Auteur : Abby and Jes

Titre : L'empreinte de l'amour

Couple : Remus/Draco

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Draco, et Jes dans celle de Remus.

Statut : Finie à l'écriture. 13 chapitres

Bêta correctrice : The Great Victoria Grant

Résumé : Cette fameuse nuit du 30 juin 1997, quelques minutes avant sa mort, Albus Dumbledore avait proposé son aide au jeune Malfoy. Et si jamais Draco avait décidé d'accepter, s'il avait choisi de ne plus rentrer au manoir Malfoy ? Comment se seraient déroulés les événements ? Que serait devenu Draco ? Venez le découvrir…

Périodicité de publication : Un chapitre par semaine voir plus, si nous sommes gentilles.


Note Abby : Hello people. Merci à ceux qui nous ont laissés des reviews, ça fait toujours aussi plaisir de vous lire \^-^/. Voici donc le second chapitre de l'Empreinte de l'Amour. J'espère qu'il vous plaira. Enjoy !

Note Jes : Bonjour à tous, je suis heureuse d'être de retour. J'espère que ce chapitre vous plaira. Et vous donnera surtout envie de lire la suite. Sinon, soyez gentils… laissez un petit mot quand vous placez en alerte, ça vous prendrait deux secondes à peine. L'histoire est déjà finie, et rien ne nous oblige à la partager ^^ C'est très démotivant en tant qu'auteur de juste voir une alerte dans sa boîte mail pour un texte qu'il a travaillé et passé des heures à relire, et corriger.

Merci à Alissa21, honoka fumi, EleaSasha, red blood apple, stefanyboh, severine32, Caramellou, Melian-chan, anonyme28, Ewi, aosarah
pour leur review, mise en alerte et/ou favoris.


L'empreinte de l'amour

Chapitre 2

POV Remus

Les jours passèrent, cinq pour être exact.

Cinq nuits que j'avais passées sur le sol, sans dormir. Et j'étais à bout, n'ayant plus de force.

J'étais assis à table, mangeant lentement, n'ayant pas très faim. L'inquiétude que je ressentais pour Draco était présente, trop présente.

J'avais aussi commencé à le voir comme il était. La personne que mon loup voulait pour elle et... c'était devenu Draco, bien que je n'osais pas l'appeler ainsi.

« Professeur, fit Hermione qui nous avait rejoint. »

Elle avait lancé un sort d'oubliette sur ses parents.

Nous pûmes tous comprendre son geste, mais je n'arrivais juste pas à comprendre comment elle avait pu trouver le courage de le faire.

« Oui, soufflai-je.

- Vous avez une mine affreuse, vous devriez vous reposer. »

Je secouai la tête et aperçus la mine inquiète d'Harry. Je soupirai, et regardai ensuite Draco, qui reprenait des couleurs grâces aux nuits qu'il pouvait passer tranquillement.

Ce dernier me fixait étrangement, apparemment attentif aux commentaires des autres. Harry lui lança un regard indéchiffrable et Draco leva les yeux au ciel avant de se lever tout court et de commencer à partir. Cependant, il s'arrêta à la porte et se tourna vers moi avant de souffler, agacé :

« Quand vous aurez fini de manger, venez me voir, je voudrais vous parler de quelque chose. »

Il n'attendit aucune réponse de ma part et sortit sans un regard en arrière.

Je voulus me lever pour le rejoindre, mais Harry dit :

« Il a dit quand tu as fini, ce qui n'est pas le cas. Mange au moins un peu Remus.

- Harry, soufflai-je.

- Tu dois manger. Et tu n'as pas à céder à tous ses caprices non plus. »

Je baissai la tête, comme pris en faute et me dis que terminer mon assiette me ferait le rejoindre plus rapidement.

Je me fis penser à un enfant et cela me fit sourire intérieurement, n'ayant pas vraiment eu une enfance comme les autres.

Je remerciai aussi Molly et Arthur de ne rien ajouter, les autres adultes étant repartis à leurs occupations, ils ne restaient plus qu'eux et moi.

Quand j'eus vidé le contenu de mon assiette, mon ventre lourd me donna juste envie de me poser quelque part pour faire une sieste. Je m'excusai de table et montai dans sa chambre.

Je le retrouvai assis sur son lit, appuyé contre le mur. Il me jeta un regard et posa son livre.

Cela devait d'ailleurs être son préféré, car il ne lisait que ça depuis que j'étais ici.

Il se leva ensuite, se postant devant moi, et me fixa attentivement. Il soupira enmontrant le lit puis dit :

« Agrandissez-le.

- Pardon ? »

J'avais certainement dû mal entendre.

« Le lit, rendez-le plus grand. Je n'ai pas ma baguette alors je ne peux pas le faire moi-même.

- Pourquoi donc voudrais-tu un lit plus grand ? Demandai-je.

- Arrêtez de poser des questions et faites-le d'accord ?! Le double ce serait bien mais faites ce que vous pouvez. »

J'espérais qu'il ne me demandait pas ça pour ce que je croyais, il en était hors de question. Mais je me tus et fis ce qu'il voulait, mais... je ne pus l'agrandir que d'une trentaine de centimètre.

« Peut-être devrais-tu demander à quelqu'un de plus compétant. Je n'ai jamais été bon pour ce genre de sort.

- Non c'est bon, ça suffira, marmonna-t-il en retournant s'asseoir sur son lit. »

Il reprit sa lecture avant de tapoter la place à ses côtés d'un air absent. Il ajouta ensuite :

« Vous attendez quoi ? Une invitation officielle ?

- Non. Et ne pense même pas que je vais m'y installer, dis-je en prenant place au sol comme d'habitude.

- Debout ! Ordonna-t-il durement, ses yeux lançant des éclairs. Et venez vous coucher, maintenant ! Si ce n'est pour vous, faites-le au moins pour moi. Parce que quand vous allez vous écrouler de fatigue, vous ne me serez plus vraiment utile. »

Il ne comprenait pas.

Je ne pouvais pas me permettre d'être dans le même lit que lui, je perdrais du terrain sur le monstre en moi et je ne pouvais pas. Pas quand je n'arrivais plus à comprendre les raisons pour lesquelles cela était une mauvaise chose.

Pas quand, les nuits passées à le regarder, j'avais eu envie de poser mes lèvres contre les siennes.

Je secouai donc la tête, tournant ensuite le regard pour le fixer sur la fenêtre.

« Bon sang Lupin, je ne vous ai pas demandé de me baiser ! Ramenez vos fesses ici parce que si vous mourrez de fatigue, ça va encore me retomber dessus.

- Je ne pourrais pas me retenir, avouai-je. Je préfère donc rester au sol. Et évite, s'il te plaît, de lui mettre des images dans la tête, finis-je soudain en colère tout en le regardant. »

Il soupira et balança son livre au sol avant de se lever.

