Bonjour tout le monde ! Un petit post en avance pour vous livrer mon oeuf de Pâques à moi (toujours en avance) xD Imaginez un gros ruban rouge et ça pourra faire illusion, si si ^^
Fini le blabla, bonne lecture !
Un jeune homme d'une vingtaine d'années environ sifflait en astiquant la vitrine d'un salon de tatouage qui commençait à acquérir une jolie réputation. Le produit nettoyant qu'il utilisait pour la vitre sentait agréablement bon comparé à la puanteur du désinfectant qu'il avait utilisé un peu plus tôt dans le salon à proprement parler. Mais il faut ce qu'il faut ! Et, croyez-le ou non, un simple Récurvite ne suffit pas pour nettoyer de façon satisfaisante un salon de tatouage. Le jeune assistant y allait donc à la Moldue, avec beaucoup d'huile de coude. Oh il ne se plaignait pas ! Il adorait son boulot, même si le nettoyage n'était pas – et de loin – sa partie préférée. Il sifflotait un air joyeux et entraînant, pensant au cimeterre stylisé qu'il pourrait dessiner dès qu'il aurait fini. Un client était venu en fin de matinée avec une vague esquisse d'un sabre qu'il aurait voulu sur sa colonne vertébrale. Il voulait quelque chose de sophistiqué et pas trop rigide. Alec s'en pourléchait les babines à l'avance.
Satisfait du résultat, les vitres étincelant sous le soleil de juin, le jeune homme jeta son chiffon et se dirigea vers sa table à dessin de sa démarche chaloupée qui ne manquait jamais d'étonner tous ceux qu'il croisait. On s'y habituait vite cela dit, mais l'air de rien, ça surprend ce genre de démarche de la part d'un garçon aussi pâle. Inconsciemment, le commun des mortels attribuait ce genre de déhanché aux latinos et aux blacks. Alec posa donc son fessier aux formes appétissantes sur sa chaise. Si on lui avait dit plus tôt que cette façon de marcher sculptait des fesses à se damner, il aurait commencé plus tôt ! Il regarda attentivement de ses yeux bleu nuit l'esquisse assez grossière que lui avait laissé le client. Avec son numéro de téléphone au bas de la page. Un sourire un brin lubrique étira les lèvres pleines d'Alec. Il saisit une feuille blanche et un crayon qu'il fit tournoyer négligemment entre les longs doigts de sa main gauche. Il passa sa main droite dans ses cheveux, une vieille habitude dont il essayait toujours de se débarrasser. Jurant entre ses dents, il alla se poster devant un miroir mural pour rattacher convenablement ses longs cheveux d'un brun riche tirant un peu vers le roux. Il était élancé, environ un mètre quatre-vingt, et son débardeur noir révélait juste ce qu'il fallait d'une fine musculature consciencieusement entretenue. Son catogan refait, il vérifia machinalement que sa cicatrice était toujours bien invisible, puis il revint à son dessin en devenir d'un pas souple et dansant. Il s'assit et posa son menton dans sa main droite tout en fixant l'esquisse. Un tatouage représentant un loup très bizarre vint immédiatement se nicher dans sa main pour lui donner un petit coup de museau sur la mâchoire. Mâchoire qu'il avait moins carrée qu'avant. Son visage était désormais presque pointu et ça lui donnait parfois l'air d'un lutin, quand il avait une expression particulièrement espiègle notamment. En regardant de plus près, on pouvait s'apercevoir que ce loup étrange était en réalité un loup gris et un chien noir, mais tellement rapprochés qu'ils semblaient n'être qu'un loup d'une morphologie particulièrement épaisse. Amusé, Alec chatouilla le tatouage qui sembla ronronner un moment avant de remonter le long de son bras jusqu'à se glisser sous son débardeur, sur son torse.
Le jeune apprenti finit par saisir sa baguette et lança un sort de sa composition afin de mieux dégager le dessin que le client désirait de cet amas de traits qui constituait son esquisse. Il reposa sa baguette, et la regarda avec tendresse. Il l'avait longtemps haïe, cette baguette, mais il s'y était fait, et commençait à l'apprécier. Elle était un poil plus longue que sa précédente, en bois d'aulne, et contenait une nervure d'aile de sombral. Une baguette puissante et souple, création originale de Gregorovitch.
Il reprit son crayon, et en quelques traits décidés, traça un cimeterre à la fois agressif et élégant. D'un sort, il le recopia à la bonne taille et entreprit de retravailler certains traits en plein et délié, ainsi que de rajouter des ombrages.
- Pas mal du tout ! S'il n'est pas content avec ça, je ne sais pas ce qu'il lui faut !
- Max ! Tu m'as fichu une frousse bleue ! Je t'interdis d'apparaître comme ça dans mon dos ! plaisanta Alec avec de grands gestes très mélodramatiques. Il l'avait très bien entendu venir.
Max était le patron du salon de tatouage, il était plutôt bel homme, la trentaine, et avait des tendances espiègles qui avaient presque fait griller sa couverture à Alec au début.
- Mais il y a une chose quand même qui ne va pas. Dit Max de son ton le plus sérieux.
- Quoi donc ?
- Tu ne pourras jamais être acteur, tu es un menteur épouvantable ! lui affirma-t-il en souriant de toutes ses dents.
