Titre : Et par delà le chemin, il y avait un autre monde.
Pairing : HP/Daniel Radcliffe – et oui, j'innoves totalement, mais j'espère que vous n'en serez pas trop destabilisé. RW/DM – oui, désolé, ça aussi c'est assez nouveau. Mais, j'ai découvert ce couple et je les trouve mignon. Comme Ron est en plus singulièrement malléable... Bref, j'espère que ça vous plaira.
Warning : Fic romance – comme d'hab' ou presque – mais relativement sombre. Avec un Happy End cependant, évidemment. Vous me connaissez.
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Et par delà le chemin, il y avait un autre monde
II. Lorsque vint l'amour...
« Harry, s'il te plaît! »
Les yeux bouffis de sommeil de Harry émergèrent à peine de la couverture lorsque retentit dans la chambre la voix de son amant et il grogna.
« Allez Harry, dis oui, je dois être sur le plateau dans dix minutes. » Marmonna Daniel en enfilant une paire de chaussettes au couleur de l'arc-en-ciel.
« Ok, d'accord. » Répondit dans un baillement l'Elu en se laissant rouler sur le dos, les bras relevés au dessus de sa tête.
« Merci Ry'. » Daniel se pencha en souriant au dessus du lit, posa un genoux sur la couverture blanche et prit le visage de Harry entre ses larges mains avant de l'embrasser.
« Will passera te chercher. »
« 'Kay. » Soupira Harry en replongeant doucement dans le sommeil. Les baisers de Daniel étaient comme une fine poudre de diamant. Harry aurait cent fois préféré le garder ici avec lui plutôt que le laisser retourner là-bas. Mais comme il n'avait aucun argument tenant la route pour l'empêcher de jouer un rôle totalement faux, le brun se contentait d'acquiescer mollement et de lui souhaiter une bonne journée, avant de se mettre à attendre la fin de la journée avec patience.
« J'y vais alors. » Entendit-il Daniel marmonner sans grand entrain de la porte de la chambre. Harry lui lança un dernier regard et sourit, et l'acteur les yeux pleins d'amour lui envoya un baiser et disparut.
Six mois. Cela faisait six mois que Harry et Daniel s'étaient rentrés dedans par mégarde sur une petite rue piétonne en plein centre de Londres. C'était également totalement par hasard – mais Harry ne croyait pas au hasard alors, ceci n'était pas forcément tout à fait vrai – que leur rencontre ait engendré une si grande passion. Et c'était encore plus par hasard qu'ils se soient rencontrés. Eux. L'un acteur, jouant le rôle de l'autre.
Lorsque Daniel avait 'révélé' le nom du film dans lequel il jouait, Harry avait eu un temps d'arrêt si long que le plus jeune avait un instant paniqué. Le survivant avait ensuite reprit ses esprits et avait fixé encore un peu Daniel.
« Qu'est-ce que ces livres racontent? » Avait demandé Harry d'une voix blanche. Daniel avait eu du mal à répondre tant le ton de l'homme l'avait choqué.
« Heu, et bien, l'histoire d'un sorcier, qui s'appelle Harry Potter. De sa première année dans une école de sorcellerie, Poudlard, à sa septième année. Il est l'élu d'une prophétie et il doit tuer un mage noir. C'est un très bon livre. Tu... » Il fronça les sourcils et jaugea encore Harry. « Tu en as entendu parler? » Harry s'était empressé de secouer la tête. « Non » « Alors pourquoi tu réagis comme ça? »
Le brun aux yeux verts avaient alors déglutit un moment, et il cherchait sans doute une réponse adéquate, puis il avait finalement avoué la vérité.
« C'est que, je m'appelle Harry Potter, alors... »
L'autre avait à ce moment-là écarquillé les yeux et n'avait su quoi dire. « Et bien, je pense qu'il y a beaucoup de Harry Potter en Angleterre non? » Avait tenté Harry, accompagnant sa remarque d'un sourire qu'il espérait aussi convaincant que possible.
Daniel avait acquiescé, écarquillé encore une fois les yeux puis avait étouffé un rire. « Et bien, cette rencontre est réellement étrange. »
« Je ne te le fais pas dire. » Avait murmuré Harry en réponse.
« Comment cela se fait-il que tu n'ais jamais entendu parler de ces livres, ils sont mondialement connus. L'auteur est milliardaire. »
Harry avait à son tour eut l'air terriblement surpris, et s'était demandé comment Hermione ne pouvait être au courant de cela...Pourquoi aucun sorcier, ne semblait être au courant de cela! Avait-il soudainement basculé dans un monde parallèle?