« Vous êtes fatiguant, vous le savez ça ?! Vous allez finir dans ce lit parce que vous en avez besoin, alors si vraiment vous avez peur de me violer, je vais me mettre par terre. Ou mieux, je vais me trouver une chaise quelque part et la ramener dans cette foutue chambre. Maintenant allez vous coucher ! Grogna-t-il avant de passer à côté de moi pour sortir de la chambre. »

Considérant le fait que peu importe les solutions s'offrant à moi, j'allai être perdant, je me dis qu'aller dans ce foutu lit était la meilleure chose, car j'étais vraiment très fatigué.

Je m'allongeai sur les draps et soupirai d'aise en sentant le matelas sous moi et l'oreiller sous ma tête. Je fermai les yeux quelques secondes puis les rouvris, sentant déjà la tension et la fatigue dans mes muscles s'apaiser. Je me détendis et refermai les yeux pour un petit instant.

Quand je les ouvris à nouveau, le soleil n'éclairait plus la pièce et je pus remarquer qu'il faisait complètement noir dehors. Je me tournai un peu et tombai sur son visage endormi.

Sa main était posée sur mon bras découvert et sentir sa peu si douce contre moi, voir son visage serein, rendit le monstre content.

Je soupirai et bougeai un peu, me plaçant face à lui, tout en gardant un contact avec sa peau.

Je me mis une fois de plus à apprendre les traits de son visage par cœur et arrivé à sa bouche, cette pulsion revint.

Je fermai les yeux, voulant l'enfouir au plus profond de moi, mais sentir la chaleur de son corps inonder le mien en sa totalité, me rendait juste incapable de garder la tête froide.

J'avançai un peu, mais stoppai à quelques centimètres de son visage, essayant de cesser cette approche, de reculer, voire de quitter le lit. Mais je n'avais plus de volonté, je n'avais plus cette retenue des jours précédents.

L'autre avait gagné du terrain.

Je comblai alors la distance entre nous et posai ma bouche sur celle si tentante de Draco, en un touché aérien.

Je reculai ensuite, décidant que cela était suffisant et tentai de me recoucher, mais il en voulut plus, bien plus.

Je grognai un peu et tentai de faire le vide dans mon esprit pour entrer en méditation, mais la seule chose que je voyais dans ma tête, était sa bouche.

Juste sa bouche.

Je ne devais pas succomber mais c'était si tentant de me laisser juste aller une fois de plus.

Je ne résistai pas longtemps, juste quelques minutes avant de reposer mes lèvres contre les siennes plus longuement, impuissant face à mon loup.

Il poussa même le vice à les lécher avant de bouger contre elles.

POV Draco

Une chaleur humide contre mes lèvres me réveilla et encore à moitié-endormi, je répondis à ce que je finis par identifier comme étant une bouche contre la mienne.

Ma prise se raffermit sur le bras chaud alors que ma langue se liait avec une autre. Je gémis et un grognement me répondit.

Je me reculai instantanément, reprenant mes esprits.

Je secouai la tête pour effacer les dernières traces de sommeil et me retrouvai ensuite face à un Lupin visiblement surpris.

Il m'avait embrassé.

Je savais que je devrais être furieux et probablement commencer à crier, mais j'avais aimé ça, alors ce serait probablement hypocrite. Bon sang, j'en avais même rêvé de ces foutus baisers.

Passer tout mon temps avec Lupin m'avait forcé à le voir autrement, et j'aimais bien ce que j'avais découvert, probablement même un peu trop.

Je regardai l'heure sur le réveil et gémis presque en me rendant compte qu'il n'était que trois heures du matin. Je me passai les mains sur les yeux puis me laissai retomber contre le matelas.

Je réalisai que j'avais lâché Remus et reposai immédiatement la main sur son bras, préférant ne pas m'attarder sur le fait que j'en avais probablement plus envie que réellement besoin pour le moment. Cela sembla néanmoins le faire réagir car il recula à son tour et manqua de peu de tomber du lit.

« Je suis désolé, je n'aurais pas dû. Je suis impardonnable. Ce que je viens de faire, ce qu'il... Pardon. »

J'attrapai sa main et le tirai vers moi, l'éloignant légèrement du bord du lit, avant de souffler :

« Écoutez... il est trois heures du matin et je n'ai qu'une envie, me rendormir. Alors je propose qu'on se rendorme et qu'on voit ça demain... pour peu que ce soit bien la réalité. »

Il hocha la tête et déglutit, avant de dire :

« Je ferais peut-être bien de retourner sur le sol.

- Non, et on ne va pas recommencer à se battre à propos de ça. Vous fermez les yeux, comptez les Hippogriffes et bonne nuit. »

Je gardai ma main sur la sienne et fermai les yeux pour me rendormir.

Ce qui commença d'ailleurs à très bien fonctionner jusqu'à ce que je sente Lupin s'agiter à mes côtés. Il bougea et je le laissai changer de position sans râler avant que le sommeil ne m'emporte une fois de de plus.

Sauf que Lupin continua de s'agiter pour une raison qui m'était complètement inconnue et cela commençait sérieusement à m'agacer. Je soupirai bruyamment et il cessa tout mouvement.

Je souris et essayai de me rendormir en me concentrant sur le seul bruit environnant, soit la respiration de la personne à mes côtés mais je me rendis rapidement compte qu'elle était tout sauf calme et mesurée.

Il allait me tuer. Ou me forcer à le tuer, au choix.

« C'est quoi, votre problème ? Marmonnai-je, la tête à moitié enfouie dans l'oreiller.

- Draco, je devrais quitter ce lit. J'ai dû mal à le contenir. Maintenant qu'il y a goûté, il en veut encore. Je ne peux pas le retenir plus longtemps. Je n'en ai pas la force.

- Et moi je n'ai ni la force de coucher avec vous maintenant, ni celle d'affronter Tête de Serpent si vous partez alors... je n'en sais rien, on ne pourrait pas genre trouver un compromis, histoire que je puisse finir ma nuit ?! »

Il fut soudain proche de moi, je pus le sentir à la chaleur qui balaya mon corps.

« Ne répète surtout pas ce que tu viens de dire Draco. Par Morgane, n'as-tu donc aucun instinct de survie.

- Arrêtez avec les drames d'accord ?! Un compromis, c'est possible ?! »

Il plaqua sa bouche contre la mienne, passant une de ses mains derrière ma nuque.

Je le laissai faire quelques secondes, profitant moi aussi du baiser même si j'étais un peu trop fatigué pour être totalement alerte, avant de reculer d'autant que sa main sur ma nuque me laissa faire, c'est à dire pas beaucoup.

« Ça veut dire oui ?! »

Il m'embrassa de nouveau, enfouissant sa langue au plus profond de ma bouche, me rapprochant de lui, jusqu'à coller nos corps ensemble.

