour valaient la peine d'être vécue. Elle l'aimait pourtant ; complètement et sincèrement.
Au nom de cet amour qu'elle ressentait, elle devait s'éloigner. Elle était en train de sombrer à grande vitesse, et elle savait que Ron serait capable de la suivre en Enfer. Elle devait le sauver avant de se sauver elle-même. Car Ron ne pourrait jamais combler la solitude qu'elle ressentait. Ce mal resterait ancré dans sa chair, quoiqu'elle fasse.
Et elle s'en voulait. Elle s'en voulait d'être si incapable d'apporter le bonheur aux gens qu'elle aimait. Elle s'en voulait de survivre quand bien même elle méritait la mort. Elle s'en voulait de ne pas être celle que les autres auraient voulu qu'elle soit. Elle s'en voulait d'être si faible, si faible devant les autres. Et surtout, surtout, elle s'en voulait d'être elle-même et de détester autant de vivre.
Sa descente aux enfers ne venait que de commencer.
Dumbledore avait raison : il y a mille fois pire que la mort.
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Le 14/02/71, de A.Z. à L.M.,
Oh, Lucius…
Ce qui m'arrive est horrible… Je ne sais même pas si je pourrais retourner à Poudlard ! Et je ne peux te l'écrire… J'ai si mal. C'est ma liberté qui se joue en conseil de famille… J'appréhende quelque peu la tournure des évènements. J'aimerais avoir ta force. Tu m'en donneras un peu ?
Je suis maudite. Je suis sérieuse. Je suis maudite.
Cette malédiction me prive de ma liberté, de ma vie, de toi et des autres.
Je suis devenue dangereuse. Et je ne veux pas. J'aimerais qu'aujourd'hui ne soit qu'un vilain cauchemar. Que je me réveille dans mon dortoir, que Cissy me console et que Bella se moque de ma faiblesse. Que je descende et que je vois dans ton regard calme et fier une lueur d'inquiétude. Et que je puisse te rassurer en te disant que ce n'est qu'un cauchemar.
Ce n'est qu'un cauchemar, hein ? Dis-moi que je vais me réveiller et que rien ne se sera passé. Dis-moi que ce n'est qu'un cauchemar, car si c'est la réalité, je préfère de loin la mort.
Je me sens si seule, si faible.
Je ne veux plus ressentir ça.
J'ai peur, je suis lâche et je refuse de combattre cette douleur.
La vie ne se résume pas à souffrir, n'est-ce pas ? Parce que c'est l'impression que j'ai.
Après tout pas besoin de mourir… Ma vie est déjà un Enfer.
Amy
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Juillet 1998
La morosité de ces journées fut troublée au bout d'une semaine ou deux par une visite du genre inattendue.
Molly Weasley.
Qui d'autre de toute façon savait qu'elle moisissait dans le service psycho-magie de Saint-Mangouste à part Molly Weasley ? Personne. Mais bon, elle n'attendait plutôt personne que l'imposante mère de famille.
Elle observa attentivement sa visiteuse sous tous les angles. Molly Weasley était toujours aussi négligée et mal coiffée. Mais sur son visage, on lisait clairement du soulagement. Comme si quelque chose, un détail particulier, l'avait rassuré. Tant mieux. Elle n'avait guère envie de faire face à la Molly apeurée et terrorisée de la dernière fois.
Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas parlé à quelqu'un d'autre que son psy. Et pourtant, la madone attendait visiblement qu'elle prenne la parole. Elle se lança donc.
- Bonjour Mrs. Weasley.
- Bonjour ma chérie. Tu vas bien ?
- Oui, je crois. Je m'ennuie juste beaucoup.
Elle souria doucement, comme pour l'encourager à continuer ce pourquoi elle était venue.
- Bien, je suis venue te remettre une lettre.
Elle fronça le front. Ce n'était pas la première fois qu'elle avait du courrier. Et toutes ces autres lettres étaient arrivées par la voie habituelle. Donc grâce aux infirmières. Pourquoi celle-ci plutôt qu'une autre ? Elle l'écouta encore plus attentivement.
- Comme tu le sais, Harry, Ron et toi n'avez pas fait de septième année, c'est à propos de ça. La lettre est du professeur McGonagall. Tu peux la lire.
Elle prit la lettre des mains de la rousse assez brusquement. Assez en tous cas pour la faire sursauter et se reculer. Elle choisit de la lire à haute voix. Ça calmerait peut-être son excitation grandissante.
« Chère Miss Granger,
L'année écoulée à été marqué par des combats d'une violence rare et qui je l'éspère, n'auront plus jamais lieu. Un enseignement de qualité n'a pu être fourni à Poudlard et de nombreux élèves n'ont pu se scolariser.
