Voici sans plus tarder le premier chapitre. J'ai refais deux ou trois scènes mais comme dit pas de grands changements pour le moment juste des rajouts de scènes ça et là mais à partir du deuxième chapitre, ça va grandement changer.
- Merde ! C'est quoi qui a foiré ?
C'était l'éternelle question que se posait Kagami depuis sa défaite cuisante. Une semaine s'était écoulée depuis la difficile et amère défaite de Seirin à la Winter Cup et on pouvait dire que le moral de l'équipe était au plus bas. Surtout celui de Kiyoshi qui voulait absolument gagner cette année car il avait besoin d'une opération et ça risquait de ne pas pouvoir attendre une année de plus. Mais ce n'était pas lui qui inquiétait le plus l'as de cette équipe mais Kuroko.
Au départ, il n'avait pas plus prêter attention que ça aux états d'âme de son ai pensât que c'était la défaite qui le mettait dans un état de dépression. Et il fallait aussi dire que cette défaite l'avait profondément boulversé. Jamais il n'aurait pensé qu'il se ferait à nouveau battre par ce salopard d'Aomine Daiki et il avait passé bien deux ou trois jours à ruminer sa défaite dans son coin. Avant de se reprendre et de se dire que si il voulait battre cette ordure, il devait s'entraîner encore plus et de façon plus intense encore. Mais plus le temps passait et plus il soupçonnait que c'était autre chose qui perturbait son ombre et pas uniquement cette défaite.
En effet, depuis qu'Aomine les avaient battus pour la seconde fois, le bleu ciel semblait ailleurs. Cette défaite l'avait-elle touché au plus haut point ? Ou bien, c'était les paroles que cet enfoiré avait dites à la mi-temps qui l'avait blessé plus que de raison ? Le carmin ne le savait pas vraiment. D'un côté, il connaissait bien le bleuté et savait qu'il n'était pas du genre à se morfondre si facilement même si c'était vraiment un gros coup au moral, il se servait reprit malgré tout. Mais d'un autre côté, il sentait qu'il y avait quelque chose d'autre et il n'arrivait pas à savoir quoi. Mais il était sûr que ça concernait Aomine. Le tigre serra les dents. Si c'était bien cela, Aomine allait amèrement regretter d'avoir adressé la parole à Kuroko !
Même si il avait encore du mal à l'admettre, Kagami s'était vraiment prit d'affection pour son ombre et ce plus que de raison. À vrai dire, il pensait que avec Kuroko c'était un peu plus que de l'amitié. Enfin, il n'était pas amoureux de lui non plus. Du moins, il ne le croyait pas. Non, lui et Kuroko étaient juste très bons amis et en couple au basket voir dans une relation fraternelle le reste de temps. Oui, c'était juste ça. Et puis bon, là n'était pas le sujet il y avait plus urgent.
Kagami avait donc décidé de parler avec Kuroko après l'entraînement. Du moins, si il en sortait vivant dudit entraînement car la coach, déçue que son équipe ait perdu, et enragée de devoir laisser pousser ses cheveux comme elle l'avait dit à Hyûga et qu'elle ne supportait pas d'avoir les cheveux longs, avait décidé de monter un entraînement rude et très éprouvant.
Ce dernier débutait à sept heures du matin par un footing autour du lycée d'une heure avant les cours du matin qui débutaient à huit heures et demie pour enchaîner l'après-midi par une séance à la piscine d'une heure avant de continuer par deux séries de pompes et d'abdominaux qui était une série de cent à chaque fois pour terminer par un entraînement spécial d'une heure pour consolider les points faibles et renforcer les points forts. En d'autres termes, la jeune fille voulait ABSOLUMENT les faire devenir des machines de guerre au basket. Et ce n'était pas tout ! Elle avait aussi donné à chaque joueur une fiche avec des consignes alimentaires strictes et un nombre incalculable de DVD des équipes Kaijô, Touou, Shûtoku, Yosen et Rakuzan en plus de ceux des meilleures équipes se situant dans le top dix du classement national avec pour ordre d'en visionner un tous les soirs et de prendre des notes. Elle avait réglé leur emploi du temps à la seconde près en vérité. C'était affolant quand même !
