Hello ! Je pensais ne faire qu'un OS mais l'inspiration a été là (pour une fois) et je viens de boucler ceci ^^ On en apprend beaucoup sur les Nomades et un peu de détails sur les pensées de Donna.

Je vais essayer de ne pas négliger la fic principale de 'Meeting the Vongola!' mais j'aimerais bien avoir un peu plus de réponses... 5 votes en tout et pour tout dans un poll, ça fait léger. Je ne sais donc pas trop quoi faire, si vous voulez m'éclairer, allez-y :3

En attendant, bonne lecture ;)


Je suis Donna. Ou du moins, c'est ainsi qu'on m'appelle depuis quelques années.

Pour ceux qui ne seraient pas fan d'italien, cela signifie "femme". Lorsque j'ai été renommée, personne n'a eu beaucoup d'inspiration… Pour comprendre mon histoire, il faut prendre en compte trois organismes extra-influents. Les Nomades, la Varia et les Arcobaleno.

Au début de ma vie, j'étais une fille comme les autres. Ensuite, j'ai été initiée. A quelle fin ? Voyager. A travers le temps, l'espace et les dimensions. Pour apporter l'espoir en temps de guerre. Pour régler des conflits. Pour amener la paix. Une fois fait, on repart. C'est ça, un Nomade. Un idiot avec beaucoup de principes et une santé mentale très louche (enfin, ceux que j'ai rencontré en tout cas). Chacun d'entre eux est assigné à une dimension, sauf lorsque c'est un nouvel Initié, à moins d'une autorisation spéciale. Bien sûr, ce ne sont pas des surhumains. Ils viennent tous du monde-cœur, celui où sont créés tous les autres grâce à l'imagination humaine très fertile. Ils sont choisis au hasard par une entité surnommée le Passeur, sans égard pour leur âge ou leur origine. J'ai été élue parmi toutes les filles de 17 ans françaises. Et aujourd'hui encore, je ne sais pas si je dois me réjouir ou en pleurer…

Quand j'ai été initiée, je me suis retrouvée dans une dimension qui ne m'était (mal)heureusement pas inconnue mais je n'ai pas eu le temps d'en profiter tout de suite. J'ai en effet passé un an dans une cuve curative pour reprendre des forces et emmagasiner toute la puissance nécessaire au poste de Nomade. Après ça, j'ai enfin appris où j'étais : en Italie, dans les quartiers privés de la Varia. Pour situer, parlons un peu de la mafia. La dimension en question était dirigée presque entièrement par les différentes famiglia mafieuses. La plus importante d'entre elles était la famille Vongola qui possédait entre autres une unité d'élite utilisée en priorité pour les assassinats : la Varia. Voilà, vous avez compris dans quelle merde je m'étais fourrée ? Bien.

La Varia n'était pas un ramassis d'imbéciles (quoique…), ils avaient eu vent des Nomades et comprenaient leur importance. Ils avaient ainsi hébergé une femme nommée Mina Swan, Nomade chargée du monde bordélique de One Piece, qui devint ma tutrice. Jusque-là, à part devenir le larbin du psychopathe qui leur sert de boss, je n'ai pas eu de problème majeur. Le vrai souci est arrivé pendant un des entraînements avec la supposée tutrice. Alors qu'elle tentait de me rentrer (plus ou moins violemment) dans le crâne les principes des voyages spatio-temporels, j'en ai accidentellement fait un. J'ai donc risqué de me faire fusiller, presque quarante ans plus tôt, au beau milieu d'une baston de la mafia. Oui, moins chanceuse, tu crèves. Très rapidement.

Pour en finir avec mes explications à rallonge, je vais parler des Arcobaleno. Sept hommes et femmes d'élite, allant du médium au scientifique de génie en passant par un maître des arts martiaux. I Prescelti Sette, comme ils disent en italien. Selon les couleurs de l'arc en ciel, ils ont été répartis en sept couleurs puis transformés en bébés maudits, obligés de protéger leurs tétines. A l'époque où j'ai été bloquée, ils étaient encore tous adultes. Parmi eux, deux vont grandement influencer ma vie. D'abord, celle que je vais rapidement considérer comme ma sœur : la chef de la famiglia Giglio Nero, une voyante aux pensées impénétrables mais dotée d'un cœur d'or, Luce. Et puis, un tueur à gages. Le tueur à gages, même, puisque c'est le numéro 1. Appelé Reborn, il est le genre d'homme étrange qui a beaucoup de manies (comme le fait de saluer les autres du mot "Chaos"), de classe et de secrets. Problème ? J'ai été amené à cohabiter avec lui sur une durée de base incompressible d'une année.

