FREEWILL

Chapitre 2

Ce n'est pas le meilleur chapitre, je vous en prie perseverez, une fois dedans vous apprecierez sans doute mon couple explosif et passioné qui vous réserve beaucoup de surprise. J'ai commencé cette fic il y a longtemps, et c'est seulement maintenant que j'en arrive au bout, et je n'y arrive pas : tapper les dernieres pages, car cette fanfiction est un peu mon bébé.
Bien evidemment, je marche aussi à la motivation, commentez!


Avec tout le café que je buvais, j'allais souvent aux toilettes, il faut dire qu'on a les plus belles toilettes de tout l'immeuble, elles sont spacieuses et on dispose d'une vue imprenable sur le parc d'en face. Cette pièce était reposante et toujours calme, j'aimais y rester plus longtemps que prévu à regarder les enfants jouer dans le parc. Assis sur le rebord de la fenêtre ouverte je respirais l'air frais du mois de mars, une odeur de verdure naissante m'emplissait les narines et me faisais sourire malgré moi, un rayon de soleil illuminait la pièce, se reflétant dans mes cheveux et réchauffant ma peau. Je serais bien allé m'allonger dans l'herbe tendre du parc, les yeux fermés je me serais laissé bercer par les rires des enfants et des couples d'amoureux … peut être irais je après la répétition si elle ne se finissait pas trop tard … seize heure serait le moment parfait, ensuite l'ombre des arbres m'aurais glacé.

«Un simple coup de pied en avant … ça serait si tentant » dit une voix ténébreuse derrière moi. Je me retournai vivement et vit le pied de Kyo en suspend près de mon dos … mon regard affolé en disait long sur ce que je pensais, il était dingue ? Il songeait à me pousser dans le vide ! Ce mec était vraiment trop glauque. Sa moue douloureuse prouvait qu'il regrettait de n'avoir rien fait, pas une once de plaisanterie n'était décelable dans son expression ou dans ses paroles, Kyo était très sérieux : ma présence l'importunait tout particulièrement.

« Qu'est ce que tu fais à notre étage ? » aboyais-je.

« vooootre étage ? Ah ah sache que ici les seuls qui ont leur étage c'est nous, ici ce sont tout les déchets de la compagnie qui se côtoie » dit il d'un air prétentieux en levant le nez en l'air. Décidément il était d'humeur provocatrice.

« Quoi qu'il en soit, ici, ce n'est pas le tient. » dis je en m'accrochant tout de même au bord de la fenêtre, juste au cas où. Téméraire mais pas inconscient.

« J'ai entendu dire que l'on y avait une jolie vue et que l'endroit était agréable, les notre sont exigus et puantes. C'est injuste alors désormais je compte pisser dans CES (il désigna les pissotières un peu plus loin) chiottes. »

« Va pisser et lâche moi la grappe » lâchais-je avec exaspération.

Kyo posa ses deux mains sur mes épaules et y donna un coup sec pour me faire partir en arrière, j'eu la peur de ma vie, heureusement que j'avais anticipé. Kyo m'attrapa par le col et me sorti de l'encadrement de la fenêtre pour me balancer contre un mur. Je veux bien qu'il ai besoin de passé ses nerfs, mais il ne fallait pas compter sur moi pour supporter ces gamineries. Je serra mes deux mains sur son cou et le repoussa contre la porte d'une cabine

« Mais t'es dingue t'as failli me tuer !! » hurlais je, encore sous le choc, un peu plus et j'allais pleurer.

« Hum … j'ai failli oui » dit il avec un air de dément et une moue attristée … non déçue !

Il me faisait réellement froid dans le dos, je quittai la pièce avant de passer à travers la fenêtre.