Je soupirai intérieurement, faisant mentalement une croix sur ma fin de nuit paisible, tout en lui rendant son baiser. Même si ce n'était absolument pas ce que j'avais prévu, c'était tout de même plus agréable que de me retrouver tordu de douleur à cause de Tête de Serpent.

Je gémis alors qu'il se frottait contre moi.

Beaucoup plus agréable.

Je passai mes bras autour de son corps et l'embrassai à mon tour sans vraiment m'inquiéter de ce que je faisais ou même penser aux conséquences de mes actes. La peau de Lupin était bien plus chaude que la mienne et même si elle n'était pas particulièrement douce, je trouvais cette rugosité étrangement excitante.

Je n'avais aucune idée de comment j'avais pu me retrouver à vouloir embrasser Remus Lupin, mais j'y étais.

Il s'éloigna une seconde et j'en profitai pour reprendre ma respiration. Il revint immédiatement se coller contre moi et je compris qu'il venait de retirer son t-shirt en sentant la peau chaude de son torse sous mes doigts. Il lécha mes lèvres de sa langue et j'ouvris la bouche pour que nous puissions nous embrasser correctement. Ses mains passèrent sous mon haut et une minute plus tard, il grogna et arracha littéralement ce dernier avant de recommencer à me caresser.

Mon cœur battait la chamade et j'avais de plus en plus de mal à réfléchir correctement mais tout ce que je savais, c'était que je ne voulais pas coucher avec lui, pas ce soir. Et vu comment il s'emballait, j'étais certain que c'était précisément ce qu'il avait en tête. J'essayai de reculer mais il grogna et me maintint contre lui en reposant sa main sur ma nuque.

J'arrêtai de l'embrasser et attrapai son bras pour tenter de le faire lâcher prise.

Oui, merveilleuse idée, ce n'était pas comme s'il avait une super force de loup-garou. J'insistai cependant et plantai mes ongles dans son bras avant de souffler :

« Lupin, non. Arrête. »

Il sembla revenir à lui et se recula, tombant cette fois-ci du lit. Il resta au sol et dit, tout en gardant le contact avec mon bras :

« Le sol est préférable.

- Non, le sol n'est pas préférable. J'ai parlé d'un compromis, vous vous souvenez ? Vous partagez votre corps avec un animal, vous devez être habitué à en faire maintenant, non ?!

- Tu ne comprends pas Draco. Je n'ai jamais réussi à faire de compromis avec lui. Il me noie, m'avale tout entier depuis mon plus jeune âge. Je ne fais que le subir jour après jour, plus ou moins facilement. Mais depuis que tu es là, il... il est devenu incontrôlable. Je vais rester sur ce sol, pour ton bien et le mien.

- Vous me gonflez, mais vraiment. On ne va pas recommencer cette discussion encore et encore jusqu'à ce que l'un de nous ne meure. Vous montez sur ce lit, maintenant ! Je suis sérieux, ajoutai-je en voyant qu'il ne bougeait pas.

- Draco, cesse de jouer les petits égoïstes. Je ne veux pas ça, fit-il en me montrant du doigt. Ne me force pas à agir contre ma volonté. Tu t'allonges, tu dors et demain, je serais calmé.

- Je joue les égoïstes ? Moi ? Vous êtes sérieux là ?! Je veux que vous soyez reposé et pas un zombie ambulant, en quoi exactement est-ce égoïste ? Si je ne peux pas discuter avec vous, autant me passer le loup, lui et moi on s'entendra peut-être.

- Arrête de dire ça ! S'exclama-t-il en colère, tout en se relevant et de ce fait, me lâchant. »

Il semblait en colère pour une des rares fois où je l'avais vu. Je ne me souvenais même pas d'un précédent.

« Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Tu ne sais pas ce que j'endure en ce moment pour qu'il reste loin de toi et ne te prenne pas sur le lit, faisant fi de tes envies. Alors, laisse-moi agir pour le mieux.

- Mais vous n'agissez pas pour le mieux ! Il vous demande un gâteau entier et plutôt que de lui donner une part, c'est à peine si vous lui jetez une miette ! Il ne m'a pas violé, et vous m'avez lâché ! Montez sur le lit, prenez-moi dans vos bras si vous voulez, et dormons. S'il vous plaît. »

Il ferma les yeux et secoua la tête, pourtant, au bout d'une longue minute, il revint sur le lit, éloigné de moi malgré tout.

Il souffla :

« Ne m'en demande pas plus, je ne sais pas comment il réagirait.

- Comme vous voulez ! Dormez maintenant.

- Bonne nuit, souffla-t-il. »

Je marmonnai une réponse vague et fermai les yeux. Je craignis qu'il ne me faille longtemps pour parvenir à retrouver le sommeil suite à ce qu'il venait de se passer mais ce ne fut pas le cas. J'étais trop fatigué et énervé pour veiller plus longtemps.

OoOoOoOoO

Une porte claqua et me fit sursauter puis j'entendis un hoquet de stupeur. Je me figeai en sentant un corps chaud collé contre mon dos et des bras se resserrer autour de moi mais je me détendis en remarquant que c'était Lupin.

Il avait glissé une de ses jambes entre les miennes et avait sa tête dans mes cheveux, si bien que je sentais sa respiration contre mon crâne.

J'ouvris les yeux, encore à moitié-endormi et remarquai Potter figé devant la porte de ma chambre. Bien, magnifique, il fallait que ce soit lui qui me trouve dans les bras de Lupin alors qu'on était tous les deux à moitié nus.

Je soupirai et bougeai un peu dans l'optique de réveiller l'homme derrière moi mais il se contenta de resserrer sa prise sur moi. J'essayai de me défaire de ses bras mais il était semble-t-il bien accroché, alors je lui donnai un léger coup de coude dans le ventre.

« Lupin, ce serait gentil de me lâcher maintenant. Lupin ! »

Il grogna, toujours à moitié endormi et je soupirai en avisant l'expression de Potty qui n'avait toujours pas bougé.

« Lupin ! Potter est là ! »

Cela sembla le réveiller car il se décolla de moi et dit :

« Bonjour Harry.

- Bon-bonjour Remus. Il y a... hum... ce serait bien que tu descendes, seul. Il a encore frappé. »

Il me lâcha et demanda :

« Cela te fait-il mal ?

- Non non c'est bon allez-y, j'ai besoin d'une douche de toute façon. »

Il se leva et quitta la chambre avec Potter. Non sans me jeter un regard juste avant de refermer la porte.

Je me redressai et me passai la main sur le visage pour tenter de m'éclaircir les idées.

Après quelques minutes, je me levai et allai à la salle de bains où je pris une douche qui me fit un bien fou.

Je sortis quelques minutes plus tard de la baignoire et enfilai une serviette autour de mes hanches avant de tomber à genou, surpris par la douleur dans mon bras.

Merlin, il ne pouvait pas me laisser tranquille dix minutes ?!

Je retins un gémissement alors que la douleur amplifiait de plus en plus vite.

