Paroles : les personnages discutent dans leur langue maternelle
Paroles : échange télépathique entre Zedd et son (ses) interlocuteur(s)
(Blabla) : définition d'un mot
Paroles : les pensées de Thorïn
Paroles : les pensées d'Arasheben
[Blabla] : Intervention de la Déesse dans l'esprit d'Arasheben
Disclaimer : l'univers et les personnages appartiennent à Tolkien et l'interprétation cinématographique du "Hobbit" à Peter Jackson. Arasheben et les personnages que j'inventerai au fur et à mesure sont les miens.
N'hésitez pas à me donner vos avis : je suis ouverte à tous vos commentaires, négatifs ou positifs, du moment qu'ils sont expliqués et argumentés dans le plus grand respect.
2-Arrivée chez Bilbo Baggins
POV de Thorïn.
Après une longue marche, Thorïn arriva enfin à Hobbitebourg.
Il avait hâte d'arriver chez le cambrioleur que lui avait trouvé Gandalf afin de pouvoir se reposer un peu. Il se savait en retard. Connaissant ses compagnons, il espérait que ces derniers lui avaient laissé un peu de nourriture, à défaut de bière.
Il se perdit une première fois. Ce n'était pas la nuit qui le gênait : il était un Nain, se diriger dans l'obscurité n'était pas un problème. Mais chaque recoin de cette foutue Comté se ressemblait avec ses collines qu'il devinait verdoyantes et ses maisons aux portes et aux fenêtres rondes. Se remettant sur ce qu'il pensait être le bon chemin, il s'absorba dans de sombres pensées.
Thorïn était profondément déçu. La réunion aux Ered Luin n'avait rien donné. Les représentants des Sept Royaumes étaient certes tous venus mais aucun ne lui avait apporté l'aide espérée concernant sa quête, et encore moins venant de Daïn, son cousin. Il en était grandement désappointé. Il avait escompté au moins un quelconque soutien de la part de celui-ci, qu'il considérait pourtant comme son plus proche allié. Le grand Nain s'était entendu rappeler que c'était SA quête et qu'il était hors de question de mettre en danger une partie de leur armée respective pour un résultat des plus hasardeux, voire franchement suicidaire.
Il allait donc devoir mener cette aventure avec les douze Nains ayant eu le courage de le rejoindre pour diverses raisons. Il avait ouïe dire que Nori fuyait des poursuites judiciaires, que l'innocent et candide Ori voulait voir du pays, devenant ainsi le scribe officiel de la compagnie dans le but de retranscrire leur aventure, que Bofur, Bifur et Bombur rêvaient d'une vie meilleure. En gros, chacun était venu pousser par des rêves de grandeur, de vie meilleure, de vie tout court...
Lui, plus que quiconque, voulait tout simplement retrouver son foyer. Il se sentait amputé d'une partie de lui-même sans sa Montagne. Son cœur pleurait encore aujourd'hui à la pensée de tous ces morts sous le feu du Dragon. A chaque fois qu'il pensait à ce dernier, il enrageait de n'avoir pu le vaincre et culpabilisait à la simple idée de son peuple en exil, perdu sur les routes sans l'aide de personne, et surtout pas des Elfes, à la merci des hommes pour subsister. Bien évidemment, ils avaient trouvé refuge dans les Montagnes Bleues. Mais ce n'était clairement pas la Montagne Solitaire.
Thorïn jura en Khuzdul : il venait de se rendre compte qu'il s'était encore une fois égaré. Il n'arriverait jamais à retrouver l'habitation de ce Hobbit. Son sens de l'orientation laissait vraiment à désirer en dehors des Montagnes qu'il avait habitées.
En se remettant sur le bon itinéraire, il entendit des pas non loin derrière lui.
Il ne reconnut pas du tout la langue chantante dans laquelle deux voix féminines et une masculine parlaient.
Une main sur sa hache pendue à sa ceinture, il se retourna et se retrouva face à un trio composé d'une rouquine d'une quinzaine de centimètres plus grande que lui, entourée d'un brun aux cheveux longs défiguré par des brûlures et d'une blonde à la coiffure courte.
-Ah ! Tiens ! Une chieuse incapable de se défendre ... En témoigne les deux colosses qui l'entourent.
Leurs regards devinèrent qu'il faisait parti de la compagnie des Nains. L'avaient-ils seulement reconnu ?
-Bien le bonsoir. Lança la rousse.
Thorïn détestait ce genre de salutations. Par Mahal ! Il ne savait jamais ce que la personne voulait lui souhaiter : seulement le bonsoir ? Que la soirée serait excellente qu'il le veuille ou non ? Qu'elle se sentait bien ce soir en particulier ?
-Je me nomme Arasheben Kheel. Se présenta son interlocutrice coiffée d'un chignon, un sourire malicieux étirant ses lèvres charnues. Voici Briana et Sanoré.