J'accélérai le pas de peur qu'il me rattrape et m'engouffrai dans la salle de répétition. Sur la table je vis une canette de café glacé à peine entamée et jetai mon dévolu sur elle, la buvant d'une traite. Je repris difficilement ma respiration, les yeux exorbités de frayeur, le reste de mon groupe m'avait observé faire sans rien dire. Je m'écroulai sur le canapé en reprenant mon souffle.

« Un…problème ? » hésita Shun.

« Kyo a voulu me tuer » dis je en regardant droit devant d'un air absent.

Certains rirent, d'autre moins, comprenant que je ne rigolais pas et que je n'exagérais pas.

« Des yakuzas, je vous l'avais dit… » Marmonna Ryo en allumant sa cigarette.

« J'étais devant la fenêtre et il voulait absolument me pousser dans le vide … je suis trop jeune pour mourir » dis je en prenant mon visage entre les mains. Shun passa une main amicale sur mon épaule.

« T'inquiète pas, ça va se tasser, t'es son souffre douleur du moment » tenta t'il de me rassurer.

« Je vous jure les mecs, j'ai eu trop peur » avouais-je, mon cœur encore bondissant. « Quelqu'un voudrait aller me chercher un café ? » ajoutais-je.

Moi qui avais toujours voulu me rapprocher de mon idole d'une manière ou d'une autre j'avais fini par regretter. Jamais Kyo n'aurait de relations normales avec les êtres humains, il haïssait profondément tout le monde et j'avais été bête d'espérer que pour moi ça changerait.

Oui, désormais j'existait à ses yeux, j'avais un nom, une existence pour lui mais quelle effrayante vision de mon être. Avant même de lui avoir déjà parlé il m'avait jugé et condamné… je ne me laisserais pas faire, car je suis un homme et je veux marcher la tête haute.

D'un autre coté, j'avais pitié de lui, la colère venait toujours de la frustration, d'une déception de soi. La vrai colère n'était pas extérieur à nous, mais elle bouillait littéralement dans nos entrailles, ce que l'on arrivait pas à digérer, ce qui restait coincé dans la gorge : on s'étouffait lentement, longuement on se tuait à petit feu, agonisant et n'acceptant pas la main tendue, nous proposant un verre d'eau. Kyo n'acceptait pas les mains tendues vers lui, Kyo détournait le regard lorsqu'on lui souriait, car c'était accepter sa propre faiblesse, sa propre incapacité à être heureux. Se voir comme il était, sa souffrance l'empêchait de vivre, sa haine contre lui s'étendait à tout le monde. Ne dit on pas que si l'on ne s'aime pas soi même on ne peu aimer les autres ? Son attitude n'était que le reflet de sa vision de lui-même, il était vraiment effrayant de se demander jusqu'où Kyo irait dans la haine son propre être.

La mutilation de son corps était chose tristement connu, fier de ses blessures de guerres, il les exhibait à la face du monde.

Kyo avait honte de lui, il se savait fragile et préférait ériger une muraille autour de son cœur, bien au contraire, son cœur battant est au premier rang, les combats les plus sanglant se jouait contre lui et le frappait de plein fouet … il résisterait, pour combien de temps ?

Une existence de douleur et de larmes, c'était impensable, personne ne peut supporter ça. Kyo devait donc cacher les bons cotés de sa vie, c'était certain qu'avec ses amis il se sentait bien, que devant une salle remplie à craquer scandant son nom, il devait se sentir fier de ce qu'il avait accompli … et il avait raison. Mais pourquoi n'avouait il pas cette part de lumière chez lui.

