Cette partie contient une scène explicite ! Afin de ne pas gêner la lecture, je ne l'indiquerais que par des « /!\ ».
– Edwards, réussis-je à articuler, tu es un Raffit ?
Il acquiesce et je fond en larmes. Il me prend dans ses bras, sans comprendre la raison de ma peine. Je tente de lui expliquer d'une voix entre-coupée de sanglots.
– Riff est ... il était ... mon majordome ... Il ... Il n'est plus là maintenant ... à cause de moi ! Il a voulu ... me protéger ... Et mon père ... Alexis ... l'avait déjà condamner ... Il est mort ... sous mes yeux ... en me serrant contre ... lui ...
Je m'accroche désespérément à ses vêtements et pleure de plus belles.
– Je n'ai pas pus ... lui dire combien je ... combien je l'aime ... Je n'ai pas sus ... le protéger ... Riff ... oh RIFF !
Edwards ressert ses bras autour de moi et met sa tête dans mon cou, fermant les yeux. Je sens alors ses propres larmes couler dans mon cou, pendant que les miennes trempent sa chemise.
– Pardon ! m'écris-je. Je n'ai pas sus ... Je n'ai pas réussi ... à le protéger contre mon père ... Pourtant il m'avait dit ... il m'avait promit ...
Et mes sanglots redoublèrent d'intensité. Edwards relève doucement ma tête et me force à le regarder dans les yeux. Ses larmes ne coulent plus, les miennes s'amplifient.
– Ne penses pas une seconde que c'est ta faute, Cain. Tu l'as rendu heureux, et je t'en remercie. Quand je l'ai revu il y a deux ans ... je l'ai vu sourire pour la première fois depuis des années ! Jamais il ne m'avait sourit d'une telle manière auparavant. Jamais je ne l'avais vu si heureux, si serein ... Et c'est grâce à toi. Alors ne te reproches pas sa mort. Il a voulu te protéger ... et il a réussit, tu es vivant. Les morts n'ont pas mal, ils ne saignent pas, ils ne pleurent pas ...
Je souris à travers mes larmes. Je ne veux pas vivre. Je ne veux pas rester sur cette terre, où Riff n'est plus.
Edwards semble savoir à quoi je pense, car il m'attrape par les épaules.
– Cain ne penses pas à mourir ! Je ne veux pas que tu meures ! Je ...
Il me sert encore une fois dans ses bras et baisse la voix, ne laissant qu'un murmure s'échapper de ses lèvres.
– ... Je crois que t'aime, Cain ...
J'écarquille les yeux. Est-ce que j'ai bien entendu ?
– De là-haut mon cousin m'en voudra sûrement de te le dire, mais j'ai trop peur que tu t'en ailles. Je ne veux pas que tu meures. Mon cousin n'a pas eut le temps de te dire ce qu'il ressentait, mais laisses-moi t'aimer à sa place, je t'en supplies, Cain ! Même si ce n'est pas moi que tu aimes, même si à travers moi tu vois Riffel, même si je te le rappelle un tout petit peu ... Laisse-moi t'aimer et rester avec toi !
Je n'ose rien dire, je ne sais pas. Moi qui étais si confiant autrefois ... Où est passé mon assurance dont j'étais si fière ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. J'ai oublié.
Devant mon manque de réaction, Edwards pose délicatement ses lèvres sur les miennes, et involontairement son image se superpose à celle de Riff. Je ne peux alors que lui répondre. J'entrouvre les lèvres et nos langues commencent une danse timide. Mettant fin au baiser, Edwards se redresse et me sourit, heureux.
– Merci Cain ... Merci ...
Je ne réponds rien et m'endors, la tête posée dans son cou. Je ne peux pas encore mourir, car quelqu'un a besoin de moi. Edwards m'a dit qu'il m'aimait, et j'ai lu dans ses yeux qu'il était sincère. Il a besoin de moi, et moi j'ai besoin de me raccrocher à quelqu'un. Je me remémore ses paroles et plonge dans les rêves ...