Tous trois s'inclinèrent, le poing gauche sur la poitrine : Thorïn eut une impression familière en les voyant faire mais n'arriva pas à les remettre.
-Thorïn Oakenshield pour vous servir.
Thorïn se pencha légèrement en avant.
-Moi qui pensais que nous allions être les derniers à arriver à la maison de Monsieur Baggins, je me suis trompée.
Arasheben donna l'exemple en recommençant à marcher.
-Vous aussi, vous vous y rendez ? Interrogea Thorïn, suspicieux.
-Harbarôr (="Barbe Blanche". Nom donné à Gandalf par le peuple d'Arasheben) m'y a invité.
-Harbarôr ?!
-Vous le connaissez sous le nom de Tharkûn.
-Comment savez-vous par quel nom Khuzdul nous nommons le Magicien Gris ?
-Vous n'êtes pas le premier Nain que je rencontre. Il est d'une méfiance ! Cela va être extrêmement difficile de percer sa carapace et de se Lier à lui...
-AH ! Oui ! Je me souviens que Tharkûn m'a parlé de vous : vous êtes l'espèce de Garde-fou qu'il a exigé d'intégrer dans la compagnie pour ma propre sécurité mentale. Sans quoi, il ne nous aurait même pas aidé. Constata amèrement Thorïn. Comme si j'avais besoin d'une personne telle que vous.
-Pensez-vous qu'une prostituée vous aurait été plus utile ? Répliqua malicieusement Arasheben.
Thorïn la contempla d'un air éberlué.
-Ai-je bien entendu ?! Je ne peux décemment pas la laisser parler ainsi, avec une écrasante majorité de mâles dans la Compagnie.
Ne sachant quoi répondre, Thorin la fixa d'un air agacé.
Au même instant, un signe lumineux gravé sur une porte attira l'attention d'Arasheben, qui fut donc la première à le remarquer.
-Nous sommes enfin arrivés à destination. Je reconnais la marque que m'a décrite Harbarôr. Indiqua-t-elle de l'index.
Une joyeuse hilarité semblait régner dans le Smial (1). Thorïn espéra qu'aucun de ses compagnons n'ait commis de dommages trop importants.
-Par contre, je n'ai pas pensé à lui demander ce qu'elle signifiait. S'interrogea Arasheben.
-C'est le signe de Tharkûn en Khuzdul. Révéla Thorïn, d'un air satisfait, en montant en premier les marches menant à l'entrée du Smial. Enfin ! Vous commenciez à me casser les oreilles ! Je ne vous connais pas mais vous m'énervez déjà.
-Cela ne m'empêchera pas de dormir cette nuit. Répliqua Arasheben, en laissant Thorïn se positionner devant la porte.
Tout en frappant fermement trois fois, Thorïn la fusilla d'un regard noir. Les rires s'éteignirent brusquement pour devenir un silence respectueux.
-Cet air orgueilleux, ces yeux orageux, cette mine renfrognée... Serait-ce donc de cette manière tout à fait délicieuse que vous séduisez vos futures conquêtes ?
Thorïn n'eut pas le temps de répondre puisque la porte s'ouvrit. Alors qu'il levait les yeux vers le Magicien dans un mouvement et un sourire montrant qu'il était certain de son charme, Arasheben entendit très distinctement, dans son esprit, des applaudissements enthousiastes, des cris émerveillés et des sifflets enchantés, soulignant ainsi le caractère humoristique du comportement orgueilleux de Thorïn.
Briana et Sanoré durent avoir des pensées du même acabit car de très discrets rires parvinrent aux oreilles d'Arasheben.
- Tharkûn... Susurra-t-il, de sa voix grave, caverneuse et profonde en entrant. Vous m'aviez dit que l'endroit serait facile à trouver. Je me suis perdu. Deux fois. Je ne l'aurai pas trouvé s'il n'y avait pas eu le signe sur la porte !
Ses sujets se courbaient en deux sur son passage. Arasheben soupira discrètement en levant les yeux au ciel : sans son titre royal, serait-il encore si extraordinaire ? Thorïn enleva son manteau, le donna à Kili, sourit à ses deux neveux et se retourna vers le Magicien.
-Bonjour Harbarôr. Salua Arasheben, en s'inclinant, le poing gauche sur sa poitrine, imitée par Briana et Sanoré. Au contraire, vos indications étaient limpides. Ce fut un jeu d'enfant de trouver le Smial de monsieur Baggins. Grâce aux vols des oiseaux en journée et aux Etoiles la nuit, nous n'avons eu aucune difficultés à nous diriger jusqu'ici. Contrairement à certains qui ont eu plus de mal et qui ont eu manifestement besoin d'un peu d'aide.
