Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Harry Potter, Severus Snape, Sirius Black, James Potter
Correctrice : Fantomette34
Les choses s'éclaircissent un peu et Sirius lâche une sacrée bombe en fin de chapitre.
Bonne lecture !
Ce qui aurait pu être - une tout autre vie
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Un cauchemar, cela ne pouvait être qu'un cauchemar.
Il avait dû s'endormir sans s'en apercevoir et il rêvait de la chose la plus absurde au monde : James Potter - un James Potter de son âge - l'étreignant jusqu'à l'étouffer.
Le problème, c'est que la poigne du binoclard semblait des plus réelles et "l'embrassade" en devenait douloureuse.
Severus tenta de s'en extraire, sans succès. Un brouillard de lumières, de sons et de couleurs entourait les deux hommes, tenant à distance les autres Sorciers aussi sûrement qu'un Bouclier. Le Potionniste voyait ses amis se mouvoir au ralenti, leurs paroles lui parvenaient très graves, déformées, comme ces disques vinyls moldus que l'on fait tourner à une vitesse bien inférieure à celle préconisée. Le temps allait-il s'arrêter ? Seraient-il figés à la fin comme des statues de cire ou ces personnages de La Belle Au bois Dormant, endormis pour cent ans ?
Cette pensée lui fit froid dans le dos. Et il tenta encore de se libérer pour les rejoindre, sans plus de réussite.
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"LÂCHE-LE !"
Haut et clair, le cri avait traversé la brume et touché les oreilles des deux enlacés.
Ce n'étaient pas Albus ou Minerva qui avaient crié, pas plus qu'un Minotaure en colère ou le "Sirius", dont l'expression incrédule avait été remplacée par un air catastrophé.
Harry.
Harry, qui avait franchi les quelques mètres séparant la Table des Gryffondors du lieu de l'apparition, et qui fusillait de son regard sans entraves l'homme qui osait s'en prendre à son père adoptif.
"James" avait tourné la tête et plongé dans les prunelles émeraude.
Ces yeux verts...
Ils firent remonter à la surface des centaines de souvenirs. Sa poigne se relâcha, il libéra Severus et, le visage rouge, répondit à l'adolescent dans un souffle :
"Pardon, jeune Snape, je me suis laissé emporter..."
Les mots furent presque immédiatement couverts par le rugissement d'Alistair.
"SEV, MAIS TU SAIGNES ! IL T'A BLESSÉ ?
- Non... non, je vais bien, murmura l'intéressé, essuyant les traces rouges sur son col.
- Oh misère !" gémit Sirius.
Il s'était précipité vers James qui semblait au bord du malaise. Ce dernier se mit à tousser, le mouchoir qu'il sortit à la hâte se tâcha de sang. Une respiration difficile,
et l'homme que tous croyaient mort depuis longtemps s'évanouit.
"Vite, emmenez-le à l'infirmerie !" cria l'héritier Black aux Professeurs.
Voyant qu'ils étaient figés, il s'apprêtait à le faire lui-même quand quelqu'un le précéda : Severus, qui avait empêché James de heurter le sol, grâce à ses réflexes de Potionniste-Dans-Une-Classe-De-Cornichons, et qui le prenait dans ses bras, l'emportant sans se soucier d'être suivi ou non.
Le geste eut l'heur de réveiller les adultes. La surveillance de la Grande Salle confiée aux Professeurs Flitwick et Sinistra, Albus entraîna Minerva, Alistair et leur autre invité surprise en direction de l'infirmerie.
"Mais... mais pourquoi n'a-t-il pas conjuré une civière pour transporter James ? Et pourquoi ne va-t-il pas plus vite ? fit en regardant Severus un Sirius déboussolé.
- Il a dû voir que sa vie n'était pas en danger et que les soins pouvaient attendre, répondit Minerva
- Comment cela ?
- Notre cher Maître des Potions est aussi un Guérisseur.