Au matin, alors qu'il me croit encore endormit, je le sens se lever et j'entends la porte se refermer, puis des cris s'élever du couloir. Je me redresse sur les coudes, lorsque la douleur de mes avants-bras me rappellent que ça ne fait que trois jours que j'ai repris conscience. Mes plaies sont à peine cicatrisées ... Je me lève et m'habille, avant d'entre-ouvrir légèrement la prote pour voir ce qui met Edwards dans cet état.
– CE N'EST PAS UNE RAISON ! hurle-t-il. Je ne me plierais pas à ce chantage ! Cain restera quoi que tu fasses !
– Eh bien Edwards, répond alors une voix ironique. Je me demande ce que dira la directrice en apprenant qu'un des internes a des sentiments punis par Dieu, envers un jeune homme !
Je vois Edwards pâlir.
– Ce n'est pas ...
J'ouvre la porte en grand et Edwards sursaute.
– Cain ! Tu es levé !
J'acquiesce et souris, avant de me tourner vers le jeune homme en face, lequel m'observe minutieusement.
– Tu es le fils de Augusta Hargreaves, n'est-ce pas ?
Mes yeux s'agrandissent sous la surprise. Il connaît ma tante, ma mère ?
– Edwards, est-ce que tu pourrais rentrer s'il te plaît ? J'aimerais parler avec cet homme ...
Il n'insiste pas et s'exécute. Je me retourne vers l'homme en face de moi.
– Vous faites partis de Délilah ?
– Non, mais je connaissais votre mère ... ainsi que son frère, Alexis. Votre père, semblerait-il ?
Je ne réponds pas. Qui est-il pour savoir ça ?
– Je suis un ancien ami d'Alexis. Mais comme beaucoup de personnes il m'a trahit. J'ai refusé son invitation à entrer au sein de Délilah, et j'en ai payé le prix.
– Qu'est-ce que vous voulez ? demande-je, agressif. Vous venger sur son fils ? Pour votre information, Alexis est mort il y a trois jours, de ma propre main.
Il sursaute, surprit, puis sourit avec malice.
– Voilà qui me plaît bien, dit-il. Bon, je laisserais donc Edwards tranquille ...
Il se retourne et s'apprête à partir.
– Au fait, toutes mes condoléances pour Mr. Riffel.
Et il s'en va. Je rentre dans la chambre et soupire.
– C'est arrangé, Edwa ...
Mais je n'ai pas le temps de finir que des lèvres s'emparent des miennes, me coupant la parole. Je n'ose pas le repousser, mais au bout d'un moment je commence à manquer d'air. Je tente de me dégager mais il entoure mes épaules de ses bras, m'empêchant toute retraite. J'étouffe ! Il paraît enfin s'en rendre compte car il me lâche et m'aide à m'asseoir sur le lit.
– Excuses-moi Cain ... murmure-t-il.
Je souris tout en reprenant mon souffle. Il s'agenouille devant moi, entre mes jambes, et me fixe d'un air inquiet.
– C'est bon, je vais bien, laisse-moi juste le temps de respirer.
Auparavant, jamais je ne me serais laissé faire. Mais ma fierté semble s'être écrasée depuis cet incident. Edwards m'a offert une seconde raison de vivre, et je ne peux lui reprocher ses sentiments ... Aujourd'hui je ne peux plus regretter la mort, je n'en ai plus le droit, car Edwards ne me le pardonnerait pas.
– Cain ... Tu ne m'as pas dis que tu avais tué ton père ...
Je sursaute.
– Mon père était à la tête d'une organisation plus que douteuse, responsable de plusieurs meurtres ... Je l'ai ... empoisonné après qu'il ait tué Riff ... Puis un de ses autres fils a aidé Riff à tenir le coup quelques heures de plus, et il est mort une seconde fois en essayant de me protéger. C'est tout ce qu'il y a à dire.
