Je suis faible… vraiment… NAN MAIS AUSSI FAUT PAS ME DIRE DES CHOSES GENTILLES, APRES MOI JE DEVIENS ACCRO ET PIS J'AI ENVIE DE CONTINUER APRES ! en fait, nan, faut continuer ! please ? O.O
Bon, voilà, j'ai succombé à la tentation et un deuxième chapitre est né…
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Qu'est-ce qui m'a pris ? C'est une question qui tourne en rond dans ma tête depuis hier. Enfin, surtout depuis que Watanuki, le gars qui bosse à la boutique voisine et qui venait faire le ménage de temps en temps chez moi, m'a hurlé dans les oreilles un très mature "MAIS BORDEL EXPLIQUE MOI CE QUI EST PASSE DANS TA CERVLELE DE PIAF DEGENERE DU BULBE POUR RAMENER CE MEC ICI ?".
Il n'a pas tort, dans un sens. Même si je l'ai foutu dehors parce qu'il faisait trop de bruit. Pourquoi est-ce que j'ai ramené ce garçon chez moi ? Je ne sais même pas d'où il vient. Et il a huit ans de moins que moi. Mais il avait l'air tellement perdu, tout seul dans ce train… Raaaah, je me ramollis sérieusement, c'est pas possible !
Mais… franchement, qui aurait pu le laisser comme ça ? On aurait dit qu'il allait se briser si jamais quelqu'un le touchait. D'habitude, je m'en fous des gens autour de moi. Le social et moi on est pas très copains. Mais ce type… Je sais pas. J'arrive même pas à me l'expliquer moi-même. C'est le premier que j'ai vu dans le wagon alors qu'il se faisait tout petit et qu'il faisait noir. On aurait dit que mon regard était attiré comme un aimant…
Et puis merde à la fin, je n'ai pas à me justifier non plus ! Je ramène qui je veux chez moi ! Et si j'ai envie d'héberger un pauvre ado paumé, je le fais !
Ça doit faire deux bonnes heures que le gamin a été se coucher. J'arrive pas à croire que j'ai passé deux heures à boire et à me poser des questions ! 'Tain, je suis bon pour un mal de crâne carabiné demain, je sais qu'il faut pas que je réfléchisse quand y a du saké dans le coin ! Raah, fait chier, je suis encore en train de me prendre la tête pour rien là !
J'avale une nouvelle gorgée d'alcool. Kami-sama, j'avais pourtant une vie tranquille, surtout pas prise de tête, même si j'habite un village de dingue, avec l'autre excité et sa patronne complètement lubrique et immorale… même si c'est la reine pour me dégoter du saké digne de ce nom. Et voilà, je divague encore ! Putain, mais qu'est-ce que j'ai fais pour mériter ça, hein ? Pff, j' vous jure…
Bon, en attendant faudrait p't-être songer à aller se coucher, j'ai du boulot moi demain… Je me relève en grognant et je pose la bouteille à moitié vide… bon, au trois quarts, dans l'évier. Trop la flemme de la ranger. Et puis, ça occupera l'autre demain matin… Je sais pas vraiment ce qu'il fait la journée. Humpf, p't-être que la vieille alcoolo aurait besoin d'un peu plus d'aide à la boutique ? Ou alors…
Merde, je suis quand même pas en train d'essayer de lui trouver du boulot là ? J'ai vraiment dû trop boire. D'habitude, je tiens mieux que ça. Je me dirige vers ma chambre en me grattant distraitement la tête. Trop compliqué. Et puis, j'ai le temps d'y réfléchir, il est depuis pas longtemps, si ça trouve il va même pas rester…
Tiens, il y a du bruit dans la chambre du gamin. Qu'est-ce qu'il se passe encore ? Pourquoi il pionce pas à c'te heure-ci, lui ? Je grogne. L'a pas intérêt à faire de conneries… J'ouvre la porte. Evidemment, il a pas allumé la bougie, donc j'y vois que dalle. Par contre, les bruits bizarres s'arrêtent dès que je fais un pas à l'intérieur. Oh, lui il essaie de me cacher quelque chose… Fff, j'ai horreur de ça.