- Maître des Potions, Severus ?! Mais il a toujours détesté cela ! Il... il était un crack en Arithmancie.
- Dans votre monde sans doute, mais pas ici."
Les doyens de Poudlard en étaient sûrs, maintenant. Comme les James et Lily que Harry avait vu dans le passé, en Crète, ces Potter et Black qui s'étaient matérialisés venaient d'un Univers Alternatif, où leur histoire commune avec Severus différait beaucoup de la leur. Restait à savoir de combien.
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Devançant ses suiveurs et arrivant devant l'infirmerie, Severus balaya les vantaux d'un puissant Informulé.
"Oooh, Severus Snape, combien de fois vous-ai-je dit d'ouvrir doucement ces fichues portes ?! hurla L'infirmière Pomfresh, vous vous croyez dans Urgences ?" (Eh oui, on ne le sais pas mais Poppy adore regarder des séries médicales moldues pendant ses vacances.)
- Désolée, chère amie... je vous amène un patient. Où êtes-vous ?
- Derrière la porte, justement.
- Oh pardon !"
Ayant posé son fardeau sur le lit le plus proche, le Maître des Potions désincarcéra l'infirmière en colère.
"Humm, fit-elle en voyant l'homme inconscient, je suppose que vous avez déjà posé un diagnostic ?
- Oui. Hémorragies internes dues à de profondes lésions dans l'œsophage et l'estomac, anciennement guéries et qui se sont rouvertes.
- Severus... pourriez-vous utiliser sur elles le Vulnera Sanentur ?"
Il n'y avait même pas pensé.
S'exécutant, il eut la satisfaction de voir que cela fonctionnait... enfin, jusqu'à un certain point. Il arrêta ses soins alors qu'Albus, Minerva, Alistair, Sirius bis et Harry (qui avait suivi tout ce petit monde) arrivaient.
"Est-ce que tu peux le guérir ?" lui avait demandé Black d'une voix douce.
Le Potionniste ne savait pas ce qui en Sirius était le plus troublant : le fait qu'il s'adresse à lui poliment, ou cette certitude, cette confiance qu'il avait sur le fait que Severus ferait tout pour soigner son ami. De plus, cette version de l'ancien Gryffondor était saine d'esprit, et cela perturbait tout autant le Maître des Potions. Mais si les deux intrus venaient d'un autre monde...
"Je peux soigner ses plaies, mais il faut savoir qu'elles risqueront de se rouvrir à chaque utilisation de ses pouvoirs à pleine puissance, et ce pour une bonne raison : il y a des traces de Magie Noire qui empêchent la cicatrisation.
- J'en étais sûr. Ah mais quel idiot !
- Qu'a-t-il fait ?"
Sirius semblait sur le point de parler, mais ses épaules se mirent à trembler et sa bouche resta close.
"Plus tard, la discussion, fit Albus pour permettre à l'homme de se ressaisir, Severus, pouvez-vous enlever ces traces nocives ?
- Oui. Cela devrait prendre une dizaine de jours pour une guérison totale, entre les incantations, les potions à faire et la convalescence. Il n'y aura même pas besoin d'utiliser du Sang de la Méduse.
- Paaarfait ! Mettez-vous y de suite, mon garçon. Pendant ce temps, nous allons papoter avec Monsieur Black."
Et le vieux Sorcier emmena le groupe autour de lui prendre un thé bienvenu, laissant seuls Severus et Poppy au chevet d'un James dont le visage semblait moins pâle.
Le Potionniste ne se froissa pas d'être ainsi laissé à l'écart.
Il avait du travail à faire, beaucoup de travail.
Et de toute façon, Alistair lui rapporterait la conversation mot pour mot.
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"Asseyez-vous, Monsieur Black. Une part de tarte au citron ?
- Non merci, Directeur, répondit distraitement l'homme.
- Bon. Je m'en voudrais de laisser perdre un si bon dessert."
Et Albus engloutit la part refusée... sa troisième.