- Et bien sûr, vous allez tous le suivre à la lettre, avait-elle dit avec un air sadique sur le visage digne des plus grands méchants de mangas. Vous ne voulez pas finir à poil devant la fille que vous aimez, non ?
Décidément, Riko voulait leur mort ! Et le mot n'était pas fort ! Ou alors à peine. Après parmi toute l'équipe de Seirin, c'était sans doute elle qui avait été le plus déçue. Un coach se doit d'entrainer ses joueurs pour qu'ils puissent battre n'importe quelle équipe mais aussi élaborer les meilleurs stratégies et faire les bons choix. C'était la personne la plus importante de l'équipe et ne devait flancher sous aucun prétexte. Et Riko se voyait comme étant la plus grande perdante dans cette histoire. Et comme elle refusait de pleurer ou de se montrer déconfite devant ses joueurs, elle mettait toute sa peine et sa rage dans sa composition d'entrainements. Mais comment lui en vouloir quand on sait tout ce qu'elle fait pour l'équipe avec à côté ses obligations scolaires et sa vie privée ? Pas les membres de Seirin en tout cas même si parfois, ils avaient envie de l'étrangler.
Ce fut donc après cet entraînement long et douloureux, pour ne pas dire presque mortel, que l'équipe pu, enfin, rentrer aux domiciles respectifs de chaque membre de l'équipe. Tout le monde était soulagé d'avoir enfin fini et bavardait entre amis et rigolait ou alors parlait de ce qu'ils allaient manger ce soir en rentrant chez eux. Tout le monde semblait donc de bonne humeur sauf Kuroko qui avait une mine sombre.
Ce dernier était perdu dans ses pensées ou plus exactement, il se remémorait les paroles qu'Aomine avait dites. Elles tournaient en boucle dans sa tête tel un vieux vinyle usagé d'avoir tourné sur la platine durant des années. Pour lui, ces paroles avaient une part de vrai : ce n'était pas avec des tours minables comme la misdirection qu'il allait vaincre Aomine. Ce dernier le connaissait par cœur vu le nombre de fois où ils avaient joué ou s'étaient entraînés ensemble. Chez lui, ces illusions ne fonctionnaient pas ou alors arrivaient à le surprendre une fois ou deux puis il trouvait le truc et contrait la technique de son ancienne ombre. Kagami pouvait rivaliser avec lui uniquement si il était dans la Zone. Or, il ne pouvait guère rester dedans durant tout un match c'était impossible : il serait épuisé bien avant.
Et quelque chose d'autre lui rongeait le cœur tel de l'acide : et si Aomine avait raison ? Et si un jour, Kagami le laissait en arrière pour se la jouer solo ? Certes, le rouge lui avait toujours affirmé qu'il se battrait avec lui à ses côtés et n'était pas du genre à mentir. Mais, le ferait-il encore après cette seconde défaite face à l'as de Tôô Gakuen et de Teikô ? L'équipe aurait-elle encore foi en lui après cette défaite ? Et si ce n'était pas le cas, qu'allait-il bien pouvoir faire ?
Ces trois questions occupaient en permanence ses pensées depuis une semaine comme les paroles du métis d'ailleurs. Devait-il arrêter le basket ? Ça non. Il aimait beaucoup trop ce sport pour ne plus le pratiquer. Mais pour ce qui était du reste… Si le bleu foncé lui avait dit ça il y'a quelques mois, il aurait de suite dit qu'il ne changerait de partenaires pour rien au monde. À présent, il n'était plus aussi certain qu'il pourrait donner cette même réponse aujourd'hui.