Il me serre alors contre lui.
– Merci de me faire confiance, Cain
Je souris. Il approche de nouveau ses lèvres des miennes et je ferme les yeux. Pardonne-moi, Riff. Mais je ne peux pas empêcher cela. Il m'embrasse pendant plusieurs minutes, faisant danser nos langues. Puis il met fin au baiser et me sourit.
– Je t'aime, Cain, souffle-t-il.
Je souris. Comme j'aurais voulu l'entendre de ta bouche, Riff ! Mais tu ne peux plus me le dire, et Edwards remplace un peu ta présence et me console de ton absence.
Edwards se relève et me sourit à son tour.
– Allons faire un tour en ville, tu peux marcher maintenant.
J'acquiesce et me lève. Nous sortons de l'établissement et je le suis dans la rue.
Cela fait déjà une ou deux heures que nous marchons, et je ne m'en lasse pas. Edwards a prit ma main et ne la lâche plus depuis. J'avoue que cela ne me déplaît pas. Je souris, et lui aussi. Je me sens libre. Edwards m'entraîne dans un petit restaurant et nous y mangeons tranquillement. Puis il se lève pour aller payer, alors que je finis mon assiette. Mais soudain j'aperçois Oscar qui entre. Edwards revient. Je lui attrape soudainement la main.
– On s'en va, lui souffle-je.
Il suit mon regard et comprend. Il se rassit alors face à moi et me sourit, tenant toujours ma main. Puis Oscar me voit.
– CAIN ! crie-t-il.
Il se précipite vers nous, et Edwards lâche ma main.
– Cain, si tu savais comme on a eu peur que tu ne sois mort ! Comment vas-tu ? Tu n'es pas blessé , Maryweather est en sanglots dès qu'elle a pensé à toi ! Quand je vais lui dire que ...
– Excusez-moi, coupe Edwards. Mais je crois que vous devez vous tromper de personne.
Je prends mon courage à deux mains et souris à Oscar.
– Heu ... Je ne m'appelle pas Cain et ... je ne vous connais pas. Je suis désolé.
– Ah ... Ah bon ? Vous n'êtes pas ... Mais pourtant vous ... Enfin, je ...
Edwards se lève alors, agacé.
– Viens, Richard, partons. Ne te laisses pas importuner de la sorte.
Nous sortons et nous éloignons, laissant Oscar complètement déboussolé. Je soupire.
– Merci Edwards. Je ne veux plus voir personne de mon passé ...
Il me sourit et m'entraîne dans un immeuble. Il ouvre alors la porte d'un appartement au deuxième étage.
– C'est chez moi. L'internat commençait à m'énerver, alors je l'ai acheté il y a un mois.
Il me fait visiter. C'est petit, mais suffisant pour deux à trois personnes. Il sourit encore une fois.
– On emménage aujourd'hui ! Reste-là, je vais chercher nos affaires !
Et il part. Alors là, pour être spontané, c'est spontané ! Je vais voir la chambre et constate qu'il n'y a qu'un lit. Je hausse les épaules.
Puis je me rappelle que je n'ai pas pris de douche depuis trois jours. Je vais dans la salle de bain et me déshabille. Tous est déjà sur place. Serviettes, gant, savon ... Mais quand ma chemise tombe sur le sol, la douleur de mes cicatrices, des marques de mon père, se réveille soudain. J'entre dans la douche et laisse l'eau brûlante calmer la douleur. Je sens alors ses mains sur moi, comme quand il me lavait. L'éponge qui passait et repassait sur mes blessures, soulageant mes peines. Oh, il ne frottait jamais, non. La peur d'ouvrir de nouveau ces cicatrices était trop grande pour lui permettre de nettoyer mon dos comme il nettoyait mon torse. Alors il tamponnait doucement, imbibant ces marques d'eau afin que la saleté éventuelle s'en aille.