J'essayai de me redresser, en vain. Je sentais déjà que mon cœur avait du mal à suivre et des tâches noires dansaient devant mes yeux.

À peine vingt secondes plus tard, je m'évanouis.

POV Remus

Une fois arrivé en bas, j'avais été demandé sur le terrain, afin d'aider. Je m'étais habillé hâtivement, et avais suivi les Aurors.

Un village de sorciers avait été touché cette nuit, avec beaucoup de morts. Des maisons avaient été détruites et des familles tuées.

Une fois sur place, voir les corps allongés au sol, me donna mal au cœur.

Personne ne méritait ça.

« Lupin, on a réussi à suivre quelques Mangemorts, il nous faut de bons combattants. »

Je hochai la tête et rejoignis Alastor. Il nous fit transplaner, avec d'autres Aurors sur les lieux. Nous étions en pleine campagne, devant une ferme.

Nous élaborâmes une attaque et j'étais prêt à avancer, quand mon cœur me fit gémir de douleur.

Alastor fut près de moi rapidement, me demandant ce que j'avais mais je ne pouvais pas répondre, ayant beaucoup trop mal.

Je tombai à genoux, griffant la terre, et les gens s'amassant autour de moi me donnèrent envie de me transformer pour les détruire, tous autant qu'ils étaient. Et cela me fit peur, je n'étais pas comme ça.

J'eus l'impression que mon cœur était en train de se déchirer, subissant lui aussi une transformation et je criai, avant qu'un Auror ne plaque sa main sur ma bouche, tout en paniquant.

Je vis noir, et ma tête me tourna puis soudain, je sus.

Je me relevai, avec difficulté et titubai quelques mètres avant de transplaner, risquant de me désartibuler.

Arrivé devant le Square Grimmaurd, me fichant d'être vu par des moldus, je me trainai avec difficulté, mon cœur n'ayant pas cessé de me broyer les entrailles, et frappai à la porte, cette dernière étant verrouillée.

Quand l'un des jumeaux vint ouvrir, je le bousculai et tombai au sol, crachant du sang.

Je fus soudain entouré par les Weasley et la seule chose que je pus murmurer avant de tomber dans l'inconscient fut « Draco ».

OoOoOoOoO

Mon corps était encore plus douloureux qu'après les transformations et je ne pus que gémir.

Je tentai de me relever, mais une main s'aplatit sur mon torse et une voix, que je reconnus comme étant celle d'Harry, me dit :

« Ne bouge pas, tout va bien.

- Qu'est-ce... »

Je me léchai les lèvres et tentai d'avaler, mais ma gorge était sèche et douloureuse. Je repris néanmoins :

« Que s'est-il passé ?

- Et bien, il semblerait que Voldemort ait attaqué Malfoy pendant que tu étais parti.

- Comment va-t-il ? Demandai-je en essayant de me relever. »

Je n'avais pas l'habitude de ne plus sentir mon corps comme ça, ou plutôt, de le sentir si douloureux.

« Arrête de t'agiter ! Il s'est évanoui et apparemment, ça t'a fait quelque chose à toi aussi. Est-ce que... c'est normal ? »

Je tournai la tête, percevant une respiration contre mon cou et le vis là, endormi.

« Je... je ne sais pas. C'est nouveau pour moi. Il n'avait… enfin, nous n'avions jamais ressenti ça, marmonnai-je en levant la main et en la posant sur les cheveux de Draco. »

Ce dernier s'agita un peu, s'appuyant inconsciemment contre ma main, mais il ne se réveilla pas.

« Combien de temps suis-je resté inconscient ? Demandai-je en regardant de nouveau Harry.

- Un peu plus d'une heure... tu m'as vraiment fait peur Remus.

- Je suis désolé. Pour tout, ajoutai-je en regardant de nouveau Draco. Je pensais être assez fort pour le contenir, l'empêcher. Mais je suis juste à sa merci. Je sais que cela fait de moi un monstre encore plus que d'habitude, mais je ne peux plus... l'apaiser. Pas après ça. »

Je sentais la bête en moi réclamer Draco, vouloir le protéger. Je ressentais même le besoin d'aller tuer Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, mais je savais que j'y laisserais la vie et cela suffisait à me convaincre de rester ici, afin de le protéger.

« Tu n'es pas un monstre Remus. Arrête de répéter ça. Je sais que mes parents n'ont jamais pensé une telle chose de toi, ni Sirius. C'est juste... je ne pensais pas que vous étiez liés... à ce point. Je veux dire, le loup-garou et la personne qu'il veut. »

Je croisai le regard de Draco qui cligna des yeux plusieurs fois avant de marmonner, la voix pâteuse :

« Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Tu as subi une nouvelle attaque alors que j'étais parti. »

Je regardai ensuite Harry et secouai la tête avant de dire :

« Je ne le savais pas non plus Harry. J'avais toujours refusé cette partie de moi, enfin la sienne.

- Et du coup... qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Harry en nous regardant Draco et moi. Vous allez devoir rester collés jusqu'à ce que je tue Voldemort ? Et après ? Et... si l'un de vous meurt, l'autre aussi ?! »

Je me tendis, la bête en moi commençant à s'énerver à l'idée qu'il perde Draco.

« De chagrin, répondis-je malgré tout.

- Magnifique, grogna Draco. »

Je me tournai et le regardai, triste de lui faire subir ça. Puis, je fermai les yeux, me rendant compte que c'était moi qui ressentais cette tristesse, et pas la bête en moi.

Alors, comme ça, mon loup commençait à gagner du terrain.

« Harry... laisse-nous s'il te plaît, demandai-je en ouvrant les yeux et en les ancrant à ceux de Draco. »

Je l'entendis sortir mais ne pouvais pas détourner mon regard de celui de Draco, qui semblait toujours un peu groggy.

Je posai la main sur l'emplacement de son cœur, soulagé d'entendre qu'il battait normalement. Je soupirai et rapprochai mon corps du sien, sans toutefois le toucher.

Je restai ensuite silencieux, là, le regard plongé dans le sien, me sentant bien, apaisé.

Je pus me souvenir de cette douleur et compris enfin qu'il avait dû ressentir la même à cause de la marque. Il avait même dû souffrir plus que d'habitude pour que mon loup réagisse ainsi. Il avait certainement failli faire un arrêt cardiaque ou l'avait même fait.

Je fermai les yeux, rapprochant mon visage du sien pour le sentir. Son souffle balaya mon visage et ma main, posée jusqu'à alors sur son torse, par-dessus son habit, migra vers son cou, que je caressai délicatement.

Sentir son pouls, sa douceur, tout cela me rendait fou.

La bête en moi était demandeuse, voulant se rassurer sur la santé de Draco et j'en ressentais aussi le besoin. Dans mon ventre, tout était noué, ma tête était lourde, mon cœur douloureux. Mais le toucher et le sentir frissonner sous mes doigts calmaient tout ça.

