Salut à tous et avant tout merci pour vos reviews! Ca encourage vraiment pour un début de fic vous êtes vraiment des lecteurs géniaux!

Passons maintenant à de moins bonnes nouvelles: oui, les chapitres sont courts et espacés... Fais donc un effort, me direz-vous? Aller, vous le savez bien, c'est la rentrée universitaire, on a pris des tas de bonnes résolutions telles que celle d'aller en TD le lundi matin, de faire du sport trois fois par semaine, de manger des repas sains et bien sûr d'updater régulièrement ses fics (dont l'autre que j'écris actuellement, Rebel Without A Cause)... On sait bien qu'on finira à manger des céréales devant le dimanche soir d'ici la fin de l'année, mais quoi, laissez-moi une chance!

Fin du plaidoyer. Je vous promets de faire ce que je peux pour updater souvent et de nous façonner un Sirius agent secret digne de Daniel Craig (ou l'ami Pierce, si vous préférez...) dans ses regards les plus ténébreux et indéniablement sexy... Que demande le peuple? Mouahaha. Aller, bonne lecture.

Chapitre 2

Au cinquième étage de l'hôpital Sainte-Mangouste ne se trouvent d'après l'écriteau de l'ascenseur que le salon de thé et la boutique de l'hôpital. Pourtant, si en arrivant à cet étage, on tourne immédiatement à droite, si l'on suit le long couloir et si l'on déverrouille cette porte tout au bout qui semble être celle d'un placard à balai, on tombe sur le service des blessures non-magiques. On y croise peu de patients, car un sorcier se blessera rarement avec un artefact moldu – quoiqu'Arthur Weasley soit un des seuls clients réguliers de ce service, hospitalisé d'innombrables fois pour électrocution, à l'insu de sa charmante femme, naturellement. Toujours est-il que, combien rares soient ces accidents, il fallait bien qu'un service leur fût consacré, car il aurait été inenvisageable que les quelques victimes se présentent aux urgences moldues, baguette magique en main et gallions en poche. L'université de médicomagie avait donc fait former un de ses guérisseurs incognito parmi les moldus, afin de pouvoir parer à tout type d'éventualité. Cet homme, le professeur Clévius, était actuellement aux prises avec les quatre hurluberlus qu'on avait amenés dans son service la veille, sanglants et évanouis.

« Mais qu'est-ce qui nous est arrivé, par la barbe de Merlin ?, » s'écria un des hommes en regardant son camarade dont une partie du visage était entièrement violette et contusionnée.

« Calmez-vous, » intima le guérisseur avec ce ton si insupportablement calme que les médecins affectionnent. « Vous avez été attaqués avec un arsenal moldu. J'ai retiré douze balles perforantes des cuisses de monsieur Black et du dos de mademoiselle Gray à vue de nez, je dirais aussi que l'on vous a tiré dessus avec des balles de paintball, d'où vos nombreux bleus et contusions. Plusieurs grenades ont également dû exploser à côté de vous puisque monsieur Rosier avait un bras arraché, que je lui ai maintenant rattaché. Tout va bien à présent. »

« Tout va bien ?, » répéta Sirius Black d'une voix blanche. Il n'avait pas tout compris des explications du professeur Clévius, si ce n'est qu'on les avait attaqués. Cette moldue cinglée les avait presque tués. Il fit mine de se lever.

« Monsieur Black… »

Une douleur foudroyante lui traversa les cuisses, remontant toute sa colonne vertébrale. Il retomba sur son lit, le souffle coupé.

« Ca fait un mal de chien !, » s'étrangla-t-il.

« Oui, » acquiesça le guérisseur, impassible. « Les balles des moldus déchirent la peau, les veines et artères, les tissus musculaires. Des sorts nous permettent de réparer tout cela très vite mais le corps se souvient du traumatisme pendant un long moment. »

C'est ce moment opportun que choisit l'agent Crake pour faire son entrée dans la chambre. Visiblement, elle avait fait un effort vestimentaire pour passer inaperçue : elle avait troqué ses habituels battle et gilet militaires aux imprimés camouflage contre un jean et un perfecto. Elle n'en avait pas vraiment l'air plus sympathique.

« Je vois qu'ils sont de nouveau sur pieds, » fit-elle d'un ton neutre en serrant vigoureusement la main du professeur Clévius.