Alec grogna et flanqua une bonne bourrade à son patron tout en pensant qu'il n'était pas si mauvais menteur que ça vu que Max ne s'était toujours pas rendu compte qu'il employait Harry Potter. Cela faisait pourtant près de huit mois qu'ils se connaissaient maintenant. Il n'était apprenti que depuis trois mois, mais c'est ici qu'il avait fait faire ses tatouages.
- Et comment va ton dos, Whiteshore ?
Whiteshore, son nouveau nom. Il l'aimait bien. Comme sa baguette. Il évoquait pour lui une idée de départ à zéro. Ça lui plaisait.
- Mon dos va très bien, Max. On le finit dès que tu ne te sentiras pas trop fatigué.
Cette dernière remarque lui valut une claque sur l'arrière de la tête. Il poussa un petit cri outragé.
- M'enfin Max ! Je venais de me recoiffer !
Et il retourna se planter devant le miroir sous les rires de son patron. Son petit numéro de diva offusquée le faisait toujours beaucoup rire. Avec une moue dédaigneuse, Alec alla reposer son royal postérieur sur sa chaise – son trône en l'occurrence – et se remit à ses ombrages, ignorant royalement les fesses de son patron posées à quelques centimètres de sa feuille, sur la table.
- Sérieusement, Alec, tu devrais faire attention. L'Encre d'Eternité est vraiment douloureuse, il faut réellement espacer les applications. Je sais bien que tu es un gros dur, mais n'en fais pas trop, ça pourrait te bousiller ton système nerveux.
Le « gros dur » soupira. La douleur, il connaissait. Il connaissait très bien même. Il avait gardé de sérieuses séquelles de cette fichue Bataille Finale. La pire lui venait de sa cicatrice. La mignonne petite cicatrice en forme d'éclair s'était retrouvée agrandie et noircie par un sort particulièrement vicieux qu'il n'avait réussi ni à bloquer ni à esquiver. Elle descendait désormais jusqu'au milieu de sa joue gauche, n'ayant fait, heureusement, qu'une tache noire dans son iris. Il était très heureux d'avoir toujours son œil. Cette cicatrice, il réussissait à la masquer sous divers sorts et du maquillage moldu amélioré par ses soins. Par contre, les maux de tête épouvantables qu'elle occasionnait, il ne pouvait rien faire contre eux. Alors il s'y était habitué. L'Encre d'Eternité le faisait à peine tressaillir, et il était sûr qu'il pourrait se battre sous Doloris si la situation l'exigeait.
- Je sais, Max. C'est gentil de te préoccuper de ma santé, mais tu sais bien que le « gros dur » que je suis n'aime pas ça. Alors laisse-moi plaisanter à tes dépends quand tu joues à la mère poule, d'accord ?
Max lui sourit, et sauta bas de la table en lui mettant une claque sur l'épaule.
- Très bien, champion. Le vieil homme fatigué que je suis terminera donc ton tatouage la semaine prochaine. Je me demande s'il bougera autant que ces deux-là une fois achevé. Dit-il en désignant du pouce le loup et le chien entrelacés qui gambadaient sur les épaules d'Alec, poussant devant eux un serpent visiblement contrarié.
Le jeune homme éclata de rire, répliquant qu'il ne savait pas trop où un dragon de cette taille arriverait à se balader à part sur son dos, puis il se dévissa le cou pour suivre la chasse au Serpentard de Lunard et Patmol. Du coin de l'œil, il aperçut des bois qui dépassaient du col de son débardeur. Il baissa un peu le vêtement et observa avec émotion le cerf d'un brun profond et la biche rousse qui étaient remontés sur son cœur. Eux non plus ne semblaient pas trop aimer son serpent. Pourtant, c'était aussi une partie de lui. Il était autant Serpentard que Gryffondor. D'ailleurs en parlant de Gryffondor… L'apprenti tatoueur gloussa d'amusement en se rappelant où s'était réfugié son lion rouge et or depuis qu'un grand dragon blanc avait élu domicile dans son dos. Le fauve était sur ses reins à l'origine… et il avait été chassé vers le bas.
La clochette d'entrée tira Alec de ses réflexions sur ses tatouages, et il fut d'ailleurs reconnaissant à la personne qui était entrée de l'avoir empêché de penser à la personne pour qui il avait décidé de se faire tatouer un dragon blanc.
Il leva la tête, un sourire avenant sur le visage, qu'il faillit perdre quand il reconnut la femme qui venait d'entrer. La quarantaine alerte, la femme avait attaché ses longs cheveux noirs en deux couettes dont les pointes étaient colorées en rose fluo. Sa robe de sorcière était rouge vif et ouverte sur une tenue moldue comprenant un petit top bleu foncé, une mini jupe à carreaux style écossais rouge et noir, des bas bleus à motifs géométriques et des bottes à lacets qui avaient dû nécessiter au moins vingt minutes de laçage. Ses yeux d'obsidienne recelaient la lueur de folie qui leur était habituelle, quoiqu'en moins cruel et plus désespéré que d'habitude.
Alec dut se sermonner pour ne pas se jeter sur sa baguette à l'instant où il avait reconnu Bellatrix Lestrange.
A suivre...
Des réactions ? Des impressions ? (demande l'auteure affamée de reviews... mais non je ne vous oblige pas... oubliez la méchante cuiller à kiwi dans ma main, elle n'est là que pour la figuration lol)