Je me rapproche à tâtons de la bosse que je devine sur le futon. Et lorsque quelque chose de très lourd et de très dur entre en contact avec le pouce de mon pied droit, je pousse un juron sonore. Tant pis pour la discrétion. La vache que ça fait mal ! Le truc informe devant moi bouge légèrement.
- Kuro-san ?
Ok, il dort définitivement pas. Il a pas la voix de quelqu'un qu'on vient de tirer du sommeil. Et quand est-ce qu'il va m'appeler par mon nom en entier ? Enfin, c'est pas le sujet.
- Allume la bougie, gamin, je vais finir par me casser la gueule !
Je l'entends chercher, puis le craquement de l'allumette et une faible lueur se diffuse dans la pièce. Eh ben, c'est pas trop tôt… Le gamin est assis sur son futon avec un de mes vieux T-shirts qui est dix fois trop grand pour lui et qui lui tombe sur les épaules, les cheveux totalement en vrac. Merde… il est… mignon, comme ça. Il a l'air encore plus fragile que dans le train.
Enfin, ça c'est avant que je vois l'espèce de rictus qu'il m'envoie. Parce que je vais surement pas appeler ça un sourire. C'est le truc le plus faux, le vide, le plus hypocrite que j'ai jamais vu, et pourtant je suis pas un fana des qualités de l'espèce humaine. Qu'est-ce que c'est que cette blague ?
- Tout va bien, Kuro-san ?
Hein ? C'est à moi que tu poses c'te question ? Tu crois que je vois pas tes yeux rouges et les traces de sel sur tes joues ?
- Te fous pas de moi.
- Pardon ?
J'arrive enfin jusqu'à lui et je me laisse tomber assis en tailleur sur le matelas. Ouch, il est plus fin que je le pensais ! Merde, je lui ai vraiment proposé ça ? Pfff, faut vraiment que je revois ce qu'il y a dans mes placards. Il me regarde sans comprendre. Evidemment que tu comprends pas, crétin, combien tu en as berné avec cette grimace !
- Arrête ça.
- Quoi ?
- Ta grimace, là. Enlève-moi ça. Ça m'énerve.
Ah, enfin ! Son faux sourire s'efface lentement et il baisse la tête. Quoi encore ? Je suis si horrible que ça ? Ou alors je lui fais peur ? Pourtant, il a pas hésité avant de venir ici ! Kami-sama, que ce gosse est compliqué, j'en ai mal au crâne… Je grogne encore une fois avant d'attraper son menton pour lui redresser la tête. Il se mordille la lèvre d'un air nerveux. Dieu qu'il m'agace quand il fait ça !
- Désolé. D'habitude… ça marche.
- Humpf… tu veux dire qu'on te fout la paix ?
Il hoche la tête. Non mais quel crétin. Franchement, pourquoi je l'ai ramassé, hein ? Je n'aime pas les hypocrites. Je n'aime pas les gens qui baissent les bras. Quand j'ai mal, quand j'en ai marre, quand ça m'énerve, je le crie ! Pas lui. Alors pourquoi je l'ai ramassé, hein ? … Je viens de réaliser que quand je parle de lui, on dirait que je parle d'une bestiole abandonnée que j'aurais trouvée dans un carton, au coin de la rue. Un de ces chatons sous la pluie qu'on voit dans les films à l'eau de rose. Mais c'est vrai qu'il ressemble un peu à un chaton…
Raah, voilà, je m'éloigne encore du sujet ! Mais c'est pas possible ! Et puis, pourquoi j'ai toujours pas lâché le gamin ?
- Tu pleurais ?