En ma nouvelle qualité de directrice de Poudlard, j'ai choisi de déclarer l'année 1997-1998 caduque. Pour cette raison, tous les élèves mineurs auront l'obligation de recommencer le niveau où ils étaient.
Pour les élèves majeurs ne souhaitant pas revenir dans l'établissement, l'Evaluation et Notation des Compétences Elémentaires et de Niveau Supérieur ou ENCENS sera mis en place. Ce diplôme vous permettra d'accéder à tous cycles d'études courtes.
Pour ceux désirant toujours terminer leur cursus, ils seront bien évidemment accueillis.
C'est donc avec plaisir que je vous demande si vous désirez suivre une Septième année dans notre établissement.
Ci-joint, la liste de fourniture.
Veuillez nous faire parvenir au plus vite votre réponse.
Humblement,
La directrice de Poudlard
Minerva McGonagall »
Elle lâcha la lettre. Elle ne s'y attendait pas. Elle n'avait jamais réfléchi à son avenir. On lui avait d'ores et déjà proposé une excellente place au Ministère, dans le Département de la Justice Magique. Elle n'avait jamais pensé refaire une année à Poudlard, cependant l'idée était loin de lui déplaire. Elle avait toujours aimé Poudlard. Et surtout y étudier.
Elle hésitait pourtant. Elle était plus âgée que la plupart de ses camarades. Seulement, elle avait toujours voulue faire des études supérieures, que ce soit dans le monde magique ou Moldu. Seulement, si elle refusait, cette option lui serait refusée. Et puis qu'est-ce une année quand on est jeune ? Elle avait toujours rêvée de passer ces Aspics. Son choix était déjà fait.
En levant la tête vers Mrs Weasley, elle vit un autre parchemin, plus court.
« Si vous choisissez de refaire une dernière année à Poudlard, sachez que vous avez été nommé Préfète-en-chef.
Exceptionnellement cette année, étant donné les circonstances actuelles, les deux Préfets en chef partageront des appartements privés au 5e étage que nous vous indiquerons à la rentrée.
Vous aurez une réunion d'information dans le Poudlard Express en compagnie de votre collègue ainsi que des huit autres préfets. »
Si elle était toujours hésitante, cela aurait aidé son choix.
Elle regarda Mrs Weasley.
- Comment lui faire parvenir ma réponse ? Je ne peux envoyer de courrier, vous savez ?
- Ecris ta réponse sur un bout de parchemin, je la ferais parvenir avec les autres.
- Qu'ont choisi les autres ?
En même temps, elle déchira un morceau vierge de la lettre de Ron et écrivit quelques mots qu'elle signa.
J'accepte
- Ron a refusé, je crois. Harry hésite encore. Ginny est mineure, elle n'a pas le choix. Elle essaye toujours de raisonner les deux autres. Elle se sent un peu seule dans cette lourde tâche. Tu dois lui manquer.
Elle vit enfin Molly esquisser ce qui semblait un sourire.
- Dites-lui que moi aussi, je compte retourner à Poudlard, et que dès que je serais de retour, j'essaierai de l'aider convaincre ces deux têtes de mule !
- Bien, je ne vais pas prendre plus longtemps de ton temps.
Elle fut embrassée furtivement. Molly Weasley s'éclipsa rapidement et laissa la pièce dans un profond silence.
Enfin jusqu'à ce qu'une voix s'élève, lente et grave, de derrière la cloison.
- Toi aussi, tu es de Poudlard ?
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Le 14/02/71, de L.M à A.Z.
Amy,
Ce que tu m'as raconté, m'inquiète. Je promets de tout faire pour que tu retournes à Poudlard. En attendant, je ne peux rien faire. Essaie de te documenter sur les moyens de contourner cette malédiction et sur la malédiction elle-même.
Ne désespère pas.
Lucius
ooooo¤*°0°*¤ooooo Bah ben voilà le chapitre est fini... J'espère vous voir intrigué... Qui est cette fameuse Amy? C'est pas dur... J'espèrais faire croire au prologue qu'il s'agissait d'Hermione mais bon sans grand espour à vrai dire... Alors des idées? Sinon Hermione est toujours amoureuse de Ron ou croit l'être... Et je sais pas combien de temps va encore durer leur histoire... ça va dépendre de ce que vous voulez... Je sais que j'use de trop du pronom personnel "elle" et je sais si ça saoule ou pas... a vous de me dire!!! En tous les cas, je vous rassure!! Au prochain chapitre, ce sera "Il"!!! hihihi Bah voilà, n'oubliez de me laisser des reviews, hein!!! histoire de me booster dans l'écriture... Je vous remercie de m'avoir lu en tous les cas!!! En espérant vous avoir plu, Chacha