Merci, Luce.

L'esprit embrouillé, le corps faible et un mal de crâne me massacrant le cerveau, j'ouvris péniblement les yeux. Il y a une seconde, j'étais avec Mina dans une salle d'entraînement du château de la Varia. Maintenant… eh bien, je me trouvais dans une sorte de hangar où s'entassaient des centaines de containers.

- Je suis où ? me demandais-je à voix haute.

Très bonne question dont la réponse me fut rapidement donnée par une balle sifflant près de mon oreille. Trois de mes cheveux tombèrent. Je me mis à hurler :

- OH, PUTAIN ! C'ETAIT QUOI CA ?!

Une nouvelle rafale me força à courir me planquer derrière un container en espérant ne pas trouver un homme armé. Vu la flopée de jurons italiens (une autre particularité des Nomades est leur faculté à comprendre toutes les langues automatiquement) qui m'accueillit, j'avais mal choisi ma cachette. On me tira brutalement par l'épaule et je me cassais la figure par terre tandis qu'une dizaine de coups de feu retentissait juste derrière moi.

- Qu'est-ce que ?...

Je me pétrifiais en voyant l'homme qui venait de me sauver la vie. Habillé d'un costume de bonne facture, il portait une chemise jaune et un fédora orné d'un ruban de la même couleur qui détonait avec son aura dangereuse. Grand, élancé, il me semblait d'autant plus imposant avec l'arme qu'il tenait à la main. Oh, non, ne me dites pas…

*Erreur du système, veuillez patienter, la reconnexion est en cours*

Après mon petit moment de blanc intérieur, je manquais de péter les plombs. Mais c'était REBORN ! Reborn adulte, en plus ! Bordel, qu'avais-je pu faire dans une vie antérieure pour me foutre dans des situations pareilles ? Dictateur, gourou de secte, serial killer ? Néanmoins, quelque chose me disait que si je ne me faisais pas toute petite dans la minute, je risquais fort de me prendre une balle entre les deux yeux. Prenant plusieurs grandes inspirations le plus silencieusement possible, je me roulais en boule, fermais les yeux et attendis.

Je ne bougeai pas quand la fusillade atteignit son point culminant, je frémis à peine lorsque des corps tombaient à terre, je me mordis la lèvre jusqu'au sang en entendant les coups de grâce qu'infligeaient Reborn aux plus coriaces.

Tremblante de peur, claquant des dents et priant l'ensemble des divinités qui me passaient par la tête, j'aurais tout fait pour que ça s'arrête. Ça ne pouvait être qu'un cauchemar… Non ? Au bout d'un moment de silence total, je crois m'être évanouie. A mon réveil, j'étais allongée dans un lit qui n'était pas le mien. Mon nouveau lieu de torture mentale semblait être une simple chambre destinée au repos car elle était impersonnelle. La tête encore squattée par des éléphants dansant la samba, je mis un certain temps à atterrir, me rendre compte que je ferais mieux de m'habiller et de manger ce qu'il y avait sur mon chevet (un bon déjeuner consistant) puis de sortir voir où j'étais. Je fus aussitôt accostée par un homme blond en costume (encore un ?).

- Ah, mademoiselle Donna, s'écria-t-il en souriant, vous êtes enfin réveillée !

Perplexe, je le regardais de travers, les sourcils froncés, en faisant la grimace.

- Euh…. Ouiiiiiii ?

- Je m'appelle Leandro, se présenta l'inconnu. Je fais partie de la famille Giglio Nero.

Quel… rapport… avec la fusillade ?! Comme le fait que je ne comprenne rien devait être plutôt visible, il choisit de me montrer plutôt que d'essayer de m'expliquer.