Je rouvris les yeux, mon visage avançant quelques millimètres et bientôt, sans pouvoir attendre ou reculer, voir même l'empêcher de le faire, je posai ma bouche contre la sienne.

Il resta figé une seconde ou deux avant de me rendre mon baiser et de commencer à bouger ses lèvres contre les miennes.

Je n'attendis pas plus et l'embrassai entièrement, plaquant nos corps ensembles. Ma langue fouillait sa bouche et ma main quitta sa nuque pour caresser son dos, descendant jusqu'à ses fesses, qu'elle palpa, me donnant la sensation d'être encore plus un monstre d'aimer ça.

Oh que oui, j'aimais ça.

Ce qui n'aurait jamais dû arriver.

Je me reculai, voulant reprendre du terrain, ne pas le laisser gagner sur moi. Mais les joues rougies de Draco me firent revenir contre sa bouche, plus brusquement que je ne l'aurais voulu.

Je me sentis perdre, alors que je pouvais sentir mon corps se frotter contre le sien.

Je me dégoûtais en cet instant, plus que tout au monde.

Ma bouche réussit à quitter ses lèvres et elle alla contre son cou, où je pus respirer son odeur.

Mes hanches cessèrent aussi de se frotter à lui, et j'en fus heureux, bien plus que ça même.

Je me calmai, et sursautai presque en me rendant compte que j'avais glissé la main dans son pantalon pour caresser ses fesses.

Que Merlin me pardonne.

Je me reculai complètement, retirant ma main également et pris trois grandes inspirations avant de reculer encore, laissant trente bons centimètres entre nous.

Je rouvris ensuite les yeux et remarquai que les siens étaient toujours braqués sur moi.

« Je pourrais franchement me vexer que vous ayez toujours l'air si dégoûté après m'avoir touché ou embrassé.

- Pourquoi ne l'es-tu pas ? Demandai-je grandement surpris. Dégoûté de mes gestes, clarifiai-je.

- Ce serait grandement hypocrite de ma part, je suppose. Parce qu'on ne peut pas vraiment dire que je vous repousse...

- C'est... juste, remarquai-je. Tu devrais me repousser. Je pourrais être ton père. Je... »

Je me tus, ne trouvant rien de plus à dire. Et puis, mon loup était en colère contre moi, je pouvais le sentir au plus profond de mon être.

« Mon père m'a eu jeune. Et vous êtes plus jeune que mon père. Je ne dis pas que je suis particulièrement content de la situation mais... ça aurait pu être pire, je suppose.

- Comment ça pourrait pu être pire ? Demandai-je tout en me collant de nouveau à lui, le loup en moi l'exigent. »

Et j'étais trop fatigué pour le contenir ou lui refuser.

« J'aurai pu tomber sur Potter... ou Weasley. Ou Greyback. Avouez que comparé à ça, vous êtes plutôt un bon parti. »

Il rit doucement d'abord puis explosa de rire. Ses joues rougirent et des larmes commencèrent à couler de ses yeux tellement il riait. Au bout de quelques minutes, il prit quelques fortes inspirations et reprit ses esprits, un rictus toujours aux lèvres.

« Cela dépend des points de vue. Harry ou Ron sont mieux que moi. Pour ce qui est de Fenrir, sifflai-je, ce monstre mérite la mort. Alors je suis bien mieux que lui, même si moi non plus, je ne devrais pas exister.

- Potter et Weasley ne sont pas mieux que vous. Pas de mon point de vue du moins. Au moins vous, je ne vous connaissais pas vraiment et ne faisais que vous mépriser, plus par habitude qu'autre chose je présume. »

J'enfouis la tête contre son cou, le faisait sursauter face à mon geste, et le serrai dans mes bras, respirant son odeur.

Je fermai les yeux et pus sentir une larme couler.

Je savais que je devais être plus fort, que je devais me retenir. Pour les gens qui m'avaient aimé. Pour mon père et ma mère, pour James, Lily et Sirius. Pour Albus et tout ce qu'il avait fait pour moi.

Mais je ne pouvais pas, je ne pouvais plus.

La bête en moi, ce monstre avec qui j'avais réussi à cohabiter, ne voulait plus rester en arrière en dehors des pleines lunes. Il ne voulait pas que je le garde dans un coin, faisant comme s'il n'était pas là.

Et je n'étais tout simplement plus assez fort mentalement pour le laisser. Je n'étais plus assez fort pour m'éloigner.

Parce que... j'avais une chance d'aimer comme je ne m'étais jamais laissé à imaginer ou souhaiter. Parce que j'avais une chance, aussi infime soit-elle, d'être aimé en retour de la même manière.

« Pardonne-moi, soufflai-je en le serrant encore plus contre moi. »

POV Draco

Je serrai les dents en sentant Lupin pleurer contre moi, n'ayant aucune idée de ce que j'étais censé faire.

Un mode d'emploi n'aurait sincèrement pas été du luxe mais j'allais apparemment devoir faire sans.

Lupin n'était pas si mal que ça.

Bon sang, ma vie était vraiment devenue n'importe quoi pour que j'en vienne à penser à Lupin de cette façon.

J'avais imaginé la tête que feraient mes parents si je leur présentais le loup-garou à mes côtés comme un bon parti et j'avais explosé de rire. La douleur lancinante que je ressentais encore dans mon bras et la migraine qui m'avait assailli depuis mon réveil alliées à ma fatigue faisaient que j'étais à bout de nerfs et ma crise de rire m'avait un peu calmé.

Je fermai les yeux, essayant de ne pas trop penser au corps contre moi et à mon érection toujours présente depuis notre baiser.

Lupin me demanda de lui pardonner et je levai les yeux au ciel en soupirant. Il était vraiment un grand fan des drames.

« Lupin, je me souviens assez de mes cours sur les loups-garous pour savoir que ce n'est pas votre faute. Ni votre transformation, ni ce qu'il se passe avec moi. Vous... vous avez été assez gentil pour ne pas me juger sur ce qui n'était pas mes choix, je fais juste pareil. Maintenant reprenez-vous.

- Tu... tu as raison, fit-il en embrassant mon cou.

- J'ai toujours raison.

- Ça reste encore à prouver. »

Je reculai légèrement et lui adressai un regard plein de défis. J'allais répliquer quelque chose quand il me sourit doucement et je me mis à fixer ses lèvres, oubliant ce que je voulais dire. Je les imaginai immédiatement autour de ma queue, glissant et...

J'inspirai profondément et fermai les yeux, pour m'enlever cette idée saugrenue de la tête.

Par Merlin, comment en étais-je arrivé à penser à ça ?!

Je soupirai en clignant des yeux mais de nouveau, je ne vis que ses lèvres, et envoyant balader tout mon bon sens, je collai ma bouche contre la sienne. Il répondit à mon baiser et rapidement, je fus sur le dos, lui entre mes jambes.

