Merci à vous pour vos réponses, elles m'ont fait un plaisir immense et m'ont laissé bouche bée ! Je sais que tout le monde s'attendait à SGA1.
Note : c'est un chapitre beaucoup plus court, mais c'est pour mieux rebondir par la suite, que j'espère vous faire bien plus développée. Il s'agit plus d'un chapitre de présentation, pour préparer à l'action.
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Quelques heures plus tard.
Nous étions confortablement installés dans ma cuisine, devant une tasse de thé (1), n'ayant rien de plus fort à leur proposer. Il m'avait fallu maints palabres avec Illona et Marcka pour les convaincre de ne pas amener le groupe à l'Orestre, ou Inquisiteur Général, en charge de la sécurité de la région. J'avais eu gain de cause uniquement grâce au temps, qui tournait à la tempête de neige. Si nous étions suffisamment couverts, ce n'était pas le cas de Kolya et de ses acolytes, notamment le docteur Rodney McKay, qui menaçait de devenir complètement blanc.
Une fois arrivés à ma demeure, ce dernier s'était tout simplement assoupi devant l'âtre, l'estomac soigneusement calé. Après l'avoir couvert d'une fine couverture, j'avais invité les trois autres, qui restaient plein d'allant, à me suivre dans la cuisine pour discuter. Je ne pouvais plus faire taire ma curiosité et les questions se bousculaient dans ma bouche, menaçant de me faire faillir à mon rôle d'hôtesse discrète et attentionnée.
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Nous nous installâmes autour de la simple table de bois qui trônait au centre de ma cuisine. Je ne pouvais décemment commencer à les bombarder de questions, et dans l'attente que l'un d'eux brisa le silence, je les regarda afin d'essayer de deviner quel genre de loups j'avais fait entrer dans ma paisible bergerie (2).
Acastus Kolya avait le visage parsemé de petites cicatrices disgracieuses, mais ses yeux, intelligents et profonds, le sauvait de la laideur. Il se dégageait de lui un je ne savais quoi de dangereux et d'excitant à la fois. C'était manifestement un homme de guerre, ses muscles gonflaient sa chemise et quelques cicatrices se distinguaient sur ses bras, dénudés dans la chaleur un peu lourde de la cuisine. Il était difficile de lui donner un âge, cependant, je l'avais vu faire une grimace lorsqu'il s'était baissé pour ramasser son sac, un peu plus tôt dans la soirée. Tout comme les miens, ses os devaient lui jouer des tours.
Contrairement à lui, Alabert était très séduisant, il semblait approcher la quarantaine. Ses traits réguliers allaient lui attirer maints suffrages chez les jeunes filles en mal d'amour et sa chevelure d'un brun sombre, longue et luisante, allait inspirer nombre de poétesses en herbe. Cependant, il n'éveilla aucune sensation en moi, même si mes cinquante années d'existence n'avaient pas usé ma faculté à admirer ce qui était beau. S'il ne semblait pas aussi dangereux que Kolya, ses yeux, au contraire, étaient incroyablement distants. J'avais assez rencontré d'hommes au même regard pour voir que c'était plus un tueur qu'un simple guerrier. Je le voyais bien dans un rôle de mercenaire, tel que ceux qui rôdaient depuis peu dans la forêt, à l'est de la ville.
Beaucoup plus petite qu'Alabert et Kolya, Sora était assise sur la chaise en face du premier. Je la distinguais du coin de l'oeil. Jeune et fraîche, elle détonnait dans cette assemblée. Sa chevelure rousse, décoiffée, appelait le passage du peigne, mais je n'osais pas lui proposer d'aller se rafraîchir, le regard dont elle m'avait couvé depuis notre arrivée m'avait coupé toute envie de lui parler. Elle avait mangé comme les autres, mais n'avait prononcé absolument aucun mot, un pli d'amertume perpétuel au coin des lèvres. Il y avait une histoire tragique dans son histoire, mon expérience de mère de trois jeunes femmes ne pouvait me tromper. Ma fille aînée, Danaé, avait perdu son époux dans un stupide accident, et je pouvais retrouver ce même pli sur sa bouche, lorsqu'elle me rendait visite. Dans une moindre mesure, ma cadette, Lahna, avait eu ce même pli pendant quelques semaines, lorsqu'elle avait compris que sa beauté, aussi grande soit-elle, ne pouvait lui ouvrir les portes d'un mariage princier. Enfin, ma toute dernière et préférée, Maeline, l'avait eu quelques jours, lorsqu'elle avait échoué aux tests de la garde du Gouverneur, garde dans laquelle j'avais passé de longues années de ma vie. A chacune sa tragédie, mais pour toutes, le goût poisseux de l'amertume.
