Bonjour,

Je veux remercier les personnes qui ont commenté mon premier chapitre : Stéphanie (je constate que tu lis vraiment toutes mes histoires et tu prends même la peine de commenter chaque chapitre…je ne sais pas si je te l'avais déjà dit, mais on a le même prénom ), Monirosez, Loupdu77 et Mlle Spock (tu es toujours très gentille dans tes commentaires).

Pour ce chapitre, il y aura mention de consommation de drogue (mention seulement, pas prise de drogues).

Chapitre 2 : Le jeu commence

Le taxi s'arrêta devant le 221B, Barker Street. Sherlock ne laissa pas la chance au chauffeur de taxi de lui dire le montant de la course, qu'il jeta sur le siège du passager un billet de 20 £ en lui disant de garder la monnaie. Molly fit un petit sourire timide au chauffeur et s'apprêtait à s'excuser de la conduite impolie de Sherlock lorsqu'elle fut tirée sans ménagement par celui-ci hors du taxi et claqua la porte. Il ne lui lâcha pas le bras pour autant et ils entrèrent dans l'appartement.

Sherlock déposa sur la table de la cuisine l'enveloppe. Il prit son temps pour l'observer sans pour autant la toucher. Son esprit emmagasinait le plus d'indices possible. L'enveloppe était commune, typique lors d'envoi outre-mer, on pouvait s'en procurer n'importe où. On avait écrit « Molly » en lettres capitales avec un marqueur indélébile de couleur noir. La personne qui avait écrit le nom était gauchère, car on constatait que l'encre avait été légèrement effacée à cause du frottement de la main en écrivant. Il prit sa loupe et de la poudre afin de trouver des empreintes digitales, malheureusement, il ne trouva rien du tout. L'enveloppe avait été soigneusement nettoyée, ce qui suggérait une personne extrêmement prudente ou qu'elle était fichée dans les registres de la police et qu'elle ne voulait surtout pas qu'on remonte jusqu'à elle. Sherlock pencha pour la deuxième option. Pendant tout le temps de son observation, Molly ne pouvait s'empêcher de le regarder fascinée. Elle avait toujours aimé voir Sherlock en action.

« Molly, tu me regardes et ça me distrait. Va donc dans ma chambre et ouvre le premier tiroir de gauche de ma commode, tu y trouveras les outils dont j'ai besoin. »

« Quelle porte? » Sherlock ne lui répondit pas, trop occupé à analyser les faits recueillis sur l'extérieur de l'enveloppe. Molly leva les yeux et partit à la recherche de sa chambre. Elle ouvrit la première porte à sa gauche et tomba directement sur sa chambre. Elle rougit en regardant le lit défait. Elle se rabroua intérieurement. « Ne pas penser à Sherlock dans ce lit, ne pas penser à Sherlock dans ce lit. Ne pas penser à elle et Sherlock dans ce lit.» Malgré elle, une image très claire se forma dans sa tête, elle gémit et ferma les yeux. Elle se concentra sur la demande de Sherlock et ouvrit le tiroir de gauche. Le tiroir était au maximum de sa capacité d'objets de toutes sortes. Elle repéra un petit sac en cuir brun dans une cavité et l'ouvrit. Ce n'était pas les outils, mais un petit contenant presque plein d'un liquide transparent avec des aiguilles hypodermiques. Inquiète, elle inspecta le contenant et l'ouvrit. Elle sut immédiatement que c'était de la drogue sans penser ce que dirait Sherlock, elle prit le contenant et le mit dans sa poche de jean. Sherlock lui cria de se dépêcher, ce qui la fit sursauter. Elle remit le sac en place et repéra dans le fond ses outils, referma le tiroir et couru le rejoindre. Sherlock la regarda avec mauvaise humeur.

« Pourquoi as-tu été si longue? J'ai calculé qu'il aurait dû te prendre moins de 1 min 30 s pour m'amener mes outils et non 3 minutes. »

« 1 min 30 s, pour une personne qui sait où les chercher. Mon temps est tout à fait acceptable, car c'était la première fois que j'allais dans ta chambre à coucher. » Molly espérait qu'il ne chercherait pas à creuser davantage. Il la dévisagea un instant et puis son attention revient à l'enveloppe au grand soulagement de Molly.

« Va faire chauffer de l'eau Molly. », dit finalement Sherlock sans la regarder.