Il avait dit qu'il ferait de Seirin la meilleure équipe du Japon c'était un fait. Mais, peut-être qu'il courait après une chimère depuis tout ce temps. Un rêve ? Oui peut-être. La Kiseki no Sedai était les cinq as du basket japonais dans le domaine des moins de vingt ans après tout. Ils en avaient déjà battu deux mais difficilement et à chaque fois avec tout un arsenal de dépassement de soi et de ruses pour parvenir à devancer l'équipe adverse d'au moins un point avant le coup de sifflet final. Et ils avaient terminé dans un triste état après ces matchs. Aomine les avait battus deux fois. Quant à Murasakibara et Akashi, leurs capacités étaient encore inconnues au bataillon et quelque chose disait au fantôme que ce n'était pas des DVD qui allaient les aider à ce sujet car leur marge de progression pouvaient autant être restée stagnante qu'avoir progressé de manière fulgurante. Pour bien évaluer les capacités d'un joueur, il fallait le voir évaluer sur le terrain face à une autre équipe pour bien voir ses capacités et développer une stratégie.
Rêver de battre la Génération des Miracles était bien beau mais très vite le poing de la réalité s'abattait sur la tête des espérances et le retour au monde réel était très douloureux et amer. Maintenant, selon Kuroko, il s'était leurré en pensant qu'il existait un espoir de vaincre Kise, Midorima, Aomine, Murasakibara et Akashi. Certes, il avait, avec Seirin, vaincu les deux premiers mais il doutait fortement que lui et son équipe puisse battre les trois autres qui étaient les trois plus forts du groupe. Quoique, éventuellement, Murasakibara mais ce n'était même pas sûr.
Le numéro onze de Seirin soupira. Peut-être devrait-il…
- Hé, Kuroko ! l'interpella Kagami qui arrivait en courant vers lui.
Ce dernier arriva rapidement à sa hauteur et avant que le bleu ciel ne puisse ouvrir la bouche, il dit :
- Ça te dirais qu'on aille manger au Maji Burger ?
Le plus petit hocha la tête ne voulant pas refuser et suivit sa lumière dans le fast-food.
- Tiens, je t'ai pris un milkshake à la vanille,
- Merci, Kagami-kun, répondit son ombre en attrapant la boisson.
- J'aimerais te parler, dit gravement le rouge. Je suppose que tu sais pourquoi.
En entendant ces mots, Kuroko se crispa légèrement, sa main raffermit sa prise sur son gobelet en carton et attendit la suite son cœur battant très rapidement.
- J'aimerais savoir, commença le plus grand, que s'est-il passé après notre défaite ? Tu sembles ailleurs depuis. S'est-il passé quelque chose qui t'as perturbé ?
Il semblait sincèrement inquiet mais Kuroko tenta une manœuvre d'esquive ne voulant pas l'embêter avec ses problèmes.
- Ne t'inquiète pas… commença le plus âgé.
- Oh que si je m'inquiète ! le coupa violemment son ami. Je ne sais pas pourquoi tu es ainsi et ça ne me plaît pas ! Alors, dis-le moi !
Avant de reprendre d'un ton plus doux en voyant l'expression surprise de son partenaire suite à son saut d'humeur.
- Pardon, je ne voulais pas te hurler dessus. C'est juste que… je voudrais comprendre ce qui t'arrives. Je t'aime beaucoup tu sais et tu peux tout me dire jamais je ne te jugerais tu le sais ça, hein ?
- Oui bien sûr.
- Alors dis-moi ce qui ne va pas. Promit, je ne dirais rien à personne.
Le bleu cyan se mordit la lèvre hésitant à répondre franchement mais il avait besoin d'être rassuré malgré tout. Et puis, Kagami venait bien de lui dire qu'il ne le jugerait jamais, non ?
- Pour être honnête avec toi, je voudrais savoir, est-ce que tu vas rester ma lumière ?