Si je venais de me dresser un rapide portrait de mes invités, il était évident qu'ils venaient de faire de même pour moi. Ses yeux cessant d'être aussi scrutateurs, Kolya prit le premier la parole :
« Je ne vous ai pas encore remercié de votre hospitalité. C'est très aimable de votre part d'accueillir... de parfaits étrangers dans votre propre demeure et de les servir avec autant d'empressement. Est-ce une habitude ? »
« Cela dépend. Il arrive que les auberges de Bal Tigeth soient pleines, les soirs de fête, j'ouvre bien volontiers ma maison aux gens de passage. Il y a peu à voler. Et mon poignet est encore assez souple pour manier avec agilité une fine lame. J'ai été garde et habile à faire couler le sang, je glisse ce détail dans chaque première conversation que j'ai avec un invité. Ça rend les gens plus... honnêtes et scrupuleux. »
Je n'aurais pu le jurer, mais je crus voir un éclair d'intérêt sur le visage d'Alabert, un éclair si bref qu'en le fixant ouvertement, je ne vis que le même regard impénétrable et détaché.
« Je vois que vous avez trouvé l'occasion de glisser ce... détail dans notre première conversation. » murmura Sora.
« Ce n'est qu'un détail, en effet, mais il a sa valeur, n'est-ce pas ? », lui répondit Kolya, avec un léger sourire. Que cet homme était énigmatique. J'eus l'impression qu'en quelques mots, il pouvait prendre l'avantage dans cette discussion. Il fallait revenir à ma principale interrogation.
« Qui êtes-vous ? Vous m'avez parlé du peuple Genii, à votre arrivée. Etes-vous tous des Geniis ? »
« Oui et non. Nous sommes des... explorateurs Geniis », je nota la légère hésitation de Kolya, « La petite chose qui dort dans votre salon vient d'un autre peuple, c'est un... vieil ami à moi, qui souhaite découvrir les merveilles de l'univers. Il n'est pas dangereux, seulement un peu illuminé. Ne vous fiez pas à ses propos, ils sont le plus souvent incohérents, et restez à distance, ses mains sont aussi volubiles que sa langue et il lui arrive de heurter ses interlocuteurs lorsqu'il s'emporte. »
Impossible d'être plus moqueur. Kolya méprisait manifestement celui qu'il disait être son ami. Ce dernier semblait pourtant plus charmant que ces trois là.
« Vous ne m'avez pas dit qui vous êtiez, réellement. Pourquoi êtes-vous ici ? Et d'ailleurs, comment êtes-vous venu sur Obéron ? Comment êtes-vous passé par le Lymuen ? », j'aurais pu continuer longtemps, tant l'énumération des mes questions était longue.
« Une chose à la fois, dame Dara. Vous êtes peut-être une fine lame, mais l'âge vous rend bavarde ! Allez, quelle est la question qui vous torture le plus ? », Kolya se moquait ouvertement de moi, mais je n'y prêta pas attention, mes yeux étaient fixé sur le docteur Rodney McKay et ses lèvres qui articulaient les mots « Aidez-moi ».
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(1) Vous arrivez à imaginer Kolya devant une tasse de thé ?
(2) The Storm est la représentation parfaite de l'expression "Faire entrer le loup dans la bergerie".
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Ca vous plaît encore ? A votre avis, pourquoi Rodney est-il avec Kolya ? Et que recherche ce dernier ? La réponse, pas dans le prochain épisode ! Mwahahah, rire de hyène quasiment inextinguible que seule arrêtera une flopée de reviews ! Je plaisante !