Harry se souvenait d'avoir ensuite soupiré.
Et bien, au moins toutes ces nouvelles bizarroïdes lui faisaient-elles oublier le fait que Georges était mort.
Non. Le brun avait à peine pensé cela qu'il avait senti son souffle se raréfier, instantanément. Et se connaissant, il avait su immédiatement qu'il allait faire une crise, maintenant. C'était toujours ainsi, sans signe avant coureur. Il pouvait lire un livre une minute, et la seconde suivante, une pensée passait par là et le figeait, et l'emportait loin. Très loin.
Lentement, il se s'était senti basculer de sa chaise alors qu'il tentait vainement de reprendre sa respiration, et il avait à peine entendu Daniel paniquer, le rassurer quant au fait qu'il appelait une ambulance, et lui de lui dire qu'il ne voulait pas ça, que c'était normal, que ça allait passer 's'il te plaît', qu'il avait sombré dans l'inconscience.
Depuis, il n'avait pas quitté Daniel.
C'était bizarre, vraiment, d'aimer quelqu'un qui jouait lui-même. Bien sûr, ce Harry Potter dont l'histoire était raconté partout n'avait rien à voir avec la véritable histoire – quoique les morts étaient bels et biens là – mais Harry se sentait étrange de savoir que sa vie était également étalé dans le monde moldu.
Merlin, non, ce n'était pas cela. Il ne se sentait pas étrange. Il était mal. Malheureux, vide, il se sentait suffoquer lorsqu'il y pensait. Non content d'avoir cette auréole de gloire morbide au dessus de sa tête dans son monde, il avait appris qu'il l'avait aussi ici, dans le monde moldu. Et qui était cette femme qui avait fait de sa vie un best-seller? Qui avait osé?
Harry soupira et se leva. Il passait souvent par ce genre de petites phases d'introspection douloureuse. Parfois quant à la situation présente, avec Dan et tout ça. Parfois, à cause de son passé, à cause de sa famille, de ses amis, dont il n'avait jamais parlé à Daniel, qui se posait des questions, qui lui posait des questions...Tout était tellement compliqué.
Parfois, Harry avait simplement envie de lâcher prise, et de ressombrer. Mais Georges n'était plus là pour lui tenir la main, pour l'accompagner. Et malgré toute l'horreur que cela avait été, Harry était alors à Georges, et Georges était à Harry.
Maintenant, ils étaient simplement l'un sans l'autre. Maintenant, Harry était juste tout seul. Avec Daniel.
Et c'était bien, vraiment. Daniel était absolument adorable. Par Merlin, Harry l'adorait, il était un rayon de soleil dans sa vie, et il l'aimait tellement. Mais c'était dur aussi parfois. Ils ne sortaient jamais ensemble – Daniel n'était pas gay, après tout – et Harry restait la plupart du temps seul chez l'acteur à l'attendre, à lui préparer à manger, à ne rien faire. Il n'avait cependant pas coupé les ponts avec les autres, ceux de l'autre monde, et parfois il passait la journée avec eux.
Mais personne, ni d'un côté ni de l'autre, ne savait pour le reste. Et Harry était fatigué de cacher, de mentir. Il était fatigué d'être fatigué.
Le téléphone sonna et Harry sursauta légèrement. Il traversa la chambre dans laquelle il s'était installé pour lire un livre et descendit l'escalier qui menait au salon. Là, sur la petite table basse avait été abandonné son téléphone portable. Un simple D. apparaissait sur l'écran, seul moyen qu'il avait trouvé pour éviter que Dan tombe une liste de noms bien trop connus pour rester une coïncidence. « Bonjour Dray » Répondit-il d'une voix enjoué. « Bonjour, Harry » Répondit Draco, d'une voix basse et un peu amusé.
« Comment vas-tu? »
La voix au bout du fil était joyeuse, alors sans doute Draco allait-il bien. Mais, à la réflexion, Draco allait toujours bien, il avait Ron. Ou lui-même, quand il s'agissait de réminiscence de là-bas.
« Comment vas-tu toi, Harry? Tu étais sensé m'appeler hier soir, tu te souviens? »
Harry soupira et se laissa tomber dans l'un des larges fauteuils beiges du salon. Hier soir, Daniel lui faisait l'amour.
« Désolé, j'ai complètement oublié. Je vais bien Draco, aucun problème. »
Il sentit que le blond hochait la tête et il sourit légèrement. « Est-ce que tu as fait chier Ron toute la nuit avec ça? » Demanda t-il, un sourire mutin jouant sur ses lèvres. « Bien sûr, entre deux orgasmes, je lui demandais où tu pouvais bien être. » Répondit Draco d'un ton faussement sérieux, du tac au tac.