Pendant ce temps, Alistair et Harry s'étaient assis l'un contre l'autre, le bras puissant du Minotaure autour des épaules de l'adolescent, comme une ancre solide dans un monde devenu chaos. Cela éveilla la curiosité de Sirius.
"Pardon, jeune Snape, ce Minotaure est-il un allié de ta famille ?
- Je ne suis pas un Snape !
- Pourtant, avec ces yeux, tu ne peux qu'avoir Lily Evans pour mère.
- C'est exact.
- Et tu dis que tu n'est pas l'enfant de Severus, mais alors, qui est ton père ?
- Ben... James."
La tête ahurie de Sirius était du plus haut comique.
Comprenant que les différences de leurs deux Univers engendreraient nombre de quiproquos, Albus pria l'ancien Gryffondor de leur parler de son Monde.
"Je ne sais même pas par où commencer, avoua Sirius.
- Débutez par l'instant où vous avez rencontré James, et puis Severus.
- C'était le même jour. Mère m'avait emmené sur le Chemin de Traverse, pour acheter mes fournitures et ma baguette. Notre route a croisé celle des Potter et bien que nos familles soient des adversaires politiques, j'ai accroché tout de suite avec James. Ma mère n'en était guère heureuse, mais elle ne m'a pas interdit de le fréquenter. A partir de cette seconde, nous sommes devenus comme des frères, et le Destin a agrandi cette fratrie de cœur peu après, par l'intermédiaire d'un criminel : Fenrir Greyback.
- Ce maudit Loup-Garou !
- Oui. Il était à la recherche d'un garçon qu'il avait mordu plusieurs années auparavant, un certain Lubin.
- Remus Lupin.
- Possible. Quoi qu'il en soit Greyback le recherchait pour lui faire la peau, le père du garçon s'obstinant à perturber ses plans. Et quoi de mieux pour une attaque que le moment des courses d'avant-rentrée ? Le gamin venait de lui-même dans son piège.
Des cris nous ont alertés et, bien entendu, nous avons foncé : Greyback avait attrapé le jeune Lupin et il n'y avait plus d'espoir pour lui. Mais cela, nous ne l'avons pas vu, nous avons chargé...
- Sev aurait dit que vous étiez deux idiots finis.
- C'est ce qu'il a dit plus tard. Sur le moment nous avons seulement senti que quelqu'un nous poussait hors d'atteinte du monstre criminel. Severus Snape Prince nous avait sauvé la vie.
- Prince ?
- Oui, la famille de sa mère l'avait reconnu comme son héritier."
Sirius prit une longue inspiration douloureuse.
"A partir de ce jour, poursuivit-il, l'on ne voyait plus l'un d'entre nous sans les deux autres. Même l'arrivée de Lily dans nos vies n'a pas changé cela. Severus en est tombé fou amoureux au premier regard, et tout Poudlard pensait qu'ils se marieraient dans le futur.
- Ils ne l'ont pas fait ?
- Ils n'en ont pas eu le temps. Et... et c'est James qui les a trouvés."
Sirius éclata en sanglots.
"Ce connard de Malfoy ! Il... il voulait que Severus l'aide avec ses dons en Arithmancie pour une... une de ses sales combines. Et Sev a refusé.
- Sirius, nous pouvons arrêter là, si vous...
- Non ! Je vais continuer.
James ne s'est pas remis de la mort de ses amis, d'autant plus que...
- Que quoi ? fit doucement Minerva.
- Il s'était rendu compte qu'il était tombé amoureux, mais il ne voulait pas briser leur couple. Et moi, ce jour-là, je l'avais poussé à aller avouer ses sentiments.
- Merlin !
- Depuis, James... cela fait vingt ans qu'il survit. On ne peut pas appeler cela vivre.
- Ici aussi il aimait beaucoup ma mère," murmura Harry.
Sirius écarquilla les yeux.
"Pour le James de mon Monde tu as faux, jeune homme, ce n'est pas de Lily qu'il était amoureux,
mais de Severus."
...