Je gémis quand il colla son bassin contre le mien et je commençai à me frotter contre lui. C'était meilleur que je n'aurais jamais pu l'imaginer.

Être avec lui n'était en rien comparable avec ce que j'avais ressenti avec mes précédents amants. Pas que j'avais eu le temps d'en avoir beaucoup mais ça... ça c'était bien meilleur.

Sa bouche glissa dans mon cou et je me cambrai quand il me mordit plus ou moins délicatement. Je m'humidifiai les lèvres et tentai de le repousser avec plus ou moins de conviction.

Je ne voulais pas ça.

Bon en fait si, je voulais vraiment beaucoup ça mais pas... maintenant, et pas de cette façon-là. Je le connaissais à peine par Merlin.

« Lupin, murmurai-je, à bout de souffle, stop. »

Il ne m'écouta pas et continua à frotter son érection contre la mienne et à lécher et mordiller mon cou. Je gémis en ressentant une nouvelle vague de plaisir et ne me souvins que vaguement pourquoi j'avais voulu qu'on arrête.

Je ne voulais toujours pas qu'on couche ensemble, mais on pouvait toujours continuer ce qu'on avait commencé là, non ?!

Tant qu'il ne décidait pas d'aller plus loin, je pouvais largement accepter cela.

Il passa ses mains sous mon t-shirt, caressant mes flancs et mon ventre sans grande délicatesse et j'adorais ça. Je me mordis la lèvre inférieure pour retenir un autre gémissement et m'accrochai à son cou alors que je sentais la jouissance se faire de plus en plus proche.

Je me cambrai en sentant une vague de plaisir plus forte que les autres qui emporta tout sur son passage.

Je me rendis vaguement compte que Lupin jouissait lui-aussi et m'échouai lamentablement sur le matelas, le souffle court et le cœur battant à toute allure. Il allait vraiment falloir que je le ménage par contre, parce que sinon, il risquait de me lâcher avant la fin du mois.

Lupin resta entre mes jambes un moment sans cependant faire peser son poids sur moi. Il posa ensuite son oreille contre mon cœur et caressa mes flancs doucement tout en reprenant lui aussi son souffle. Ce qu'il fit beaucoup plus rapidement que moi.

Après une ou deux minutes, je le sentis se tendre contre moi et comprenant qu'il reprenait probablement ses esprits, je passai les bras autour de lui avant de murmurer :

« Ne vous avisez pas de vous enfuir. »

Il ne bougea pas mais resta tendu pendant encore quelques minutes jusqu'à ce que j'ai pitié de lui et le laisse se décaler. Il roula sur le côté et se mit sur le dos, fixant le plafond.

J'attendis qu'il dise quelque chose mais réalisant que ce n'était visiblement pas dans ses plans, je lui demandai :

« Ça va ?

- Je... Oui, ça va. Je réalise juste ce qu'il vient de se passer.

- Et qu'est-ce qu'il vient de se passer, d'après vous ?

- Quelque chose de tout nouveau pour moi.

- Tout nouveau ? Genre... comment ça, tout nouveau ?! »

Il se tourna vers moi et sembla réfléchir à comment me répondre avant de souffler :

« Je n'ai jamais vécu ça, seul ou avec quelqu'un. Je me l'étais toujours interdit. »

J'ouvris la bouche, prêt à dire quelque chose, avant de la refermer tout aussi vite. Jamais ? Jamais ?!

« Oh je... je suis désolé Lupin, je ne pensais pas que... je ne voulais pas... Merlin.

- Mais c'est fait, lâcha-t-il tout en soupirant. »

Je fronçai les sourcils, agacé, et me redressai avant de rétorquer :

« Ce n'est pas de ma faute ! Vous n'avez pas le droit de me mettre ça sur le dos ! Vous n'avez pas arrêté de me coller et de m'embrasser et de... Comment j'étais censé deviner moi ?

- Est-ce que je t'ai reproché quelque chose ? Demanda-t-il en tournant la tête vers moi. Et désolé de t'avoir collé et embrassé. J'éviterai de le faire à l'avenir, finit-il la voix plus rauque.

- Rah, m'énervai-je, ce n'est pas ce que j'ai dit ! Ou enfin si mais... Vous regrettez ! Vous faites tous ces trucs et ensuite vous vous en voulez ou vous m'en voulez à moi ou... je ne comprends même pas ce que vous faites toujours là si je vous dégoûte à ce point.

- Tu ne me dégoûtes pas et je me trompe peut-être, mais c'est toi qui t'énerve. Moi, je suis juste là, allongé, encore étourdi par cette première expérience charnelle. Je suis là, près de toi, je ne désire pas partir. Veux-tu que je parte ? Termina-t-il en me regardant de ses yeux brillants. »

Je me laissai retomber sur le matelas en soupirant.

Oui je m'énervais mais j'avais de bonnes raisons.

Première expérience charnelle... si j'avais su. Je n'étais pas sûr que je l'aurais repoussé mais j'aurais fait les choses... différemment. Pourquoi fallait-il que tout soit toujours aussi compliqué ?

« Vous êtes tout le temps... bon déjà, vous savez quoi ?! Je vais arrêter les « vous » parce que ça devient vraiment bizarre après ce qu'il vient de se passer. Donc, tu es tout le temps tendu. Comment suis-je censé interpréter ça ?! Et tu n'arrêtes pas de répéter que c'est seulement le loup en toi qui me veut alors que moi je... »

Je m'interrompis, pas certain de savoir comment j'avais prévu de terminer ma phrase de toute façon. Alors que moi quoi ? J'en avais envie ?! Hm, définitivement pas quelque chose que j'étais prêt à admettre à voix haute.

Je le vis du coin de l'œil se tourner vers moi et soudain, sa bouche embrassa mon cou et une voix me murmura au creux de l'oreille :

« Je n'ai jamais accepté le monstre en moi, mais je sais inconsciemment que lui et moi ne formons qu'un. C'est lui qui en te voyant a su, lui qui te veut. Mais... je fais partie de lui autant qu'il fait partie de moi. Et oui, c'était ma première fois, mais je ne la regrette en rien. »

Sa bouche commença à parsemer mon cou de baisers et je laissai ma tête partir en arrière, lui donnant un meilleur accès.

« Je n'accepte pas, tu es trop jeune, je suis trop vieux. Je suis un monstre alors que tu es magnifique. Mais... je suis las de me battre contre moi-même. Las Draco. Depuis toutes ces années, souffla-t-il.

- Hm. Alors arrête de te battre. Et... tu es sûr que tu n'as jamais fait ça avant ?! Parce que tu es plutôt doué. »

Oui, j'avais fait un compliment à Lupin, et alors ?!

Vu ce qu'il était en train de faire avec sa langue, je pouvais au moins lui accorder ça. J'espérais juste qu'il n'allait pas le comprendre de travers ou mal le prendre parce qu'avec lui, j'avais plus de chance de me faire rembarrer quand j'étais gentil que quand j'étais désagréable.

