Et voici la deuxième et dernière partie de ce texte. Toujours merci à Dedellia pour ses corrections et ses remarques qui m'ont bien aidé.
Certaines scènes entre Bellamy et Clarke sont inspirées de passages dans la fanfiction 'Il ne s'agit que de ça" de Clairaice, une fanfic RomanoRogers très sympa au passage.

Merci à Nyly et Bellarke-Princesse pour leurs reviews, ça fait toujours plaisir d'avoir un retour ^^ et merci aussi à ceux qui ont ajouté cette histoire dans le favoris/follow.

Encore une fois, l'univers et les personnes de The100 ne m'appartiennent pas.


Bellamy s'était toujours fait une règle d'or de rester maître de lui-même dans ce genre de situation. Ce n'est pas la première fois qu'il avait été tenté de franchir ce cap avec Clarke. À chacune de leurs retrouvailles il avait voulu se confier à propos de cette sensation viscérale qui s'emparait de lui quand il la savait loin de lui, en danger. Qu'il ne se sentait en paix que lorsqu'il pouvait s'assurer en personne qu'elle était saine et sauve. Mais à chaque fois les non-dit ou une catastrophe se dressaient entre eux, et il avait dû finir par enfouir cette sensation, ces sentiments. Ils ne les laissaient plus sortir que par bribes, comme maintenant, quand il était trop difficile de les taire.

Il s'était habitué à laisser Clarke filer. À la laisser glisser entre ses doigts, il savait qu'elle n'était pas le genre de personne que l'on pouvait retenir. Pourtant ce soir même si elle n'était que quelques pas devant lui, elle lui semblait toujours trop loin. Il ne voulait plus se séparer d'elle, jamais.

Il ne pouvait se résoudre à laisser passer cette chance. Peut lui importait qu'il agisse avec son cœur ou sa tête, la seule chose dont il avait envie était d'obéir à ce désir impérieux qui le consumait chaque seconde un peu plus.

En quelques enjambées il la rattrapa. Tout à coup Clarke entendit un « bam » résonner près de son oreille droite et sans comprendre elle se retrouva coincée entre le mur du couloir et le corps de Bellamy. Il était en face d'elle, tellement proche, tellement...intense. Elle le sentit se presser contre elle et la seconde d'après il l'embrassait, tendrement mais passionnément

Clarke, surprise, se laissa plaquer contre le mur. Elle ne s'attendait pas à ce genre d'audace de la part de Bellamy. Elle ne savait pas vraiment à quoi elle s'attendait en réalité, elle s'était toujours refusée à imaginer cette scène. Elle avait toujours mis un point d'honneur à garder les pieds sur terre, ne pas se faire d'idées. Mais c'était tellement agréable, tellement naturel, alors elle fit durer le contact entre leurs lèvres. Au creux de son ventre, la chape de plomb se transforma en une boule cotonneuse et le nœud d'hésitation coincé dans sa gorge disparut en un battement de cil.
Sur ses paupières elle avait imprimé le regard de braise que lui avait lancé Bellamy quelques instants auparavant, et cela ne lui donnait pas le moins du monde envie de mettre fin à ce baiser. Pourtant, après ce qui lui parut être à peine une seconde Clarke sentit Bellamy s'écarter d'elle. C'était trop court, bien trop court.

- Je... excuse moi. Je ne sais pas ce qu'il m'a prit, dit-il précipitamment en se reculant d'un pas.

Clarke continua de le fixer, de ses yeux couleur d'un ciel de pluie, l'esprit confus. Elle avait aimé ce baiser, oh que oui, mais une profusion d'émotions la traversait sans qu'elle ne sache sur laquelle elle devait s'arrêter. Enfin si elle savait, mais elle ne savait pas si elle était supposée écouter les autres aussi. Celles qui l'avaient entravées depuis des années, lui dictant une conduite cartésienne.

En face d'elle, Bellamy affichait un air inquiet. Comme s'il avait peur d'avoir commit un impair, de s'être attiré les foudres de Clarke. Sur le moment il n'avait pensé qu'à lui, à l'urgence de son envie. Peut-être qu'il s'était mépris sur les intentions de Clarke durant leur danse. Venait-il de tout ruiner ?

Clarke sentit qu'il était sur le point de s'écarter un peu plus devant son manque de réaction. Elle esquissa un geste pour le retenir. Elle voulait que ça continue. Elle voulait à nouveau goûter la saveur d'un baiser de Bellamy, une saveur unique, indescriptible et envoûtante. Elle voulait que ça continue alors elle se dressa sur la pointe des pieds et plaqua sa bouche sur la sienne sans lui laisser la possibilité de décoller leurs lèvres.

