Voyant toute cette agitation a l'hôpital, il eu une réaction digne de sa personnalité. Il observa d'abord quelques secondes les lieux. Visage serré, détournant seulement les yeux vers les causes premières de ce phénomène qui semblait envahir minute par minute le hall. Après une observation précise, il se rendit compte qu'il s'agissait d'un périmètre de sécurité qui semblait s'installer jusqu'à l'ascenseur.

Réalisant finalement l'importance du dispositif, il pensa au pire et se dirigea brusquement vers le bureau de Cuddy. Une fois devant les portes il s'aperçut qu'elle était bien la, assise derrière son ordinateur et feuilletant rapidement des tonnes papiers disposés devant elle.

Il poussa les portes et entra doucement. Il s'assit devant elle.

House : C'est quoi ce bordel dans le hall ?

Cuddy : …Un énorme problème qu'il va falloir régler rapidement ! Et ca tombe bien que tu sois la, parce que c'est a toi de le résoudre. Tu as 24h pour trouver ce qu'a Kevin Brahms.

House : Pourquoi 24h ?

Cuddy : Parce que dans 24h il faut qu'il soit jugé au tribunal pour le meurtre de 8 femmes. C'est un tueur en série.

Un long silence s'installa. House observa le regard de Cuddy qui semblait être pressée d'évacuer ce tueur de son hôpital et qui comptait bien sur le talent de diagnosticien de son amant pour la sortir de la. De son coté House afficha un petit sourire.

House : …Cool…Je le prends !

Cuddy : De toute façon tu n'avais pas le choix !

House : Je sais, mais j'aime bien faire comme si j'étais maitre de la situation. Laisse-moi un peu diriger ma vie, déjà qu'au lit c'est toi qui prends toutes les initiatives ! Une vraie tigresse celle-là !

Cuddy sourit, tout en observant House quitter son bureau, les dossiers a la main. Au dernier moment il passa la tête par la porte.

House : Au fait, si j'étais toi j'éviterais les décolletés, au moins pour les prochaines 24h… !

S'échappant de l'encolure de la porte, il laissa Cuddy seule, maintenant perplexe sur la conduite qu'elle devait tenir pendant qu'un serial killer dormait tranquillement dans son hôpital…

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Arrivé a quelques mètres de son bureau il remarqua en passant devant les baies vitrées, que ses collaborateurs étaient déjà installés, prêt a résoudre ce nouveau cas. Tout l'hôpital avait été retourné pour assurer le maximum de sécurité, et tout le monde savait pertinemment que ce nouveau cas très intéressant allait être refilé au célèbre diagnosticien, le Dr House. Ils étaient donc tous sur le qui-vive, attendant patiemment qu'il fasse son entrée dans le bureau.

Au moment d'ouvrir la porte, il fut interpellé par un homme en costume noir. Rien qu'à sa coupe de cheveux et au prix de son costume, il savait qu'il s'agissait d'un gros bonnet du FBI. Le bras en l'air comme pour appeler un taxi dans le couloir, House se demanda si cet homme s'adressait bien a lui avec une telle attitude. Regardant derrière lui, il s'aperçut qu'il était seul, c'était donc bien a lui qu'il voulait parler. Le plus embêtant avec les personnes importantes, c'est qu'elles le savent, et qu'elles ne manquent pas une occasion de vous le rappeler.

FBI : Dr House ?

House : Je crois oui, enfin a ce qu'en dit mon état civil…

FBI : Je suis l'agent James Aaron, en charge de la protection de Kevin Brahms.

House : Vous êtes en charge de la protection d'un serial killer ? C'est pas mal ca…faut que je m'en souvienne pour mon prochain bouquin !

Aaron : Assurer sa protection c'est aussi s'assurer qu'il sera bien jugé après demain devant la cour suprême.

House : Oui je suis sur que toutes ces femmes assassinées vous remercie infiniment pour votre dévotion…

Aaron : …Je viens vous voir pour vous prévenir que vous n'avez que très peu de temps pour le soigner et nous le rendre. Et aussi pour vous prévenir que tous les examens que vous feraient seront sous ma surveillance personnelle.

House : Vous avez peur que je l'aide a s'échapper avec un scalpel ?

Aaron : Non, bien sur que non, j'ai surtout peur qu'il vous tue.

Ce James Aaron avait l'air sérieux et ca ne rassura pas House qui tentait tant bien que mal de faire face a l'assurance dont s'arguait l'agent spécial du FBI. Le gorille détourna les talons et se dirigea vers la chambre du suspect, pendant que House rentra calmement dans son bureau-conférence, désormais un peu moins sur de lui qu'a son arrivée.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

House : Bonjour tout le monde, bonjour tout le monde. Dites-moi, est-ce que vous saviez que le chef urgentiste sortait avec l'interne du…

Foreman : …Est-ce qu'on a le cas ?