Et voilà, il détourne encore les yeux. Non mais je vous jure ! J'aurais presque envie de lui mettre des tartes ! Va falloir qu'il apprenne à s'assumer un peu celui-là… Juste au moment où je commence à perdre patience, il hoche encore une fois la tête, mais si peu que je ne le vois presque pas. Ben voilà, on y arrive…
- Et pourquoi tu te cachais alors ?
Il relève brusquement le menton, les yeux écarquillés. J'hausse les sourcils. Qu'est-ce qu'il a à faire cette tête encore ?
- Je… ne dois pas pleurer. La seule fois où j'ai commencé à le faire, à cause de mes cauchemars, mon père m'a frappé. Après ça, la seule fois où je me suis permis de pleurer, c'était dans le train…
- Et est-ce que je t'en ai collé une, moi ?
Il hésite. C'est pourtant pas compliqué comme question ! Ça s'est passé il y a pas deux jours !
- … Non.
- Bon ben alors ? Si t'as envie de pleurer, pleure ! Si tu as envie de crier, crie ! Et si tu as envie de cogner… va plutôt chercher l'abruti d'à côté.
Il rit faiblement. Ben quoi ? Il a pas intérêt à essayer à me frapper moi, il va se faire mal. Et puis, pendant qu'il continue à rire, une larme s'échappe de son œil droit. Et puis une deuxième. Et une troisième. Et… Wow, c'est humain d'avoir autant d'eau dans le corps ? C'est même plus des larmes, c'est un torrent. Avec les sanglots et les petits reniflements qui vont avec. Et je fais quoi moi maintenant ? Je peux pas lui dire d'arrêter, je vais avoir l'air con !
Je pousse un soupir avant de me tourner et d'appuyer mon dos contre le mur. Je lâche son menton pour poser ma main sur sa nuque et j'appuie dessus jusqu'à ce qu'il pose sa tête sur mes genoux, malgré sa faible résistance. Un chaton, je dis. Il hésite encore quelques secondes, puis je sens sa main se crisper sur mon jean et il pleure encore plus.
Nouveau grognement de ma part. J'ai jamais été doué pour consoler les gens. Il n'y a qu'à voir avec ma petite sœur, chaque fois qu'elle tombait, c'était la voisine qui venait s'occuper d'elle. Mais bon, si ce qui a marché la dernière fonctionne encore… Je remonte doucement ma main jusqu'à sa tête et j'enroule quelques unes de ses mèches blondes autour de mes doigts. Ça a l'air de le calmer légèrement, puisque ses sanglots se font moins violents… Bizarre. Je suis sûr que j'ai dû lui arracher un ou deux cheveux dans la manœuvre, j'ai pas les mains les plus douces du monde. Mais allez savoir pourquoi, elles lui plaisent. Ce gamin est vraiment étrange.
Ses cheveux toujours noués à mes phalanges, je lui caresse le crâne du bout des doigts. Sa respiration s'apaise encore, jusqu'à ce qu'il ne bouge plus du tout. Merde. Il vient de s'endormir sur mes genoux. Et je fais quoi, moi, maintenant ? Bon, je peux toujours le pousser et repartir me coucher, mais… Raah, fait chier à la fin.
J'attrape l'oreiller que l'autre a joyeusement délaissé pour le caler dans mon dos, ramène la couverture lui et souffle la bougie. Tant qu'à rester là un bon moment, autant s'installer comme il faut ! Je ne retire pas tout de suite ma main de ses cheveux. Pas avant d'être sûr qu'il soit profondément endormi.
Je crois que je vais finir par ramener un vrai chaton chez moi. Juste comme ça.
Et faut que j'aille voir la sorcière alcoolique demain.
.~.~.~.OWARI.~.~.~.
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Vilà… Assez difficile a écrire, du point de vue de Kuro… :S j'espère que ça vous aura quand même satisfait !
Ensuite, c'est à voir… si vous êtes trèèèèès gentils – et si je suis encore cruche -_-' – je continuerai – sûrement – en alternant les deux POV…
See you soon^^