Jusqu'à présent Clarke s'était toujours retenue d'être trop proche de Bellamy. Il y avait trop à perdre dans la balance, trop de gens comptaient sur eux pour risquer de mettre leur tandem en péril. Mais qu'avaient-elle à perdre maintenant ? Leur planète était détruite, la moitié de ses amis la détestaient et leur avenir à Sanctum était soumis au bon vouloir des Primes. Qu'avait-elle à perdre à dévorer Bellamy du regard ? Qu'avait-elle à perdre à laisser ses mains se perdre son torse et agripper le col de son T-shirt. À le presser contre elle et sceller ses lèvres sur les siennes et faire disparaître le moindre espace entre eux. Clarke s'était attendue à ce que l'enfer s'ouvre sous ses pieds pour s'être autorisé à succomber à cette envie, à profiter d'un moment de joie. Après Finn et Lexa il lui semblait que l'univers s'était farouchement opposé à ce qu'elle s'investisse dans une relation. Mais il n'en fut rien.

Lorsque Bellmay la sentit faire, il cessa de bouger. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement sous la surprise. Il ne rêvait pas, elle venait bien de l'embrasser à son tour. Il soupira de contentement en la serrant de plus belle dans ses bras. Pour Clarke, la seule chose qui s'ouvrit furent les lèvres de Bellamy pour approfondir leur baiser et elle savait que les fourmis qui remontaient le long de ses cuisses n'avaient rien à voir avec un quelconque enfer. Les mains de son partenaire se firent moins chastes que pendant leur danse et Clarke rompit leur baiser pour poser sa tête au creux du coup de son amant pour profiter des caresses tant attendues. Elle voulait plus et cette robe lui paraissait toujours de trop.

Pendant quelques instants ils restèrent ainsi, à s'embrasser et à s'étreindre. À se nourrir de ce moment auquel ils avaient songé depuis des années mais qui, jusqu'à présent, n'avait jamais dépassé le stade du fantasme. Ce soir marquait la fin de cette période, de ce simulacre de relation platonique. Ils étaient amis et partenaires , c'était certain, mais ils étaient plus que ça. Ce n'est qu'ensemble qu'ils formaient un être cohérent d'esprit et d'action. Qu'importe les épreuves, la distance ou le temps ils finissaient toujours par être réunis. Leurs âmes étaient inexorablement liées. Qu'ils le souhaitent ou non, ils appartenaient l'un à l'autre. Ils avaient besoin l'un de l'autre.

En faisant la lecture d'un ouvrage de la mythologie grecque à Octavia, Bellamy avait un jour lu un passage sur les âmes sœurs. Une histoire qui prétendait qu'à l'origine les êtres humains étaient constitués de quatre bras, quatre jambes et une tête à deux visages. Zeus craignant leur pouvoir les auraient coupés en deux. Ils n'étaient alors plus que la moitié d'eux même, passant leur vie à chercher leur partie manquante. Était-ce ça qu'il avait trouvé avec Clarke ? La partie qui lui manquait, la deuxième moitié de son âme. La légende disait peut-être vrai, avec elle à ses côtés Bellamy se sentait invincible et si Zeus n'avait pas à les craindre, d'autres sur Terre avaient fait les frais de leur alliance.

En regardant la femme qu'il avait en face de lui, celle qu'il avait appris à connaître, à aimer depuis 7 ans, Bellamy su qu'ensemble ils seraient capables de tout. Y compris de survivre sur cette nouvelle planète. Elle était tout ce qu'il avait toujours voulu.

- Je t'aime, lui murmura-t-il à l'oreille en écartant quelques mèches dorés du bout des doigts.

Clarke ne répondit rien mais elle sourit, de cette manière unique qui était capable de réchauffer son cœur dans n'importe quelle situation. Elle glissa sur le côté et le tira par la main. « Suis moi » pouvait-il lire dans son regard. Alors il la suivit, peu importe où elle les menait. Il la suivrait à nouveau à l'autre bout de l'univers s'il le fallait. Ils continuèrent de s'embrasser, tantôt en bousculant des retardaires à la fête, tantôt en vacillant entre les murs contre lesquels ils s'appuyaient en riant pour reprendre leur équilibre. Ils étaient dans un état second, sous l'emprise de bonheur et de la plénitude que leur accordait ce moment. Il ne leur venait même pas à l'esprit qu'ils pouvaient croiser des gens qu'ils connaissaient, leurs amis ne semblaient de toute manière pas décider à venir se joindre à la célébration.

Le hasard, ou bien un destin clément laissa leur chemin vierge de toute âme. Il n'y avait qu'eux, leurs respirations saccadées et leur alchimie bouillonnante.

