Titre : Keys of Mirror (Chapitre second : Lucie )
Disclamer : Comme toujours, les personnages de kingdom Hearts sont à Square Enix, ceux inventés nous appartiennent...
Note de l'auteur : C'est au tour d'AkuRaichuu d'écrire =)
Keys of Mirror
Chapitre 2 : Lucie
- « Lucie ? »
J'abandonnai mon livre un instant et tournai ma tête vers mon interlocutrice : ma mère, Elena, une femme un peu tête en l'air aux cheveux châtains, déjà habillée de si bon matin, en train de fouiller dans mon placard. Je marquai ma page et posai mon livre sur le bout de mon lit avant de bailler, fatiguée.
- « Qu'est-ce qu'il y a ? » Demandais-je d'une voix ennuyée.
- « On va à la plage. » M'annonça ma mère avant de trouver ce qu'elle cherchait : un tube de crème solaire. « Tu viens ? »
Je haussai un sourcil. Moi ? Aller à la plage ?
- « Très peu pour moi, merci. » Soupirais-je en reprenant mon livre en main.
- « Allez Lulu, tu dois sortir de temps en temps. Va voir tes amies. »
- « Je suis très bien ici. »
- « Enfin, tu ne vas pas passer tout l'été enfermée ici ! Regarde-toi, tu es toute pâle ! Tu n'as pas envie d'avoir une jolie peau bronzée ? »
- « Pas spécialement. » Déclarais-je.
Ma mère me regarda un moment, cherchant peut-être une autre raison pour me convaincre, mais finalement elle haussa les épaules et quitta ma chambre. Je rouvris mon bouquin mais ne recommençai pas à lire. Je n'aimais pas la plage. Je n'avais d'ailleurs j'aimais compris en quoi plonger dans l'eau froide et en ressortir avec les cheveux emmêlés et le corps plein de sable pouvait être amusant pour certaines personnes. Je préférai largement passer ma journée chez moi, plongée dans un bon livre, ou tout simplement allongée dans mon lit à rêvasser. Je n'aimais pas sortir, et encore moins faire du sport ou des activités de groupe. Et malgré mes quelques amies au lycée, j'étais une fille assez solitaire et réservée, qui ne souhaitait qu'un peu de calme et détestait s'attirer des ennuis. Par conséquent, je jouais le rôle de fille modèle, ne répondant jamais aux professeurs, ne cherchant jamais la bagarre – j'avais plus l'habitude d'ignorer les gens qui se moquaient de moi ou me critiquaient. Ma garde-robe non plus n'était pas hors du commun, ne mettant jamais quoi que ce soit d'extravagant ou vulgaire, et m'habillant de façon simple : plus souvent en jupe ou pantacours qu'en pantalons, mes débardeurs ou t-shirts jamais décolletés, et en hiver des pulls banals – mais qui n'en restent pas moins féminins, je détestai m'habiller comme un garçon – ou des manteaux pas trop épais et discrets.
Je me tournai vers ma table de chevet et en sortis le bout de papier pour le regarder une vingtième fois. Une entrée pour une semaine à Disneyland Paris, voyage et hôtel compris. Une place pour une personne parmi les trois que j'avais gagnée quelques semaines plus tôt en participant à un concours. Mais en réalité l'idée d'aller là-bas ne m'enchantait pas plus que ça, j'aurai préféré gagner le deuxième prix, une console de jeu. Un voyage, c'était court et une fois terminé il ne restait plus que des souvenirs.
D'un autre côté, j'avais toujours rêvé de visiter ce parc d'attraction géant, et je n'aurai sûrement jamais d'autres occasions de le faire. C'est pourquoi dans une semaine je partirai avec ma mère et ma sœur, moi, Lucie Everain, seize ans depuis peu, fille banale et inintéressante habitant dans le centre-ville de Bayonne – une petite ville du Pays Basque, au Sud-est de la France.
