Adonis et théories

- Qu'ils sont miiignoooooons !!!

Draco grogna contre cette voix horrible (surement Pansy qui n'arrivait pas à le réveiller) et suprêmement agaçante. Et stridente. Et…

- La ferme toi… Grommela une voix.

Qui, très accessoirement venait de quelqu'un dans son lit.

Et, encore plus futile, dans ses bras.

Ou plus exactement, lui était dans les bras de…

- POTTER !!!!!!!

Protégeant sa vertu outragée (…), Draco poussa le survivant hors du lit.

Lequel poussa un cri peu distingué avant de s'asseoir par terre, hagard.

Ils leur fallurent quelques secondes pour resituer la situation.

Et évidemment…

- Potter, que fichais tu de MON côté ?

- Erreur Malefoy, c'est toi qui étais du mien.

- Vous étiez au milieu. Annonça clairement Androsace.

Et devinez ce qui arriva ? [Ce fut le serpent qui creva ! oups x)]

Yeah ! Un bonbon pour ceux qui ont deviné :

Chiens de faïence !

- En fait Draco s'est déplacé durant la nuit, puis Harry l'a rejoint en l'enlaçant et Draco s'est blotti dans ses bras et…

- STOP !

Elle regarda avec amusement les deux garçons rouges de gène qui avaient criés en même temps.

L'incident fut clos.

Petit déjeuner

- J'en peux plus ! Geignit le courageux gryffondor qui avait quand même tué le méchant mage noir.

- Tu l'as mérité. Déclara Hermione d'un ton docte.

- Merci pour ton soutien. Grogna-t-il.

Alors il se tourna vers Ron, son frère, son ami, son…

Un regard furtif et terrorisé du traitre vers Hermione lui apprit que son allié avait rejoint l'ennemi.

- Faux frère ! Murmura-t-il avant de se venger sur les croissants qui n'avaient rien fait.

Plus loin, chacun regardait du coin de l'œil Draco, ne sachant pas se qui se cachait sous le masque du prince.

Heureusement, notre joyeux suicidaire était des nôtres aujourd'hui…

- Alors Draco, toujours en vie ? Tu vois, ça t'as pas tué !

… mais plus pour longtemps.

Le blond tourna lentement la tête son soi disant ami, qui affichait un air amusé.

- Blaise, quand on préfère faire de l'inter-espèce plutôt que de soutenir ses amis, on évite de me faire des remarques de ce genre. Compris ?

Blanc comme neige, le brun hocha la tête. Tandis que les autres mimaient le poisson rouge sous l'incompréhension.

- Merci.

Et Draco finit son repas avec grâce et distinction (Au milieu des poissons rouge, Blanche Neige et Pansy).

Les cours se passèrent sans incident majeur. Draco constata que Blaise était passé de « je fais ami-ami » à « tentative d'approche ». Il voyait les regards perdus et un peu blessés de la rouquine lorsque le serpent la draguait devant Potter qui ne voyait rien.

A ce rythme Blaise aura la belette avant la fin du mois.

C'était bizarre pourtant. Ses soi disant amis avaient vu le manège du serpentard, mais leur regards ne faisaient que passer de Harry à Blaise et de Blaise à Harry.

Les gryffondors sont des êtres incompréhensibles.

On n'eut pas à attendre la fin du mois. Le lendemain était organisé la sortie à Pré-au-lard.

Ce matin (merci Merlin) ils ne s'étaient pas réveillés dans les bras l'un de l'autre.

C'est une bonne journée qui s'annonce. Songea Harry.

Il ne pouvait pas avoir plus tort.

A son habitude, il avait prévu la sortie avec ses amis. Draco, qui rejoignait également le groupe des élèves, assista à la scène.

- Tu viens avec nous Ginny ? Lança le brun, souriant.

Le serpentard vit la rouquine inspirer à fond.

Il comprit que l'instant était arrivé.

- J'y vais avec Blaise. Annonça-t-elle.

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Il me l'a proposé et j'ai dit oui.

Draco retint son souffle.

- Ok. A tout à l'heure alors !

Et le brun partit avec ses amis. Il eut pitié de la belette, mais songea que c'était mieux ainsi, que se soit pour Blaise, Harry ou elle.

D'ailleurs le serpentard l'avait rejoint et la pris dans ses bras sans gène aucune.

Draco était content pour lui. Il s'approcha du couple (ou futur couple, pareil.)

- Tu devras quand même lui dire, Weasley.

Elle le fixa, surprise, avant d'acquiescer.