J'entends tout à coup la porte qui s'ouvre et je ferme le robinet.
– Edwards ?
Les pas se rapprochent de la salle de bain et je me tourne, face à la porte. Edwards l'ouvre doucement.
– Ah, tu es là ... commence-t-il.
Puis il écarquille les yeux et me regarde de haut en bas avant de rougir. Il se retourne.
– Pardon, dit-il. Cain ... Heu ... habille-toi s'il te plaît ... je ne serais pas capable de me retenir sinon ... Pardon, encore une fois ...
Je souris et m'enroule d'une serviette. Il n'a pas vu mes blessures, heureusement ... Je remets mes vêtements en vitesse et nous sortons de la salle de bain.
– Cain, risque-t-il. Tu as vraiment ... un très beau corps.
Je rougis un peu et souris encore une fois.
– Merci.
Nous parlons ensuite jusqu'à la fin de la journée. Après avoir mangé, Edwards me laisse le lit et se couche dans le canapé. Je m'endors vite, mais je suis réveillé en pleine nuit par une présence. J'ouvre les yeux et devine Edwards.
– Ah ... Pardon ... ta présence me manquait, dit-il.
Je souris. Décidément, il est contagieux ! Il se sert contre moi, ses bras autour de ma taille. Il sens comme ... Riff. Oui, c'est la même odeur ... Je me rendors vite, bercé par les battements de son cœur.
J'ouvre les yeux au matin, alors que je suis allongé sur lui. Je rougis et me lève, en essayant de ne pas le réveiller. Puis je vais dans la cuisine et commence à préparer le petit déjeuner. Je me rends bien vite compte que je ne suis pas doué. C'est le travail des domestiques de faire ça ! Je ne suis pas habitué ... Mais je sens bientôt des mains se poser sur ma taille. Je ne dis rien, mais cela me dégoutte.
– Je t'ai réveillé ? demande-je.
– Non. Mais je n'ai plus sentis ta chaleur.
Je ne réponds pas. Le fait que Riff ne m'ait jamais dit ces mots m'énerve. Mais je tiens quand même à Edwards, malgré tout ...
– Laisse, je m'occupe du petit déjeuner, dit-il. Va à la douche si tu veux. Il y a aussi une baignoire.
J'acquiesce et m'exécute, prenant bien soins de fermer la porte à clé. J'entre dans la douche, ouvre l'eau chaude et fond en larmes. J'y reste dix minutes puis me sèche et m'habille. Quand je sors, Edwards se précipite vers moi et me prend dans ses bras.
– Cain ... Est-ce que c'est le fait de me permettre ce genre de gestes qui te rend malheureux ?
Je ne répond toujours pas, et il plante ses yeux bleus dans les miens.
– Je n'aime pas te savoir triste ! Le sourire te va tellement mieux que les larmes ... Cain, dis-le moi, si quelque chose ne va pas ! N'aie pas peur de me vexer, je t'en prie !
Je souris.
– Tout va bien.
C'est un mensonge, évidement. Mais il me sourit à son tour et m'embrasse. Je répond à son baisé.
Les jours passent et nous nous rapprochons. Nous dormons ensembles, nous nous tenons la main en public, malgré ma gène permanente ...
Ce soir, alors que nos rentrons d'une promenade sur le lac, Edwards se dirige directement vers la cuisine, alors que je m'installe sur le canapé pour lire. J'ai pris goût à cette vie « normale ». pas de domestiques ... Nous mangeons et je vais à la douche directement. Mais en sortant, je ne vois pas Edwards, qui m'attend habituellement devant la porte de la salle de bain. Je regarde dans toutes les pièces, et finalement je le trouve dans la chambre, assit sur le lit. Je m'approche et m'assois à ses côtés.
– Edwards, ça va ?
Soudain il me renverse sur le lit et m'embrasse, me tenant les poignets.
