Auteur: Akagamie

Disclaimer: Homestuck et ses personnages appartiennent toujours à Andrew Hussie

Blabla: Je n'ai pas grand chose à dire ^^ Si, je m'excuses encore une fois des fautes qui pourraient rester.

Bonne lecture~


Même s'il savait au fond de lui que la Mort était la seule vraie libératrice.

Au bout d'un temps infini, ponctué par des décharges plus ou moins violentes, une brèche s'ouvrit dans le mur. Une odeur bizarre dérangea le Psionic de ses pensées migraineuses, aussi leva-t-il la tête. Ce qu'il sentait provenait d'un plateau sur lequel un magma d'origines inconnues était posé. Il était porté par une troll qui affichait la marque indigo du sagittaire. Elle avait des cheveux noirs coupés courts, deux cornes tordues assez petites en sortaient. Ses muscles ressortaient sous sa peau grise pâle, elle ne voyait sans doute pas le soleil souvent. Son nez était tordu, comme s'il était cassé. Le prisonnier l'observa approcher du bord de l'eau et prendre une mine dégoûtée en le voyant de plus près. Elle lui tendit le plateau :

-Tiens, voilà ta bouffe, sang de moutarde.

Le Psionic ne répondit rien, n'esquissant pas un mouvement pour le plateau. En même temps, englué comme il était, c'était compliqué de bouger. Cela sembla énerver d'autant plus la troll.

-'Tin. C'est bien ma veine. Va falloir que te file la becquée comme un putain de lusus. C'est répugnant.

-Je...

-La ferme. Tu me répugnes, alors tu la fermes.

Le Psionic se tut. La troll lui tendit une bouchée du plat. Celui à quatre cornes détourna la tête : s'il ne se sustentait pas, cela perturberait sans doute son flux énergétique et donc empêcherait le vaisseau de fonctionner au maximum de ses capacités. Elle insista et voyant que ces efforts ne menaient à rien, elle éclata :

-Mais tu vas manger, oui ?! Estime toi déjà heureux que Son Impérieuse Condesce ne t'ai pas fait exécuter suite à tes conneries. C'est tout ce que mérite la vermine dans ton genre. Alors tu bouffes et tu fais pas chier.

Elle lui enfourna de force la cuillère dans la bouche, forçant le troll à avaler la mixture infecte. Et continua jusqu'à ce que le plat soit vide. Quand tout fut fini, elle s'éloigna vite, comme si rester en présence du Psionic était un affront personnel.

-Qu'est-ce que sont devenu mes compagnons ? Demanda le Psionic avec de l'urgence dans la voix.

La troll eut un sourire méprisant.

-Tes compagnons ? Mais quels compagnons ? Tu es seul, sang de moutarde. Seul et sans espoir, mets-toi ça dans le crâne. Tu ne vaux rien ici, tu es juste une pile de plus qui rejoindra la décharge dans quelques jours. Alors pourquoi des troll voudraient de toi ?

Elle cracha dans l'eau, juste devant la masse de tentacules, là où devait se trouver ses pieds et s'en retourna vers la brèche.

Le Psionic grogna de frustration avant de retourner dans ses pensées, laissant son poids être supporté par ses liens. Il avait le goût dégoûtant de son repas en bouche. Mais il devait avouer qu'il se sentait plus ou moins rassasié. La discussion qu'il venait d'avoir ne le rassurait en aucun cas. Et le fait qu'on le nourrisse non plus. Son agonie promettait d'être longue. Après un moment, il ne ressentit plus aucune vrille de douleur le transpercer par intermittence. Plus rien ne lapait son pouvoir. Peut-être que Son Impérieuse Condesce voulait économiser la pile qu'il était. C'était peu probable étant donné sa condition, mais il ne l'éloignait pas. S'assurant que les décharges ne reviendraient pas avant un moment, il prit sur lui de refaire ses exercices de réservoir et de se reposer en une sorte de demi-veille. Il avait rarement eu l'occasion de dormir dans un récupéracocon ses derniers temps, aussi il était plus ou moins habitué à cet état de fatigue. Mais il s'en accommodait. Après tout, il reprenait le même rythme, dont il ne s'était jamais vraiment débarrassé, durant le temps qu'il avait passé à l'usine.


Les jours, enfin, ce que le Psionic considérait comme des jours, passèrent lentement. Le début était marqué par la venue de la troll au sang indigo. Elle le forçait à manger la bouillie infâme, l'insultait et repartait. C'était un des seuls indicateurs dont il disposait pour mesurer le temps qui passait. Si le passage de la troll marquait le début du jour, c'était l'arrêt des décharges continuelles qui en marquait la fin. Son état de santé semblait se maintenir, ce qui était surprenant. Après cinq jours, son Impérieuse Condesce apparut dans la brèche du mur. Elle vint vers lui, toujours de son pas altier, sûre d'elle et s'arrêta au niveau de l'eau. Elle l'observa longuement, le Psionic lui rendant son regard, sentit la haine l'envahir. Finalement, la dirigeante de Beforus sourit, montrant les dents pointues qui composaient ses mâchoires.

-Eh bien, on dirait que tu es plus résistant que ce à quoi je m'attendais, psionique.

-C'est-ce qu'il semblerait...

-Ravie de l'entendre, on va pouvoir passer à la cadence supérieure ! Faudrait pas que tu penses être en croisière, hé ! J'ai ouïe dire que tu faisais des difficultés pour te nourrir. Et j'ai le sentiment que les problèmes du décollage n'étaient pas liés à des problèmes... Techniques, si tu vois ce que je veux dire. C'est con... Moi qui pensais pouvoir te donner quelque nouvelle de ta chère Doloresa... Dommage ~ !