Le soir, après le repas, le blond était attablé à ses devoirs quand la porte s'ouvrit avec fracas.

- Sale serpentard à la con ! Rugit Harry qui venait d'entrer.

La haine qui brulait dans ses yeux était teintée de douleur.

- LANGAAAAAAGE !!!!!!!!!!!!!! Hurla Androsace.

Mais sa fureur était telle que contrairement à Draco, il ne sa boucha même pas les oreilles.

S'approchant d'un pas rageur, il attrapa le vert et argent par le col.

- Reptiles visqueux vous êtes tous les même ! Bande de…

- Suffit Potter ! Siffla le blond, agacé.

Le lion lui jeta un regard haineux. Il poursuivit.

- Ce n'est pas ma faute si tu n'es pas capable de retenir ta petite amie !

Pour le coup, Potter le lâcha.

- Comment … ?

- Enfin, tu étais le seul à ne pas le voir ! même Granger et Weasley l'ont vu !

- C'est faux ! Il l'aurait empêché d'approcher ! Je connais Ron, jamais il…

- Tu sais ce qu'il a vu ? l'interrompis le serpent d'une voix froide.

Le griffon se tut.

- Il a vu un homme sincère qui séduisait la fille qu'il aime. Il a aussi vu que son actuel petit ami s'en fichait totalement.

- C'est faux ! Si j'avais su…

- Mais il ne se cachait même pas ! Merde cet après midi elle t'a dis « je vais avec Blaise » et tu as accepté !

Harry se laissa tomber sur le fauteuil le plus proche.

- Tu ne l'aimais pas vraiment. Asséna Draco.

- Si ! Je voulais fonder une famille avec elle…

- Voilà Potter, il est là le problème.

Un regard vert perdu le scruta.

- Tu veux une « famille ».

- J'aurai pu prendre n'importe quelle autre fille ! S'emporta-t-il.

- Non

- … ?

- C'était elle. C'était logique. La fille de ton meilleur ami, une personne dont la famille te considère comme l'un des leurs, et enfin une fille qui t'aimait.

Potter resta silencieux.

Puis se mit à pleurer.

Des sanglots lourds de honte et de regrets.

Même Androsace s'était éclipsé.

Et Draco resta planté là, indécis sur la conduite à tenir.

.

..

- Viens Potter, t'as besoin d'aller dormir.

Le brun le suivit sans protestation.

Mais il ne dormit pas : toute la nuit, il resongea aux paroles de Malefoy, à Blaise, à Ginny…

Il lui fallut un long moment avant que Morphée ne passe.

Mais le lendemain matin, quand Potter pénétra dans la Grande Salle, tous les élèves savaient de quoi il retournait. Aussi, quand le prince prit la direction de Ginny, tous retinrent leur souffle. Blaise, près de lui, se tendit sous le stress. Potter était bien capable de convaincre la rouquine de revenir avec lui…

D'où ils étaient, les serpentards n'entendirent pas la conversation, mais le sourire rayonnant de Ginny paniqua un peu plus le vert et argent.

Alors, lorsque Potter vint vers lui après le repas, Zabini était sur ses gardes.

- Blaise. Salua-t-il.

- Harry.

- Merci.

Paumé, le serpentard le regarda avec ébahissement.

- Tu la mérite bien plus que moi, et elle a le droit d'être heureuse. Je serais stupide et égoïste de la retenir.

- …

- En revanche, si tu lui fais le moindre mal… Menaça le brun.

- Je… Je ne le ferais pas. Affirma l'autre en déglutissant.

Potter était effrayant en colère ! Comment Draco pouvait le mettre en rogne volontairement ?

Du masochisme. Conclut Blaise, heureux que le concerné ne l'entende pas.

Il tenait quand même à la vie.

La nouvelle comme quoi le sauveur était un « homme libre » fit vite le tour de l'école.

Et Malefoy commençait vraiment à en avoir ras le c… Des lettres et cadeaux qui arrivaient à leur appartement.

Potter n'était même pas beau ! Des cheveux en pétard, des lunettes rondes rafistolées et des vêtements trop grands.

C'était à peu près ce discours que tenait Draco devant ses amis dans le parc. Blaise avait consentis (sous menace) à lâcher sa belette pour écouter les jérémiades de son ami.

Mais, en bon serpentard qui se respecte, il allait se venger.

De façon subtile, évidemment. Rusé mais pas suicidaire.