Il commençait à faire froid sous les arbres du parc, alors je préférai rentrer chez moi ; une fois là bas je fus pris d'un moment de nostalgie. J'attrapai le plaid en laine sur mon canapé et m'enroulai dedans pour me réconforter, je me fis un thé et alla au fond de mon placard pour rechercher mes cartons plein de vieilles affaires. Je me mis à genoux et le tira vers moi, je bus une gorgée de thé –pourquoi avais je pris ce breuvage infâme, quand j'avais du café dans mon placard ?- et observa un moment le carton sale. « 80-90 » voila ce qu'il y avait écrit dessus, 20 ans de ma vie balayer par cette simple définition et contenu dans une caisse exigu. Certes il restait des choses chez ses parents, mais y retournerais je un jour ? Il y avait peu de chance, je devais tracer un trait sur tous ce que j'avais laissé derrière lui. Apres tout, même si c'était peu, les objets présents dans cette boite devaient être bien précieux pour que je les ai transporté dans tout ses déménagements.

J'ouvris doucement les pans de cartons, et sorti un à un, avec beaucoup d'émotion tout les objets, chacun avait son histoire et ses souvenirs lié à lui. Pour un objet, c'était des minutes d'observations mais moi je n'arrivais pas a quantifié le temps, je laissais mon esprit vagabonder et retrouver le fil d'une anecdote ou d'un souvenir. Je revoyais des visages, palpais des ambiances, des odeurs, retrouvais des sourires, des voix, des sentiments.

Soudain, mon geste s'arrêta en soulevant un carnet de note, pleins de poèmes, de paroles de chanson et de remarques en tout genre. Je caressai la couverture avec émotion et le regardai sous toutes les coutures, comment avais je pus l'oublier ? Mon compagnon de route, mon exutoire, ma deuxième mémoire… je l'emportais toujours avec moi, où que j'aille je le gardais à proximité. Sa couverture me rappelais déjà tant de choses, rien n'avait changer …évidemment, le temps ne l'avais pas altérer … la couverture bleu me paraissait pourtant plus terne, grisâtre, comme pleine de poussière ou délavée … mais non, j'étais sûr que je me trompais… rien n'avais changé. J'avais souvent une vision déformé du passé, j'y croyais les choses plus brillante, plus éclatante, avec des couleurs plus vives, les gens : j'imaginais leur sourire plus radieux, leur beauté plus éclatante et leur rire plus mélodieux. Déceptions, après déception, je me suis aperçu que j'avais vécu dans une bulle jusque là, que j'avais juste ouvert les yeux et que le passé n'avait rien de radieux … pas plus que mon avenir. La vie serait toujours comme ça, avec ses hauts et ses bas, bien sûr ; mais jamais je ne serais entièrement heureux, j'aurais toujours de petites contrariétés et c'est normal, c'est juste la vie !

Mes mains tremblaient, je les regardais en riant : elles me trahiraient toujours celle là. Même si je ne connaissais pas encore la raison de leur stupide mouvement irrégulier je savais qu'elles ne mentaient jamais. J'ouvris alors la première page d'un coup sec et maladroit. L'adresse de mes parents, mon nom de famille, mon prénom … et une photo : mon meilleur ami et moi, qu'avait il bien pu devenir ? Vivait il encore dans la même région, était il marié ou avait il des enfants ? Un doux sourire se dessina sur mon visage au souvenir de cette si forte amitié qui avait fini par s'effriter. Ce n'était pas vraiment de la tristesse, juste de la nostalgie ; ce temps là où tout allait si mal me manquait affreusement. Paradoxe ultime de chérir la souffrance, en réalité ce qui me manquait c'était qu'à cette époque j'avais des rêves par milliers, des buts, et je me disais que j'avais la vie devant moi pour les réaliser.

Ces rêves je les ai oublié, mes buts se sont estompés, et ceux que j'ai atteint je n'ai pas prit le temps de les savourer qu'il était déjà consumer, oublier, inscrit dans la vie de tout les jours sans me rendre compte du chemin parcouru, des sacrifices et de la fierté personnel que j'aurais du ressentir. Rien ne me raccrochait plus à ces rêves, pourtant j'étais en train de les vivre pour certain. J'avais l'impression de trahir mon ancien moi, de ne pas respecter ce qu'il voulait devenir, j'avais l'impression de me perdre moi-même. Ce que j'avais toujours voulu être, je l'étais en parti et ça ne me rendait pas heureux. J'avais perdu toute illusion, le bonheur je n'arrivais plus à y croire. Si même réaliser ses rêves ne rendait pas heureux, alors à quoi bon vivre … à quoi bon se recréer des buts, idéalisé un avenir, si c'était pour s'enfoncer un peu plus dans la haine de soi.