L'autre, plus petit qu'elle, semblait s'être ratatiné sur place. La « moldue cinglée » devait avoir sa petite réputation dans leur service. Sirius se demanda combien elle en savait exactement, quel niveau d'autorisation elle pouvait avoir pour être pénétrée si loin dans leurs secrets, pour avoir accès à Sainte-Mangouste, peut-être même au Ministère… pour disposer entièrement de leurs vies. Le chef de la brigade des Aurors n'était pas là. Il les avait, ni plus ni moins, vendus.

Crake se tourna vers eux alors que le guérisseur sortait précipitamment. Elle prit le temps de chacun les dévisager, avec leurs contusions, leurs rides d'appréhension ou de colère.

« Non, ce n'était pas un cauchemar, les enfants, » déclara-t-elle finalement. « Je suis bien votre nouveau chef et hier soir j'ai bien dû employer la force pour vous faire obéir à mes ordres. J'ose espérer que je n'aurai plus à recourir à ce genre de méthode. »

Sirius manqua de s'étouffer d'indignation. Non mais pour qui se prenait-elle ?

« Vous remarquerez que vous n'avez plus vos baguettes. (Des regards affolés circulèrent dans la chambre puis entre les sorciers.) C'est que nous autres Moldus tendons à croire que la valeur d'un agent est principalement dans son intelligence et dans son cœur, certainement pas dans sa baguette magique. J'ai donc besoin de m'assurer que vous avez des tripes et pas seulement un don pour les tours de magie. »

« Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?, » gronda Rosier.

Crake lui adressa un sourire amusé.

« Cela veut dire que nous avons rendez-vous dans quarante-huit heures au point suivant. Je vous ai écris les coordonnées GPS sur ce papier. Je suppose que vous autres avez vos propres moyens de déplacement très efficaces, alors soyez seulement à l'heure et en bonnes dispositions. Des questions ? »

Les quatre Aurors étaient trop abasourdis pour parler. Alors ils regardèrent simplement Crake les saluer d'un rictus ironique et fermer la porte derrière elle.

oOo

Crake prit le métro jusqu'à Soho, descendit trois rues, ouvrit un portail avec son bip, remonta une allée, déverrouilla la porte de l'immeuble avec le même bip et une clef électronique, gravit quatre étages et rentra dans le troisième appartement sur la gauche à l'aide d'une deuxième clef. Elle jeta son blouson sur le sol et passa dans le salon sans allumer la lumière. Elle se dirigea directement vers le bar et se servit un verre. Puis elle se retourna et pointa le canon de son revolver sur l'homme qui était assis dans l'ombre derrière elle, sur un des fauteuils de cuir.

« Bonsoir, Mathilda. Toujours d'aussi bon accueil. »

Elle ne baissa pas son arme. « Rappelle moi une seule fois comme ça et je te fais sauter la cervelle. »

« Très bien, » soupira l'homme en se levant. « Crake. Ce scotch n'est pas mauvais, » ajouta-t-il en levant son verre. Crake leva les yeux au ciel avec un haussement de sourcils désespéré et rangea enfin son revolver dans sa ceinture. L'homme s'approcha d'elle tandis qu'elle portait son verre à ses lèvres.

« Alors, qu'est-ce que tu fais ces temps-ci ? »

« Je me demande comment je vais pouvoir faire passer le changement des serrures en note de frais, » répondit-elle froidement.

« Aller, » susurra-t-il, « ça fait des semaines qu'on n'a plus de nouvelles. Sur quoi tu es ? »

Elle leva les yeux vers lui et s'autorisa un sourire méprisant : « Je suis désolée tu n'as pas les accréditations nécessaires. »

L'homme s'approcha encore l'embrassa en lui empoignant la nuque d'une main. « J'en ai vraiment besoin pour que tu me confies tes secrets ?, » murmura-t-il.