Arasheben coula un regard ironique vers Thorïn, qui n'apprécia ni les paroles ni le ton sarcastiques de celle-ci. Il fulminait intérieurement. Il n'avait pas pour habitude de se faire malmener par qui que ce soit, encore moins par une femme. Il devait lui faire comprendre qui était le chef de cette Compagnie et que l'on ne pouvait pas lui tenir tête sans en payer les conséquences.
-Un signe ?! S'exclama Bilbo, au plus grand soulagement de Gandalf, qui voyait déjà la situation dégénérer entre Thorïn et Arasheben. Non ! Il n'y a pas de signe. La porte a été repeinte la semaine dernière !
-Il y a un signe. Je l'ai tracé moi-même. Confirma Gandalf, qui continua sans laisser le temps au Hobbit de réagir. Bilbo Baggins, permettez que je vous présente le chef de cette Compagnie, Thorïn Oankeshield, Arasheben Kheel, Briana et Sanoré.
Thorïn s'avança vers les Arasheben et Bilbo.
-Alors ?! C'est le Hobbit et... la femme ? Constata-t-il volontairement en les jugeant de haut en bas. Tu ne m'impressionnes pas plus que cela. Retourne d'où tu viens.
-Je ne suis donc réduite qu'à cet état de fait ? Tiqua Arasheben.
En tout état de cause, il se vengeait déjà de son comportement. Arasheben resta pourtant calme et silencieuse : ce n'était absolument pas le moment de faire un esclandre.
-Vous êtes vous souvent battu ? La hache ou l'épée ? Demanda Thorïn, en leur tournant autour. Quelle arme préférez-vous ?
-Et bien ! Je ne suis pas maladroit aux fléchettes. Se vanta fièrement Bilbo.
Tandis que Gandalf leva, à son tour, les yeux au ciel en soupirant, Arasheben réussit péniblement à réprimer un gloussement devant l'attitude ridicule du semi-homme.
Thorïn se planta devant Bilbo et Arasheben, les bras croisés.
-Mais je ne vois pas pourquoi est-ce si important... S'aplatit Bilbo.
-Et vous ? S'enquit Thorïn, en se tournant vers Arasheben.
Par cette question, le but indéniable du Nain était manifestement de mettre en évidence le manque de compétences et d'expérience de son interlocutrice et ainsi donc, de l'abaisser devant un public composé essentiellement de guerriers et acquis à sa cause. Arasheben lui répondit de la seule manière que son caractère connaissait : en étant franche et directe, avec une pointe d'humour quand cela s'avérait nécessaire.
-Monsieur Baggins a la chance de posséder bien plus de compétences que moi en la matière. Je n'ai malheureusement jamais tenu une seule fléchette entre mes doigts. Alors, une hache ou une épée... Il faudrait d'ailleurs me donner une définition précise de ces armes pour être certaine que nous parlions bien de la même chose. Ironisa-t-elle, un sourire espiègle illuminant son visage rempli de tâches de rousseur.
-Cet humour ... Mahal ! Seul son côté grotesque pourrait éventuellement m'amuser. Et encore !
Thorïn la regarda de travers, l'air de se demander ce qu'elle pouvait bien faire parmi eux.
-Il n'a vraiment aucun humour ! D'où la présence de Briana et Sanoré : ils sont là pour assurer ma protection. Ce qui vous évitera de vous préoccupez de moi durant les combats. Précisa Arasheben avec logique.
-C'est bien ce que je pensais ! Déclara Thorïn, un sourire en coin, l'œil pétillant de malice. Ils font plus épicier et bourgeoise que cambrioleur et Garde-Fou !
Arasheben s'étouffa en avalant sa salive.
-Une bourgeoise ! En trente-cinq ans d'existence, on m'avait traité de beaucoup de choses mais jamais ! Au grand jamais ! De bourgeoise.
Ravi de sa petite pique, Thorïn s'éloigna avec un sourire satisfait sur les lèvres, laissant tous ses compagnons ricaner.
-Considérez-moi comme un individu capable de vous aider, à ma manière, dans votre quête. Se défendit Arasheben, visiblement irritée par tant de dédain. Car, voyez-vous, je déteste particulièrement que l'on ne me réduise qu'à mon sexe ou à mon rang.
Un silence interloqué s'abattit sur l'assemblée et Thorïn lui fit à nouveau face, surpris par son intervention : il n'avait pas l'habitude qu'on le contrecarre. Arasheben planta un regard franc dans celui de ce dernier.
-Jamais personne ne m'avait parlé de la sorte, en me fixant de cette manière. Pensa le grand Nain en la dévisageant intensément.
-Certes, je n'ai reçu aucune formation guerrière. Confirma-t-elle, voulant être entièrement sincère avec le Seigneur des Exilés d'Erebor. Je possède cependant quelques compétences particulières dont vous pourrez avoir besoin : me repérer grâce aux Etoiles, faire du feu, savoir reconnaître les herbes médicinales - Merci, Noah, en tant que meilleur cueilleur, de m'avoir montré où chercher - Et n'oublions pas un esprit très mal placé dont je vais vous faire profiter à volonté.