« Je ne suis pas ta servante, si tu veux du café, tu peux aller le faire toi-même! »

« Molly… je veux que tu mettes en fonction la bouilloire afin d'avoir de la vapeur pour décoller l'enveloppe. » Elle piqua un fard et partit dans la cuisine de Sherlock sans oser le regarder. Trop gênée par son mouvement d'humeur, elle resta plantée au milieu de la cuisine, elle ne voulait surtout pas retourner dans la salle à manger. Il vient la rejoindre quelques minutes plus tard en tenant l'enveloppe d'une main et une pince de l'autre. L'enveloppe se décacheta sans problème. Molly le suivit dans la salle à manger et il déposa l'enveloppe délicatement sur la table. Avec sa pince, il étira l'ouverture et fit glisser le contenu sur la table. On y retrouvera, une carte de Londres datant de 50 ans, un crayon rouge, de la monnaie et un magnifique soutien-gorge corset rose. Perplexe, Sherlock prit sa pince et le souleva dans les airs. Il se demandait pourquoi un sous-vêtement de femme s'y retrouvait. Il eut sa réponse lorsqu'il regarda Molly, elle était gênée.

« C'est ton sous-vêtement? Pas besoin de répondre, je sais que c'est à toi. Il semble neuf. L'as-tu déjà porté? » Sherlock n'était pas étonné par la frivolité de ce sous-vêtement, même si ça cadrait mal avec la femme un peu mal fagotée en face de lui, il avait, lors d'un jour d'ennui, fouillé dans ses tiroirs et trouvé plusieurs vêtements assez affriolants.

« J'aime les beaux sous-vêtements », répondant à la question muette de Sherlock, « mais non, je ne l'ai jamais porté, seulement lavé. Un achat impulsif dans une boutique sexy, il y a quelques jours. »

« Bon, nous irons ensemble faire un tour dans cette boutique un peu plus tard. En ce qui concerne la carte, le crayon rouge et la monnaie, il est évident que cette personne souhaite nous faire aller aux quatre coins de Londres. Je suis certain qu'il communiquera avec toi très bientôt. Mais pourquoi une carte âgée de 50 ans? »

« Il est hors de question que nous allions dans cette boutique ensemble, Sherlock. Il est clairement évident que cette personne l'a dérobé chez moi et qu'il voulait me faire peur. Cette visite est inutile. »

« Molly, je suis le détective consultant, c'est moi qui sais ce qu'il est bon de faire ou non. Pour reprendre ton expression, il est effectivement « clairement évident » que cette personne cherche à te faire peur en insinuant qu'il peut entrer impunément dans ton appartement. Mais nous devons nous assurer que la boutique n'est pas impliquée dans cette histoire. Nous irons donc dans cette boutique. »

« Ce que tu peux être une douleur dans le cul. Je ne tiens pas à aller dans ce genre de boutique avec toi Sherlock. C'est gênant à la fin. »

« Molly, ta pudeur est ridicule, je t'ai déjà vue nue, ce qui est en soi plus gênant qu'entrer dans une boutique vendant des choses sexy avec moi. »

« arrrgghhht, je savais qu'un jour ou l'autre, tu me reviendrais avec ça. C'était un accident, tu es entré dans ma chambre sans frapper et je sortais tout juste de la douche. » Les joues de Molly étaient en feu. « Les gens croiront que nous allons ensemble acheter quelque chose pour…pour…rendre…notre …rel…ation plus... » Molly était incapable de terminer sa phrase tellement, elle se sentait mal à l'aise. Sherlock la regarda sans comprendre et l'instant d'après, il partit d'un grand rire.

« Mais c'est parfait. Je pourrai discrètement observer l'endroit pendant que tu essaies de la lingerie sexy. Ils penseront exactement que tu cherches à me séduire et… ». Sherlock fut interrompu par une Molly en colère.

« Tais-toi pour l'amour de Dieu. C'est bon, je suis d'accord. Mais je t'aurai averti, dans ce genre d'endroit, les vendeurs sont sans-gêne, alors prépare-toi à être questionné sur tes préférences en matière de sous-vêtements féminins…ou sexuelles. »

« Je pense que tu me fais une blague non? » Sherlock était sceptique.

« Tu verras bien. » Sherlock regarda l'heure. Il était trop tard pour visiter la boutique.

« Molly, nous irons demain. Nous retournons à ton appartement, j'ai besoin de l'inspecter, laisse-moi prendre quelques effets et je reviens. »

Lorsqu'elle fut certaine que Sherlock était dans sa chambre, elle enleva de sa poche le petit contenant. Elle éprouvait un léger sentiment de culpabilité, mais pas assez pour ne pas vider le contenu dans le lavabo et jeter le contenant dans la poubelle. Elle entendit les pas de Sherlock et pour faire bonne figure, elle fit mine de s'intéresser aux objets laissés sur la table.

« Molly, tu t'en es débarrassée n'est-ce- pas? »

« De quoi parles-tu, Sherlock? » Molly était nerveuse. Elle savait qu'il savait.