- Mais bien sûr ! Pourquoi cette question ? s'étonna Kagami qui ne comprenait pas pourquoi son ombre la lui posait. Je ne vais pas faire comme Aomine ! D'ailleurs, je vais le défoncer cet enfoiré la prochaine fois que je joue contre lui ! On va s'entraîner tellement dur tous les deux que plus personne ne pourra nous stopper !
Cette remarque arracha un sourire à son partenaire. Peut-être qu'au final, il s'inquiétait pour rien. Il avait sous-estimé le fait que le tigre n'allait pas le laisser dans ses pensées sombres bien longtemps. Ce type était vraiment incroyable et ce à tous points de vue.
Pourtant, Kuroko doutait que malgré toute sa volonté, Kagami pouvait battre toute la Génération des Miracles même dans la Zone. Mais il n'en pas le courage de lui dire en le voyant si déterminé. D'ailleurs, si il existait une personne à Seirin que le bleu clair ne voulait pour rien au monde décevoir, c'était bien Kagami. Il soupira discrètement et tourna son regard couleur ciel d'été vers la vitre pendant que son ami dévorait à belles dents sa montagne de burgers tout en déposant l'un d'eux sur le plateau de son ombre.
Si Kuroko avait été soulagé de savoir que Kagami n'allait pas le laisser tomber, ce soulagement fut de courte durée...
En effet, deux semaines plus tard, la coach avait décidé que le duo ombre/lumière devait renforcer leur jeu de passes. Sauf qu'il y avait de gros soucis au niveau de la coordination des passes entre le duo phare de Seirin. En effet, les passes de Kuroko étaient trop lente quand Kagami y allait à fond et il devait ralentir pour permettre à son ombre de bien viser avant de faire sa passe le contraignant à user de l'Ignite Pass à tort et à travers lui faisant avoir les mains rouges et des douleurs à celles de Kagami ce qui fit que Riko fut forcée de stopper l'entrainement pour que Furihata puisse mettre des pochettes de froid sur les mains des deux jeunes hommes.
- Mais il se passe quoi avec vous aujourd'hui ? s'exclama Hyûga un brin énervé devant cette prestation pour le moins ridicule. Pourquoi votre jeu de passes est si mauvais ? Vous nous avez habitués à mieux que ça, il me semble.
- Mais ce n'est pas de ma faute, se défendit Kagami. J'essaie de faire au mieux pour calquer ma vitesse sur celle de Kuroko mais vu que je dois me restreindre, ça me tends !
- Je fais aussi vite que je peux, Kagami-kun, répliqua Kuroko, mais tu vas trop vite.
Suite à cette réponse, Riko se mordu la lèvre inquiète. Aïe ! Ça c'était mauvais ! Très mauvais même ! Elle redoutait ce cas de figure depuis un moment déjà et voilà que ça arrivait au pire moment.
- Il y a un souci, Riko ? demanda Koganei en voyant l'expression de la brune.
Tous se tournèrent vers elle en attente d'une réponse qui ne tarda pas à venir:
- J'ai bien peur de savoir d'où vient le problème, dit-elle, et ça ne me plaît absolument pas.
- Et c'est grave ? s'enquit Furihata, Pouvons-nous faire quelque chose ?
La jeune fille hésitait à répondre car elle savait ce que cela impliquait si elle le disait. Mais elle ne pouvait pas mentir non plus:
- Je crois que Kagami et Kuroko ont une différence de niveau. Je veux dire, elle a toujours été présente mais, et là ça m'inquiète beaucoup, je me demande si ce qui arrive n'est pas dut à ce que peut nommer le power-up de Kagami et, je ne dis pas que tu ne t'es pas entraîné, Kuroko, mais à force de s'entraîner et de progresser, Kagami a encore creusé un écart important entre son talent et celui de Kuroko et de ce fait, Kuroko ne peut plus suivre Kagami. Et pour revenir à ce qui m'inquiète, et ça ne date pas de maintenant, c'est que je me demande aussi si ce qui arrive à Kagami n'est pas ce qui est arrivé à la Kiseki no Sedai: ton talent pour le basket croît de plus en plus et tu te situes au-dessus des autres. J'ai bien peur que Kagami et Kuroko ne puissent plus faire de duo.
