Coucou tout le monde ! Ici Inn0centChiild, présente pour un nouveau chapitre ^^ merci à Chance, qui a laissé m'a laissé une gentille review, et à tous ceux qui ont lu et m'ont communiqué leurs appréciations orales.
Je vous laisse maintenant apprécier le chapitre suivant. En espérant qu'il vous plaise )
Bonne lecture ! Et gare au Purple Man…
PS : petit anachronisme, dans le chapitre précédent… sachant que l'histoire se situe avant la morsure de 87, les DVDs qu'évoque Jenna n'existent pas encore… my bad.
Ce n'est pas sa faute
On avait repris « conscience », si je puis dire, sur le sol de la réserve. Vincent n'était plus là. Nos corps non plus. Pendant un instant, j'ai cru qu'il ne nous avait pas tués, en fin de compte. Qu'il n'était pas si mauvais.
Mais l'absence de sensation de douleur ou de froid, mon absence de souffle, l'absence de contact quand mes mains touchèrent mon visage… ma situation ne laissait aucun doute. Et celle de mes amis non plus.
On s'entre regarda, nos yeux encore trempés de larmes. Nous portions tous la trace de nos meurtres : Alicia, entre ses frères, avait le cou tordu. Au moins sa tête était dans le bon sens. Cecil et Ethan partageaient une marque de coup sur la tempe, une trainée de sang séché s'en dégageant. Le cou de Lionel était tordu, également, sa tête penchait toujours de côté. Quant à moi, j'imagine que je devais aborder la marque des mains de Vincent.
Vincent… Ses yeux mauves emplis de sadisme. Son sourire de jouissance. Pourquoi ? Il paraissait gentil… Il était chargé de veiller sur nous…
Ma tête tomba. J'aurais pleuré, si seulement j'avais pu. Mais je n'avais aucun moyen d'exprimer ma tristesse, ni de l'amoindrir. Cela me rendit encore plus triste. Mon cœur ne battait plus, mais il était si lourd…
« Mais… pourquoi ? On ne lui avait rien fait… on voulait juste s'amuser, on ne faisait rien de mal… »
Lionel posa sa main spectrale sur mon épaule, tentant de me réconforter.
« Papa dit souvent qu'il y a des fous partout... »
Je pensais à Lilyana, à maman. Elles m'avaient dit la même chose. Je m'étais moquée, pensant que c'était des histoires pour faire peur aux enfants. Mais quand bien même j'avais tenu compte de leur paroles, je n'aurais jamais pensé à me méfier d'une personne chargée de protéger les autres.
Ethan nous fit un signe. La porte, auparavant fermée, était grande ouverte maintenant.
« Venez… j'ai pas envie de rester ici… »
Vincent avait dû nettoyer la pièce, il n'y avait plus de sang nulle part, de même que nos corps étaient absents. Je me demandais vaguement ce qu'il en avait fait. Et combien de temps nous avions mis pour revenir à nous.
Ensemble, nous sortîmes de la pièce pour retourner dans la salle principale du restaurant. Le soleil s'était couché depuis longtemps, et pourtant il y régnait une véritable foire : il y avait plein de policiers partout. Des voitures de police également, avec leurs gyrophares allumés. Une foule de gens se trouvait sur la parking du restaurant. Et à l'intérieur, je vis…
« Maman ! Lily ! »
Maman était là. Elle était blanche, comme si elle était malade. Lily avait les larmes aux yeux. Elles parlaient à une policière, qui prenait note de tout ce qu'elles disaient. Papa était là aussi, l'air aussi inquiet que maman.
Les autres avaient aussi reconnus leurs parents. Alicia tenta d'attraper le bar de la chemise de son père, mais sa main passa désespérément au travers. Cecil secouait inutilement sa main devant le visage d'un policier qui interrogeait un des serveurs.
« Maman, je suis là… maman … Lily… Papa… »
Une envie irrépressible de pleurer me vint, sans que mes larmes ne puissent couler. Ma famille était là, mais ne m'entendait pas. Si seulement je pouvais leur dire… Restait-t-il des traces de nos meurtres dans la réserve, un détail que Vincent aurait oublié ? Dans les feuilletons que regarde papa à la télé, une simple goutte de sang peut amener au tueur, parfois même un cheveu.
Vincent, justement, était présent, en train de discuter avec la police. Il avait l'air inquiet, déclarait ne pas nous avoir vu sortir de l'immeuble, mais qu'il y avait tellement d'enfants qu'il n'était pas impossible qu'on ait échappé à sa vigilance. La femme policière à qui il parlait prenait des notes, sans rien soupçonner du mensonge. Ne me dites pas qu'il allait s'en tirer… il fallait prévenir quelqu'un ! Désespérée, je me tournais vers ma mère et ma sœur.