« Sûr et certain. »

Il prit ma bouche d'assaut.

Je lui rendis son baiser avant de le repousser un peu et de m'asseoir en tailleur sur le lit. J'attrapai l'une de ses mains et la posai sur ma jambe avant de proposer :

« Ce serait bien qu'on prenne tous les deux une douche, et ensuite... je me disais que peut-être, on pourrait discuter. Pour... enfin, on va passer un long moment ensemble prochainement alors ce serait mieux qu'on se connaisse vraiment non ?! Que j'arrête de me baser sur ce que m'ont dit mes parents et que vous vous fassiez une autre idée de moi que ce que vous a dit Potter...

- Harry ne m'a jamais parlé de toi. Je ne me base que sur ce que j'ai vu lors de ta troisième année. Et en effet, une douche s'impose.

- Ma troisième année ? Demandai-je en essayant de me souvenir de mon comportement cette année-là. Hm, je ne suis pas sûr que ce soit mieux...

- Tu as changé, fit-il. Tu n'es plus le même. »

Je ne répondis rien et me levai pour rejoindre la salle de bains. Je n'étais pas vraiment différent, au fond, j'avais juste décidé d'arrêter de me cacher. Mais ce n'était certainement pas quelque chose que j'allais avouer à voix haute.

OoOoOoOoO

Je posai mon nez au-dessus de ma tasse et inspirai discrètement l'odeur du cacao. Molly venait de déposer le dessert sur la table et je retins difficilement mon sourire en constatant qu'il s'agissait d'un gâteau au chocolat.

Je relevai la tête et jetai un œil à Remus qui était assis en face de moi. Je lui avais fait part il y avait une petite semaine de mon addiction pour le chocolat et j'étais certain que c'était de son fait.

Il me sourit et je levai les yeux au ciel en souriant en retour.

C'était vraiment gentil de sa part. Il n'y avait que du thé et du café à Square Grimmaurd mais la veille, Weasley Mère était revenue avec du chocolat en poudre.

Et aujourd'hui, gâteau au chocolat, c'était un bon jour.

Tout le monde fut servi en dessert et j'attaquai mon gâteau sans m'occuper de personne. Weasley Père discutait avec Remus et Kingsley d'un problème quelconque au Ministère alors que Weasley Mère parlait d'une chose sans importance avec les jumeaux, la belette, Potter et Granger. Leur brouhaha était toujours aussi agaçant mais dans un sens, c'était aussi rassurant.

Remus et moi avions appris à nous connaitre un peu plus, majoritairement au cours de la soirée qui avait suivi notre "expérience charnelle", comme il se plaisait à l'appeler, qui avait eu lieu six jours plus tôt. Nous n'avions rien recommencé de ce genre depuis mais il dormait à présent dans le même lit que moi toutes les nuits. Et il ne m'avait pas violé, ce que nous considérions tous les deux comme une réussite.

Quoique, je n'étais pas certain qu'il s'agirait d'un viol de toute façon, parce que j'étais de plus en plus consentant quand il m'embrassait et j'amorçai nos contacts plus souvent également.

J'essuyai mon assiette le plus possible avec ma cuillère avant de lécher cette dernière. Je me passai ensuite la langue sur les lèvres pour retirer le chocolat que j'y avais laissé puis repoussai mon assiette pour attaquer ma boisson. Le chocolat m'avait définitivement manqué !

Comment cela était-il possible qu'aucun des Weasley n'y soit accro ?!

Je finis ma tasse et la reposai sur la table avant d'essuyer les coins de ma bouche avec mon index que je portai ensuite à ma bouche. Je passai le bout de la langue sur mon doigt mais me figeai en remarquant qu'il n'y avait plus aucun bruit dans la pièce et que quelqu'un me fixait. Je relevai la tête pour tomber sur Remus qui m'observait attentivement, la bouche ouverte.

Je me concentrai sur ses yeux une seconde en me rendant compte qu'ils ne clignaient pas et je remarquai pour la première fois qu'ils étaient exactement de la même couleur que le chocolat.

Ok, donc soit mon obsession pour le cacao avait dépassé toute rationalité, soit le destin m'avait fait un cadeau. Je souris vaguement et secouai la tête pour chasser mes pensées avant de réaliser que les autres ne parlaient toujours pas et qu'ils fixaient en fait Remus.

Depuis quand est-ce qu'il n'était plus Lupin mais Remus pour moi ?!

Je mis cette pensée de côté et haussai les sourcils en avisant les regards étranges des membres de L'Ordre du Phénix qui ne cessaient de faire l'aller-retour entre le loup-garou et moi.

« Quoi ? Grognai-je, agacé, alors que Remus reprenait ses esprits.

- Pardonnez-moi, fit-il avant de se lever de table et de quitter la cuisine. »

Potter me jeta un regard étrange, avant de recommencer à parler, entrainant avec lui Weasley Mère et ses amis.

Je fronçai les sourcils, clairement dubitatif, puis me levai pour rejoindre Remus. Il restait le moins agaçant de tous, étonnamment, et je voulais toujours savoir ce qu'il venait de se passer.

POV Remus

J'étais monté dans... ce qui était devenu notre chambre, puisque j'y dormais depuis le jour suivant mon arrivée.

Je devais me reprendre et ne pas laisser ce genre de pensée m'envahir. J'avais réussi, par je ne savais quel miracle, à tenir le loup loin de ses pulsions, le laissant avec le souvenir de ce qu'il s'était passé il y avait bientôt une semaine.

Je m'assis sur le lit, et me pris la tête entre les mains, essayant de ne plus imaginer ... ça.

Je gémis, sentant une partie de moi se tendre alors que j'aurais préféré qu'elle reste comme elle était. Je n'avais pas besoin de ça maintenant, surtout quand de telles images m'inondaient la tête.

Je le sentis avant même de l'entendre entrer dans la chambre et je fis l'erreur de le regarder.

Immédiatement, je pus ré-imaginer son joli visage entre mes jambes, me prendre en bouche et me lécher comme il l'avait fait avec cette cuillère. J'avais envie d'être cette cuillère.

Merlin que je voulais être tout ce que Draco pouvait toucher avec sa bouche, sa langue, ses lèvres.

Je fermai les yeux en le voyant fermer la porte, et sentir le matelas s'affaisser au moment où il posa ses fesses dessus me rendit presque fou.

Ses fesses...

Je voulais les lécher, les mordiller, les palper et les dominer.

« Tu devrais retourner en bas ou me laisser quelques minutes, articulai-je difficilement. »

Avec les dernières pensées, j'étais plus que tendu dans mon pantalon et je devais me calmer, et avec lui à mes côtés, c'était chose impossible.

« Pourquoi ? »

Je réfléchis à comment y répondre en tout honnêteté, sans en dire trop.

