Chapitre 2 :
6 mois plutôt
Capitaine : C'est bon on arrête. Coupez les vannes.
Voyant ses hommes s'affairer, il se senti d'un coup plus démuni que jamais. Le brasier avait été intense, et sa course folle l'avait entraîné dans un combat contre le temps, contre la destruction, contre sa propre appréhension. Au bout de 2 heures, les flammes avaient arrêté de danser, se transformant en une simple fumée, agonisante. Quelques crépitements encore présents, en écho aux battements chaotiques de son cœur.
Toujours cette même adrénaline mélangée à cette peur. Peur pour la vie de ses effectifs, peur pour les gens prisonniers, peur de faillir et de décevoir.
Egard : Capitaine !
Capitaine : Hum ?
Egard : On a trouvé deux corps.
Capitaine : Identifiables ?
Egard : Totalement calcinés.
Il secoua la tête, envouté par son échec.
Egard : Les flics sont en route.
Le regard dans le vague, le monde comme tournant au ralenti, il regardait les derniers lambeaux de ce qui fût une maison ; tomber de part et d'autre, s'écrasant et se désintégrant au sol. Jusqu'à ce qu'une main s'agitant devant lui le fasse revenir à la réalité.
Yann : Capitaine Simon ?
Capitaine : Hein ?... Oui
Yann : Commissaire Yann Berthier.
Capitaine : Enchanté
Une poignée de mains, franche. Deux regards, exigeants. Deux hommes, unis contre l'injustice. Et au travers de leur échange, des questions, des doutes, des soupçons, il vit les policiers s'affairer, l'expert arriver, les décombres être fouillés ; les corps, examinés.
Yann rejoignit Kévin, agenouillé dans l'herbe, à quelques mètres des débris, le regard lointain. Il s'accroupit derrière lui, l'enlaçant, le faisant sursauter.
Kévin: Tu m'as fait peur
Yann sourit en coin avant de déposer un baiser furtif sur les lèvres de son mari.
Yann : Je te sens loin
Kévin redressa la tête vers l'orée de la forêt qui s'étendait devant eux.
Kévin : ils ont… On a… Il y a des restes de jouets brûlés
Yann : Quoi ?
Kévin : Il doit y avoir un enfant ; enfin… le corps d'un enfant quelque part dans ces…
Il tourna la tête vers ce qu'il restait de l'habitation, son regard se voilant de tristesse, le souffle court. Sentant sa détresse, Yann le colla à son torse, l'embrassant sur la tempe.
Yann : T'aurais pas dû venir
Kévin : S'il te plaît, ne commence pas.
Yann : Je sais à quel point ça te tient à cœur, c'est juste…
Il s'interrompit et tourna la tête vivement en entendant un bruit. De l'autre côté du jardin, une petite cabane de jeu, toujours intacte. Et comme par instinct, Yann se releva, entraînant Kévin avec lui, avant de s'approcher prudemment de l'endroit d'où le bruit avait semblé provenir.
Kévin : Yann, qu'est-ce qui se passe ?
Yann : Chut.
Il s'arrêta face à la porte, Kévin dans son dos, et la main à la ceinture, prête à dégainer en cas de nécessité, il ouvrit brusquement la porte de la petite cabane ; reculant d'un pas, surpris.
Une profonde inspiration, puis il s'avança de nouveau avant de s'accroupir.
Yann : Hey ! Salut toi.
Kévin, toujours en retrait derrière lui, ne pouvant voir ce qu'il se passait, commença à s'inquiéter.
Kévin : Yann ? Tu fais quoi ? Qu'est-ce qu'il y a.
Il se décida à avancer, regardant au-dessus de la tête de son mari. Et sans comprendre, il vit Yann se retrouver sur les fesses, et lui tomber par terre, son cou enlacé par deux petits bras, deux grands yeux bleus le fixant intensément.