Ce n'est qu'une fois arrivés dans les quartiers accordés à Clarke par les Primes qu'ils s'accordèrent quelques instants de pause. Ils étaient face à face, encore une fois, comme pendant cette danse. Sauf que cette fois ils ne dansaient plus, ils s'observaient. Bellamy avait toujours une main contre le visage de Clarke, et avait pressé l'autre contre la porte en bois, comme pour se forcer à trouver un point d'appuis pour ne pas coller son corps a celui de Clarke. En se regardant dans les yeux, ils savaient qu'ils pensaient à la même chose. Il n'était pas trop tard pour tout arrêter. Franchir cette ligne allait nécessairement apporter son lot de complications. C'est l'une des raisons pour lesquelles ils s'étaient mentis à eux même pendant toutes ces années. Ils n'avaient pas lutter contre leurs sentiments et essayer de duper leur esprit avec d'autres personnes pour le plaisir.

Une étincelle s'alluma alors dans l'esprit de Bellamy: Echo. Soudain il eut honte de ne penser à elle que maintenant, et de s'apprêter à bafouer tous ses principes, sa morale. Il l'avait purement oubliée, comme si elle ne valait rien à ses yeux. À ses débuts sur Terre, les filles qui défilaient chaque soir dans sa tente savaient à quoi s'en tenir, il ne se cachait pas de son comportement, mais par la suite il s'était toujours efforcé de bâtir des relations basées sur la confiance, autant que cela lui était possible. Bellamy senti le rouge lui monter aux joues, et un poing lui serrer le cœur mais de culpabilité cette fois. Echo ne méritait pas ça.

Malgré tout eux aussi avaient traversé des épreuves ensemble, il y avait d'abord eu Mont Weather et ensuite elle avait été là pour lui durant ces six dernières années. C'est elle qui l'avait remit debout, qui l'avait empêcher de sombrer après qu'ils aient abandonnés Clarke à une mort certaine sur Terre, du moins c'est ce qu'ils croyaient à l'époque. Elle encore qui l'avait forcé à garder la tête haute, à continuer de se comporter en leader pour honorer ses promesses. Il l'aimait elle aussi, pas de cet amour transcendant comme pour Clarke, mais les sentiments qu'il avait développé à l'égard d'Echo depuis plusieurs années existaient bel et bien. Elle comptait sur lui et il s'apprêtait à la trahir. Si la culpabilité faisait hésiter Bellamy, elle ne lui donnait pas pour autant envie de renoncer. Il se sentait incapable de se détacher de Clarke. Il endosserait le rôle de l'amant infidèle, il laisserait Echo le détester, le frapper, tout ce qu'elle voudrait pour atténuer un tant soit peu la plaie qu'il allait ouvrir dans son cœur.

Mais ce soir il serait lâche, parce qu'il était sur le point de retrouver la deuxième partie de son âme. Il ne s'était jamais senti de la sorte avec quelqu'un, prêt à tout perdre pour gagner le droit de combler ce vide ne serait-ce que le temps d'une soirée. Il avait toujours su que Clarke était spéciale, mais il n'avait imaginé que c'était à ce point.

Clarke, de son côté, savait parfaitement à quoi il pensait. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, se soucier des autres était dans sa nature. Ce n'était pas quelque chose contre lequel elle pouvait lutter, et elle n'en avait même pas l'envie. Le Bellamy qu'elle aimait était un être à prendre dans sa totalité. Ils s'étaient parfois, souvent en réalité, opposé l'un à l'autre. Ils avaient chacun leur tempérament, leurs valeurs, leurs raisons de se battre et si parfois elles divergeaient Clarke aimait plus que tout l'idée qu'il soit capable à la fois de la soutenir pour les décisions les plus graves et de se dresser contre elle si son instinct lui en donnait l'ordre. Ce n'était pas toujours appréciable, elle aimait avoir le dessus, elle était habituée à avoir raison et à être écouter mais c'est pour ce genre de moment qu'il s'avérait être la personne qu'elle chérissait.

Elle posa ses mains contre son torse tout en continuant de suivre de dilemme qui se lisait dans ses yeux. Elle voyait le doute, l'hésitation, la crainte de provoquer plus de problèmes que de n'en résoudre.

- Clarke...

Elle senti le visage de Bellamy s'approcher. Leurs corps se tendirent l'un contre l'autre, à peine quelques millimètres, mais suffisamment pour raviver la flamme qui les attisaient quand ils avaient rejoint la chambre de Clarke.

- Arrête-moi, souffla-t-il les paupières clauses, dans une tentative de dresser une ultime barrière entre eux.

De son torse, Clarke avait laissé ses mains glisser jusqu'à la nuque de Bellamy . Ses doigts jouaient avec ses boucles noires et elle se mordit les lèvres. Elle repensa à ce frisson qui l'avait parcouru en entière quand Bellamy l'avait embrassée pour la première fois. « Arrête-moi » lui disait-il, elle avait clairement entendu mais elle n'en avait aucune envie. En fait elle souhaitait tout le contraire. Elle raffermit légèrement sa prise sur la nuque de Bellamy en songeant à cette envie qui la prenait aux tripes. Une envie qui parcourait chaque fibre de son être. Une envie qu'elle avait réprimée depuis longtemps mais qui lui paraissait maintenant tellement évidente.