– Mais que ... ?
J'arrive à me dégager et le regarde, paniqué.
– Edwards, qu'est-ce que ... ?
– S'il te plaît, Cain !
Je le fixe dans les yeux, et lui me supplie du regard. Je sais ce qu'il veut. Mais est-ce que moi je veux la même chose ? Je ne sais pas. Il semble comprendre ce qui me bloque.
– Cain, je t'en supplie, laisse-moi faire. Je ferais attention, je ne te ferais pas mal. Et si tu ne m'aimes pas, imagines que c'est Riffel à ma place !
Je me détends alors. Si c'est Riff, je veux bien. C'est idiot, non ? La simple idée que ça soit Riff et non Edwards qui me touchera me rassure. Oui, je suis idiot ... Mais je ne veux pas changer.
~ /!\ ~
Il sourit et m'embrasse. Ses mains soulèvent ma chemise et je ses le bout de ses doigts caresser mon ventre avec une infinie douceur. Je frissonne. Il m'embrasse dans le cou, lèche et mordille cette peau blanche qu'est la mienne. Ses mains remontent et viennent effleurer mes tétons qui se durcissent petit à petit. Je commence à haleter. Il me retire ma chemise, et je sens le tissu glisser sur mes blessures. Je ne dis rien et garde cette douleur pour moi. Sa bouche descend lentement sur mon torse, reprenant le chemin que ses mains ont pris quelques minutes plus tôt. Il remonte m'embrasser de temps en temps, comme pour me rassurer. Et lorsque sa langue descend jusqu'à la limite de mon pantalon, je laisse échapper un gémissement qui le fait sourire. Ses lèvres remontent à mon nombril et il retire mon pantalon, lentement, pour ne pas me brusquer. Je sens son membre gonflé à travers son propre pantalon, contre mes jambes. Une fois mon pantalon à terre, il sourit en voyant que je suis dans le même état que lui. Il caresse ma verge dure à travers mon sous-vêtement et je gémis de nouveau. Il finit enfin par retirer la barrière de tissu. Je gémis encore. Ses lèvres s'approchent de mon membre. Je n'ai même plus envie de le retenir, à présent. Mon rythme cardiaque s'accélère quand il dépose un léger baiser sur ma virilité. Je gémis encore, je gémis toujours. Je sais qu'il ne veut pas me brusquer, mais je n'attends plus que la délivrance.
– Ah ... Ed ... Edwards ... réussis-je à prononcer à travers mes gémissement.
Il relève la tête et sourit. Puis me prend finalement en bouche. Je soupire et gémis de plus belles. Il commence de lents vas-et-viens, beaucoup trop lents à mon goût.
– Haaaaa ... Plus ... Vite ...
Il s'exécute et accélère le mouvement. Je pose ma main sur sa nuque et me libère enfin dans un râle sonore. Il avale ma semence et remonte m'embrasser. Je le vois ensuite retirer ses habits. Il m'interroge du regard et j'acquiesce. Il a commencé, qu'il finisse ! Il retire donc les dernières barrières qui empêchaient nos corps de s'allier complètement. Puis il m'embrasse de nouveau, laissant nos langues s'enrouler l'une autour de l'autre, explorer le palais de l'autre dans une danse folle. Puis il me souris.
– Retourne-toi, souffle-t-il.
Je sursaute. Non, je ne veux pas. Je ne veux pas qu'il les voit.
– C'est bon comme ça, dis-je alors.
Il me regarde avec étonnement.
– Tu es sûr ?
J'acquiesce. Je préfère avoir plus mal que de les lui montrer. Il sourit et m'embrasse. Il doit sans doute penser que je préfère le voir pendant l'acte ... Je ne le contredirais pas. Il introduit alors un doigt dans mon intimité. Je serre les dents. Qui aurait crût qu'un seul doigt pouvait faire aussi mal ? Il en entre un deuxième et je me mord la lèvre pour ne pas crier de douleur. Au troisième doigt des larmes apparaissent aux coins de mes yeux.