Harry éclata de rire et se blottit un peu plus dans le fauteuil. « Sincèrement Harry, tout va bien, vraiment? Tu me le dirais si ça n'allait pas, hein? Depuis que tu as quitté ton appartement tu... » « Draco. » Gronda alors Harry, mais gentiment. « Je vais bien, bon sang. Je suis installé chez un ami moldu, et tout va très bien. Je dors bien, je mange bien. Je vais vraiment bien. »
Il y eut un silence au bout du fil puis Draco soupira. « D'accord. » Et Harry était sûr que cette réponse n'était en rien rassurante pour Draco. Le blond avait besoin de le voir, presque tout le temps. Une moyenne de trois à quatre fois par semaine semblait à peine le satisfaire.
Quatre ans plus tôt, lorsqu'il l'avait arraché de son trou, Draco et Ron l'avaient gardé chez eux, et l'avaient choyé, puis il était parti en cure, parce que rien ne marchait, et lorsqu'il en était sorti, il avait encore été 'enlevé' par ses deux meilleurs amis. Mais un jour il avait dit 'stop', et il était finalement parti s'installer ailleurs, pas trop loin, ni trop près.
Mais Draco se souvenait parfaitement des fois où il avait dit aller bien, où il lui avait assuré par téléphone, du fin fond de sa petite chambre trop grande, trop noire, trop mauvaise, qu'il allait bien.
Et Draco n'y avait pas cru et était venu et Harry était presque mort, déjà.
« Draco, vraiment. J'ai quelqu'un qui veille sur moi aussi bien que tu le fais. Et je vais bien. »
En vérité, Harry n'allait pas vraiment bien mais il avait instauré une sorte de statu quo à l'intérieur de lui-même et il s'était figuré que les journées passées à attendre Dan était ce qui était le mieux pour lui, le plus stable.
Et pourvu que ça dure.
« Bon, tu passes à la maison cette après-midi? » Demanda Draco en changeant de sujet. Sauf que Harry savait très bien qu'il ne s'agissait en rien d'une volonté de changer de sujet, mais bien d'une manière de voir véritablement si tout allait bien pour lui. Sauf que le brun avait promis quelque chose à Daniel, et qu'il ne voulait pas qu'il lui fasse encore une scène sur le fait qu'il ne disait jamais rien quant à sa famille ou ses amis. Harry se souvenait encore trop bien de la dernière dispute qu'ils avaient eu.
Daniel avait tenté de trouver quel métier pouvait bien exercer les parents de Harry et celui-ci le laissait faire. Du moins, l'avait-il laissé proposer des choses au début. Au bout d'un moment, n'en pouvant plus d'entendre Daniel parler de ses parents morts, il avait explosé. Si c'était dur de ne pas lui révéler qu'ils étaient morts, du fait de l'étrange coïncidence que cela risquait de créer, c'était encore plus difficile de l'entendre déblatérer des éventualités qui auraient pu être vrai. Mais qui n'avait plus aucune chance de l'être.
« S'il te plaît Daniel, tu n'y es pas du tout, alors arrêtes. » Le plus jeune des deux bruns l'avait regardé avec un fond d'agacement avant de pincer ses lèvres. « Est-ce que c'est vraiment si désagréable que j'essaie de découvrir un peu de choses sur toi? » Avait-il continué d'un ton plus froid. Puis il s'était retourné vers le plan de travail de la cuisine et avait recommencé à couper les carottes en rondelles. « Est-ce qu'ils pourraient être cuisinier? Ton père fait la cuisine, et ta mère sert en salle? » Aucune réponse ne vint de Harry et Daniel continua. « Bien, en fait peut être que c'est quelque chose de glauque? Tu viens d'une famille de junkie qui t'ont vendu pour de la drogue et... » « TA GUEULE! »
C'était là qu'il avait explosé. Il savait que Daniel n'avait dit ça que pour le faire réagir, pour qu'il lui avoue une bonne fois pour toute afin que son ami ne s'imagine pas ce genre de choses morbides, mais Harry n'avait pas réagit comme il l'attendait.