- Venez, ordonna le mafieux. Elle est bien plus apte que moi à tout vous raconter.

Elle ? De la famille Giglio Nero ? Si j'avais bien rencontré Reborn, il y avait une chance qu'il parle de Luce… Mais non, ne nous faisons pas d'illusion : je n'avais pas assez d'importance pour que le boss d'une famiglia veuille me voir. Deux minutes plus tard, après avoir tourné dans tous les sens dans ce qui devait être un manoir, nous arrivâmes devant une porte double en bois toute simple. Leandro toqua deux fois, attendit la confirmation d'une voix féminine et nous entrâmes.

J'eus aussitôt envie de m'enfuir en courant.

Trois hommes en costume, sans doute d'autres hommes de la famiglia, se tenaient derrière une femme habillée en blanc et portant un chapeau volumineux. Que ce soit ses habits, le tatouage sous son œil ou ses yeux saphir aussi doux que son sourire, tout en elle criait qu'elle était le boss. Luce. Assise à un bureau submergé de papiers, elle dégustait quelques gâteaux en fixant son interlocuteur. Mon sang se glaça dans mes veines lorsque j'osais enfin tourner la tête vers celui-ci. Il était assis dans un fauteuil en cuir noir, une tasse d'expresso à la main, apparemment calme. Néanmoins, même moi qui n'était qu'une civile pouvait voir les pulsions de meurtre qui se dégageaient de lui. Reborn était furieux et quelque chose me disait que cela avait un rapport avec moi.

- Ah, Donna ! s'écria la jeune femme en se tournant vers moi. Tu es enfin réveillée !

Euh, oui, bien sûr. Sinon, qui lui avait dit mon… pseudo ? surnom ? truc ? Semblant lire dans mes pensées, son sourire s'élargit.

- Je suis Luce, le boss des Giglio Nero. Je t'ai déjà rencontrée.

- … Ah ?

Oui, je sais ce que vous allez dire : premier mot pitoyable dans une conversation avec un inconnu. Mais sur le coup, je suis sûre que vous auriez aussi eu du mal à lui tenir le crachoir !

- Enfin, se rectifia-t-elle, je t'ai vu dormir.

D'accord, c'était déjà plus compréhensible. N'empêche que ça n'expliquait pas le fait qu'elle m'appelle Donna. Ce ne fut que lorsqu'elle plongea son regard dans le mien que je compris. Ah oui, c'est vrai : elle est voyante. Elle avait, probablement, découvert quelque chose à mon sujet. Et m…

- Nous sommes d'accord, monsieur le tueur à gages ? reprit Luce en se retournant vers Reborn.

- … Je vais le faire, mais c'est bien parce que j'ai une dette envers vous.

Il avait parlé d'une voix basse, pas vraiment résignée, plutôt menaçante (surtout pour moi). L'homme au fédora termina son café et jeta un dernier regard pesant à la femme souriante en face de lui quand il se leva.

- Sur ce, salua-t-il, si vous voulez bien m'excuser. J'ai encore quelques affaires à régler…

Personne ne bougea lorsqu'il se dirigea vers la sortie. Apeurée, je m'écartais bien pour le laisser passer. Il ne me regarda même pas. Une fois la porte refermée, j'en aurais presque rit tant la tension était redescendue. Je soupirais de soulagement et, étrangement, cela amusa la boss des Giglio Nero. Qu'est-ce qui pouvait être si drôle ?

- Tu es amusante, Donna.

Elle se leva et marcha jusqu'à moi, son doux sourire étirant toujours ses lèvres. Par contre, je ne sus pas dire pourquoi, mais j'avais l'impression qu'il n'atteignait pas ses yeux.

- Je suis contente d'enfin te rencontrer, déclara-t-elle gentiment. Cela fait des années que j'attends ta visite.

Pardon ?

- Laissez-nous seules, ordonna la mafieuse à ses hommes.