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Voilà comment, quelques jours plus tard, j'étais dans le train, ma valise rangée dans un compartiment au dessus de moi, et serrant de mes maigres forces mon sac à dos posé sur mon ventre. Ma mère s'installa devant moi, à côté d'Angela, ma petite sœur de six ans aux cheveux noirs et bouclés – qui, malgré son nom et son joli visage, n'avait absolument rien d'un ange. Je sortit mon baladeur MP3 de la petite poche de mon sac et me plongeait dans ma musique tout le long du trajet. Angela se tournait parfois vers moi pour me faire des grimaces ou me jeter des crayons de couleur à la figure, et j'essayais de l'ignorer tant bien que mal – enfin plus mal que bien, ça avait beau n'être que des crayons ça restait douloureux. Finalement, mon supplice et le trajet s'achevèrent et nous sortirent toutes les trois du train. Je suivis ma mère sans trop regarder autour de moi, traînant ma valise avec peine. Il fallait dire aussi que je n'étais pas très forte ; la dernière de ma classe en sport, que ce soit athlétisme ou basket-ball. Même au lancer de frisbee, j'étais tout bonnement incapable de viser droit et envoyait mon projectile à vingt mètres de ma cible – si encore j'arrivait à le lancer convenablement et qu'il ne tombait pas misérablement au sol à vingt centimètres de moi.
Après quelques minutes de marche, nous arrivâmes à l'endroit que nous avait indiqué la responsable du concours pour entrer dans un taxi qui nous attendait. Le chauffeur prit ma valise et la rangea dans son coffre avec une facilité écœurante vu tout le mal que j'avais à la soulever moi-même. Je prit place à côté de ma sœur, qui s'amusait à présent à me donner des claques pour une raison inconnue, et dès que je levai ma main vers elle pour en faire autant elle se mettait à pouffer de rire en mettant ses mains devant elle pour se protéger. C'était assez honteux, mais même avec dix ans de plus je n'arrivai pas à lui rendre ses coups convenablement. Je crois même qu'elle avait plus de force que moi. Ne pas parvenir à rivaliser avec une fillette de six ans, ce n'était pas vraiment glorieux. Je m'arrêtai lorsque que je remarquai le sourire non contenu du conducteur quand il nous vit dans le rétroviseur.
Enfin, nous arrivâmes devant le parc. Après une longue marche jusqu'à notre hôtel, parsemée de plusieurs vérifications des entrées et autres contretemps, nous parvînmes enfin à l'hôtel New York (nom étrange pour un hôtel d'EuroDisney, d'ailleurs) en début de soirée. Nous montâmes jusqu'à nos chambres : par chance, je n'étais pas obligée de partager la mienne avec Angela. Je demandai à ma mère de me laisser tranquille car j'étais plutôt fatiguée, et visitai la petite pièce. Rien de très luxueux, mais j'avais un grand lit qui me semblait très confortable, une belle vue sur le parc Disney, et ma propre petite salle de bain. Je me dirigeai d'ailleurs vers celle-ci et croisai mon reflet. Mes cheveux châtain clairs, raides et détachés, tombaient en dégradé jusqu'au bas de mes épaules, mes yeux aux prunelles d'un bleu clair comme le ciel en été – ces yeux dont Angela était d'ailleurs particulièrement jalouse, elle qui avait hérité des prunelles noisette de notre défunt père –, mon visage petit et fin, impossible à confondre avec celui d'un garçon, ma peau heureusement dépourvue de toute imperfection, mais peut-être n'était-ce que la pâleur de ma peau qui masquait les petits défauts ? Puis je regardai mon corps, maigre et fin, totalement dépourvu de muscles. Je portait une jupe rose claire et un débardeur blanc simple sous une veste noire mais très fine et que je laissait ouverte tout le trajet, et des bottes blanches assez longues. Je ne supportait pas les tennis ou autres chaussures du genre, et ne portait en général que des bottes ou des sandales, m'autorisant quelque fois les converses lorsque je ne mettais pas de jupes.
Je soupirai et me dirigeai à nouveau vers mon lit. J'ouvrit ma valise et en sortit un débardeur et un short de pyjama – avec cette chaleur, ce sera suffisant pour la nuit. Une fois changée, je filai ensuite me démaquiller – je ne me barbouille pas trop la figure, mettant juste du mascara et du gloss, puisqu'un fond de teint n'irait pas avec ma peau blanche (la différence entre le visage et le corps serait trop choquante). Tout cela fait, je me brossai vite fait les dents et m'allongeai dans mon lit. Il n'était pas très tard, mais voyager m'avait complètement épuisée.
Je pensai déjà à ma journée de demain. J'espérais juste que ma mère n'allait pas me demander de garder Angela. Finalement, je ne mis pas beaucoup de temps avant de tomber de sommeil…
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