Dans ce couloir, John fait des allers-retours. Son portable est éteint, il a déjà été pris deux fois à téléphoner dans l'hôpital. C'est interdit. Il souhaite qu'Odafin ait trouvé les informations qu'il lui a demandées. La dernière visite du médecin remonte à 24 minutes. John n'aime pas attendre. Il fait des allers-retours, toujours les mêmes.
C'est Olivia qui se présente aux urgences. Elle informe directement John qu'Odafin avait commencé à rechercher les antécédents de Jenny Lebeau mais que son fils a eu quelques problèmes alors il a dû aller les rejoindre. C'est donc elle qui s'est chargé de la mission confiée par son collègue. Elle lui donne un dossier que John parcourt sans dire quoique ce soit. Il parait attentif jusqu'au moment où il quitte les feuilles du regard pour soupirer :
« - Une droguée… arrêtée deux fois pour détention de drogue. Quel idiot ! »
Olivia se penche au-dessus de l'épaule de John et comme tout bon flic qui se respecte, elle demande à son collègue ce qu'il s'est passé. Munch tourne le nez et hausse des épaules avant de s'éloigner, furieux contre lui-même d'avoir couru dans les délires d'une droguée. Après tout, combien les appelait pour faire de faux témoignages ou même se dénoncer lors d'appels à témoin ? D'un long soupir, il n'entend même pas le médecin qui s'approche de lui. Il sursaute et écoute l'autre lui dire qu'elle avait assez pris de cachets pour tuer un éléphant. Il félicita John d'avoir amené la jeune fille à temps et prévient les policiers qu'ils peuvent aller lui parler. John serre le dossier entre ses mains. 17 ans.
Si ce que son père avait fait s'est vraiment passé, il doit aller la voir. Il rend le dossier à Olivia et va rejoindre Jenny dans la chambre où elle a été conduite. Elle lui sourit faiblement et lui chuchota :
« - Oh… Vous êtes revenu ?
- Je vous l'avais bien dit.
- Je suis désolée si je vous ai causé des problèmes monsieur Munch.
- Je n'ai aucun problème mais vous, vous en avez. Vous avez essayé de vous suicider parce que vous ne supportez pas ce que votre père vous a fait ? Est-ce qu'il vous a violée ?
- Vous ne pouvez pas l'arrêter ?
- J'aurais besoin de vous Jenny. Vous avez vu que je suis toujours là, je vous l'ai promis. »
La jeune femme lève les yeux au ciel puis demande à l'inspecteur s'il peut l'aider. John sourit et lui dit qu'il n'attendait que ça. Il lui prend la main et dit avec confiance :
« - On coincera ce salaud. »
Plus tard, au central.
« - L'avocat de Monsieur Petersen est déjà venu me voir, dès que vous avez arrêté son client. Il dit que votre victime n'a jamais dit qu'elle était sa fille et que vous n'avez aucune preuve, est-ce que c'est vrai inspecteurs ?
- Elle est mineure et elle a fait une déposition. Sa parole ne compte pas ?
- John je suis désolé mais votre victime est une droguée et l'avocat va nous incendier si nous allons au tribunal. Il vient d'être libéré à cause d'un vice de procédure et il est à deux doigts de poursuivre mon bureau et la ville pour harcèlement. Il n'y a que la parole d'une droguée entretenue par un homme pour arrêter monsieur Petersen.
- Et c'est la justice ? C'est honteux ! Cette fille est venue jusque chez moi et elle a voulu mourir parce qu'elle ne supportait pas de raconter son viol !
- Ou elle a mal gérer ses doses ! Vous connaissez comme moi le nombre de toxicos qui racontent des histoires de viols dès qu'ils voient de l'argent à la clef. »
Un homme arrive dans le bureau et s'interpose entre Alexandra Cabot et John Munch entre qui le ton montait. Il tend une enveloppe à Alexandre et s'exclame :
« - Pour le substitut du procureur ! »
Il la salue puis disparait. La jeune femme arrache le haut de l'enveloppe et prend connaissance du document. Un profond soupir et elle annonce :
« - Maître Douglas me fait savoir que son client compte poursuivre Jenny Lebeau pour extorsion.
- De qui se moque-t-on ? Qui harcèle qui ? Je vais appeler Jenny pour la prévenir. »
John s'éloigne avec son portable et il est embêté de constater qu'elle est injoignable. Il prévient qu'il va à l'hôtel où il l'a conduite ce matin. Fin propose de l'accompagner bien que la proposition ne laisse pas vraiment de place à une réponse. Ils montent dans la voiture qui plonge dans un silence de plomb. C'est Fin qui rompe le silence :
« - Si elle ne revient pas au poste pour le reconnaître et n'accepte pas de témoigner, on ne pourra rien faire pour elle.
- Elle est venue jusque chez moi, elle parlera.
- Tu ne prends pas cette affaire trop à cœur ?
- Ça, c'est l'excuse facile. Dès qu'il y a un problème, on dit que le flic s'implique trop. Je ne te pensais pas comme ça Fin, tu me fends le cœur. »
Face au ton sarcastique de Munch, Odafin soupire et n'insiste pas. A peine deux rues plus loin, ils tombent dans les embouteillages. Munch veut réappeler Jenny mais il n'y a pas de réseau. Il bouillonne d'impatience, donnant des petits coups des mains contre le volant. Cette attente l'agace, il est inquiet. Il a dit qu'il ne la laisserait pas…
Bientôt il sort de la voiture et va voir ce qui crée le bouchon. Un accident. Faisant signe à Fin de prendre le volant et s'avancer, il fait bouger les voitures et ils peuvent rouler à cheval sur le trottoir. Ils prennent mille raccourcis et John découvre des talents cachés chez son coéquipier. Ils arrivent et John ouvre la porte, la chambre est vide. Comme pour le conforter dans son malaise, son portable sonne et Olivia annonce qu'ils ont été obligés de relâcher James Peterson, il y a plus de vingt minutes.