« Maman, c'est Vincent, c'est le gardien… Il nous a entrainés dans la réserve, il nous a enfermé, frappé avec une clef comme utilise papa quand il bricole. C'est Vincent … Allez voir dans la réserve, maman… Lily… »
Lilyana, justement, pivota brusquement. Son regard inquiet se durcit de colère. Son beau visage était déformé par la rage. Elle hurla.
« VOUS ! »
Comme une furie, elle se précipita vers Vincent. L'espoir me vint. Fut-il possible qu'elle m'ait entendu ?
Elle l'attrapa par le col et l'attira violemment contre elle. Vincent fut si surpris qu'il ne tenta même pas de la repousser. Il n'aurait pourtant eu aucun mal à la repousser, étant bien plus grand que ma soeur.
« Espèce de SALAUD ! »
Lily lui assena une gifle, que j'espérais aussi forte que celle que j'avais reçue lorsque Vincent m'avait frappé avec le costume. Elle tenta de lui en donner une deuxième, mais son geste fut arrêté par un des policiers. Cela n'empêcha pas ma sœur de tenter à nouveau de se jeter contre lui. Vincent recula de deux pas, impressionné par la colère de ma sœur.
« Lily ? Lily, tu m'entends ? » Demandais-je. « Lily, montre-moi que tu m'entends ! »
« Enfoiré ! Salaud ! Je vous avais confié ma petite sœur ! Vous deviez veillez sur elle, la surveiller ! COMMENT AVEZ-VOUS PU LA PERDRE DE VUE ?! »
« Doucement… mademoiselle, du calme, ou nous devrons vous faire sortir. »
Mais Lilyana ne se calmait pas. Des larmes plein les yeux, elle continuait de hurler sur Vincent, qui se frottait la joue avec colère. Une chose était sûre, cependant : Lily ne m'entendais pas. Personne ne m'entendait. Ne nous entendais.
Ma mère finit par intervenir. Elle tira violemment ma sœur par le bras, l'éloignant de Vincent et des policiers, qui reprirent son interrogation. J'entendis vaguement qu'ils le questionnaient vis-à-vis des propos de Lilyana. Mais j'étais plus intéressée par la conversation qu'elle entretenait avec maman.
« Laisse cet homme tranquille, Lily. Ce n'est pas le responsable. »
Oh, maman, si tu savais…
« Il EST responsable ! » tempêta ma sœur. « Je lui avais demandé de garder un œil sur elle. S'il l'avait fait, Jenna serait toujours ici ! »
« Silence, maintenant ! » coupa furieusement ma mère.
« Maman, il… »
« Lilyana, c'est à TOI que j'avais confié ta sœur ! TU devais la surveiller, rester avec elle, pas aller voir je-ne-sais-qui ! TU as désobéi, la laissant seule ! S'il y a une responsable, ce n'est pas le gardien, mais toi-même ! »
Lily resta silencieuse, la bouche ouverte, choquée. Non, non, ce n'est pas de sa faute, maman…
« Maintenant, Jenna est quelque part, seule, une petite fille de huit ans ! Elle pourrait tomber sur n'importe qui ! Tout ça parce que mademoiselle ici présente voulait aller voir un garçon ! »
Ces propos me donnèrent froid dans le dos. Cela ressemblait à ce que Vincent avait dit… mais non, Lily n'est pas comme Vincent. Elle ne m'aurait jamais fait de mal. Elle n'aurait jamais fait ça à personne.
« Maman, arrête, ce n'est pas de la faute de Lily ! » criais-je.
Bien sûr, elles n'entendirent pas. Ma mère continuait de déverser sa colère sur ma sœur, qui était de plus en plus blanche et au bord des larmes. Mon père finit par intervenir, demandant à maman de se taire et d'arrêter de s'en prendre à ma sœur, que ça ne me ramènerais pas plus vite.
Une main chaleureuse se posa sur l'épaule de ma mère. Mais ce n'était pas celle de mon père, ni de ma sœur, ni même d'un policier. C'était celle de Vincent, l'air compatissant…
« Ne touche pas à maman ! Laisse-la ! Espèce de monstre ! » hurlais-je.
L'espace d'un instant, il parut se figer, comme s'il m'avait entendu. Un sourire narquois naquit sur ses lèvres, vite remplacé par un air penaud. Raffermissant légèrement sa prise sur l'épaule de ma mère comme pour me narguer, il prit la parole d'un ton doux.
« Madame, ce n'est la faute de personne, et sûrement pas celle de votre fille… après tout, Jenna est petite, elle a pu suivre un groupe d'enfant dehors. Peut-être a-t-elle cru voir sa sœur à l'extérieur ? Ou même vouloir la rejoindre, après tout le café où elle se trouvait n'est pas très loin… Les policiers vont lancer une battue pour tenter de retrouver les enfants. Je suis sûr qu'on la retrouvera. Ne désespérez pas… »
Je bouillais de rage. Derrière sa pseudo-empathie, il rendait Lily encore plus coupable à leurs yeux à tous, les laissant penser que j'aurais voulu la retrouver et que j'aurais été dehors… de colère, je tentais de donner un coup de pied dans le tibia de Vincent, me doutant pourtant que ça ne mènerait à rien. Et pourtant… je vis sa jambe bouger, et lui de la regarder avec surprise. Cecil, pas très loin de moi, nota le phénomène également.
