Milou: Merci encore de ta review !
kevin: Merci beaucoup :)
Ajisai HiME: Merci, déjà ! Ensuite, ce ne sera pas du Fang/Lightning ;). Tu le verras au fur et à mesure !
Bon, voilà mon second chap. J'espère que les choses vont commencer à se mettre en place dans vos petits caboches ! Je précise quelques petites choses : - Light et Fang sont très proches de base, alors il n'est pas étonnant de les voir se parler ainsi. - L'âge des personnages ne diffèrent pas du jeu, sauf pour Hope qui a 18 ans.
Enfin, chaque chapitre a et aura sa référence cinématographique. Une phrase, un titre, une scène. Alors, avez vous trouvé celle du 1er chap ? Et celle de celui ci ?
Chapitre 2 :
- Oui, oui, il va s'en sortir, je vous le redis. Mais surtout, ne le laissez pas trop seul, c'est important.
Fang n'aimait pas du tout cette gamine. Elle qui venait toujours, la main sans cesse fichez dans ses immondes cheveux gras, un air si peu convaincu sur son sale visage bouilli de tâches de rousseur. Elle n'aimait pas sa manière instante de toujours demander la même chose à propos de son horrible poisson noir, si ingrat lorsqu'il tournait dans son sac plein d'eau. Il n'était même pas toute à fait noir, juste un peu blanc, planté comme un idiot. Mais la jeune femme ne disait rien à propos de cette animosité qu'elle nourrissait secrètement pour la gamine. Elle était une de ses trop rares patientes pour la rejeter.
En effet, dans la 39ème rue de la vieille Paris, ou même dans la ville entière, il n'y avait que trop peu de gens pour amener des poissons souffrants de démence. Elle acceptait donc sans broncher que cette enfant vienne la voir si souvent. Elle était peut être stupide, mais elle payait sans râler la modique somme de 26 gils pour sa consultation. Cela lui laissait de quoi se payer des roses à échanger contre des photos illégalement volées.
Fang en achetait juste pour couvrir les murs translucides de son petit cabinet. Certes, elle aimait voir la ville depuis son nid, mais certaines choses lui déplaisaient. Elle trouvait triste de voir les automates lâchées en pleine rue se heurter contre ses murs, cogner de leurs poings métalliques en implorants asile. Jusqu'à ce qu'elles se fassent embarquer et fracasser par les chasseurs, avant que Fang n'ait pu faire quoi que ce soit. C'était quelque chose qu'elle n'aimait pas voir. Ces petits êtres condamnées parce qu'elles ne peuvent plus plaire. Elles étaient faites pour cela, mais leurs créateurs avaient eu la bêtise de leur faire une intelligence. Elles étaient capables de sentiments dans leur malheur.
D'un geste souple, la jeune femme plaqua sa main sur la poignée bleue de son cabinet, pour en ouvrir la porte en verre. Devant elle, la gamine l'insupportait, aussi elle l'invita rapidement à sortir. Il n'était pas tard, juste l'heure du déjeuner, alors elle n'avait aucune honte à la lâcher ainsi en pleine rue. Elle retrouverait facilement son chemin au travers des débris. Peut être se couperait-elle une fois encore sur des morceaux de bouteilles pleines jetées sur les trottoirs par quelques consommateurs mécontents. En effet, les exigeants de la 17ème passaient leur vie à siroter ces vins que tous trouvaient bon, cultivés dans le bitume, sans les apprécier. Alors, quand ils étaient plus sous encore que d'ordinaire, ils balançaient les bouteilles qu'ils jugeaient trop brunes pour être bu.
- Merci encore, marmonna la fille avant de sortir.
Elle avait une voix rauque. Une voix de ceux qui fument les nénuphars dans les pipes à bulles. Ces nénuphars à la couleur particulière qui servent à prendre un bain. Cette gamine devait les fumer comme beaucoup d'autres enfants, quand ils s'ennuyaient. On les trouvait assez facilement pour pouvoir les gaspiller de la sorte. Et puis, le tabac étant hors de prix, il était plus aisé de l'imaginer à travers ces plantes, plutôt que de payer un bras une poignée de feuilles.
Fang ne fumait pas. Que ce soit des nénuphars, des feuilles de tabac, ou des graines trouvées dans la rue. Elle préférait garder son argent pour les photos. Ces beaux clichés qu'elle préférait en noir et blanc, sortis d'argentiques. Fang n'avait jamais vraiment adoré la couleur. Sauf pour ses vêtements, qu'elle aimait bleu roi. Sinon, elle trouvait cela grossier. Lumineux et trop souriant. Elle trouvait la couleur presque ennuyeuse.