-Et c'est qu'elle continue à me tenir tête, la bougresse ! S'indigna Thorïn. Malgré la place privilégiée qu'ils occupent dans mon proche environnement, Dwalïn, Balïn, Fili et Kili ne se permettent jamais une telle liberté.
-Oh ! Fantastique ! Lança Bofur, à qui Arasheben envoya un regard amusé accompagné d'un sourire, ravie d'être tombé sur un Nain doté d'un esprit aussi mal placé que le sien.
-De plus, Sanoré est un expert au combat à mains nus et est un pisteur hors-pair. Briana manie n'importe quelle arme blanche et sait se déplacer le plus silencieusement du monde. Qu'en dîtes-vous ?
-Je suis de la Lignée de Durin, le Seigneur des Exilés d'Erebor, ancien Prince, Roi sous la Montagne si jamais la quête réussie, par Mahal ! Je ne suis pas n'importe qui, malgré ce qui s'était passé il y a de cela cent soixante et onze ans. On me doit le respect quelque soit l'individu se présentant devant moi.
Thorïn prit quelques secondes de réflexion en la scrutant intensément, se demandant sûrement s'il était sage de réviser son jugement.
-Je dois donc lui montrer tout le mépris qu'elle m'inspire et lui signifier que son avis n'a aucun intérêt pour moi. Je ne laisse jamais personne me marcher sur les pieds. Cela ne va pas commencer avec elle, venant d'une femme de surcroit. Mais leurs compétences m'intéressent. Ce serait dommage de ne pas en faire profiter mes Compagnons et ce serait surtout des atouts pour ma quête.
Arasheben leva un sourcil, attendant une réponse.
Qui ne vint pas. Puisque Thorïn, suivi de ses gens, se dirigea directement vers la salle à manger pour s'y attabler, sans plus se soucier de Bilbo et d'Arasheben.
Ne sachant comment expliquer son comportement - car elle ne connaissait pas encore le mode d'emploi de l'énergumène - Arasheben soupira profondément, se demandant dans quel bourbier elle s'était encore mise volontairement en acceptant la proposition de Gandalf.
Visiblement satisfait de la tournure des événements, ce dernier leur fit un clin d'œil.
-Cela s'est mieux passé que je ne l'avais imaginé. Soupira de soulagement Gandalf, en posant une paume sur le mur. Le silence de Thorïn vaut acceptation. Venez, nous allons finaliser les papiers.
Et le Magicien rejoignit la Compagnie. Curieux de la suite des événements, Bilbo et Arasheben suivirent le mouvement.
POV d'Arasheben.
Souhaitant savoir comment allait Bilbo après son évanouissement, je me rendis vers sa chambre. Je tombais sur lui, traversant le couloir d'un air décidé.
Au fond du corridor où nous nous trouvions, Thorïn et Balïn semblaient être en grande conversation et je crus entendre le Nain aux cheveux blancs dire qu'ils venaient de perdre leur cambrioleur.
-Monsieur Baggins ?
-Oui, Dame Arasheben ? Répondit Bilbo.
-Chez moi, lorsque nous sommes invités à dormir chez quelqu'un, nous avons coutume d'offrir un cadeau en remerciement des désagréments que cela suscite.
Je lui tendis une petite boite rectangulaire brune foncée. Intrigué, Bilbo la prit et l'ouvrit. Sa mâchoire se décrocha, ses yeux s'agrandirent de surprise.
-Mais ! Oh ! Par mon arbuste bien-aimé ! C'est du chocolat !
Son exclamation attira l'attention des deux Nains non loin de nous.
-Je me suis dis qu'avec dix-sept personnes chez vous, vous méritiez au moins cela. M'expliquais-je, en souriant.
-Le chocolat est un produit de luxe, doté d'une énorme valeur. M'interpella Thorïn, en s'approchant de nous. Peu de personne peuvent se permettre d'en acheter. Puis-je me permettre ?
Il tendit une main vers le précieux chargement. Bilbo le lui passa en tremblant.
-Comment avez-vous réussi à vous en procurer ? Me questionna Thorïn, en contemplant le trésor avec respect.
-Ce ne fut pas difficile de me procurer du chocolat puisque je suis originaire du seul Peuple qui sait comment en fabriquer. M'expliquais-je.
Thorïn me jeta un coup d'œil glacial avant de rendre le cadeau à son propriétaire. Il me tourna le dos et reprit sa place.
-Oh ! Où avais-je la tête ? Nous interrompit Bilbo en se frappant le front, permettant à Balïn de rejoindre Thorïn avec un air troublé. Je vais préparer une de mes chambres d'ami pour vous...
-Ne vous dérangez pas. Le priais-je instamment. Je venais justement vous demander l'autorisation de dormir dans votre jardin.