– C'est ta première fois ? demande-t-il.
– ... Oui.
J'ai honte de l'avouer. Mais Edwards sourit et m'embrasse. Il bouge lentement ses doigts, faisant des vas-et-viens réguliers, et bientôt le plaisir se fait ressentir. Je soupire de bien-être. Il retire ses doigts et se place devant mon intimité. Il écarte un peu mes cuisses et pose mes jambes sur ses épaules. Il me tend sa main.
– Si tu as mal mord dedans.
J'acquiesce et il entre alors en moi. Immédiatement je serre les dents sur sa main, et il s'arrête. Mon souffle se fait haletant pendant quelques minutes et je desserre les dents. Il s'enfonce ainsi petit à petit en moi, alors que sa man saigne au fur et à mesure que je mord dedans. Mais la douleur s'efface vite et laisse place au plaisir. Il fait des vas-et-viens énergiques alors que mes gémissements se font de plus en plus forts et nombreux. L'image de Riff se superpose parfaitement à lui et je me libère entre nos ventres.
– Aaah ! RIFF !
Il se libère à son tour en moi en poussant un râle d'extase, puis m'embrasse et se retire, épuisé.
~ /!\ ~
Il se laisse tomber à côté de moi.
– Merci Cain.
Je reprends mon souffle.
– ... Pardon.
– Pour Riffel ? C'est bon, c'est pas grave ...
Je souris et m'endors, exténué. Il me recouvre de la couverture et s'endort à son tour.
Quand j'ouvre les yeux, mon premier réflexe est d'aller me laver. Mais je retombe aussitôt sur le lit, terrassé par une douleur aiguë dans le bas de mon dos. Je respire pour calmer la douleur, mais j'ai réveillé Edwards.
– Cain ? Ça va ? Qu'est-ce que tu as ?
– ... Mal ...
Il me sert dans ses bras.
– Pardon.
– Non ... Ça va.
Je serre les dents et me lève, en faisant bien attention de ne pas lui tourner le dos.
– Qu'est-ce qu'il y a ? T'es sûr que ça va ?
– Oui, je reviens, je vais me laver.
Je regagne la porte en lui souriant, sans lui tourner le dos. Je me glisse sous la douche et allume l'eau. Je sens alors le liquide brûlant s'insinuer dans mes cicatrices. J'ai mal. Mon dos et mes reins me brûlent ... Pourtant je crois que j'ai apprécié un peu ... mais un peu seulement. J'ai honte de l'avouer, mais j'ai apprécié. Je sors de la douche et sèche doucement les plaies sur mon dos.
Je ne veux pas qu'Edwards les voit. Riff. Seul Riff a pus les voir, et je veux qu'il reste le seul. Je m'habille en silence et retourne auprès d'Ewards. Je m'assois sur le lit, à côté de mon ... amant. Lui s'est rendormit. Après tout, je suis fatigué aussi ... Je m'allonge et ferme les yeux.
Et les semaines passent ... Et nous recommençons. Jamais pourtant, je ne le laisse voir mon dos. Edwards s'est prit un travail, afin que l'on puisse vivre aisément.
Et un matin, alors que nous avions une fois de plus passé une nuit agitée, je me réveille seul dans le lit. Je me lève alors lentement et enfile une robe de chambre afin de ne pas avoir froid. Puis soudain je m'arrête. Des souvenirs ressurgissent ... Je m'habille ensuite et vais dans la cuisine. Sur la table, le petit déjeuner est préparé, et je remarque une feuille à côté de la tasse de café.
« Je rentre à midi. Je t'aime fort. Edwards. PS : Je n'ai pas osé te réveiller, tu étais si beau ! »
Je soupire, puis je me dirige vers la chambre. Deux mois ... Voilà deux mois que j'ai connu Edwards. Deux mois où je l'ai en partie oublié ... Mais ces deux mois ...