Cette réponse fut comme l'effet d'un coup de massue pour le bleuté. Certes, il avait aussi commencé à voir que le niveau de Kagami était au-dessus de celui des autres membres de l'équipe et en particulier du sien mais si ce qui était en train de se passer était inimaginable pour lui. Et si ce que la coach disait était véridique, alors Kagami deviendrait comme ses anciens équipiers de Teikô ? Non. Le rouge lui avait certifié qu'ils continueraient leur duo. Et puis, il n'était pas comme eux et il l'avait prouvé à de maintes reprises. Mais peut-être que par la force des choses, ils seraient obligé de jouer chacun de leur côté ?
- Tu es certaine de ce que tu affirmes, Riko ? lui demanda Hyûga qui semblait légèrement catastrophé par la situation vu que depuis le début de l'année scolaire, le duo que formait les deux rookies était la pièce maîtresse de l'équipe et qu'il voyait mal comment se passer d'eux durant un match.
- Je ne peux pas l'affirmer avec exactitude. Mais j'ai bien peur que je ne sois pas si loin de la vérité que ça. Même si j'aimerais bien me tromper.
Riko, elle aussi, était stressée car si jamais Seirin perdait le duo que formait Kagami et Kuroko, c'était toute une stratégie et un placement de joueurs à revoir. Et cela voulait aussi dire trouver une solution pour gagner les matchs sans devoir tout donner pour se retrouver sur les rotules ensuite.
- Mais alors, fit Koganei, ça veut dire que Kagami va devenir comme Aomine et...
- C'est des conneries ! rugit d'un coup le concerné qui était resté silencieux jusqu'à présent. Je ne deviendrais pas, jamais même, comme cette enflure ! Bon d'accord, j'admets que je dois flirter avec la puissance de la Kiseki no Sedai mais que les choses soient claires: jamais je ne laisserais tomber Kuroko ou même l'équipe ! Et puis je peux encore me mesurer à Aomine, Murasakibara et Akashi et donner tout ce que j'ai ! Alors, il ne faut pas dire que je vais devenir comme eux parce que c'est faux !
- Et après ?, fit Hyûga. Quand tu les auras battus, tu te mesuras à qui ? Je ne veux pas te mettre en colère mais si tu atteints le niveau de la Génération des Miracles, tu ne rencontreras pas d'autres adversaires à ta hauteur par la suite.
- Au Japon, peut-être, rétorqua la « lumière» de Kuroko, Mais aux States...
- Pas sûre, le coupa la coach. Je n'y connais pas grand-chose à la NBA mais je ne pense pas que les joueurs dans ta catégorie vaudront quelque chose au vu de ta force. Et puis, comme tu vas continuer à t'entraîner, je ne serais pas surprise que tu deviennes encore plus puissant qu'Aomine. Et puis, tu peux entrer dans la Zone à présent. Alors, je vais te poser une question et répond honnêtement: auras-tu toujours autant de plaisir à jouer au basket quand tu remarqueras que tes adversaires ne prennent même plus la peine de se battre car ils savent qu'ils ne pourront rien faire contre toi ? Je pense que tu sais parfaitement la réponse à cette question.
