-Nattie, il faut que je te dise que je veux avoir un enfant, dis-je, sans préambule.
-Un enfant ? Mais et comment tu vas t'y prendre ?
-J'y ai énormément réfléchi et je veux que le père soit Randy.
-D'accord..., répondit Natalya lentement. Et, qu'est-ce qu'il a répondu ?
-Il m'a répondu qu'il était d'accord.
-Ah bon ? Et vous allez faire comment ? Enfin... je veux dire... euh..., commença Natalya, rouge de gêne, ne sachant pas comment s'exprimer.
-Il m'a dit exactement qu'il était d'accord mais à une seule condition qui était qu'on le fasse de façon ...euh...comment dire naturelle.
Natalya rougit deux fois plus, comprenant parfaitement ce que voulait dire sa meilleure amie. Puis, sans crier gare, elle explosa de rire, me surprenant, je lui envoyai un regard interrogateur.
-Désolée, j'étais juste en train de penser qu'on devenait vraiment gênées pour pas grand-chose. Après tout, on est adultes, maintenant, on n'a pas à rougir en parlant de sexe, n'est-ce pas ?
-Et on l'a déjà fait.
-Oh..., s'exclama Natalya, avant de s'exclamer plus fort, Oh ? Quoi ?
-Moins fort ! Oui, on l'a déjà fait.
-Et bien... Qu'est-ce que je devrais dire... euh... Félicitations ? répondit Natalya, peu sûre d'elle. Et puis, je parle aussi fort que je veux, rit-elle ensuite. C'était bien au moins ? Demanda une Natalya curieuse.
-Oui, c'était bien.
-Et bien, je suis contente pour vous alors... Et tu as apprécié, seulement, ou... tu as plus qu'apprécié ? Demanda Nattie, un sourire en coin aux lèvres.
-J'ai plus qu'apprécié mais c'est que mon meilleur ami ça n'ira pas plus loin, répondis-je en devenant de plus en plus rouge.
-Si tu le dis, répliqua son amie, son sourire toujours présent.
-Quoi ? Pourquoi ce sourire ?
-Hein ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler, répliqua innocemment l'autre blonde.
-Nattie, ne joue pas l'innocente.
-Moi ? Jamais voyons, qu'est-ce qui te fait dire ça ?
-Nattie, s'il te plait, je suis sérieuse.
-Et moi donc, Beth, répliqua Natalya, prenant une voix très sérieuse, que la lueur d'amusement dans ses yeux démentait.
-Dis-moi ce que tu penses s'il te plait.
-Bon, soupira l'autre blonde. Tu veux vraiment savoir ma pensée ? Et ne te mets pas en colère si tu n'aimes pas ce que je vais te dire.
-Oui
-Je pense que ce n'est pas une coïncidence si tu as demandé à Randy pour être le père, commença Nattie. Tu... l'aimes... beaucoup, je dirais et lui t'aime tout autant. Vous êtes faits pour être ensemble, Beth.
-Franchement je ne sais pas. Je me sens bien avec lui mais je ne sais pas vraiment si ce que je ressens pour lui c'est de l'amour ou de l'amitié.
-Faites à votre rythme, tout ce que j'espère, c'est que cette histoire ne ruinera pas votre amitié.
-Je ne sais vraiment pas quoi faire. Je n'ai pas envie de le perdre.
-Sois toi-même, sourit Natalya. C'est ainsi qu'il t'aime le plus.
-J'ai peur.
-Ne fais rien, je te dis, reste juste toi-même.
-Je crois que je commence à avoir des sentiments pour lui. Je vais suivre ton conseil, je vais rester moi-même.
-Okay, bon, je dois aller voir mon chéri, on a rendez-vous, sourit de manière coquine la blonde. A plus tard et ne te bile pas, ça va aller, j'en suis sûre.
-Merci, Nattie, heureusement que tu es là, déclarai-je en faisant un bisou à Natalya.
-Il n'y a pas de quoi, tu es ma meilleure amie, Beth, ne l'oublie jamais, sinon, je me ferai une joie de te le rappeler, sourit sadiquement Nattie.
-Tu es comme ma sœur et crois-moi, je ne t'oublie pas. Je t'aime Nattie.
-Tu es également comme ma sœur... Non, en fait, tu es ma sœur, Beth. Je t'aime aussi, me répondit-elle en souriant.
-Nous sommes des jumelles.
-Ouais, c'est exactement ça, sourit encore davantage Natalya, puis regardant sa montre. Oupla, je dois vraiment y aller, sinon, je vais me faire remonter les bretelles...
-Okay ! Je t'aime.
Deux semaines après ma conversation avec Natalya, j'allai chez le pharmacien et achetai un test de grossesse. Je sentais, depuis quelque temps, un changement en moi et j'espérais que c'était ce que je pensais. J'avais passé pas mal de moments en compagnie de Randy et j'étais heureuse que rien n'ait changé, même si cela me frustrait également.
Arrivée à la pharmacie, je demandai un test et, dès que je l'eus entre les mains, je souris de manière tendre, en pensant que peut-être, j'aurais bientôt une bonne nouvelle. Je payai pour mon achat puis, saluant la pharmacienne en souriant, je ressortis.
Je rentrai chez moi, me débarrassai de mes chaussures à la va-vite ainsi que de mon manteau, puis allai dans la salle de bain avec le sac comportant le test. Je soufflai un grand coup, ouvris le sac et en sortis ce qui scellerait mon destin.
Je déballai le test et le fis. Je pris ensuite place sur le bord de la baignoire et attendis. Je devais patienter cinq longues minutes avant d'avoir le résultat, c'était vraiment horrible comme le temps passait lentement pendant ces moments-là.
Je se mordillai les ongles, anxieuse. Puis, je me relevai et fis les cent pas pendant une ou deux minutes. Ensuite, je retournai regarder le test et marmonnai un "Ce que c'est long !" avant de me rasseoir sur le bord de la baignoire. Je fis trembler ma jambe pendant un instant, mettant mes coudes sur mes genoux.
La seconde fois que je me levai, je retournai voir le résultat. Cela faisait effectivement cinq minutes. Je fermai les yeux en attrapant le test, puis, le mettant devant mon visage, je rouvris lentement un œil, puis le second et fixai le résultat.
Mon visage se décomposa. J'avais envie de pleurer. D'ailleurs, je sentis une larme couler lentement. Je lâchai brusquement le test, qui tomba sur le sol carrelé de la salle d'eau et sortis en trombe de cette pièce. Sur le sol, le test indiquait évidemment un résultat négatif.
Je me dirigeai en toute hâte vers mon téléphone et, pleurant à chaudes larmes à présent, je composai le numéro de Randy. Je mis ensuite le téléphone sur mon oreille et, au bout de la seconde sonnerie, j'entendis:
-Allô ?
-Randy, je..., reniflai-je.
-Beth ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Paniqua le jeune homme.
-Je... je viens... de faire le test... et... il est... négatif, m'exclamai-je, sanglotant encore davantage sur le dernier mot.
-Attends-moi, j'arrive, répondit mon meilleur ami, avant de raccrocher.
A suivre…