Sans un mot, ils disparurent par la porte du bureau non sans me fixer d'un air qui en disait long sur ce qui m'attendait si jamais je touchais à leur chef. Pas la peine de vous inquiéter, les gars, c'est à peine si je suis capable de tuer une mouche… Une fois fait, Luce soupira et m'invita d'un geste à prendre place dans le fauteuil que venait de quitter Reborn. Méfiante, je m'installais et découvrais une odeur faible mais agréable de parfum pour homme. Sans doute celui du tueur à gages. Je me sentais embarrassée mais pas vraiment effrayée. La femme en face de moi était Luce, après tout, le futur boss des Arcobaleno : l'Arcobaleno du Ciel au cœur généreux et tolérant.

- Comme l'a dit Reborn, commença-t-elle, il a encore plusieurs missions de moindre importance à terminer avant de pouvoir prendre du repos. Pendant ce temps-là, nous allons parler un peu.

Elle laissa un silence, sans doute pour que je prenne la parole puisqu'elle me fixait. Je toussotais avant de parler :

- A quel propos ?

Cette fois, son sourire se fana et je sentis que nous nous apprêtions à entrer dans le vif du sujet. Sa première phrase me glaça.

- Donna, souffla-t-elle, tu es une Nomade. Je le sais bien… Alors, laisse-moi te donner un conseil. Ces quelques années que tu vivras ici, profites-en bien. Malgré mon don, je ne peux me projeter à plus de dix ans dans l'avenir. Je ne peux donc pas dire si tu connaîtras de nouveau le bonheur qui t'attends ici.

Le cœur battant, j'attendis la suite. Elle savait que j'étais une Nomade, problème numéro 1. J'allais rester ici pendant plusieurs années, problème numéro 2. Cela allait probablement mal se finir vu la façon dont Luce en parlait, problème numéro 3. Eh bien, cela fait beaucoup de choses à gérer en même temps…

Pourtant, elle reprit soudain son air joyeux et se leva pour m'entraîner par la main.

- Allez, viens ! s'écria la jeune femme. Tu as toujours les mêmes vêtements depuis que tu es arrivée, il va falloir remédier à ça.

- De qu-

- Allons faire les magasins !

NOOOOOOOON !

Lorsque nous sommes revenues en fin d'après-midi, les hommes de Luce avaient des paquets plein les bras et j'étais fourbue. Apparemment, même si elle portait toujours le même style de vêtements (ou peut-être était-ce justement à cause de ça ?), la voyante adorait faire du shopping. Elle m'avait donc traîné dans toutes sortes de boutiques, de celle de chaussures, aux habits branchés, en passant par de la lingerie fine. L'horreur absolue pour une fille comme moi détestant essayer autant de choses à la suite. Enfin, je pouvais au moins me consoler pour une chose : ce ne serait pas le porte-monnaie de ma mère qui souffrirait cette fois-ci ! A l'inverse, quand la Varia m'avait accueilli, j'avais simplement emprunté des habits dans leur dressing parce que Mammon avait décrété qu'il (elle ?) ne dépenserait pas un centime de plus pour moi à moins que je travaille. Tss…

- C'était sympa, non ? me questionna Luce.

Je fis une sorte de sourire qui devait plutôt ressembler à une grimace mais je ne pus faire mieux tant j'étais éreintée. Une fois de retour au manoir, Leandro (encore lui ?) m'installa dans la chambre où je m'étais réveillée. Après avoir fait de l'ordre dans le bazar acheté (non, Luce, je ne mettrais JAMAIS cette guêpière !), on vint m'apporter à manger.

- Puis-je entrer ? demanda Leandro à travers la porte.

- Allez-y, soufflais-je en me remettant debout.

Le mafieux entra, apportant un plateau repas. Je regardais, sans trop y prêter d'importance, ses cheveux blonds et sa peau pâle. Il me rappelait quelqu'un… Remarquant que je le fixais, il sourit.

- Qu'est-ce qu'il y a, Donna ? me demanda-t-il.

Je rougis aussitôt, embarrassée.

- Ah, je suis désolée, je vous regardais parce que je me disais que vous me rappeliez quelqu'un mais je ne me souviens plus qui.

- Vraiment ?

J'essayais de me reprendre et de lui faire un peu la conversation.

- Oui, je ne sais pas… peut-être un membre de votre famille ?

Il s'esclaffa, déplaçant une petite table et une chaise rangées jusqu'alors afin de me préparer un endroit pour manger.

