Disclaimer : Voir premier chapitre
Note : Comme je l'avais dit à la fin du chapitre précédent, le mot de cet OS est "nausée". Merci à Lûthita pour ce mot … Un merci spécial à certains de mes profs dont certains cours m'ont permis d'écrire ce chapitre, non pas que je me sois servie du contenu de leurs cours, mais plutôt que je me suis servie de leur temps de cours. A croire que les sociologies contemporaines et le colonialisme ne m'intéressent pas …
Titre : Nausées matinales
C'était devenu une habitude, ou plutôt un objet de désappointement quotidien selon Sanzo, dormir à quatre dans la même chambre. A croire que tous les voyageurs du Togenkyo s'étaient donnés le mot et avaient décidé de prendre d'assaut les différentes auberges. La promiscuité exacerbait les tensions, déjà bien assez présentes. Et la gentillesse horripilante d'Hakkai, la mauvaise humeur de Sanzo, les remarques salaces de Gojyo et la turbulence de Goku, formaient un melting-pot capable de venir à bout de n'importe quelle santé mentale, celles des concernés en premier.
La nuit, semblable aux précédentes, s'était écoulée doucement, marquée par les ronflements tonitruants de Goku et autres coups de pieds pour dégager les "vils squatteurs de pieux" dixit Gojyo. Chose étrange, tout ce petit monde avait retrouvé sommeil apaisé lorsque Sanzo avait décidé de s'en mêler : "Bordel de merde ! J'vais vous faire taire moi, bande de grumeaux !". Sommeil apaisé non partagé par le reste des clients de l'auberge, réveillés par une série de coups de feu. La prochaine fois, ils ne dormiraient pas dans la même auberge que ces hurluberlus, ou alors ils leur laisseraient des chambres individuelles, au choix.
Hakkai fut le premier levé, frais comme une rose et ne semblant pas avoir souffert des événements de la nuit. Sanzo le suivit de peu, à ceci près que lui avait mal dormi à cause desdits événements. Il jeta un regard haineux au métis qui marmonnait des paroles que la bienséance réprouverait, le tout avec un sourire béat aux lèvres. Prescience ou instinct de survie venant des cafards, Gojyo se réveilla avant que le moine ne décide de passer ses nerfs sur lui. Finalement il ne resta plus que Goku, sa tignasse brune dépassant de sous les draps.
Ignorant le regard exaspéré du blond, le kappa se dirigea à pas de loups vers le singe qui avait décidé de régresser vers une forme larvaire, difficilement identifiable. Délicatement, il attrapa un des bords du drap et tira d'un geste sec, ce qui eu pour résultat de voir un Goku sortir de sa chrysalide d'une manière peu élégante. A la place d'un papillon gracieux, le cocon laissa la place à un singe étourdi, à moitié assommé sur le sol. Seul point positif de l'histoire, on pouvait qualifier la pose obtenue d'artistique, ressemblant vaguement à un tableau de Picasso dans sa période déstructurée. C'était toujours ça.
Applaudissant la représentation, Hakkai annonça d'un ton calme que c'était l'heure du petit-déjeuner. Pourtant, l'acteur n'eut aucune réaction, le singe resta planté dans le sol, émettant un grognement inarticulé.
"Goku ? Tu es réveillé ? C'est l'heure du petit-déjeuner."
La deuxième annonce n'eut guère plus d'effet que la première, ou en tout cas, n'eut pas les conséquences attendues. Aucun hurlement, aucune cavalcade. Goku se contenta de se remettre lentement sur ses pieds, sous le regard étonné et légèrement inquiet de ses aînés.
"Hé le singe ! Tu t'sens bien ?"
Le singe semblait réfractaire aux attentes du kappa, certes Goku se décida à s'activer, mais l'objectif final de sa course n'était pas la salle à manger, mais les toilettes, avec pour but de rendre le contenu de son estomac (ou en tout cas de ce qui avait pu rester dans le gouffre sans fond qui lui servait d'organe interne). Et à présent, c'était le reste du groupe qui restait là comme deux ronds de flan, ou trois en l'occurrence. Hakkai fut le premier à retrouver ses esprits, ou en tout cas ses habitudes d'instituteur dont le travail consiste souvent à s'occuper de l'état de santé de ces chères têtes blondes et donc par conséquent de leurs estomacs récalcitrants.