La jeune femme lâcha un soupir profond avant d'attraper une poignée de gils. Elle la fourra rapidement dans sa poche, et sortie à son tour de ce petit logement tout fait de verre. Elle avait déjà pensé à déménager pour ne plus être trop vue, mais en vérité, cette idée ne l'avait pas séduite. Elle aimait siroter son thé en voyant l'extérieur. Cet extérieur peu réjouissant aux yeux des habitants de la haute, habitués à l'obscurité des égouts, et à la poussière dans leurs intérieurs richement meublés.
Fang piétina un instant sur le trottoir bouffé de lichen, avant de pousser la porte transparente de la cabine téléphonique la plus proche. Elle était aussi peu opaque que son logement, alors cela lui donnait parfois l'impression d'y vivre. Même si elle n'avait pas ce téléphone violet aux câbles torsadés sur son bureau. Chaque rue de la vieille Paris avaient sa couleur de téléphone. Aussi Fang trouvait que la sienne avait la plus belle couleur. Un violet délicat, loin du vert criard de ceux de la 12ème, ou du marron ambre trop faible de la 34ème.
D'un geste agile, elle décrocha le combiné, et fit rouler le mécanisme pour composer son numéro. Elle attendit quelques secondes, claquant nerveusement ses doigts contre le socle. Elle devinait déjà son amie dérangée par sa bruyante sonnerie de piano, appuyant violemment sur son téléphone afin de décrocher.
- Oui ?finit par réclamer une voix grésillant au travers de l'appareil.
- Je voudrais savoir quand arriveront les nouvelles photos, je trouve mon cabinet trop vide, lâcha simplement Fang, en souriant de la voix glaciale de son interlocutrice.
Jamais cette femme n'avait aimé la compagnie, aussi elle s'en était toujours tenue aux obligations pour adresser la parole à quelqu'un. Alors Fang ne s'expliquait toujours pas la manière dont elles étaient devenues si proches. Une fois, juste, elle lui avait acheté des photos, près de la 11ème rue, où elle était de passage. Et depuis, elle lui en prenait sans cesse.
- Je les ai, marmonna la jeune femme à l'autre bout du fil.
- Alors je passe avec tes roses dans un instant.
Fang se permit de sourire en ajoutant cela. Certes, son amie n'allait pas le voir, mais au moins, elle le faisait pour elle. Elle le faisait en quelque sorte pour troubler le silence qui s'installait dans la conversation. Elle patientait comme cela. Si son amie n'avait pas voulu parler, alors elle aurait raccroché. C'était une règle que Fang s'était fixée. Ne jamais clore le dialogue en premier.
- Fang, je l'aime.
Le murmure figea instantanément l'intéressée dans son sourire naturel.
- Tu l'aimes ?s'étonna la jeune femme.
Jamais son amie ne parlait d'amour. Sauf peut être quand elle voyait des couples depuis sa fenêtre. Mais même là, elle ne parlait pas vraiment. Elle soupirait en souriant faiblement.
- Oui.
Il y avait aussi quand elle parlait de sa photo. On avait toujours l'impression qu'elle connaissait cet homme. Alors que jamais elle n'avait vu son visage.
- Tu es sûre ?demanda Fang en dansant d'un pied sur l'autre.
- J'en ai parlé avec mon savon, lui répondit la jeune femme d'un ton assuré.
- Et qu'en a t il pensé ?
Fang perçut une lente respiration à l'autre bout. La conversation restait pourtant tout à fait normal. Ce n'était pas la première fois qu'elle entendait parler de cela. De ce savon ou de cette photo, et elle ne s'en offusquait pas. Si c'était important pour son amie, alors c'était important pour elle.
- Du bien comme du mauvais, murmura cette dernière.
- En tout cas, il ne t'a pas appris à aligner plus de dix mots !se moqua Fang en rigolant.
Sa moquerie fut suivie d'un nouveau silence, confirmant ses dires. Jamais elle n'avait été bavarde. Au contraire, son mutisme était sans aucun doute sa caractéristique principale. Avec son impeccable froideur et on goût prononcé pour les roses vertes.
- Sais tu qui il est ?souffla la jeune femme, presque blessée.