Je m'assois devant le bureau, sors une feuille blanche, une plume et un pot d'encre ... Et je me mets à écrire.
####
POV Edwards
Je rentrais joyeusement du travail, comme chaque midi, et ouvris la porte de notre appartement.
– Cain ? Devine quoi ? J'ai ...
Mais je n'osais pas continuer en voyant le salon désert. Je cherchais alors dans la cuisine et trouvais le petit déjeuner non-entamé. Était-il encore couché ? Je rentrais dans la chambre, et tout ce que je vis fut une lettre posée sur mon oreiller. Les mains tremblantes, je pris le papier entre mes doigts et me mis à lire.
« Edwards, pardonne-moi.
Pendant près de deux mois tu t'es occupé de moi, tu m'as soigné, tu m'as aimé, tu m'as chéri et presque sauvé. Mais ce n'est que maintenant que je me rends compte que ces deux mois, je te les ai égoïstement volé. J'ai profité de ta bonté et de ton amour envers moi, comme le faisait le compte Hargreaves avec les jeunes filles de la coure. Seulement, j'avais abandonné ce titre dès les premiers jours où je t'ai connu, tu en es même témoins ... Jusqu'à ce matin. Ces deux mois passés près de toi, je les ai passés loin de Riff, loin de mon majordome. Encore une fois, pardon. Toi tu m'aimais, et je m'efforçais de faire pareil .. mais à travers toi, c'est ton cousin que je voyais, c'est Riff que j'aimais, que j'embrassais, que je touchais ... et tu n'es pas Riff. Tu es Edwards, tu n'es pas Riff, et ça, je n'ai pas sus m'en rendre compte avant.
Aujourd'hui je m suis réveillé avec un manque et un poids au niveau du cœur. Le manque, tu le connais, et le poids, c'est ma culpabilité d'avoir gâché égoïstement deux mois de ta vie. Quand tu rentreras, je sais ce que tu feras. Tu me chercheras dans le salon, dans la cuisine, puis tu iras dans la chambre. C'est dans la salle de bain que tu me trouveras. Mais avant de t'y précipiter, lis la fin de cette lettre, s'il te plaît, car j'ai deux choses à te demander. D'abord, j'aimerais que tu ailles au manoir Hargreaves et que tu demandes à parler à Maryweather Hargreaves, et demande aussi qu'elle soit accompagnée d'un certain 'Oscar'. Dis-lui, s'il te plaît, que je la remercie d'avoir veillé sur moi, que je l'aime fort, que je veux la savoir souriante ...
Ensuite ... ça sera sûrement la chose la plus difficile que je te demanderai ... S'il te plaît, Edwards, oublie-moi. Trouve une personne digne de toi, qui saura t'aimer comme tu l'aimeras ...
Ma seule pensées désormais, c'est que même où je vais, je ne reverrais pas Riff. Pourtant je souhaite emporter avec moi son souvenir.
Pardon, et merci pour tout.
Cain C. Hargreaves. »
Des larmes coulèrent sur mes joues. Je me précipitais vers la salle de bain. Quand j'ouvris la porte, le liquide rouge à mes pieds me fit tourner la tête. Je remontai du regard le chemin qu'avait parcourut le sang ... Puis mes yeux se posèrent sur le corps allongé là, dos au mur ... les poignets entaillés saignaient encore abondamment ... et sur ce visage que j'avais toujours connu triste ... Maintenant ce visage était presque blanc, mais une vague de chaleur m'envahit lorsque je vis, les yeux fermés comme s'il dormait, le visage serein ... Cain souriait si chaleureusement que je ne pus réprimer un sanglot de plus, et je fondis en larmes, serrant le corps inerte de mon aimé dans mes bras. Ce sourire qu'il arborait encore traduisait tout son amour, tout l'amour qu'il avait pour Riffel …
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