Restés seuls dans la chambre, Gojyo et Sanzo se jetèrent un regard, amusé pour l'un, blasé pour l'autre. Allons bon, qu'est ce qui était encore passé par le vide intersidéral que le kappa avait entre les oreilles. Même si les bruits de régurgitation du singe lui étaient épargnés, Hakkai ayant pris soin de fermer la porte, il se doutait que le métis allait lui sortir une imbécillité de plus sur Goku.
"Dit donc, c'est qu'elle aurait des nausées matinales notre guenon.
- T'insinues quoi ?
- Oh rien …"
Sanzo avait mal entendu n'est-ce pas ? Cet imbécile n'avait pas sous-entendu "Ca" ! Lui et le singe, non mais franchement, il fallait avoir un esprit plus que tordu pour oser imaginer un truc pareil. Attrapant Gojyo par le col, le moine point son Smith & Wesson entre les deux yeux rieurs.
"Si t'es susceptible sur ce sujet, c'est que t'as quelque chose à cacher."
Le petit bruit métallique qui annonça l'armement du flingue ne fit pas disparaître le sourire en tranche de courge du métis. Rictus crispé sur le visage, le moine appuya un peu plus le canon de l'arme sur le front de son vis-à-vis. Encore une remarque et il lui collait une balle dans le vide intersidéral qui lui servait de tête, pour une fois qu'elle contiendrait quelque chose. Oser supposer ce genre de truc entre lui et le babouin. Le tabou était un abruti, un abruti suicidaire de plus.
Hakkai les trouva ainsi, Gojyo, sourire aux lèvres, mais se posant toutefois des questions sur l'aboutissement des pulsions meurtrières du moine, ce dernier, le doigt crispé sur la détente, se posant des questions sur la volonté de vivre du demi yokai. Pas impressionné pour deux sous, l'ancien instituteur lui fit baisser son arme. Non parce que bon, même si Gojyo est énervant, il serait bien plus énervant d'aller expliquer au tenancier qu'il était désolé, mais ses amis avaient décidé de s'entretuer dans la petite chambre, oh pour une broutille hein, mais s'il avait une serpillière, ça l'arrangerait bien, promis, ils rendraient la chambre dans l'état où ils l'avaient trouvé.
"Sanzo je ne pense pas que tuer Gojyo le rende plus intelligent.
- Hé !...
- Par contre, je pense qu'il faudrait faire venir un médecin."
Ce fut la dernière remarque qui permit le début d'une certaine accalmie. Le singe était malade, le singe avait un problème d'estomac autre que sa faim inassouvie, mais il leur faisait quoi le singe là ! Gojyo eut toutefois la bonne idée de ne pas suggérer de faire venir un obstétricien, son instinct de survie semblait s'être rappelé à lui.
Une heure plus tard, le médecin regardait avec un air gêné les trois hommes qui se tenaient devant lui. Ou plutôt il en regardait un en particulier, le moine blond, se demandant si le jeune homme brun au monocle serait capable de l'arrêter si celui-ci était pris d'une pulsion meurtrière à son encontre. Qu'est-ce qu'il y pouvait, lui, si leur animal de compagnie avait décidé de manger le contenu d'un pot de colle …
And that's all ? ...
Note de fin :
Bon tout d'abord des excuses pour le temps que j'ai mis à écrire cet OS. Il était déjà pratiquement terminé quand j'ai posté le chapitre précédent, mais je me suis rendu compte que la qualité était des plus médiocre.
J'avoue toutefois que cette version n'est pas géniale non plus, j'ai eu beaucoup de mal à exprimer mes idées et finalement le résultat est très moyen. Je vous présente également des excuses pour la fin en eau de boudin.
Ensuite des remerciements à Padra et Momigigi pour leurs rewiews. En espérant que cette nouvelle histoire vous plaise et que Momigi reconnaisse toujours "son Sanzo". (même si c'est le mien ...)
Le mot du prochain OS n'est toujours pas arrêté, donc si vous avez des idées, je suis tout ouïe. Sinon j'irais piocher dans ma petite liste.