« Je t'interdis de parler de ma famille, ou de quoique ce soit. C'est ma vie, ok. Et je n'ai pas envie d'en parler. » Sa colère était irrationnel, et il était évident que Daniel n'accepterait pas cela. Après tout, il l'avait déjà présenté à son meilleur ami, et à ses parents. Il avait pris sur lui de risquer d'être découvert par tous les paparazzis qui lui couraient après pour le présenter, pour rendre leur relation officielle. Mais Harry n'avait juste pas la force d'avouer la vérité. Pas alors que Daniel jouait son rôle et qu'il croyait que l'histoire en fait, c'était incroyablement bien fini. Ce n'était pas vrai.
Alors maintenant au moins, il pouvait faire un effort. Il avait promis de venir voir Harry sur le plateau de tournage, pour lui faire plaisir et pour qu'il rencontre en tant qu'ami ses collègues, qu'il voit un peu comment un film marchait, etc. Et le meilleur ami de Harry devait passer le prendre dans dix minutes.
« Désolé Dray, j'ai déjà quelque chose de prévu cette après-midi. Mais je te promets que je ferais un effort pour passer demain dans la journée, ça te va? Ton petit coeur de mère poule est rassuré? » Son ton était plus empli de tendresse que de sarcasme mais Draco ne se retint pas de lui répondre de ce ton pitoyable et concerné duquel il savait trop bien joué. « S'il te plaît Harry, je n'arrêterais jamais de m'inquiéter pour toi, d'accord. Je sais bien que tu vas mieux, mais j'ai toujours peur que ça revienne. Comme ça revient avec moi de temps en temps, tu comprends. »
Oui, bien sûr qu'il comprenait. Draco avait beau avoir l'air d'être en pleine forme tout le temps, il savait que Ron le ramassait de temps en temps à la petite cuillère, ivre mort et pleurant comme un bébé. Mais Draco malgré tout ce que son père leur avait fait, avait tenu à garder cette prestance, cette caractéristique de la noblesse Malfoyienne qui voulait que rien de ce que les héritiers ressentaient ne soit visible. Draco était juste incroyablement courageux.
« Je sais Dray, ne t'inquiète pas. Je vais vraiment bien. » Et il devrait sûrement lui parler de Daniel et lui avouer qu'il l'aimait et que c'était ça qui le faisait tenir. Mais Draco ne verrait sûrement pas d'un bon oeil qu'un type qui jouait le propre rôle – qui se finissait bien – de Harry soit une bonne fréquentation pour lui. Est-ce que l'Elu n'allait pas simplement vivre à travers ce garçon?
Harry pinça ses lèvres et soupira. Bien, il attendrait sûrement encore un peu.
Soudain, Hary entendit l'une des portes fenêtres du salon s'ouvrir et il se redressa, offrant un sourire de bienvenue à William.
« Bon, mon chauffeur est arrivé, je te laisse. Je te promets que je passerais demain, d'accord. » Et sans attendre de réponse du blond, Harry raccrocha. Il savait que Will travaillait autant que Daniel a essayé de savoir ce qu'était sa vie en dehors de cette maison.
« Salut Harry Potter. » William, depuis leur rencontre, était toujours très amusé par le fait que son meilleur ami fréquente justement un type appelé Harry Potter. C'était énorme. Totalement bizarre et surréaliste. Incroyable.
« Bonjour, Will, toujours pas remis? » Mais ce Harry n'avait sans doute vraiment aucun rapport avec le personnage de roman du même nom. Le brun était sarcastique et froid, avec un sacré humour noir à l'anglaise. « Je me remettrais de cette énorme mascadre quand tu avoueras t'appeler Bob. »
Harry éclata de rire et se leva, secouant la tête. « Tu es un idiot. Ce n'est pas à moi de changer mon nom, c'est à l'auteur de votre cher roman de changer celui de son héro. »
Ce fut au tour de Will de secouer la tête. « Bien sûr, ce serait tellement simple, hein? »
Il y eut un silence pendant lequel les deux échangèrent un sourire puis Will reprit :
« Bon, c'est pas tout monsieur l'usurpateur d'identité, mais on a du chemin à faire. Est-ce que tu es prêt? »
« Oui. » Et cela se voyait sans doute qu'il avait tout sauf envie d'aller là-bas. Bon sang, il n'avait même pas lu les livres, il ne savait pas ce que racontait cette bonne femme sur son compte. Et il ne voulait surtout pas la rencontrer. Il avait demandeéà Daniel si elle allait être là et le jeune homme lui avait répondu en haussant les épaules qu'il n'en savait rien.
«Allons-y alors. »
Harry acquiesça à contre-coeur et ils quittèrent ensemble la maison. Bien, pourvu que ca dure.
Voilà. J'espère que ça vous a plu.
Biz
Blibl'
