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Auteur //Subaru-D
Manga // X Clamp, Tokyo Babylon
Type // Fantômes japonais, horreur, fantastique
Disclaimer // Yaoi shônen-ai
Ôka
Chapitre 1
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La pendule indiquait presque minuit, mais il ne dormait pas.
Seishirô dormait toujours peu, et en temps normal il avait un excellent remède contre ses insomnies, l'ennui qui plombait ses soirées.
« Portable de Sumeragi Subaru. Laissez un message. »
Le Sakurazukamori sourit. On sentait jusque dans le message de Subaru son malaise quand il s'agissait de faire des phrases qui comptaient plus de deux syllabes. Même avant, il n'était bavard que très rarement, restant muré dans de longs silences pensifs, ses intenses iris vert exprimant parfaitement ce que des mots n'auraient pu que laisser entendre.
Seulement, bavard ou non, Subaru répondait toujours au téléphone, ou le laissait allumé, du moins. S'il n'avait pas envie de lui parler, il se contentait de couper la sonnerie, c'était tout. Bien sûr, il y avait une explication logique à ce silence, Subaru avait un travail, avait des coups de tête et des angoisses nocturnes – le sakurazukamori en soupait bien assez quand le jeune onmyôji passait la nuit chez lui – mais l'instinct, son fameux instinct de prédateur aguerri lui soufflait que l'explication actuelle ne lui plairait sans doute pas.
Qu'à cela ne tienne.
Après tout ce n'était pas comme si Subaru pouvait se cacher. Seishirô passa une veste et son imper, non sans s'assurer que la tache de sang sur la manche avait disparu…c'était le genre de détail qui pouvait mettre Subaru-kun dans de mauvaises dispositions. Renfrogné, il était amusant, mais la grimace lui allait moins que la douleur.
« Trouve-le moi. »
Le shiki était apparu sur son épaule alors qu'il descendait les escaliers en sortant son paquet de cigarettes. L'esprit s'envola et traversa le mur sans un bruit, sans que Seishirô ne lui adresse un second regard. Il n'était pas d'humeur à jouer longtemps, ce soir, il avait envie d'avoir Subaru avec lui.
La dernière fois qu'il avait ressenti une envie si…immédiate, c'était lors de l'affaire de ce serial killer, qui avait commis une faute de goût des plus discutables en tentant de poignarder sa proie. Subaru en avait été quitte pour une jolie estafilade sur la hanche et son agresseur pour un aller simple aux dossiers non classés. Seishirô n'avait pas eu le temps de peaufiner, cette histoire l'avait agacé…comme à peu près toutes celles dans lesquelles le jeune exorciste fourrait son nez.
Ho, il avait bien tenté de lui faire comprendre que sa vie ne lui appartenait pas et qu'il n'avait pas à l'exposer de manière aussi inconséquente, mais autant faire la leçon à un sourd.
Alors qu'il s'avançait dans l'avenue, il vit une ombre au-dessus de sa tête et fronça les sourcils. Comment son shiki avait-il pu revenir si vite ?
La réponse se tenait, retranchée sous une arcade du centre commercial, à quelques mètres de là. Seishirô sourit et tira une bouffée de sa cigarette.
« Quelle agréable coïncidence…car ta présence à moins de dix mètres de mon appartement est naturellement une coïncidence, Subaru-kun ? »
Il vit la silhouette quitter son abri pour se diriger vers lui et nota aussitôt la blessure à la gorge, que Subaru s'efforçait de dissimuler sous son imper. Il titubait, les membres agités de frissons.
« Tu as bu. »
Il détestait ça plus encore que de le voir renfrogné.
« Non. Je n'ai pas bu. J'ai tué quelqu'un. »
Il y eut un silence de quelques secondes, puis Seishirô eut un rire bas avant de prendre le menton du jeune homme entre deux doigts.