Kyo, lui aussi, devait avoir plein de rêves adolescents, et sûrement lui aussi les avait il tous réaliser … sans pour autant être heureux.

Et s'il y avait un souhait à faire, ne serais ce pas justement d'être heureux, n'aurais je pas du me concentrer sur ça avant d'entreprendre la construction d'un groupe et d'une vie indépendante. N'aurais je pas du essayer de rester en bon terme avec ma famille, de ne pas perdre de vu mes amis, mes liens avec la douce enfance. N'aurais je pas du trouver l'amour ? M'aimer en vérité ? Chanter par simple plaisir et non par soucis d'argent…comme je le faisais en ce moment.

J'avais perdu le goût de tout…et si je devenais comme lui ?

Comme une réponse à mes craintes, j'ouvris la page de la « liste universelle » (c'était le nom que je lui avais pompeusement attribué). 'Universelle' renvoyait au fait que si l'on en avait coché tout les termes alors on serait heureux et cela pour n'importe quel homme. J'adorais les listes, encore aujourd'hui j'en collais sur des post-it dès que des idées supérieures au nombre de 3 me venaient à l'esprit, finalement ça m'étais très utile, ça m'aidait à ne pas perdre de vue les choses importantes à faire durant la semaine ou avant un voyage.

Je faisais même des listes de sujets de conversation lorsque je téléphonais à ma petite copine, enfin mon ex-petite copine, il y avait justement un problème de communication entre nous, enfin c'est ce qu'elle avait dit.

Liste universelle :

Chanter

Avoir assez d'argent pour dormir et manger

Trouver mon âme sœur

Avoir mon groupe

Rencontrer Kyo et lui parler

Aller en France et en Europe

Avoir mon permis

Vivre loin de chez mes parents

-Avoir pleins d'amis musiciens

Avoir des fans qui me reconnaissent dans la rue

Voyager

Et la liste continua encore comme ça sur quelques lignes, je soupirai et allai chercher un stylo pour mettre des croix là où c'était nécessaire. Rencontrer Kyo …jeune imbécile que j'étais…si seulement j'avais su à l'époque. Je me souvenais avec un peu de difficulté que j'avais modifié environ cette liste 200 fois durant trois ans, et sans doute l'avais-je encore trituré après. Car en sortant du lycée une chose était sure, je ne connaissais pas Kyo.

Mais dès que j'ai entendu sa voix, j'ai su que j'étais d'une certaine façon tombé amoureux. Je n'avais pas sa voix, la mienne était vraiment différente, alors j'ai pris un autre chemin. Le jeune Satsuki me détesterait s'il voyait comme je suis malheureux malgré tout ça, s'il savait que ma famille me manque, que l'amour je ne l'ai pas trouvé. Que finalement j'en suis au même point. Je vis dans le monde de la musique sans songer que j'aurais autrefois tué pour la place que j'ai désormais.

Je finis par pleurer en lisant mes vieux poèmes, ils étaient si vrais, ils reflétaient des sentiments qui étaient toujours inscrit en moi et qui justement avait parfois du mal à sortir sur le papier ou dans la parole. Je gardai le petit livret avec moi afin d'en montrer deux ou trois au reste du groupe dans l'idée d'en faire des chansons.

Ce retour dans le passé m'avait épuisé nerveusement et j'étais mort de fatigue, sans même manger je me déshabillai pour m'endormir d'un lourd sommeil cauchemardesque. Même si une fois réveillé j'oubliais aussitôt la teneur de ce rêve si horrible.