Kagami regarda le sol ne voulant pas répondre. Mais la réponse était évidente: il ne voudra plus jouer à fond pour gagner et les victoires lui laisseront un goût amer dans la bouche car ce ne seront plus de vraies victoires où il pourrait tout donner. Non, ce sera juste une boucherie au niveau du score rien de plus et rien de moins où, comme une machine, il mettrait panier sur panier sans laisser la moindre chance à ses adversaires d'avoir la victoire. Il commençait à comprendre ce que pouvait ressentir Aomine lors d'un match bien que lui-même n'était pas encore à ce point. Le seul qui puisse me battre, c'est moi-même. Il savait à présent pourquoi le bleu foncé pensait cela maintenant et il était difficile de lui donner tort quand on est plus ou moins condamné à voir les adversaires n'avoir aucun talent ou aucune stratégie à mettre en place pour au moins donner un peu plus de piquant au match. Son cœur se serra alors qu'il se faisait la réflexion que le métis avait dut vraiment souffrir de son excès de talent et que peut-être il sera un jour comme lui seul enfermé dans la cage s'est devenu son immense talent. Il tourna alors les yeux vers Kuroko qui semblait choqué et perdu. Cette vision fit très mal au rouquin qui détestait voir souffrir les personnes qu'il aimait et il lança:
- Peu importe ce qui arrivera, je continuerai mon duo avec Kuroko.
Cette phrase était plus destinée à dire au bleuté qu'il ne l'abandonnerait jamais qu'une affirmation. Cependant, le bleu cyan n'était pas dupe: il savait pertinemment que s'en était fini de son duo avec Kagami et ce quoi que le rouge puisse dire ou faire.
Quand l'entraînement fut terminé, Kuroko utilisa sa misdirection pour partir. Il n'avait aucune envie de parler avec sa lumière. Du moins, si il pouvait encore utiliser ce dénominatif pour l'as de Seirin. Il marcha sans but dans les rues de la capitale puis il décida de s'assoir sur un banc lessivé par sa marche nocturne et l'entraînement. Il avait l'impression de revivre la même chose qu'au temps où lui et Aomine étaient ombre et lumière. Il se remémorait la scène, lui avec son poing tendu attendant que le poing du basané vienne frapper le sien mais qui n'arrivera jamais. Sauf qu'au lieu du métis, il voyait Kagami à la place. Il savait pertinemment qu'un jour cette situation arriverait: que le rouge allait finir par continuer seul le laissant derrière lui. C'était inévitable. Même si il avait essayé de ne pas y penser.
Durant une bonne partie de la soirée, le bleu ciel resta sur son banc à réfléchir sur son avenir dans le basket puis il décida, au bout d'un très long moment, de prendre une décision douloureuse et très difficile: il allait quitter Seirin. Mais pas que: il allait couper les ponts avec tout le monde et tout recommencer à zéro. C'était le mieux car il ne supportait toute cette pression qu'il se mettait chaque jour pour retrouver son ancienne tel qu'elle était avant que leur potentiel n'explose. Il continuerait à faire du basket mais uniquement du street-basket. Il ne s'inscrirait plus dans un club. Pourquoi ? Parce qu'il ne pourrait supporter de voir la longue descente aux enfers de Kagami et de voir ses anciens partenaires de Teikô sombrer encore plus dans leur univers. Car il en était sûr à présent, il ne pourra jamais espérer battre toute la Kiseki no Sedai ni refaire son duo avec Kagami. C'était terminé toutes ses espérances et ça lui brûlait la poitrine tel une marque au fer rouge indélébile que même le temps ne pourra entièrement guérir.
Durant les semaines suivantes, le bleuté passa son temps libre à trouver un nouveau lycée et un appartement. Il eu du mal à faire comprendre à sa famille sa décision mais au final, elle l'accepta après maintes disputes et discussions sur le sujet. Il trouva enfin son bonheur avec un lycée plutôt correct situé plus en province assez loin de Tokyo: Hoyami. C'était un lycée assez célèbre pour son bon niveau d'enseignement. Il se situait dans la ville de Shizuoka dans la préfecture du même nom et malgré son éloignement de la capitale nippone, cela restait quand même assez proche. Parfait. Avec l'aide de sa famille, il dénicha un appartement en centre-ville près du lycée Hoyami. D'ici environ une semaine, il allait emménager là-bas c'est-à-dire dès la fin des cours et de l'année scolaire.