- Je suis fils unique, précisa l'homme blond.

- Oh… Vous n'avez pas d'enfants, non plus ?

- Non, mais je compte bien en avoir avec Linda, ma fiancée…

- Vraiment ? Félicitations, alors !

Pour une quelconque raison, je sentais que sa réponse n'allait pas me plaire. Prenant une gorgée d'eau, je faillis m'étouffer avec lorsqu'il me dit, tout sourire :

- Oui et si j'ai un garçon, je l'appellerais Gamma !

GAMMA ? Leandro était le père de Gamma ?! Celui-ci me tapota dans le dos, inquiet, mais je repris rapidement mon souffle.

- C'est un beau prénom, chuchotais-je. Pour un homme capable de protéger le boss…

- C'est ce que je pense aussi. A présent, me salua-t-il, je vais vous laissez manger. Bonne nuit, Donna.

- Bonne nuit, Leandro.

Je dégustais un plat de pâtes carbonara devant la grande fenêtre ouvrant sur les jardins avant de me coucher. Etrangement, je m'endormis aussitôt que j'eus posé la tête sur l'oreiller. Le lendemain matin, je fus de nouveau demandée par Luce. Suivant encore et toujours le même mafieux, je la rejoignis dans les jardins pour une petite promenade.

- Je dois te parler de quelque chose d'important, me prévint-elle quand j'arrivais.

- Qu'est-ce que c'est ?

Le petit sourire qu'elle eut à ce moment-là avait l'air d'être doux mais je l'interprétais plutôt comme sadique.

- Ta colocation avec Reborn.

Sur le coup de la surprise, je me cassais la figure en me prenant les pieds dans un caillou.

- PARDON ?! criais-je en relevant la tête.

J'étais vraiment surprise et plutôt terrifiée, aussi, il fallait bien l'avouer. Moi, me mettre en colocation avec Reborn ?! Mais qu'est-ce que c'était encore que ce bordel ?

- En fait, précisa la mafieuse, il a contracté une dette envers moi il y a quelques années.

- Vous n'êtes même pas censés vous être rencontrés pour l'instant, marmonnais-je sombrement.

- Je suis allé le voir parce que j'ai eu une vision te concernant, m'éclaircit-elle. Et je me suis débrouillée pour qu'il me soit redevable.

Ah oui, tiens. Comment le meilleur tueur à gages pouvait-il avoir une dette envers quelqu'un comme Luce ? Celle-ci sembla lire dans mes pensées et la réponse qu'elle eut, toujours souriante, me fit froid dans le dos.

- Si je te le disais, il nous tuerait toutes les deux.

- D'accord, je vais me passer d'explications alors, l'interrompis-je aussitôt. Donc, une colocation ?

- Oui, confirma-t-elle. Vous devrez vivre ensemble pendant une durée incompressible d'un an. Au-delà, sa dette sera effacée.

Je réfléchis pendant quelques secondes à ce qu'elle me dit et dût pâlir parce que Luce se rapprocha de moi, un peu inquiète.

- Quelque chose ne va pas ?

- Et après un an ? gémis-je en repensant aux aventures de Tsuna, élève-esclave de Reborn dans un futur si lointain. Il pourra faire ce qu'il veut et me virer ?

Personnellement, je pensais très fort au mot "tuer". J'avais intérêt à me transformer en souris vite fait ! Occupée à m'inquiéter sur ma durée de vie qui risquait de se réduire drastiquement, je ne remarquais pas l'expression étrange de la voyante. Elle qui savait depuis le début comment toute cette histoire allait se terminer…

Une semaine et demie plus tard, Reborn revenait. J'avais passé beaucoup de temps à parler avec Luce, notamment sur une potentielle utilisation de mes pouvoirs de Nomade. Comme quoi ils apparaîtraient au moment voulu. Bah… Le tueur à gages était dans son habituel costume, le visage fermé mais neutre. Il paraissait déjà de meilleure humeur que la dernière fois (dieu merci) ce qui augmentait mes chances de survie. Un an avec Reborn… J'avais toujours été fan de son personnage mais au point de souhaiter vivre avec lui…

Bon, d'accord, j'avoue : j'y avais pensé. Et alors ? Je n'aurais jamais imaginé que ce serait dans des conditions aussi désastreuses ! Je retins un énième soupir et enlaçais avec force Luce au moment du départ.