- Bien sûr que non !s'exclama Fang en levant les yeux au ciel.
Elle entendit un profond soupir, suivit d'un bruit de fracas, sans aucun doute en provenance de la rue.
- Très bien alors, marmonna son amie.
Puis elle raccrocha sans attendre de réponse. Secouant la tête, amusée, Fang reposa le téléphone avant de sortir de la cabine. Plus rien ne pouvait l'étonner.
Elle passait beaucoup de temps avec cette amie. C'était bien la seule qu'elle avait pu se faire dans la vieille Paris. Elle aussi n'aimait pas voir les automates lâchées, ou les gamines changées en adulte avant l'âge, une bouteille d'alcool entre les mains, encore fumeuse de bitume. Elle aimait les roses, surtout les vertes, et elle les dévorait à une vitesse si forme qu'on ne pouvait la croire aussi filiforme. Elle ne courait pas la poussière ou les hommes comme les gens de la haute, et se désintéressait à un tel point des égouts que cela était mal vu. Alors, on pouvait dire de Lightning qu'elle n'était pas banale. Un peu comme tous les adultes vivants encore à la surface.
D'un pas assuré, Fang se dirigea vers les abords de la 40ème rue, en périphérie. La bas, les champs brûlés de soleil restaient lointains tout en étant visibles. On pouvait apercevoir les immenses cabarets aériens, ou encore les plantations de tabac encore existante. On y voyait les contrebandiers taillés dans le bois les bouchons pour leur bouteille, ou encore les gamins pêcher les brins de blé à l'hameçon. La jeune femme avait besoin de roses. Elle payait en roses, alors elle devait les cueillir. En aucun cas elle n'avait de quoi partir vers les égouts et en acheter des dépecées de leurs épines.
En passant près d'une vieille maison, Fang aperçut un rosier, grimpant le long du vieux mur écroulé. Sur les boutons encore repliés sur eux mêmes écumait de la rosée du soir, avec ses teintes pâles et brillantes de la lumière faiblissante du jour. La jeune femme tendit la main et en arracha un complet bouquet, qu'elle entreprit alors de dépouiller de ses épines et ses feuilles indésirables. A ses yeux, ces roses si belles qu'elles en devenaient fades étaient un peu comme des enfants de ce bas monde. Repliées sur elles mêmes, à grandir de manière trop rapide, sans trouver le temps de s'épanouir avant d'être bouffées.
Sa besogne faite, Fang rebroussa chemin, son bouquet à la main. Elle sentait déjà les boutons lâcher. Traînant de trottoirs en trottoirs, elle finit par atteindre la rue serrée de son amie, caractérisée par la corde pendouillant à un de ses hauts murs. Les verres des fenêtres étaient brisés, et personne d'autre n'y vivait. En vérité, elle devait être la seule à arpenter ces immeubles, avec les chasseurs pour surveiller la contre bande. Ou les automates. Surtout les automates. Leurs pièces gisaient toujours, rouillées par les pluies.
Fang secoua violemment la corde, annonçant sa présence à la maîtresse des lieux. Elle s'était assez vite faite à ce mode d'entrée peu commun. La porte étant condamnée volontairement, elle n'avait pas eu plus que ça le choix. Dès qu'elle annonçait sa venue, son amie la laissait pendre. Ainsi, elle n'avait pas à hurler pour se faire connaître.
De cette unique fenêtre jaillit une cascade de cheveux roses. D'un regard, leur maîtresse jaugea Fang, avant de hocher la tête pour qu'elle monte. Cette dernière ne retint pas son sourire. Elle avait adoré grimper à cette corde dès la première fois. Cela lui avait toujours donné l'impression d'être libre. Un peu comme les pirates de la vielle Paris, qui assiégeait les vieilles bâtisses pendus à des cordages.
Une violente bourrasque ébranla Fang dans sa montée, la laissant rire. Elle finit par atteindre le haut, ses longs cheveux bruns plaqués au visage. Il était pourtant rare que cela souffle. Une main accrochée au rebord effrité de la fenêtre, Fang tendit le coup pour voir l'intérieur. Une autre main lui agrippa le poignée, et la hissa avec force.
- Merci, Lightning, souffla-t-elle en s'agenouillant.