« Mon esprit doit gérer plusieurs images qui n'y sont pas les bienvenues pour le moment. Elles te mettent en scène, ajoutai-je en le dévorant des yeux. »

J'avais envie de prendre sa bouche et bien plus encore. Et ces envies étaient toutes nouvelles pour moi, je ne savais pas comment y faire face.

James et Sirius auraient été de bons conseils, même s'ils m'auraient dit de simplement retourner Draco et le prendre toute la nuit.

Draco hésita quelques instants puis se laissa tomber en arrière jusqu'à ce que son dos heurte le matelas.

« Quelles genres d'images ?

- Je préfère ne pas en parler, dis-je en posant mes coudes sur mes genoux et en me soutenant la tête.

- Comme tu veux. »

Je sentis le lit bouger un peu avant que des doigts ne parcourent mes cheveux doucement.

« Tu devrais lui laisser un peu de leste, ajouta-t-il.

- Tu es bien un Serpentard. Quand je te demande de me laisser afin de me calmer, tu insistes sans toutefois le montrer. Tu veux que je le laisse respirer ? Vraiment ? Demandai-je en me tournant vers lui.

- J'ai toujours eu ma propre chambre, chez moi. Pas de frères ou de sœurs pour toucher à mes affaires ou empiéter sur mon espace personnel. Mais à Poudlard, on avait des dortoirs de quatre ou cinq et je n'avais plus toute mon intimité. C'était nul, mais c'était comme ça, et j'ai dû faire des compromis. C'est tout ce que je dis. Vous êtes deux maintenant, tu ne peux pas être le seul à décider tout le temps. »

Il se releva et se plaça derrière moi, posant son menton sur mon épaule et entourant mon cou de son bras.

« Combien d'amants as-tu eu ? Demandai-je.

- Je... ne m'attendais pas à cette question.

- Tu veux que je le laisse décider. Et il veut connaitre ce genre de chose. Il veut connaitre qui t'a profané avant nous. Qui, combien, où ? Tu comprends pourquoi je ne le laisse pas sortir ? Depuis que nous avons appris à nous connaitre, il est de plus en plus possessif avec toi alors que moi, je tombe juste... »

Je cessai de parler, fermant les yeux, choqué face à ce que je m'étais apprêté à dire.

« Tu tombes juste ?

- Réponds à ma question, tentai-je de revenir sur le sujet précédent. »

Je sentais que mes joues prenaient une couleur carmin et cette fois, c'était bien moi qui n'était plus à l'aise, juste moi.

Je me faisais l'effet d'être encore à Poudlard, quand James avait flashé sur Lily et que Sirius avait lui aussi flashé... mais qu'il ne l'assumait pas.

Tant d'années gâchées à asticoter Snape pour ne pas avoir eu la chance de vivre quelque chose avec lui.

Je pus me souvenir de notre dernière discussion à ce sujet, celle qui avait suivi sa lettre. Sirius avait décidé d'en parler avec le principal concerné, bien qu'il sache que simplement lui parler serait difficile, avec tout ce qu'il lui avait infligé, avec James, Peter et malgré moi, moi-même.

« Trois. J'ai répondu, à ton tour. »

Trois...

Ce mot résonna en moi comme si mon cœur était poignardé à trois reprise. Je me touchai la poitrine, vague geste pour m'assurer que j'étais en entier.

Puis, sachant qu'il me ferait cracher le morceau et ne désirant de toute manière pas jouer les effarouchés, je dis, sans toutefois le regarder :

« Je tombe juste amoureux de toi. »

Il attrapa la main que j'avais posée contre mon cœur et lia ses doigts aux miens. Il frotta sa joue contre la mienne et soupira.

« Amoureux... »

Je ne dis rien, surpris de sa réaction. J'aurais pensé qu'il aurait ri de moi. J'avais toujours cette impression qu'il essayait petit à petit de me pousser dans mes retranchements uniquement pour avoir des relations charnelles.

« Je ne crois pas savoir ce qu'est l'amour, murmura-t-il. Comment tu sais que c'est ça ? »

Je me tournai vers lui et pris son visage en coupe, réduisant la distance. Je murmurai ensuite conte ses lèvres :

« Je voudrais être l'air que tu respires, le tissu qui caresse ton corps, l'eau quand tu te laves. Cette cuillère dans la cuisine. Je voudrais te tenir dans mes bras chaque seconde qui passe et juste sentir ton cœur battre. Tes yeux me plongent dans quelque chose de chaud, tes lèvres m'enveloppent d'un voile de bonheur et... ta peau m'électrise en profondeur. »

Je posai ma bouche contre la sienne et reculai, puis le refis encore et encore avant de dire :

« J'ai l'impression que mon cœur ne bat plus qu'en écho au tien. Que mes poumons aident les tiens à respirer. Je... je ressens tout ça et je pense... j'en suis même certain, que c'est de l'amour. »

Il cligna des yeux plusieurs fois avant de froncer les sourcils et de poser ses lèvres sur les miennes.

Je répondis à son baiser, et sa langue pénétra ma bouche. Je me tournai vers lui, afin de mieux l'embrasser, et caressai sa nuque, descendant ensuite dans son dos, faisant des cercles.

Désirant le laisser respirer, je reculai, à contre cœur, et allai mordiller la peau sensible de son cou.

« C'est quand la pleine lune ? Demanda-t-il en enfouissant l'une de ses mains dans mes cheveux et en posant l'autre sur mon torse à l'emplacement de mon cœur.

- Dans quatre jours, soufflai-je. Pourquoi cette question ?

- Je ne veux pas coucher avec toi avant la pleine lune.

- Pourquoi ? Demandai-je ne comprenant pas cette remarque.

- Parce que je ne te ferais pas confiance avant d'être certain que ton loup n'en profitera pas pour me croquer. J'ai confiance en toi en tant qu'homme, pas tout à fait en tant que loup. Et je ne laisse personne me... prendre sans avoir totalement confiance en lui. Et avant que tu ne poses la question, ça n'est encore jamais arrivé, que j'ai assez confiance pour me laisser faire.

- Es-tu en train de me dire que tu es... vierge de toute pénétration ? Demandai-je en le faisant tomber sur le dos, le surplombant.

- C'est marrant, je savais que ça te plairait, sourit-il.

- Oh tu ne peux pas imaginer à quel point l'idée même d'être ton premier, et seul pensai-je intérieurement, me comble de joie. »

Il leva les yeux au ciel avant de se relever un peu et de mordre gentiment mon menton.

« S'il n'y a que ça pour te faire plaisir... »

Je ne répondis rien et le pris dans mes bras, le serrant simplement contre moi, tentant de me dire que tout ceci n'était pas un rêve. Que tout ceci n'était pas mon imagination qui me jouait des tours.

« Juste toi, soufflai-je en fermant les yeux. »


Nous espérons que ce deuxième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Abby and Jes