Il fallut tout d'abord distraire Draco. Un livre ancien et poussiéreux de rune que Théodore avait retrouvé par miracle dans sa bibliothèque suffit. Ensuite, demander l'aide de Ginny, éventuellement Granger et Weasley… (Juste pour le plaisir de voir Pansy bafouiller et Théo virer sourd muet)

Vous ne comprenez pas pourquoi, tant pis vous verrez bien…

Tout ce qu'on sait, c'est que le nombre d'ennemis de Blaise augmenta ce jour là.

Draco rentra dans l'appartement, le sourire aux lèvres. Ce livre était tout bonnement passionnant !

Puis il eut comme un blanc.

Depuis quand il y avait Adonis à Poudlard ?

Le blond resta planté là, bavant presque.

Mais l'inconnu releva la tête et il se reprit dans la seconde.

Merlin, Salazar, Godric, etc.…

C'était Potter !

Sans lunettes, coiffé et avec des vêtements superbes.

- Merde alors. Lâcha-t-il dans un souffle.

- Ne dis rien Malefoy. Supplia le gryffondor, rouge de gène.

Le blond avala sa salive. Potter était vraiment… Canon !

Sur la table trainaient les diverses lettres d'admiratrices.

Le désir se changea en colère.

Jamais ! Jamais il ne s'abaisserait à devenir une des groupies du balafré !

- Alors Potter, on a enfin apprit qu'il existait des sorts pour corriger la vue ? Merveilleux, moi qui pensait qu'il te faudrait encore quelques années…

Vexé et étrangement blessé, Harry répondit aussitôt :

- Je ne suis pas comme toi Malefoy, obsédé par mon apparence !

- Je prends soin de moi, c'est différent.

- Regarde toi Malefoy, tu passes tellement de temps dans la salle de bain, on dirait une fille ! Railla le sauveur.

- Je t'emmer…

- MES AMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS !!!!!

- Non ! Pas vous ! S'écrièrent-ils.

Grossière erreur.

- Comment ?! Sa voix se fit encore plus aigue. Vous refusez d'écouter la voix de la raison ? Très bien ! Asseyez-vous par terre !!!!!!!!!

Peu désireux de subir une fois de plus la crise d'Androsace, ils s'exécutèrent.

- Alors mettez vous en tailleur les enfants. Inspirez à fond, les mains comme ça, et faites avec moi : « ommmmmmmm ».

Mort de rire, Harry tenta de suivre le mouvement, sans succès. Le pire pour lui était sans doute de voir Malefoy qui obéissait, tout en lui lançant des regards furibonds.

Si cette dispute s'arrêta grâce Androsace, les suivantes qui ne se produisaient que loin des professeurs continuaient. Malefoy trouvait toujours un instant pour insulter Potter, qui lui pourrissait ses journées.

Et le reste du temps, il se plaignait à ses amis.

Lesquels en avaient très légèrement ras le bol.

Si peu…

Ils avaient des problèmes personnels, inutile d'écouter ceux du prince ! (qui se résumaient à : Potter)

La situation ne pouvait plus durer.

Mais passons à un autre sujet pour l'instant.

Blaise, cupidon à ses heures perdues, avait joint l'utile à l'agréable en rassemblant les trios serpent et lions, sans leurs princes. Soit : Lui-même et Ginny, Pansy et Théo, Ron et Hermione.

Une fois tous réunis dans la salle sur demande, Draco dans ses appartements avec son bouquin et Harry concentré sur ses devoirs (avec de mystérieux papiers à côté de lui qui ressemblaient fort à un devoir de potion de Hermione, mais faisons comme si nous n'avons rien vu), le conseil de situation de crise put commencer.

D'abord ça partait mal.

Ron avait un regard plutôt bovin, et Pansy s'était réincarnée en Shiva, le visant de sa fureur destructrice sans la moindre équivoque possible. Dans la famille réincarnée, on trouvait aussi Théo, mais plus pacifique : un arbre, muet et immobile. Seules Hermione et Ginny étaient normales.

Au moins, ses théories venaient d'être vérifiées.

Au cours de l'heure qui suivit, il ne parvint pas à faire décrocher un mot à Théo (qui s'était lui aussi mis à lui lancer des regards « promesses de mort » une fois qu'il eut compris que Blaise l'avait fais exprès), mais Pansy décidée de jouer les gryffondors et avait réussi à faire perdre son regard vitreux au roux (respect total).

Finalement, il s'en sortait bien : Théo était moins dangereux que Pansy.

Elle, s'aurait été torture longue et inventive.

Avec Théodore, un poison dans le verre et c'est réglé.

Il allait faire comme Fol'œil : une gourde pour boire. Voir aller manger dans les cuisines.