Elle lui mordit la lèvre inférieure jusqu'au sang et il fit un bond en arrière. S'essuyant la bouche avec le revers de sa main, il soupira : « Ok, j'ai compris. Je dégage. »

Il était arrivé dans le couloir de l'entrée lorsqu'elle le rappela : « Jonathan ? »

« Oui ? »

« Ne t'introduis plus jamais chez moi par effraction. »

oOo

Sirius mit la tête entre ses genoux et vomit. Sa vision périphérique trouble l'informa qu'une masse venait se s'écrouler à côté de lui, probablement Frank. Derrière eux arrivait Evan, la main sur la poitrine comme si son cœur allait exploser et le visage crispé dans une grimace de douleur. Tallulah s'accrochait désespérément à son rythme, les joues rouges, les yeux exorbités, les cheveux en bataille sur son front blême, les jambes tremblant à chaque pas. Les genoux de Sirius aussi menaçaient de céder sous son poids lorsqu'il releva la tête : devant leur pitoyable quatuor de bras cassés qui rampaient et bavaient dans le sable en soufflant comme des asthmatiques, Crake se tenait debout, droite dans son t-shirt trempé de sueur, la respiration rapide mais régulière, les bras croisés, le regard dur. Sirius Black se prit à penser que si cette femme n'était pas une sorcière, elle ne pouvait pas être une moldue non plus c'était un monstre.

Cela ferait une semaine le soir même qu'ils avaient transplané dans un camp désaffecté de l'armée anglaise planté en plein désert désertique, au beau milieu de l'Afrique. La beauté du paysage aurait été appréciable si celui-ci n'avait point été le théâtre d'un véritable calvaire. Le lieutenant Crake leur imposait un entraînement physique exténuant, pour pallier disait-elle à leur attitude présomptueuse de magiciens autoproclamés : se succédaient footings dans le sable brûlant en plein soleil de midi, survie en pleine nuit dans la savane grouillante de bêtes sauvages – Tallulah avait pleuré toute la nuit dans les bras de Sirius -, parcours du combattant incluant nage à contre-courant, descentes de chutes d'eau en rappel et des heures passées à ramper dans la boue au milieu des mines. Tout un tas d'exercices qui leur seraient franchement inutiles pour combattre l'ennemi soviétique qui de toute évidence n'habitait pas dans la savane africaine. Rien de tout cela n'était d'ailleurs vraiment utile : à quoi leur servait-il de courir vite, alors qu'ils pouvaient transplaner ? A quoi bon savoir se battre quand on pouvait stupéfixer ?

La douce et mélodieuse voix de son lieutenant tira Sirius de sa rêverie maussade :

« Alors, bande de babouins, on est fatigués ? On vous a pris vos couilles avec votre bâton magique ? »

Crake s'esclaffa toute seule, fière de sa boutade douteuse. C'est ce moment peu opportun que choisit Tallulah pour vomir à son tour. Crake s'approcha d'elle à pas de loup :

« Ca va, Gray ?, » demanda-t-elle à la pauvre fille, une fois qu'elle se fût vidé l'estomac. « Tu veux qu'on fasse une pause ? »

Les yeux et le nez de Tallulah coulaient. Elle leva un regard larmoyant vers le lieutenant et acquiesça.

« Très bien, Gray. Alors nous allons nous asseoir et faire une pause. Toi, pendant ce temps-là, tu vas me faire une centaine de pompes. Ici même, immédiatement, » ajouta-t-elle en voyant l'expression épouvantée de Tal. « Comme ça si tu t'effondres, ce sera dans ta mare de vomissures. »

« C'est dégueulasse !, » s'écria Sirius alors que sa camarade faisait mise de s'allonger.

Il eut à peine le temps de voir le lieutenant se tourner vers lui qu'un formidable coup de point le projeta au sol, dans sa propre flaque de vomi. La douleur explosa dans sa tête et lui brouilla la vue pendant un long moment. Lorsqu'enfin il put se redresser et voir à nouveau, il remarqua que des larmes de souffrance dégoulinaient sur son visage et se mêlaient au flot de sang qui ruisselait de son nez cassé. Le visage de son instructeur se profilait au-dessus de lui :

« Voilà à quoi ça sert de savoir se battre, Black. A rester un homme même quand tu n'as pas ta baguette à la con dans ta poche. Regardez-vous, » ajouta-t-elle à l'intention de tous en se redressant. « Vous vous croyez tout-puissants. Certains sorciers croient que les moldus sont une race inférieure, faible mais regardez-vous : sans vos baguettes, vous n'êtes rien. » Elle tourna à nouveau la tête vers Sirius, dont les yeux flamboyaient de colère. « Tant qu'on ne se bat pas à armes égales, ce n'est pas du courage. »

A suivre.