- Allons, ne sois pas triste, on se verra souvent, me consola-t-elle. Tu es, tout comme moi, l'incarnation du Ciel : si l'Harmonie n'est pas complète, qu'arrivera-t-il à ceux qui l'entourent ? Tu dois sourire pour moi, Donna.

J'acquiesçais, un peu faible sur mes jambes à l'idée de me retrouver seule avec le légendaire tueur à gages. Je remerciais Leandro d'avoir pris soin de moi pendant mon séjour chez les Giglio Nero avant de monter à reculons dans la voiture noire rutilante. Reborn était au volant, m'observant dans le rétroviseur jusqu'à ce que je mette ma ceinture. Je fis un petit signe de la main à la famiglia lorsqu'on démarra et regardais par la fenêtre pendant le reste du voyage. Lui comme moi n'avions pas envie de faire la conversation…

On mit une bonne heure avant d'arriver à Rome (que je reconnus en passant devant le Colisée…) et une demi-heure pour atteindre un immeuble du centre-ville. Le quartier semblait assez tranquille, malgré son emplacement. Je notais l'emplacement d'une supérette, d'une boulangerie et d'un café. Bien, il y aurait de quoi faire de ce côté-là. Pour les animations, je ne m'inquiétais pas non plus : on était quand même au cœur de la capitale italienne !

Je récupérais la valise dans le coffre et suivit Reborn sans un mot, restant bien à un mètre derrière lui. Nous étions au dernier étage (avec ascenseur, ouf !), le quatrième. L'appartement dont je reçus un double des clés était simple. Pas beaucoup de décorations, aucune photo, seulement un caméléon dans une plante dans l'entrée. Il y avait aussi un antique téléphone (mon portable me manquait affreusement) et des balles posées sur des meubles un peu partout. Dans l'entrée, un mur avait un grand nombre de petits trous sûrement causés par des punaises : je me souvenais clairement du mur couvert de photos des cibles du tueur à gages…

- Voici mon appartement, déclara ce dernier. Suis-moi, je vais te faire visiter.

Il y eut un moment de blanc.

- Gamine, ajouta-t-il en me tournant le dos.

Surprise, j'ouvris la bouche pour la refermer aussitôt. On ne gueulait pas sur le numéro un des tueurs juste parce qu'il appelait gamine une fille presque majeure, on ne gueulait pas, on ne gueulait pas…

- Qu'est-ce que tu fais encore plantée là ? m'interpella la voix grave de l'homme au fédora dans une pièce voisine.

Rougissante, je le suivis enfin, manquant de me prendre un meuble dans ma précipitation. Il me fit rapidement le tour du propriétaire : en tout, une cuisine faisant également office de salle à manger ouvrant sur le salon, des toilettes, une salle de bain, une minuscule chambre (la mienne, bien sûr) et deux pièces interdites. La première devait être sa chambre et l'autre, l'endroit où il avait mis ses photos et ses armes. Et tout ce qui devait avoir trait à la mafia, en fait. Reborn m'indiqua aussi les cachettes (franchement, je croyais que le coup du livre qu'on enlève d'une bibliothèque pour découvrir un passage secret n'existait que dans les films !) à ma disposition si jamais quelque chose de grave devait arriver.

- Voilà, tu es maintenant chez toi pour un an, me dit-il à la fin de la visite.

Et pas un jour de plus, complétait son regard. Je déglutis avant de chercher une idée pour fuir. Voyons…

- Il faut que j'aille ranger mes affaires, prétextais-je.

Je disparus aussi sec, trottant pour échapper aux yeux sombres du tueur. Oh. My. God. Plus jamais ça ! S'il y avait autant de tension en sa présence, mon cœur allait lâcher avant la fin de la colocation ! Cela me prit cinq bonnes minutes pour me calmer, deux autres pour commencer à ranger mes vêtements, une seconde pour comprendre ce que certains faisaient dans ma valise et deux autres pour maudire Luce. J'avais dit "PAS de guêpière" !