-Ddddd... Dans mon jardin ?! S'étrangla Bilbo en me fixant d'un air ahuri.
-Exactement. Il y a, au Nord, un espace suffisamment grand pour Briana, Sanoré et moi-même. Nous y serons très bien. Si vous nous le permettez, bien sûr.
-Evidemment. Affirma-t-il en haussant les épaules en guise d'incompréhension. Mais pourquoi s'installer dehors au lieu d'un intérieur douillet ?
-Nous sommes des Nomades : nous ne connaissons que le ciel au-dessus de nos têtes et l'horizon à perte de vue. Dormir dehors est donc aussi naturel que de respirer. Nous obliger à nous "terrer" équivaudrait à nous faire mourir.
-Des Drinni (=Marcheurs) (2) ! Cracha Thorïn, avec véhémence. Une vie pétrie de contraintes. Devoir dépendre des autres peuples pour tout se procurer n'est pas la meilleure manière de vivre. Vous parlez d'un mode de vie !
Je tournai le visage vers lui et le contemplais calmement : je ne devais pas oublier qu'il avait connu l'exil dans des conditions affreuses, ses propres gens étant à la merci des autres peuples pour survivre. Mon mode de vie ravivait en lui des blessures que personne n'arriverait jamais à comprendre et qui l'empêchait de comprendre notre façon de vivre. Je pris donc le parti de me taire afin de ne pas envenimer la situation.
-Merci, Monsieur Baggins, de nous laisser occuper votre jardin.
Sous le regard compréhensif de Balïn, outré de Thorïn par mon silence et confus de Bilbo par la situation, je sortis du Smial.
Divers bancs étaient placés dans le jardin, sur lesquels étaient installés plusieurs Nains. Je reconnus Dwalin, Bofur, Bifur, Nori, Ori, Kili, Fili, Oin et Gloin. Profitant de leurs pipes, ils devisaient joyeusement en Khuzdul.
En passant près d'eux, je les saluais d'un mouvement de tête. Tout en continuant à discuter, certains ne purent s'empêcher de me suivre du regard. J'avais l'habitude d'être constamment sous ceux de mon Peuple, je n'y prêtais donc aucune attention. Je rejoignis Briana et Sanoré, finissant de préparer leur couche respective autour d'un foyer creusé dans la terre. Du bois y était déjà savamment entreposé, au cas où cela serait nécessaire d'y mettre le feu.
Je pris une couche oblong et ronde, la déballais, et la posais par terre. Grâce à un astucieux système d'ouverture, je pouvais me glissais entre les couvertures et y être au chaud pour la nuit.
Du coin de l'œil, j'aperçus Sanoré lever la tête vers la clôture entourant la maison. Je suivis le mouvement mais ne vis rien dans l'obscurité. J'entendis cependant une voix d'homme aviné chanter. Je farfouillais dans mes affaires et trouvais ma bourse. Suivi du brun, je rejoignis rapidement l'individu avant qu'il ne disparaisse dans la nuit.
-Combien ? Demandais-je au Hobbit, ne m'embarrassant pas de politesses inutiles.
Etonné, mon interlocuteur s'arrêta et me fixa d'un air vide propre à l'ivresse.
-Hein ?! Arriva-t-il à marmonner pâteusement.
Je lui tendis ce que je considérais comme étant le juste prix pour la bouteille qu'il tenait dans sa main droite.
Il me contempla quelques instants avant de comprendre où je voulais en venir. Jugeant ce que je lui proposais comme étant tout à fait acceptable, il prit les pièces et me tendit le vin.
Je me tournais vers Sanoré et lui donnais la nouvelle acquisition, qu'il prit avec un certain plaisir. Au moment où je voulus rejoindre Briana, il ressentit le besoin de se Confier.
-Thorïn n'aurait pas dû te traiter ainsi. Siffla-t-il avec colère, la bouche pincée. Il t'a manqué de respect. Je ne comprends pas pourquoi tu ne t'es pas défendu. J'étais vraiment prêt à le tuer.
Je posais une main apaisante sur l'un de ses avant-bras imposants qu'il avait croisé.
-La situation était différente d'avec Arae. Nous étions de la même famille, la base du Lien existait déjà entre nous. Cette base doit être créée avec Thorïn. La douceur ne marche pas sur des personnes comme lui. Bien qu'il n'y soit pas habitué, il va se rendre compte qu'il respecte plus ceux qui lui tiennent tête que ceux qui s'aplatissent devant lui. Il va donc falloir réfréner tes ardeurs. D'accord ?
Sanoré acquiesça respectueusement mais avec réticence.
-Je te jure que s'il te fait du mal, quelque soit la façon, ma vengeance sera terrible lorsque le moment sera venue de la lui administrer.
-Ça me rassure de le savoir.
-Je vous remercie de votre attention, Haute-Prêtresse.