Clarke ne l'arrêta pas. À la place elle se tendit vers lui et redressa la tête sans détacher son regard du visage de Bellamy. Après un instant qui lui parut être une éternité elle l'attira jusqu'à elle pour l'embrasser et le sentir tout près contre elle. Elle ne voulait pas le savoir éloigné une seconde de plus. Elle voulait sentir son contact chaud et fiévreux. Le même qui lui faisait regretter de porter cette robe. Elle avait envie d'être égoïste, de ne penser qu'à elle, ses désirs. Depuis son arrivée sur Terre elle avait toujours fait passer la survie des autres en priorité, au détriment parfois de sa sécurité physique ou mental. Tout ce qu'elle voulait c'était qu'ils vivent, peu importe les moyens, mais à cet instant c'est elle qui avait besoin de vire. Et Bellamy était l'oxygène dont elle avait besoin.

- Je t'aime tellement, murmura-t-elle à son tour à l'oreille de Bellamy, tandis qu'il la prenait dans ses bras pour la porter jusqu'au lit.

Bellamy ouvrit les yeux peu de temps après les premiers rayons de soleil. Les rideaux projetaient une douce lueur bleutée, très différente de celle qui régnait hier au milieu de la piste de danse. Celle ci était douce, apaisante, réconfortante. Pourtant ce réveil avait un goût doux-amer, celui des complications qui allaient apparaître. Ils avaient agit en connaissance de cause hier, pour autant Bellamy n'était pas pressé d'y être précipité.

À côté de lui, Clarke était toujours endormie, lovée dans les couvertures. Son expression complètement détendue montrait qu'elle était totalement apaisée, presque vulnérable pensa-t-il. Il ne songeait pas à cela comme un élément de faiblesse, plutôt une signe que, sans le fardeau qu'elle s'obligeait à porter sur ses épaules, elle était aussi humaine que n'importe qui.

Continuant de la contempler, il saisit du bout des doigts une mèche de cheveux blonds venus se glisser sur son nez. Il pouvait pas, ne voulait pas détacher son regard d'elle. Il tentait de graver pour toujours chaque instant passé avec Clarke dans sa mémoire, chaque frisson causé par sa respiration au creux de son oreille, chaque frémissement au contact de sa peau nue. C'était peut-être le seul moment de ce genre qu'ils n'auraient jamais tout les deux. L'unique fois qu'il avait pu l'étreindre de tout son saoul, laisser leurs corps se chercher, leurs âmes se trouver. Bellamy ne voulait pas que ce soit le cas, que ce moment soit unique, mais il savait également que le futur était imprévisible. La vérité allait bientôt se savoir, et elle n'allait pas apporter que du bien dans son sillon.

Dans le cocon bleuté de la chambre, Clarke fini par papillonner des yeux et prit quelques instants pour s'assurer que ce n'était ni une hallucination, ni un rêve auquel elle faisait face. Soulevant sa tête de l'oreille, elle adressa un grognement ensommeillé à Bellamy.

- Bonjour à toi aussi, lui répondit-il en déposant un baiser sur ses lèvres.

Rayonnante, Clarke glissa sous le draps pour venir se coller à son compagnon. Partenaire ? Amant ? Comment était-elle censé l'appelé maintenant ? Elle décida qu'elle se soucierait de ça plus tard, se contentant pour le moment de poser sa tête contre le torse de Bellamy et de le laisser lui caresser les cheveux.

Bellamy fixait le plafond. La joue de Clarke était fraîche, c'était agréable. Et ses mèches blondes sauvages lui chatouillaient les côtes mais il n'en avait que faire. Non ce ne serait pas le dernier moment entre eux songeait-il en la sentant tout contre lui. Il ne pouvait pas se contenter de ça, juste de cette nuit. Il en voulait plus, de tout. Plus de soirées à s'embrasser et tout oublier, plus de réveils à ses côtés. Tout une vie à la sentir auprès de lui.

Bientôt ils allaient déchaîner la foudre dans leur groupe, mais pour le moment la seule chose qu'ils désiraient était de profiter de leur bulle de bonheur, juste tout les deux. Pas les leaders de Skaikru, juste Clarke et Bellamy.
Deux âmes amoureuses. Sa tête posée contre son cœur.


C'est la fin de cette fanfic pour nos deux amoureux (oui même si rien n'est encore officiel dans la série, je persiste dans ce sens. Bellarke vaincra o/)
J'espère que vous avez apprécier cette lecture et qu'elle vous occupera un peu en attendant l'épisode 9 ;)