House secoua la tête. Oui, Foreman venait bien de l'interrompre pendant qu'il racontait une rumeur croustillante sur le chef urgentiste, qui au passage, sortait avec l'interne bisexuelle du 6eme.

House : Mes histoires vous intéresse pas ?

Taub : Tout l'hôpital est sans-dessus-dessous a cause du serial killer. Donc on s'occupe de lui ou pas ?

House déposa sa veste et son sac a dos, avant d'enchainer avec la bonne nouvelle du moment.

House : Oui, nous l'avons ! Maman Cuddy m'a refilé le dossier. Vous avez donc 24h pour trouver ce qu'il a. Au boulot les enfants ! Donc, c'est partit j'attends vos réponses.

House se dirigea vers son tableau blanc, un marqueur a la main. Cameron qui avait fait son grand retour il y a quelques semaines, commença son diagnostique…très personnel.

Cameron : Est-ce qu'on doit vraiment sauver un serial killer d'une maladie inconnue ?

House : Pourquoi, vous préféreriez qu'on le sauve d'une maladie connue ? Ce serait

beaucoup moins marrant…

Foreman : Je suis assez d'accord, c'est plutôt contradictoire. On le sauve mais il va surement être exécuté.

House : Et du coup vous pensez qu'on se fatigue pour rien ? Vous êtes surs d'être médecins ?

Taub : Moi ca m'intéresse. Alors avec les premiers tests effectués, on …

House : Les premiers tests ? Vous en avez déjà fait ?

Taub : Non, ce sont ceux fait par le médecin du pénitencier. Donc d'après les premiers tests effectués, on remarque que le patient a un taux de T3 et T4 élevés. Il a un rythme cardiaque très élevé et irrégulier, et des troubles psychologiques.

Cameron : Evidemment qu'il a des troubles psychologiques, il a tué sept femmes !

House : Nope.

Foreman : Quoi ? Vous pensez que ca n'a rien a voir ?

House : J'en sais rien, peut-être.

Cameron : Alors pourquoi vous avez dit « non » ?

House : Parce qu'il a tué 8 femmes, pas sept.

Taub : Il a aussi un affaiblissement de l'organisme, et une fatigue physique.

House : Donc T4 et T3 élevés, asthénie sévère, tachycardie. Très bien, donc faites des tests sanguins en plus, je veux savoir où en sont ses TSH et voyez si il y a quelque chose d'anormal dans son cerveau. Enfin je veux dire, a part le fait de tuer et de torturer des femmes bien sur…

House déposa son marqueur sur la table en verre, tout en distribuant les dossiers supplémentaires fournis par Cuddy. Lorsque Cameron s'approcha pour saisir le dossier, elle remarqua une tache rosée sur la bouche de House.

Cameron : C'est…c'est une marque de rouge a lèvres ca ?

Confronté a l'observation coriace de Cameron, House devait trouver quelque chose a répondre.

Effectivement, sa relation avec Cuddy demeurait toujours secrète dans l'enceinte de l'hôpital. C'était plus simple professionnellement pour Cuddy, qui tenait énormément a sa réputation respectable de doyenne. Annoncer au personnel, qu'elle avait quitté un homme pour se mettre avec un salaud de première ne serait sans doute pas très bien vu. De plus House s'en fichait, on ne peut pas dire qu'il s'inquiétait énormément de sa réputation, et ne pensait pas non plus que Cuddy pouvait avoir honte de lui. Tout ce qui comptait pour lui c'était d'être avec elle, le reste importait peu. Quant a Wilson, il avait été mis au courant très tôt évidemment. Comment ne pas lui avouer, a lui, l'agence matrimoniale de Princeton, que ce qu'il avait tenté de faire depuis des années s'était enfin réalisé ?

Face a la mine inquisitrice de son employée, House n'avait plus que quelques secondes pour lui sortir le plus gros mensonge qui lui passerait par la tête.

House : C'est a cause de Wilson, on a été recalé hier soir d'un bar de travestis, du coup on s'est amusé tout les deux…si vous voyez ce que je dire !

Il lui afficha une tête comme si il venait de lui confier le code de la bombe atomique, et observa le visage de Cameron. Un roulement des yeux plus tard et elle avait fichu le camp. Plus le mensonge est gros et plus les gens y croient…ou bien laissent tomber parce qu'ils savent que vous ne direz jamais la vérité. En l'occurrence, la seconde option semblait la plus probable face a cette situation.

A présent seul dans le bureau-conférence, il s'avança vers son bureau personnel pour feuilleter internet quelques instants. Le passé criminel de ce serial killer était tout aussi intéressant que ce cas médical finalement. Huit meurtres de femmes, séquestrations, profil turbulent et agressif. Type féminin : femmes mures, quarantaine d'années, brune.

Finalement, ce gorille de James Aaron avait intérêt a bien faire son boulot…