Ce qui arriva très vite d'ailleurs car le dernier vendredi de l'année scolaire, Kuroko alla remettre son dossier d'affectation avec la réponse positive d'Hoyami. Maintenant, il était définitivement inscrit à Hoyami après l'accord du proviseur qui lui souhaita bonne chance pour la suite de sa scolarité. C'était à la fois douloureux et joyeux pour le bleuté car c'était définitivement la fin d'une histoire et une page de sa vie qui se tournait.
À présent, il n'avait plus rien à faire là et comptait partir discrètement mais il croisa Furihata en chemin et, manque de chance, ce dernier le remarqua de suite vu que son invisibilité ne fonctionnait plus beaucoup sur les joueurs de Seirin devenu des habitués de ses petits tours de magie. Et ce qui ne facilitait pas la tâche à Tetsuya.
- Hé, Kuroko, tu tombes bien ! On te cherchais pour fêter notre passage en seconde année ! Viens avec nous !
- Non désolé, Furihata-kun, je suis occupé.
- Hein ? Mais à quoi ? s'étonna le brun. Aller, ce n'est pas la mort que tu suspende tes activités un moment ! Ne t'inquiètes pas, on ne va pas organiser une fête de malade sinon la coach va nous crier dessus à l'entraînement demain si on est trop crevés.
À la mention de l'équipe, le bleu ciel sentit son cœur se serrer affreusement. Il se sentait mal de partir ainsi et le poids de la culpabilité commençait à peser lourd sur ses épaules. Car oui, ça lui faisait mal de partir ainsi sans rien dire mais il savait que l'équipe allait le retenir et le forcer à rester et ça lui ferait plus de mal qu'autre chose et il estimait qu'il avait assez souffert de ces histoires même si il voulait rester. Mais il était trop tard pour les regrets et faire machine arrière. Il décida donc de jouer franc jeu. De toute façon, il devait quitter Tokyo pour Shizuoka dans une heure alors qu'avait-il à perdre franchement ? Il avait déjà tout préparé pour son départ alors bon...
- Furihata-kun, je ne viendrais plus à l'entraînement.
- Quoi ?! Mais tu n'es pas sérieux, Kuroko ! s'écria le brun. Je peux comprendre que tu sois désespéré de ne plus pouvoir faire ton duo avec Kagami mais quand même ! Ce n'est pas une raison ! Pense un peu au moral de l'équipe !
- Furihata-kun, je quitte l'équipe de basket et Seirin. Je ne reviendrais pas, dit fermement Kuroko. Et ce n'est pas juste le fait que je ne puisse plus faire de duo avec Kagami. Je change de lycée et de ville.
- Mais tu ne peux pas faire un truc pareil ! cria Furihata. Tu te rends compte de ce que tu fais ? Tu ne peux pas partir comme un voleur ! Préviens au moins les autres de ce que tu vas faire !
- Non, ils me forceront à rester, répliqua son interlocuteur. Mais, j'aimerais que tu leur transmette un message de ma part, s'il-te-plaît.
- Comme tu veux. Mais je trouve ça nul de nous laisser tomber ainsi. Je te croyais plus courageux que ça Kuroko. Et surtout plus combatif. Mais il faut croire que je me suis lourdement fourvoyé sur ton compte.
Le remplaçant était déçu de ce qu'il entendait. Il admirait beaucoup Kuroko pour ses techniques et le fait qu'il était dans le cinq majeur et apprendre de cette manière à quel point il pouvait être égoïste et sans coeur, ça lui faisait mal. Néanmoins, il faisait contre mauvaise figure bon coeur.
- Dis-leur ceci, Furihata, lui dit le cyan sans se préoccuper de la fin de la phrase de son ancien coéquipier même si ça lui avait fait mal d'entendre pareils mots sortir de la bouche de ce garçon d'ordinaire si gentil. Sans la lumière, l'ombre meurt.