Les mois, puis les années, passèrent. Le premier Noël que je passais avec Reborn fut un des plus heureux de ma vie et sans doute le plus inoubliable puisque ce fut-là que démarra notre vie de couple. La manière dont nous unîmes nos corps et nos esprits fut un mélange étrange de tendresse et de passion. Je ne pouvais pas faire de comparaison, néanmoins, j'étais sûre que s'il n'était pas vraiment romantique, il était très attentionné. Cela allait sûrement avec le fait qu'il soit parano à l'extrême… Moi qui n'avais jamais vraiment attiré le regard du sexe opposé me retrouvais en couple avec Reborn adulte : je connaissais certaines pestes m'ayant rabaissé qui se mordraient les doigts si elles savaient !

Néanmoins, tout bonheur a une fin. Fatalement, l'homme au chapeau de fer, Checker Face, vint nous rendre visite lors de notre cinquième année de vie commune. Je ne devais pas retenir mon compagnon et quand bien même j'aurais essayé, je n'aurais probablement pas pu à cause de son insatiable curiosité. La mort dans l'âme, je rendis visite à Luce, comme toutes les deux semaines. Elle m'accueillit à bras ouverts, séchant mes larmes et apaisant ma douleur.

- Luce, reniflais-je après deux heures à sangloter, qu'est-ce que je vais faire ?

Son regard saphir se fit dur et déterminé.

- Tu vas te battre, Donna. Tu vas te battre pour survivre.

La mafieuse me raconte que j'allais mourir très bientôt, abattue par un sniper d'une famiglia ennemie de Reborn qui m'avait repéré. Elle m'expliqua alors ce qu'elle avait imaginé. Un des pouvoirs des Nomades est d'agir sur le temps et l'espace, comme je le faisais avec mon Scudo Celeste qui rejetait tout ce qui arrivait de mauvais à un objet. Selon la voyante, si j'arrivais à créer une dimension, même minuscule, dans la tétine de l'Arcobaleno du Ciel, elle pourrait y sceller mon âme. Je traverserais ainsi le temps sans dommage, même lorsque la tétine se trouverait sur la même ligne temporelle que mon ancienne moi (celle qui venait d'atterrir au QG de la Varia).

- Mais après ? lui demandais-je. Que se passera-t-il ?

A cette question, Luce ne répondit pas. Je me contentais donc de lui faire confiance.

Durant les derniers mois qu'il me restait à vivre, je m'entraînais de plus en plus souvent avec Luce. De moi ou de Reborn, je ne sus pas qui cachait le plus ses activités à ce moment-là. Au bout de deux mois et demi, je réussis à créer un petit bout d'espace-temps. Après encore une bonne centaine d'essais non-concluants, je parvins enfin à faire une toute petite dimension. Grâce à l'aide (moyennant une bonne récompense, bien sûr) de Viper, nous parvînmes à l'enfermer temporairement dans un bracelet. Luce allait le garder avec elle et la magicienne transposerait la dimension dans la tétine. Quant à moi, je tentais tant bien que mal de ne pas paniquer. Je pleurais, très souvent. Et si ça ne fonctionnait pas ?

Je ne voulais pas mourir ! Et Reborn… Je ne voulais pas qu'il devienne un Arcobaleno, destiné à dépérir lentement puis à mourir comme un chien !

C'était ça, ce qui me permettait d'avancer. C'était ça, qui me permis de tenir le coup juste assez longtemps pour mettre le plan à exécution. C'était ça, ma dernière volonté.


- Donna, tu es vraiment sûre d'aller bien ?

Surprise, je regardais mon compagnon. Nous étions tous les deux allongés sur le lit, prêts à dormir. La lumière lunaire passant par un rideau entrouvert me permit de le voir malgré l'obscurité dans la pièce : son visage fermé et ses sourcils froncés en disaient longs sur son inquiétude. J'esquissais un sourire un peu tremblant.

- Ça va, je vais bien, le rassurais-je. C'est juste un petit coup de fatigue…

Cela ne dut pas le convaincre parce que l'instant d'après, il était au-dessus de moi.