Sanoré se baissa pour arriver au niveau de mon visage : je passais mes mains sur son front et sa tête, avant de poser mes lèvres sur le sommet de son crâne.
-Que la Déesse illumine ton chemin. Dans la compagnie, qui est le soldat à éblouir absolument ? Le questionnais-je, en le retenant un peu plus longtemps.
Sanoré possédait un don inégalé pour découvrir ce genre d'information en un rien de temps.
-Le dénommé Dwalïn. Répondit-il immédiatement. C'est un guerrier-né, l'homme de confiance et le meilleur ami de Thorïn.
-A lui tout seul, il cumule les rôles les plus importants. Soupirais-je profondément en me frottant les yeux. Je vais avoir besoin de lui en tant qu'allié. Il faut vraiment qu'on l'est de notre côté, peu importe les moyens.
Sanoré hocha à nouveau la tête.
-J'ai horreur que Briana et toi deviez prouver à nouveau que vous êtes des combattants. Vous avez déjà fait vos preuves... Dis-je, en touchant délicatement les cicatrices de son cou, descendant jusqu'à son torse et son dos.
-Mais c'est l'un des moyens nécessaires pour gagner sa confiance. Me coupa Sanoré. Et nous prouveront à Dwalïn notre valeur guerrière. Cela va aider grandement à nous estimer.
Sanoré s'assit sur sa couche. Je m'accroupis devant le tas de branches, et, d'un geste entraîné, frappais mes pierres plusieurs fois avant qu'une étincelle n'enflamma l'amadou entre les bois. Le feu pris enfin et crépita.
Pendant que je me posais sur ma couche, j'entendis plusieurs sifflements appréciateurs provenant des Nains.
-Arya-Vassala (=Haute-Prêtresse) possède énormément de qualités cachées. Leurs expliqua Briana.
En l'entendant m'interpellait par mon titre, je pensais à Zaelle : cette dernière m'ayant remplacé jusqu'à la fin de la quête, mon titre n'était plus d'actualité hors du Clan, même s'il continuait à être utilisé par Sanoré et Briana. Cela me donnait un sentiment de liberté mélangé à la sensation étrange d'être dépouillée de ce qui me définissait depuis que j'avais six ans – l'âge auquel j'avais été choisie pour succéder à l'Arya-Vassala (Haute-Prêtresse) Elysabet et ainsi pouvoir être formée.
-Il faudra nous en faire profiter. Me lança lascivement Bofur, le regard pétillant de malice. Je m'en voudrais que vous perdiez la main.
-Magnifique ! Êtes-vous prêt à me satisfaire maintenant ? Rétorquais-je sournoisement. Il y a non loin d'ici un bosquet tout à fait charmant où nous pourrions assouvir notre désir…
-Ce serait tout à fait inconvenant. Me coupa Dwalïn, un air encore plus sévère qu'il était possible sur sa figure déjà bien sérieuse en temps normale.
-En quoi serait-ce inconvenant ? Me répliqua Briana, en s'approchant du banc où il était assis. Ce sont deux personnes majeurs et...
-Par Mahal ! Vous êtes une femme...
-Et ?
Un ange passa.
-Il s'agirait de bien vous comporter, comme l'exige votre sexe. Ce genre de sous-entendus n'est pas du tout acceptable de la part d'une femme ! S'exclama-t-il, visiblement outré par ses propos.
Briana, Sanoré et moi éclatâmes de rire devant l'incongruité de sa phrase.
-Tout ce que vous voulez, Monsieur Dwalïn. Répondit la blonde, en s'abaissant aussi bas que possible. Sauf ma vertu. Car il faudrait que j'aille la rechercher là où je l'ai perdu. Si je la retrouve, bien évidemment.
Un air d'horreur se peignit sur le visage de Dwalïn.
-Ne faites pas l'effarouché, très cher. Il n'est inscrit nul part que je doive attendre sagement de rencontrer l'âme-sœur pour coucher pendant que vous vous permettez de le faire de votre côté.
-Mais je suis un mâle et j'ai des besoins.
-Les femmes ont aussi des besoins. Personnellement, je n'ai jamais eu d'orgasme en lavant la vaisselle. N'est-ce pas, Arya-Vassala (Haute-Prêtresse) ? Me questionna-t-elle en se tournant vers moi.
-Moi non plus, Briana. Lui répondis-je. À moins que les Naines ont une technique spéciale de nettoyage d'assiettes ?
-Pour ma part, mes mains ont une tout autre utilité entre mes jambes lorsque je suis en manque ou que ma partenaire ne m'ait pas assez satisfaite. Reprit Briana.
Des hoquets d'étonnement et des cris de consternation parvinrent à nos oreilles. Briana émit un gloussement ironique face aux mines déconfites des Nains.
-"MA" partenaire ?! S'exclama Dwalïn, scandalisé comme jamais.