« J'ai hâte d'entendre ça. »
***
« Je n'aurais jamais cru ça de lui…C'était un garçon discret, calme… »
« La discrétion ce n'est rien d'autre que vouloir cacher quelque chose, vous devriez le savoir…Sao, tu me prends encore quelque photos de face ! »
L'inspecteur posa une main sur l'épaule de la jeune femme en face de lui, apparemment sous le choc.
« On va noter votre déposition. »
« Je vous ai déjà tout dit. J'ai entendu un cri et je suis montée quand le courant s'est rétabli. En arrivant sur le palier, j'ai vu que la porte était ouverte et Irochi-san… »
Elle marqua un silence et son regard se porta sur le corps étendu au sol, raide et courbé dans l'entrée de l'appartement.
« Est-ce que vous savez…ce qui s'est passé ? »
« Le médecin le dira. »
Mais avec une expression pareille, le gardien n'était pas mort seul, c'était plus que certain : en tant que policier on retrouvait fréquemment des cadavres pas très beau à voir, mais jamais avec une telle expression de terreur.
Les instructions étaient claires : ramener Sumeragi le plus rapidement possible pour qu'il soit mis au secret. Ca n'empêcherait pas de le cuisiner un peu sur les pratiques qu'il avait pu infliger à ce concierge.
Et à la gamine.
« Vous m'avez dit qu'il n'était pas seul lorsque vous êtes arrivée ? La petite est en sûreté ? »
« Ou…i. Chez moi. Elle a cessé de pleurer quand je l'ai prise aux bras. »
« Vous avez son nom ? Elle vous a dit quelque chose ? »
« Qu'elle voulait voir « Subaru ». C'est tout ce qu'elle a accepté de dire, puis plus rien. »
« Le choc, sans doute… »
« Inspecteur, vous devriez venir voir par là. »
Sao indiquait le sol du couloir.
« Il y a des traînées et des traces de boue. »
« De boue ? »
« Comme si on avait répandu de la terre tout du long. »
D'épaisses traînées marron tachaient effectivement le carrelage, jusqu'à la porte.
« Il y a quoi là-bas ? »
« La chambre. Dans un triste état : de la terre partout, une lampe fracassée, les draps sont encore froissés. »
« Mais qu'est-ce que ce type a bien pu foutre…vous avez des nouvelles ? »
Sao haussa les épaules.
« Envolé. Aucune trace de lui, et la fille qui l'accompagnait ne connaît même pas son nom. Sans doute une pute. »
« Drôle de fréquentations et de méthodes pour un moine bouddhique. Ces gars-là ont toujours les idées pas claires… J'espère qu'il va se planquer et se tenir tranquille. »
« Vous ne voulez pas le coincer ? »
L'inspecteur renifla en donnant un coup de pied dans ce qui restait de la lampe, éclaté au sol sur d'autres traînées de terre.
« Je ne veux pas devoir le pister en suivant les cadavres. »
***
« Tu sais que tu va m'attirer des ennuis ? Ne bouge pas… »
Seishirô pressa doucement la compresse sur la plaie et termina de poser le sparadrap.
« Cran d'arrêt ? »
« Couteau de cuisine. Ma voisine m'a entaillé quand je suis rentré…et elle a appelé la police. »
« Laisse-moi deviner, tu laisses ta radio allumée en journée. »
« Mon concierge est mort. » Répliqua Subaru en jetant un regard empli de colère au sakurazukamori « Dans mon appartement. Je n'ai pas pu voir ce qui s'y était passé ! »
Seishirô referma la boîte à pharmacie et se leva, sans cesser de sourire.
« Et je suis touché que ton premier réflexe ait été de venir te réfugier dans mon giron. »
« C'est moins un réflexe qu'un doute. »
Subaru s'était laissé aller contre le canapé en suivant sa nemesis du regard, laquelle avait rangé la boîte avant de s'appuyer contre le mur, les bras croisés.
« Un doute ? Ho… »
Le regard vert posé sur lui était sans ambiguïté.