En face d'elle, la jeune femme ne lui répondit rien. Seulement vêtue d'un pantalon lâche, la poitrine nue, elle retourna près de sa cuisine sans plus faire attention à la venue de Fang. Cette dernière regarda un instant ses hanches se balancer au rythme de ses boucles, avant de se relever et de poser le bouquet de roses sur la table. A ses pieds crissèrent des morceaux de porcelaine fraîchement brisés, la faisant reculer de quelques pas. Elle porta un regard à Lightning, qui ne semblait pas se soucier de ce problème.
- Au moins, tu as un pantalon cette fois ci, plaisanta-t-elle en se baissant pour ramasser l'assiette cassée.
Lightning se figea un instant, puis tendit le bras pour se saisir des roses. Elle porta son regard bleu sur Fang, avant se s'asseoir à même la table. Saisissant à deux doigts un bouton de rose, elle le croqua.
Fang la regarda un instant, avant de se diriger vers la fenêtre toujours ouverte. Elle y jeta les brisures de porcelaine, avant de s'y pencher en quête de brise. Un vent violent la gifla, hurlant dans la ruelle. Une main en visière sur le front, la jeune femme leva les yeux au ciel. Elle aurait bien voulu une photo de cet instant là. De ces larges sphères à peine visibles derrière les nuages épais et chargés de pluie tiède.
- Le vent se lève, lança-t-elle juste, fermant les yeux.
- Il faut tenter de vivre.
Le murmure qu'elle reçut en retour lui fit immédiatement tourner la tête. Lightning l'avait rejointe, toujours aussi peu vêtue, une rose à la main, et plusieurs photos dans l'autre. Elle ne souriait pas, en lui tendant les images. Elle ne souriait pas souvent, de toute façon, ou jamais aux yeux de ceux qui ne savaient la voir heureuse.
Fang porta son regard sur les différents clichés. Il y en avait pour tous les goûts. De vieilles photos de famille dont on ne connaîtrait jamais les protagonistes, des plantes, des animaux, des objets. Et même une récente simplement prise en cabaret. Sur celle ci on pouvait voir les boulons d'une automate souriante. Elle devait être plus belle encore que les autres pour avoir ainsi attiré l'attention.
- Mais, dis moi, finit par chuchoter Fang en repliant ses photos. Comment as tu fait pour tomber sous le charme d'un cliché ?
Lightning recoiffa mécaniquement ses cheveux par gêne. Elle fronça les sourcils, se donnant l'air froid, avant de soupirer.
- Je ne sais pas.
Elle planta de nouveau ses dents dans une rose.
- Mais je pense partir à sa recherche, reprit-elle.
- Comment ?s'étonna Fang en refermant la fenêtre.
A la vue du sourire timide et triste que lui adressa Lightning, elle comprit vite que son amie n'avait pas de plan. Elle ne savait pas comment retrouver le propriétaire de cette photos. Elle ne savait même pas s'il était toujours en vie. C'était un peu comme la quête des marchands de poussière. En trouver un brin pour suivre une piste vide. Ou comme celui des migrants. Ces gens qui avaient tant voulu gagner les égouts y avaient presque laissé leur vie, pour finalement ne pas l'avoir meilleur dans les souterrains de la vieille Paris.
- A mon avis, éluda Fang, tu devrais retourner là où tu l'as trouvé. C'est le meilleur moyen d'en savoir plus.
Lightning hocha calmement la tête.
- Viendras-tu avec moi ?demanda-t-elle.
Fang arqua les sourcils. Lightning était une femme solitaire, aussi elle ne s'était pas attendue à une telle demande compagnie.
- Je ne sais pas, répondit la jeune femme brune en passant une main dans sa crinière mêlée. J'ai mon travail, quand même.
Certes, elle avait un travail. Mais résonner des poissons n'était pas quelque chose de très enrichissant, depuis la désertion de la ville. Aussi ses services n'étaient réclamés que par cette gamine aux cheveux sales et son immonde poisson noir. Elle n'avait pas besoin de garder son cabinet ouvert pour vivre. Elle volait, comme un peu tout le monde. Elle volait dans les maisons vides, ou dans les sacs laissés un peu trop longtemps. Les roses, et même parfois, les marguerites fleurissants au bord des routes, ou le savon sur les trottoirs.
Le regard glacé de Lightning la laissa un instant de plus pensive, avant qu'elle ne se mette à sourire franchement.
- Viendras-tu ?répéta la jeune femme.
- Oui, je pense, soupira Fang.
Lightning se laissa alors timidement sourire. Il était bien rare de la voir sourire. Mais aucun de ses sourires n'étaient fades comme ceux des autres.