-Non ! Qu'est-ce qui lui est arrivée ?

-Tu n'as pas été sage, trouduc ! Mais je peux au moins te parler de ton Lusus. Cette merde pathétique aura au moins servi à quelque chose !

-Qu'est-ce qui est arrivé à la Doloresa ?

-Il a eu l'immmense honneur de servir de nourriture à Gl'bgolyb … Pas très consistant d'ailleurs, continua Son Impérieuse Condesce comme si elle n'avait pas été interrompue.

-Réponds-moi ! Qu'est-ce qui lui est arrivé !?

Son Impérieuse Condesce prit un nouveau temps pour observer son prisonnier. La colère et la haine habitaient ses yeux dichromatiques comme des étincelles. Le sourire de la troll s'élargit et ses dents luisirent d'un éclat malsain. Elle rehaussa ses lunettes et commença à reculer jusqu'à ce qu'un trou se forme dans le mur et qu'elle ne passe à travers. Elle se permit de lui faire un léger signe de la main pour le narguer avant de disparaître.

Le Psionic poussa un cri de frustration. Oui, bien sûr, il ressentait de la peine pour son Lusus, mais être incertain du sort de la troll qu'il considérait comme sa moiral le rendait fou. Il ne savait pas quoi faire et pire, ne pouvait rien faire du tout, coincé comme il était, sans doute à des années de Beforus dans le vaisseau de bataille de la dirigeante de sa planète natale.

Refusant de se laisser abattre par l'absence de nouvelle, il chercha de nouveau un plan. Son Impérieuse Condesce avait dit qu'ils allaient passer à la cadence supérieure et cela n'augurait rien de bon pour lui. Il réfléchit, comme il le faisait dès qu'il avait du temps libre, entre deux exercices de méditation. Il en vint à une hypothèse. Si on lui extrayait son pouvoir pour le rediriger partout dans le vaisseau, peut-être pouvait-il suivre consciemment une partie de ce qui lui était volé et ainsi voir où ça le menait. Peut-être pourrait-il rediriger lui-même son énergie pour qu'elle aille faire exploser un ou deux appareils ? Si sa théorie se confirmait, il aurait alors un champ d'action plutôt élevé. Cependant, cela ne restait qu'une hypothèse, il n'avait jamais entendu parler d'une histoire du genre durant sa période à l'usine. Après, il était sans doute un des tout premiers psioniques à s'être rebellé, et ce grâce à la puissance de son pouvoir.

Dans tous les cas, c'était une idée à tester.

Il s'assura que son réservoir d'énergie secondaire était bien protégé et se concentra pour envoyer une infime goutte de pouvoir à travers un des tentacules qui s'enroulait près de son oreille. Il la fit remonter à travers, comme dans un tunnel. Il veillait à ce qu'elle ne touche rien, n'effleure pas les parois du tentacule. Il remarqua ainsi les appendices s'étendaient dans tout le vaisseau, à la manière des tunnels dans une fourmilière. Il poussa son exploration loin, très loin. Il ne percevait plus son environnement tant il était concentré à conserver le lien qu'il maintenait avec son énergie et à la guider.

Ce ne fut que lorsqu'il se reçut un coup poing puissant dans la figure qu'il revint à lui. Sa mâchoire chauffait douloureusement alors qu'il levait un regard furieux à la troll qui lui apportait son repas. Elle affichait un air satisfait que son nez tordu rendait mauvais.

-On commence déjà à partir ? Eh, je savais bien que t'allais pas faire long feu, raclure, tu commences déjà à pisser de ton sang de moutarde pourri.

Effectivement, un mince filet jaune coulait d'une de ses narines. Il en était de même avec sa lèvre inférieure qu'un de ses crocs avait entaillé au moment du coup. Galvanisé par sa découverte, il osa cracher le sang presque sur les chaussures de la troll. Celle-ci lui mit un coup de genou dans le ventre en réponse à la provocation et un autre coup de poing dans le visage. Elle cracha d'une voix blanche :

-Ne joue pas à ça avec moi, sang de moutarde, ou je te jure que tu le regretteras, connard.

Le Psionic ne répondit pas, essayant de récupérer le souffle que le coup dans le ventre lui avait coupé. Maudit soit les bluebloods et leur force monstrueuse.

-Puisque tu joues au con, je te laisse te débrouiller pour manger, sang de moutarde.

Elle balança plus qu'elle ne posa le plateau et s'en alla à grandes enjambées. Le Psionic eut un rire étranglé. Il ne mangera pas aujourd'hui dirait-on. Il passa sa langue sur ses lèvres et en y sentant le sang frais qui gouttait de son nez, il préféra ne pas réitérer son expérience, aussi fructueuse soit-elle.


Quand les décharges de stimulation reprirent, elles étaient beaucoup plus violentes et lui pompaient beaucoup plus d'énergie. Il essaya de s'en défaire, sans aucun résultat. Bien évidemment. Il sentait son corps lutter contre les vrilles douloureuses qui rampaient sur lui à la recherche de la moindre ressource qu'il pouvait produire, se convulsant pour leur résister, jusqu'à ce que ses défenses ne l'abandonnent. Son réservoir de secours n'était pas encore trouvable par ces saletés de tentacules, mais pour combien de temps ? À ce rythme-là, s'il restait conscient suffisamment longtemps, il pourrait tenir encore bien une quinzaine de jours.

Mais pas davantage, alors il fallait qu'il fasse vite.


Bon, le chapitre est un peu plus court que le précédent, mais ça devrait s'allonger un peu par la suite.

J'espère que ça vous a plu et à la semaine prochaine!