- Reborn…

- Ces petits coups de fatigue se multiplient ces derniers temps, déclara-t-il d'une voix tranchante. Il faut absolument que tu te reposes…

Gênée, je détournais les yeux. Je ne pouvais pas lui dire, tout comme lui ne pouvait pas me dire à propos des I Prescelti Sette.

- Je te promets que tout ira bien, chuchota-t-il à mon oreille avant de la mordiller doucement. Je rentrerais sain et sauf, tu vas encore te retenir de pleurer parce que je suis vivant et cette fois, on va prendre de vraies vacances tous les deux. Je-

N'en pouvant plus de ces promesses qu'il ne pourrait pas tenir, je l'embrassais pour le faire taire. Même s'il fut étonné que je prenne l'initiative, il ne protesta pas et nous fûmes bientôt happés dans un tourbillon de sensations. C'était sans doute notre dernière nuit ensemble mais je ne pouvais pas pleurer. Je cachais ma douleur, mes doutes, tous les sentiments contradictoires qui bouillonnaient en moi pour me consacrer une ultime fois à l'homme que j'aimais. Ce fut un amour passionné, lent et tardif. Ce fut un adieu.

Lorsque je me réveillais, le soleil était déjà levé depuis longtemps. Et Reborn était parti, laissant comme à son habitude une rose rouge (ma préférée) sur la table basse du salon pour signaler qu'il était en mission. Pas de mot, pas d'au revoir, rien. Juste l'éternel silence après le Ti amo qu'il avait chuchoté à mon oreille juste avant que je ne m'endorme. Une larme roula sur ma joue tandis que je m'affaissais sur le sol comme une poupée de chiffon. Reborn était parti et ne reviendrait pas…

Quatre jours passèrent. Quatre jours où je passais de l'état de loque à celui de madeleine (bel avancement, pas vrai ?). Un laps de temps très court où la tension monta jusqu'à devenir presque insupportable. Le cinquième jour, je décidais d'aller faire un petit gâteau pour me détendre (oui, quand je stresse, je mange !). Le cinquième jour, j'ai ouvert la fenêtre pour avoir un peu moins chaud. Le cinquième jour, j'ai senti d'un coup comme un léger froid dans mon ventre.

En baissant les yeux, j'ai juste vu une tâche rouge qui s'élargissait sur mon abdomen. Une deuxième balle me frappa dans le dos. J'eus juste le temps de me remémorer le visage de Reborn, l'étreinte de ma mère et le sourire de mon frère. Après, ce fut le noir. Non, même plus le noir. Plus rien.

Et lorsque je me suis réveillée, j'étais seule. Comme dans la cuve mais en plus froid. . Souvent, je me rappelais tout ce qui m'avait amené ici. Dans cette dimension que j'avais créé, scellée par Luce et transférée dans la tétine du Ciel par Viper. Le temps passait de manière aléatoire, si bien que j'aurais pu être enfermée depuis 100 ans que je ne m'en serais pas rendue compte. En fait, j'avais dormi pendant plus de trente ans avant qu'elle n'arrive.

- Tante Donna ? Tu es réveillée ?

J'eus un sourire attendri et fit un grand signe de la main à Uni.

- Par ici !

Un jour, peut-être, Reborn… Un jour, nous sortirons d'ici.


La dernière scène avec Uni n'était pas vraiment prévue (pour ne pas dire pas du tout...) mais je l'ai rajoutée quand même. Ça s'insère bien dans le scénario et puis j'adore cette petite ^^ Les femmes de la famille Giglio Nero et Chrome sont les seules filles que je peux supporter dans KHR... Bref, j'arrête de raconter mon avis sur la série et je vous demande de ne pas être radins avec la pauvre auteur que je sui TT_TT

URGENT ! Comme dis au début, je suis en mal de reviews pour concrétiser la suite de ma fic 'Meeting the Vongola!'. Alors soit j'incorpore ça à ma fic (parce que Reborn m'inspire vachement vu que c'est mon personnage préféré) soit je suis le poll et je flanque Donna avec Xanxus, Squalo ou Bel (sachant que j'ai un scénario présent dans ma tête pour chacun d'eux). Si on ne me répond pas, je choisirais la facilité, à savoir, la première solution...

Review ?

A la prochaine ! ;)