-Ma première impression se confirme : vous vouliez me faire la cour ! Plaisanta Briana, une lueur malicieuse dansant dans ses yeux. Malheureusement, tous vos efforts auraient été vains ! Je n'aime que les brunes aux yeux verts et aux très longues jambes superbement musclées. Je les trouve absolument magnifiques. La barbe est de trop : tous ces poils... Je préfère une peau douce et veloutée. Et le sexe... Alors là... Il n'y a définitivement aucun espoir de ce côté-ci. Vous me voyez profondément désolée de devoir vous rendre votre liberté et de ce fait, vous plonger dans un abîme de chagrin interminable.
Dwalïn la fixa, ouvrant et fermant frénétiquement sa bouche. Il ne trouva aucune réponse satisfaisante, surtout que l'homosexualité était un sujet délicat pour son peuple.
-Nous sommes parfaitement capables de donner beaucoup de plaisir à nos partenaires. Affirma Dwalïn, en colère contre les propos de Briana. Elles n'ont pas besoin de se souiller en se touchant elle-même.
-Comme vous y allez, très cher. Ironisa Briana. Je peux vous prouver que ce n'est pas sale : on se donne énormément de plaisir sans vous.
-Voulez-vous dire que mon épouse se... se... malgré notre vie de couple ? Interrogea GlOïn.
-Comment voulez-vous que je le sache ? Répliqua-t-elle, en s'installant confortablement sur sa couche. Demandez-le-lui, vous serez fixé. Chacune possède sa propre manière de se comporter dans ce genre de situation. Croyez-vous être les seuls à vous satisfaire vous-même ?
-Oh ! Non ! S'exclama Gloïn, en devenant livide. Et dire que je vais être absent pendant plusieurs mois.
-Je trouve ça terriblement excitant. Marmonna Sanoré en buvant goulûment de l'alcool.
-Quoi donc ? Voulut savoir Dwalïn, en le fusillant du regard, l'air de se demander quand cette discussion sans fin allait enfin se terminer.
Sanoré posa ses coudes sur ses genoux et releva ses yeux bruns vers le Nain-guerrier. Ses cheveux s'écartèrent et laissèrent apparaître ses nombreux stigmates.
-Il n'y a rien de plus torride et sensuel qu'une femme en train de se caresser. Répondit-il, sur un ton provocateur. Maintenant, arrêtez de faire vos innocents et laissez ces dames avoir du plaisir comme elles l'entendent. Leurs vies intimes ne vous regardent en aucun cas. A moins qu'elles consentent à ce que vous y participiez, et sur le temps qu'elles décident de vous consacrer. Sur ce, bonne cuite !
Il leva la bouteille à la santé des Nains et avala une sacrée gorge de son contenu.
C'est en murmurant que ceux-ci se regroupèrent en nous jetant des coups d'œil allant de la curiosité à l'épouvante, en passant par l'indignation.
A l'écart de leurs aînés, Kili et Fili nous contemplaient avec curiosité, en particulier Briana et moi-même : depuis leur plus tendre enfance, ils bénéficiaient d'une formation militaire dans un monde exclusivement masculin. Briana et moi devions être deux exceptions détonantes dans leur environnement.
-Fili ! Kili ! Venez ! Leur ordonna sèchement Dwalïn, manifestement désireux de les savoir le plus loin de nous trois.
Ils avaient indubitablement beaucoup de questions à nous poser. Déçus de ne pouvoir le faire, pour l'instant en tout cas, les deux frères me saluèrent d'un signe de la tête et le rejoignirent.
-Oïn ! Gloïn ! Est-ce que je pourrai vous parler ? Les interpellais-je, en me dirigeant vers eux.
Tandis que les autres Nains rentraient dans le Smial, ils se tournèrent vers moi, le rouquin en fronçant les yeux d'une façon peu amène et son frère en levant ses sourcils d'étonnement.
-Je ne vous veux aucun mal. Les rassurais-je, en souriant.
Je farfouillais dans les plis de mon manteau et en sortis une bourse remplie d'or et la donnais à Gloïn.
-Pour la partie des dépenses qui incombent à nous trois. Lui expliquais-je succinctement.
Gloïn l'ouvrit, constata la valeur de son contenu d'un seul coup d'œil expert et acquiesça en me lançant un regard que je pris pour un remerciement.
Il accrocha rapidement le précieux chargement à sa ceinture et rentra au chaud pour le cacher-la Déesse et lui savaient où.
J'attendis d'être réellement seule avec Oïn. Sanoré passa près de moi et hocha imperceptiblement la tête : il venait de s'assurer qu'aucun indésirable n'était présent, je pouvais donc m'entretenir tranquillement avec le Nain à cornet.
-Je compte sur votre discrétion de Bandari (Guerisseur Supérieur, supervisant l'ordre des Guérisseurs du Clan) ... Maître-Guérisseur. Me repris-je instantanément, en donnant la traduction en Westron.