Il fut décidé (sans l'avis de Théo puisque ce dernier était subitement devenu muet.) des conséquences que l'on connaît, à savoir : réarranger Harry.

Mais quelques jours plus tard, il parut évident que la situation c'était même aggravée : on voyait les deux princes avec des marques de coups, mais comme les professeurs n'avaient aucune preuve, ils ne pouvaient rien faire.

Il fallut donc une deuxième réunion.

Cette fois avertie, Pansy décida de sortir le grand jeu : à savoir décolleté, bijoux et parfum.

Mais Théodore refusa de venir (on ne l'y prendrait pas deux fois !) et Blaise s'associa à Ginny pour le trainer dans la salle.

A bout de nerf, alors qu'ils arrivaient dans le couloir, le prisonnier s'écria :

- Mais auriez-vous l'obligeance de me lâcher ? Vous meurtrissez mon épiderme !

Tous s'arrêtèrent : Pansy qui suivait ses amis sans paraître vouloir aider Théo, Blaise, Ginny… Et Hermione et Ron qui arrivaient de l'autre côté.

Les deux serpentards, blasés, reprirent leur marche, tandis que le pauvre Théo virait au rouge pivoine.

Les gryffondors avaient un peu de mal.

Lorsque tout le monde fut dans la salle, (Théo attaché pour plus de sécurité et Pansy subtilement assise à côté du roux qui n'en menait pas large) Blaise expliqua :

- Si Théo n'est pas du genre muet, c'est à cause de ça. Il parle toujours de cette manière, et même si nous sommes habitués il évite d'ouvrir la bouche.

Ron ne l'avait même pas écouté, essayant d'échapper au regard insistant de sa voisine. Ginny avait haussé les épaules avant de se blottir dans ses bras. Hermione en revanche, fixait Théo avec grand intérêt, le faisant rougir encore plus.

- Théodore possède une des plus grandes bibliothèques de Grande Bretagne. Crut bon de préciser Blaise.

Et Hermione décida que ce serpentard méritait d'être connu et parti s'asseoir à côté de lui, pendant que la tomate jetait un regard hargneux à son « ami ». Mais les paroles de la jolie brune requirent bientôt toute son attention.

N'ayant pas les meilleures notes sans l'intelligence qui suivait, il ne fallut que quelques minutes à la gryffondor pour l'engager dans un débat passionné.

Et donc, la réunion de situation de crise tourna à la soirée « rencontre ».

De toute façon, elle n'était pas vraiment nécessaire.

- Potter, range les lettres de tes admiratrices ailleurs ! Tu as tant besoin que ça de te faire gonfler les chevilles ?!

- Bah alors Malefoy, on est jaloux ?

- De toi ?! Tu rêves Potter ! J'ai mes parents et je compte les garder.

- C'est sur, des lâches qui changent de camp au dernier moment…

Si Draco avait rejoint dès le début les rangs de l'ordre du phénix (juste après le décès de Dumbledore en fait), ses parents avaient mis plus de temps à suivre le mouvement. Mais les informations qu'ils avaient fournies avaient été trop utiles pour qu'on les mette en prison, à la grande fureur d'Harry.

A peine rentré dans l'appartement, Malefoy avait agressé Potter. Et même l'apparition pourtant bruyante du fantôme fleuri ne les arrêta pas.

Les joues gonflées tel une enfant boudeuse, Androsace fixait ces deux agaçants garçons qui refusaient la voix de la paix et de l'amour.

Soudain, son regard se fit scrutateur. Dieu lui montrait le chemin.

- Merci Seigneur. Murmura-t-elle.

Usant des maigres pouvoirs d'esprit frappeur qu'elle possédait, Androsace fit rouler la baguette que Draco avait laissée tomber afin de poursuivre le combat aux poings.

Celle-ci, docilement, vint se placer juste sous le pied de Potter qui reculait à cet instant.

Ils chutèrent ensemble, agrippés l'un à l'autre sous l'effet de la panique et de la surprise.

*grand fracas*

Dieu veillait sur elle, sa plus fidèle brebis ! Ah quelle joie de voir sa prière entendue !

Devant elle, les deux princes de Poudlard, affalés l'un sur l'autre, leurs lèvres scellées, se regardait les yeux écarquillés.

- Amen, amour et paix ! Clama le fantôme d'une voix extatique.

Lentement, ils se détachèrent l'un de l'autre. La soirée se passa en silence, et ils allèrent se coucher en évitant le regard de l'autre.


Et oui on arrête là. Heureusement que je publie que lorsque j'ai fini la fiction.... Non ?