Si seulement, si seulement je pouvais les prévenir ! Écrire, dans le sol, ou n'importe où… un simple « c'est moi », ou quelque-chose pour leur faire comprendre que Vincent était un assassin…
Mon père attira ma mère plus près de lui, tentant de la réconforter. Peu après, un policier vint leur dire qu'une battue se préparait. Vincent ne semblait pas inquiet outre mesure. Il avait dû se préparer… Lily, par contre, était toujours aussi blanche et fixait le sol d'un air vide. Nul doute que les paroles de maman l'avaient blessée.
Vincent l'observais du coin de l'œil. Je vis l'ombre d'un sourire satisfait passer sur son visage. Un sourire malsain. La colère m'envahit à nouveau, alors que je posais ma main spectrale sur le bras de Lilyana.
« Lily… ne sois pas triste… »
Elle dut sentir quelque chose, puisqu'elle sursauta au contact. Puis frotta l'endroit exact où j'avais posé ma main.
Ainsi, Vincent et elle sentaient mon toucher… ou du moins sentaient quelque-chose. Lui se dirigea vers la porte d'entrée, ayant visiblement l'intention de sortir. Cecil retourna près de ses cousins, eux-mêmes auprès de leurs parents inquiets. Alicia tentait vainement de parler à son père, comme je l'avais fait. Ethan fixait Vincent d'un air mauvais, ainsi que le directeur du restaurant, pas très loin de la porte. Lionel posa sa main sur celle de sa mère, qui eut l'air de frissonner.
Je tentais de suivre Vincent jusque dehors, mais une fois près des portes, je me sentis soudain très faible. Je tombais à genoux sur le sol, incapable de tenir debout. Plus j'approchais de la vitre, plus mon état empirais. Bientôt, et malgré mon état de fantôme, je me sentis défaillir. Cela n'échappa pas à Ethan, qui vint aussitôt vers moi mais sembla pris des mêmes symptômes en approchant. Les autres nous rejoignirent vite.
« Qu'est-ce qui se passe ? » murmura Alicia alors qu'elle semblait perdre l'équilibre. « Ma tête tourne… »
« La mienne aussi », se plaignit Lionel. « Je me sens mal… »
« C'est la porte », compris Cecil. « On ne peut pas l'approcher. »
« On ne peut pas sortir du restaurant ?! » paniquais-je. Non ! Je voulais rentrer chez moi ! Je ne voulais pas rester seule ici !
« Je crois qu'on est coincé ici… »
Coincés ! Mais jusque quand ?
Nous dardâmes tous un regard mauvais sur Vincent, qui était en train de fumer dehors. Quelle injustice ! Il nous avait tués, sans raisons, profitant de sa force ! Comment pouvait-il encore respirer, rire, sortir de là alors que nous, les victimes, nous retrouvions enfermés entre les quatre murs qui nous avaient vu mourir ?!
Ethan gronda.
« Je ne sais pas quand… je ne sais pas comment… mais je ferais tout pour qu'il paye ce qu'il a fait ! Si nous devons rester coincés ici, alors lui aussi… »
Les autres acquiescèrent à l'unisson. Moi, je me tournais vers ma famille. Ma mère s'était volontairement placé loin de Lily, que mon père tentait de consoler avec des gestes doux, la prenant dans ses bras, comme quand elle était triste et se confiait à lui. Quant à ma sœur, elle n'avait pas bougé d'un pouce, le bras toujours là où je l'avais touchée. Elle ne réagissait plus à ce qui se passait autour d'elle. Je surpris même maman lui jeter un regard mauvais. Non… non, maman, ne sois pas fâchée sur Lily…
Bientôt, tout le monde partit, le restaurant ferma. Moi et les autres ne purent que regarder nos familles s'en aller, sans pouvoir les suivre. Seul Vincent et le directeur restèrent. Une autre personne arriva ensuite, portant le même uniforme mauve que notre assassin. Tous trois se mirent à parler de la « tragique disparition d'un groupe d'enfants » - nous. Vincent s'écarta du groupe, s'aventurant dans les couloirs. Je le suivis.
Il alla jusqu'aux casiers fermés réservés au personnel. Lorsque Vincent ouvrit le sien, je pus voir un miroir, un sac à dos, une veste. La rage m'envahit à nouveau.
« Je ne te laisserai pas détruire ma sœur, Vincent… »
Il s'immobilisa avec un soupir. Puis lança un regard moqueur au miroir. Non, pas au miroir… à moi. Son reflet me regarda droit dans les yeux.
« Trop tard, jeune demoiselle… »