-Bien sûr ! Approuva-t-il, en prenant le masque professionnel qu'il avait l'habitude de porter lorsqu'il était en fonction.
Etant coutumière d'en fréquenter, il me renvoyait l'image d'un médecin compétent et à l'écoute de ses patients.
Je lui mis entre les mains une seconde bourse, accompagnée d'une liste, elles aussi sorties des plis de mon manteau.
-Ces herbes ont été concoctées par mes propres guérisseuses. Elles ont inscrites les herbes médicinales sur ce parchemin. J'ai l'habitude d'en boire en infusion pour calmer les migraines atroces dont je souffre. Lui expliquais-je.
-Très bien. Me répondit-il en inspectant les ingrédients. Je m'arrangerais pour que vous ne soyez jamais en manque.
Je le remerciais chaleureusement.
-Est-ce régulier ? Me demanda-t-il.
-Cela dépend des circonstances mais la fatigue et le stress sont deux facteurs très présents chez moi et qui en sont généralement la cause. (Ou après ce cas tout à fait particulier. J'espère seulement qu'il n'interviendra qu'en cas d'absolue nécessité). Du coup, je peux en avoir plumonsieurs par semaines comme rien du tout pendant un certain temps. Pour ma plus grande chance, je suis dans ce dernier cas pour le moment.
-J'espère pour vous que cela continuera. Me dit-il en me tapotant l'épaule avec compassion. Surtout que vous avez une lourde charge que vous devez assumer au sein de notre compagnie et que cela ne va pas être de tout repos pour vous. N'empêche, cela promet d'être amusant pour nous autres.
Il gloussa avec gourmandise et rentra dans le Smial.
Je me tournais vers mes deux gardes du corps.
-La journée a été longue, je suis éreintée. Je vais me préparer à aller me coucher.
La blonde fixa le brun durant quelques secondes : il pouvait dormir, elle prendrait le premier tour de garde.
Je pris mes affaires de toilette et, suivie de Briana, me dirigeais vers la salle d'eau du Hobbit.
-Pourquoi avoir donné les herbes médicinales au Guérisseur ? On aurait pu s'en charger.
-Je veux créer des liens entre les Nains et nous. C'est une manière d'y arriver. Bon ! Je me prépare psychologiquement à voir une pièce ravagée. Chuchotais-je.
Briana ria doucement.
-J'ai bien l'impression que ces Nains, en particulier un, ne vont pas ravager que la maison du semi-homme. Me répondit-elle, mystérieusement.
Je la fusillais du regard : de quoi se mêlait-elle ?
-Je refuse d'avoir une quelconque relation amoureuse avec… LUI. Je vais déjà devoir le supporter avant de connaître ne serait-ce qu'une relation amicale avec ce type. Ce qui me réconforte, c'est que je l'agace autant qu'il me tape sur les nerfs. Et je vais en profiter allégrement !
Au moment où j'allais profiter d'une salle d'eau, j'entendis le chant magnifique des Nains remplir le Smial de Bilbo. Je me dirigeais silencieusement jusqu'au lieu d'origine et me cachais à côté du Magicien Gris adossé à l'une des chambranles du salon. La mine grave, il était plongé dans de profondes pensées.
Aucun de nous deux ne parla ni ne bougea, à l'écoute des paroles signifiant que l'appel de la Montagne Solitaire avait tout de même touché tous les Nains de la Compagnie, même ceux qui ne l'avaient jamais connu comme Kili, Fili et Ori, malgré les différentes raisons que tous avaient d'avoir répondu présents.
Un sentiment étrange m'envahit, un mélange de nostalgie et de mélancolie. Thorïn souhaitait simplement rendre la terre de ces Ancêtres à son peuple. J'espérais cependant qu'il était en mon pouvoir de l'écarter du prix qu'il devait payer, notamment perdre son Esprit sur l'autel de l'avidité et de l'orgueil.
Gandalf me secoua doucement l'épaule. Je levais les yeux vers lui et constatais que le silence était revenu.
Nous n'avions pas besoin de nous confier pour comprendre que ma mission était la plus délicate à mener et qu'il fallait que je la réussisse.
Nous nous sourîmes pour ensuite nous séparer chacun de notre côté.
La salle d'eau n'était pas en si mauvais état que je l'avais cru, surtout par rapport à l'utilisation qu'en avaient faite les treize Nains. Je me lavais rapidement et allais me coucher.
Cette aventure allait tous nous changer profondément.
(1) Un Smial est une habitation luxueuse de Hobbit, composée de vastes tunnels aux multiples ramifications, de portes et des fenêtres rondes, caractéristiques de l'architecture hobbite.
(2) En Khuzdul, Drin signifie « chemin/route ». Je l'ai arrangé à ma sauce pour que les Nains surnomment ainsi les Nomades.