« De ce que tu avais dans ta poche. Ne prends pas la peine de dire le contraire, je le sais. Tu n'avais rien dans ta poche avant d'aller dans ma chambre et lorsque tu es revenu, j'ai remarqué que tu avais une petite bosse dans ta poche de jean. J'ai déduit que tu avais trouvé mon petit sac en cuir. Je savais que si je te quittais quelques instants, tu chercherais à t'en débarrasser. Ne te sens pas mal, je n'ai pas touché à ce contenant depuis des années, je le garde pour me rappeler que même un génie tel que moi peut faire des erreurs. » Molly baissa la tête, mais la releva lorsqu'elle vit les pieds de Sherlock tout près d'elle.

« En fait, je te dis quand même « Merci », je sais que tu avais de bonnes intentions. Je ne suis pas fâché, rassurée?» Il se pencha et l'embrassa sur la joue. Molly ferma les yeux et savoura la proximité de l'homme qu'elle aimait. Il resta plus longtemps que nécessaire les lèvres pressées sur sa joue, car Sherlock ne pouvait s'empêcher de respirer l'odeur de Molly, son odeur avait le pouvoir d'affoler son pouls. À regret, il se détacha d'elle. Aucun des deux n'osa briser le silence et après avoir ramassé l'enveloppe et son contenu, ils quittèrent l'appartement de Baker Street pour celui de Molly.

Tout semblait normal dans l'appartement de Molly. Sherlock fit le tour minutieusement et ne trouva rien de particulier.

« J'en conclus que cette personne a utilisé ton double que tu caches si maladroitement dans la petite cavité de la statue à l'entrée. Je t'ai déjà dit que tu étais imprudente, nous sommes à Londres, pas à la campagne. »

« Pas de leçon de morale, SVP. »

« C'est bon, nous irons changer la serrure demain. Il doit avoir fait un double. Pour ce soir, la chaîne intérieure fera l'affaire. Le problème existe seulement lorsque nous quittons l'appartement. Je serais tenté de t'amener à Baker Street, mais il faut jouer le jeu de cet homme, pour le moment. Je resterai donc avec toi ici et dans ta chambre. Félicitations Molly, nous sommes officiellement fiancés! »

« Quoi? Euh…ça non alors!»

« Pour l'enquête Molly, afin pas pour la personne qui t'en veut, mais pour les autres. Ils trouveront étrange que je partage ton appartement, et ce, sans être ton fiancé. Je tiens à ta réputation.

« Seigneur Sherlock, nous sommes au 21e siècle. Beaucoup de personnes couchent et restent avec d'autres sans pour autant sortir avec ou être mariées. Je ne crois pas que tu doives pousser le jeu jusqu'à ce niveau. Ma réputation n'en souffrira pas. Personne ne croira que le grand Sherlock Holmes a une aventure avec la timide Molly. Mon honneur est sauf. » Molly faisait de l'autodérision.

« Non, ma décision est prise. Je ne tiens vraiment pas à ce que certaines gens te jugent. »

« Et que penseront les gens lorsque cette enquête sera terminée, Sherlock? Probablement que je me suis faite encore utiliser par Sherlock Holmes. »

« Je te laisserai me quitter. »

« Personne ne le croira. »

« Peu importe, je tiens à ce qu'il en soit ainsi. Je ne peux pas habiter avec toi aux yeux de tous sans l'officialiser. »

« Alors, fais comme à ton habitude, reste discret et personne ne le sera. »

« En restant avec toi 24 h sur 24 h. Tu sais que c'est impossible. Pourquoi rechignes-tu à être ma fiancée, je suis plutôt attrayant et je sais que tu es attirée par moi. Tom était la preuve flagrante non? »

« Ne mêle pas Tom dans cette histoire. Ils sont des milliers d'hommes à s'habiller comme toi, je ne suis pas attirée par tous ces hommes. Ta déduction est sans fondement. » Molly était sur une pente descendante et ne savait pas comment faire pour remonter.

« Je n'insulterai pas ton intelligence avec ma déduction sur Tom et toi. Donc, je te demande d'être ma fiancée pour le temps de cette enquête. Rien ne changera entre nous, peut-être devrons-nous nous embrasser légèrement sur les lèvres quelquefois, mais je peux le gérer facilement. Et je me sentirais mieux vis-à-vis ta réputation. »

« Et bien, merci Milord. Mais je refuse toujours votre aimable proposition. » Dit Molly sarcastique.

« Molly, je me sentirais vraiment mal, j'ai été élevé en gentleman par ma mère et je tiens vraiment à ne pas lui donner l'impression que j'agis à l'encontre des fondements qu'elle m'a inculqués. » Molly était surprise que Sherlock Holmes se soucie de ce que sa mère pouvait penser alors contre mauvaise fortune bon cœur, elle accepta.

« Très bien. Très bien. » Sherlock prit un air satisfait. Il avait gagné. Son téléphone vibra et le numéro affiché était privé. Il regarda Molly et répondit. Effectivement, c'était bien le tueur.