« Tu penses que j'ai tué cet homme. »
« On sentait le parfum du cerisier jusque dans le hall. Et tu es venu à ma rencontre, après m'avoir envoyé ton shiki. »
« J'avais envie de te voir. » Eluda l'assassin, d'un air ennuyé « Tu ne veux pas que je m'épanche des heures durant sur mon planning, à moins que tu n'ais décidé de mener un petit interrogatoire ? » Ajouta-t-il en prenant une cigarette dans la poche de sa chemise, puis de jeter le paquet à Subaru, qui le rattrapa sans bouger du canapé.
« Sincèrement, Subaru-kun…pourquoi aurais-je perdu mon temps à aller assassiner ce modeste concierge ? Si je voulais t'ennuyer, il me suffisait de te suivre…surtout en charmante compagnie. »
Leurs regards se croisèrent et Subaru se leva brutalement, mais fut repoussé sans douceur sur le canapé tandis que Seishirô l'acculait contre le dossier, le regard fixe, les lèvres incurvées en une sorte de rictus.
« C'est elle que je devrais tuer…et toi avec. Ho, Subaru-kun, tu me déçois…tu…me…déçois. »
Il avait soufflé ces derniers mots sur les lèvres du jeune exorciste, qui tenta de détourner la tête, se faisant sèchement ramener à l'ordre par deux doigts pressés douloureusement autour de son menton.
« Je trouverais qui a fait ça, qui emprunte ma marque et piège ma proie. D'ici là, Subaru-kun, je te recommanderais de rester ici. On ne sait jamais ce qui…pourrait arriver. »
Figé, tendu, Subaru sentit les pentacles sur ses mains brûler et ferma les yeux.
***
« Elle n'a rien mangé ? »
« Toujours pas… »
« Maman, elle me fait peur… »
La fillette avait agrippé la main de sa mère en regardant la petite silhouette assise de l'autre côté de la table.
« Voyons, Kaoru, sois gentille avec elle ! Elle a eu très peur, c'est normal qu'elle ne parle pas. »
« Elle me regarde bizarrement ! » Insista l'enfant « Et elle a un sourire qui fait peur ! »
Le père soupira et se leva.
« Je vais la coucher, toi essaye de faire manger quelque chose à la gamine. L'inspecteur a dit qu'il la ferait prendre en charge demain par les services sociaux. »
Lorsqu'il passa à côté d'elle, il eut l'impression de la voir se retourner brutalement…mais non. La petite tête entourée de longs cheveux noirs était toujours immobile, ses yeux étrangement clairs roulant de droite à gauche, se réfugiant à l'occasion sous de longs cils.
C'était pourtant vrai qu'elle était bizarre, cette petite. Et même pour une soirée, il n'appréciait guère sa présence à table, son silence pesant et son regard, à la fois fuyant et curieux. Il prit sa fille par la main et sortit de la cuisine non sans un certain soulagement…heureusement qu'ils s'en débarrassaient demain.
Quand on pensait que cette gosse avait vu un meurtre…
Le plus gênant, c'est qu'elle ne paraissait ni en état de choc, ni particulièrement touchée. Elle se contentait de contempler en silence…
Alors qu'il ouvrait la porte de la chambre, il entendit un grand fracas dans la cuisine et un cri d'effroi.
« Chérie ? Reste là, Kaoru… »
Pris d'un étrange sentiment d'urgence, incongru car injustifié, il revint vers la cuisine et se figea sur le seuil, comme pétrifié.
Sa femme gisait au sol et la fillette était penchée sur elle, les mains pressées sur son visage.
Et elle souriait.
Et elle riait.
Il voulut se précipiter en avant, mais se sentit brutalement entravé tandis que l'enfant se redressait…Elle n'avait plus rien d'enfantin. Petite et frêle, elle arborait des yeux d'un rouge sombre et des petits seins que le kimono entrouvert laissait deviner, sorte de nymphe menue et terrifiante. Elle s'avança, souriante et caressa la joue de l'homme, tétanisé, paralysé, les yeux exorbités.
« Vous allez me dire où est « Subaru », n'est-ce pas ? »
A SUIVRE…