Furihata écarquilla les yeux et sembla comprendre quelque chose. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux et il s'exclama:
- Tu n'es pas inutile, Kuroko ! Et puis tu peux toujours faire un duo avec Mitobe-sempai ou Hyûga-sempai !
- Ils n'ont pas ce dont j'ai besoin, Furihata-kun. Dis-leur juste ce que je viens de te dire aux autres, s'il te plaît. C'est tout ce dont j'ai besoin.
- Mais Kuroko... tenta le remplaçant.
- Fais-le, s'il te plaît, Furihata-kun.
Furihata finit par capituler et hocha la tête les yeux embués de larmes. Il savait qu'il ne pouvait pas empêcher Kuroko de partir. Mais... Kagami le pouvait lui ! Il avait toujours réussi à remonter le moral de Kuroko alors il pouvait aussi le retenir ! Le brun devait le trouver et vite. Il partit donc en courant pour retrouver le rouge. Ce qui fut assez facile vu son aura écrasante. Ce dernier était en train d'aller vers le gymnase.
- KAGAMI ! hurla Furihata en sprintant vers lui.
- Hé ! Ne me casse pas les tympans ! Que se passe-t-il ?
- C'est Kuroko ! Tu dois l'empêcher de faire une grosse bêtise !
- Hein ? Mais de quoi tu parles ? s'inquiéta le plus grand des deux.
Il fallait faire vite et Furihata ne pouvait pas perdre de temps à expliquer la situation au rouge alors il dit pour seule explication la phrase que le bleu lui avait dite en espérant que Kagami comprendrait:
- Sans la lumière, l'ombre meurt. Voilà ce qu'il m'a demander de transmettre aux autres. Kagami, tu es le seul qui peut le retenir !
- Mais c'est quoi ce... commença le rouquin avant de brusquement comprendre. Oh merde ! C'est pas vrai ! Il est où maintenant ?!
- Je ne sais pas. Il était dans le couloir avant mais il a dut partir maintenant.
- Putain ! Je dois absolument le retenir !
Une des plus grandes peurs du rouge était de perdre Kuroko. Il savait très bien que si il n'avait pas de lumière, il n'allait pourvoir continuer à être un membre majeur de Seirin et que ça le rendrait malheureux. Cependant le fait qu'il parte, ça jamais Kagami ne l'aurait pensé et malgré lui alors qu'il courait en direction de chez le bleu ciel, des larmes se mirent à couler sur ses joues.
Alors que Kagami partait en courant chez son ombre, cette dernière était déjà assise dans le train avec ses valises car son père était venu le chercher directement à la sortie du lycée et Kuroko allait à présent direction Shizuoka. Il savait que Furihata avait dû prévenir Kagami et que le rouge devait être en train d'aller chez lui le plus vite qu'il pouvait. Sauf qu'il ne le trouverait pas et n'aurait de lui qu'une lettre qui expliquait ses motivations.
Cependant, il avait prit soin de ne pas mentionner son nouveau lieu de vie et avait déjà changé son numéro de portable ne le donnant qu'à sa famille avec pour demande de ne pas le communiquer. Il n'avait gardé en souvenir de ses anciens compagnons que deux photos: une de lui avec la Kiseki no Sedai durant Teikô et une autre le montrant lui et Seirin à la plage lors de la session d'entraînement estival. Et bien entendu, il lui restait aussi ses souvenirs gravés dans son esprit.
Alors que le train démarrait, ses yeux s'emplissaient de larmes amères. Toute sa frustration et sa peine était en train de s'échapper et ça ne voulait pas s'arrêter de couler. Mais au fond, ça lui faisait du bien de pleurer.
Une vie nouvelle allait commencer pour lui car il l'avait décidé et parce qu'il savait au fond de lui que c'était bien mieux ainsi. Seulement, il ne pensait pas faire une rencontre qui allait complètement bouleverser ses projets et lui offrir un défi qu'il n'aurait jamais imaginé faire un jour tellement il semblait irréalisable.
