Note: Bonjour! Voici le chapitre 1! Il reste fidèle au début du film et j'espère que vous aimerez! N'oubliez pas de me laisser un review si vous avez aimé, aussi petit soit-il!
PS: Merci à MelisandeMuser pour son beau review, ça m'a fait énormément plaisir!
Enjoy :3
Chapitre 1 :
« Arcana Cabana »
-«… qui a été créé par Auguste Bartholdi, sculpteur Français. Vous la voyez ? » Demanda une grande dame à la peau noire, professeure d'histoire, en désignant la Statue de la Liberté du doigt.
-« Tu m'étonnes qu'on la voit ! » Souffla Laure en râlant.
-« Chut ! » Rétorqua Mélissandre en fronçant les sourcils. Elle se reconcentra sur ce que leur professeure leur racontait. Elle n'avait eu que très rarement l'occasion de voir d'aussi près le plus célèbre monument des Etats-Unis contrairement à son amie qui habitait dans un appartement du centre-ville. Habiter à New York ne signifiait pas toujours habiter dans la ville-même. Mélissandre, elle, habitait un des quartiers de New York, pas dans un de ceux mal-fréquentés, non. Elle et sa famille avait emménagé dans un quartier moderne, une nouvelle construction dès sa naissance. Loin de la ville, de la bibliothèque publique, des musées et des sorties au Central Park. En bref, loin de tout ce qu'elle aurait aimé connaitre autre que par internet et dans les livres.
La visite du "Metropolitan Museum of Art" était prévue dans une heure. Mélissandre en trépignait déjà d'impatience. Elle l'avait lu une fois : près de 3 millions d'objets d'une valeur exceptionnelle y étaient exposés regroupant l'Art américain, des Antiquités égyptiennes, romaines et grecques, l'Art médiéval, l'Art asiatique, islamique et africain,... et la liste était encore longue! Alors pour l'instant, ils étaient tous assis sur des marches, dehors, face à leur prof qui en profitait pour étaler ses connaissances sur l'histoire de l'Amérique. Ils avaient tous leurs manteaux et écharpes car le vent soufflait assez fort, ce n'était pas vraiment agréable comme attente pour des enfants de 10 ans.
-« J'ai faim ! » Se plaignit à nouveau la jeune fille aux cheveux bruns.
-« Mais tu ne fais que manger depuis qu'on est sorti du car ! » S'exclama Mélissandre.
-« Même pas vrai ! J'ai pas déjeuné ce matin, c'est pas ma faute… » Laure s'arrêta quand un autre élève à sa droite lui tandis un petit bout de papier jaune en lui murmurant quelque chose. Elle se tourna vers son amie qui la regardait bizarrement en secouant la tête en guise de désapprobation qu'elle ignora.
-« Heu… C'est pour toi. » Elle lui tandis le papier que Mélissandre pris en hésitant. Elle l'interrogea du regard mais ne reçut qu'un haussement d'épaule en retour. Elle soupira et ouvrit le petit mot.
« Choisi : Pour John, je voudrais être :
-Sa copine?
-Sa petite copine? »
Mélissandre ouvrit la bouche sous l'effet de la surprise. Elle sentit son cœur battre un peu plus vite. Afin de vérifier si cette question écrite à la va-vite sur un morceau de papier venait bien du beau garçon aux yeux verts, elle se pencha vers l'avant. John en fit de même et lui fit un sourire cette fois-ci plus timide. Presque aussitôt, elle se remit bien droite, cachée par la rangée d'élèves qui les séparaient.
La professeure d'histoire les invita à se lever et à former deux groupes pour la prochaine visite au musée. Mélissandre sortit en vitesse un stylo-bille de son sac à dos et s'empressa de cocher une case. Elle replia le mot en deux et le posa sur le muret à côté d'elle avant de se lever, tout sourire. Elle passa son sac sur l'épaule et jeta un dernier coup d'œil au petit papier qui attendait sagement que son destinataire ne vienne le chercher pour le lire. Mais au moment où John ne se leva à son tour avec ses amis, le mot qu'il n'avait pas encore vu, s'envola dans un coup de vent.
-«Hé ! » Protesta Mélissandre comme si ça allait y changer quelque chose. Le papier jaune pris de la hauteur en tournoyant de plus en plus loin des deux classes de CM1. John ne lira jamais le mot, il ne saura jamais ce qu'elle avait coché! Et il n'était pas question de le lui dire en face, c'était déjà assez gênant comme ça ! C'est ainsi que la fillette aux cheveux blancs prit un air déterminé et enfreint la première règle de cette sortie éducative : « Ne jamais vous éloigner du groupe au risque de vous perde ! ». Peu lui importait, elle fonça tout droit en suivant le papier qui ne cessait de voltiger toujours plus vite dans les airs.
Il atterrit sagement sur la route lorsqu'un vélo passa dessus et l'emmena avec lui, coller à sa roue.
-« Arrêtez-vous ! » S'écria-telle. Mais sa voix fut facilement couverte par le trafic de la rue.
Quelques mètres derrière elle, Laure la regardait partir en ne sachant que faire. Elle se retourna vers leur professeure et tira doucement sur son manteau gris pour l'appeler.
-« Attends un peu Laure, veux-tu ? » Dit-elle distraitement avant de reprendre sa consigne. Laure malgré tout inquiète soupira en râlant pour la énième fois de la matinée.
O0O
Plus loin déjà, Mélissandre traversa à toute allure une avenue poursuivant toujours le cycliste. Celui-ci s'arrêta près d'un marchand d'hot-dogs et décolla avec une mine dégoutée le papier de sa roue de vélo.
-« Non, non, arrêtez ! » Top tard. L'homme jeta le papier qui vint se coller cette fois sous la patte d'un chien. Ce chien qui évidemment trottinait avec son maître.
-« Mais qui fait du jogging en plein centre-ville ? » La fillette soupira et se remit à courir de plus belle. Elle bifurqua dans une nouvelle rue en bousculant quelques passants.
-« Excusez-moi, excusez-moi ! » Elle eut un temps d'arrêt lorsqu'elle aperçut la coureuse qui saisit le mot de sous la patte de son chien et le lut.
-« Non madame, non ! » Cria Mélissandre en courant vers elle et en tendant la main vers son précieux morceau de papier. Elle faillit se taper la tête contre le mur quand la femme jeta son papier sur le sol, sourde à ses appels pour le moins désespérés. Il s'envola à nouveau et la fillette fonça à son tour.
Après plusieurs minutes de course elle débusqua dans une ruelle sombre bien loin du bruit et des voitures. Des dizaines, des centaines de papiers, de feuilles jonchaient le sol et tournoyaient sans fin dans cette rue étroite pleine de courants d'air. Elle ralentit essoufflée, plus très sûre de l'endroit où elle était et plus très rassurée non plus.
Elle marcha en regardant furtivement autour d'elle mais la couleur jaune ne figurait nulle part parmi toutes ces pages blanches. Elle arriva au bout de la ruelle déçue d'avoir finalement perdu toute trace du mot et s'arrêta face à ce qui ressemblait à une très haute mais aussi très étroite boutique. Elle regarda à nouveau autour d'elle mais il n'y avait personne. Pourtant un véhicule était garé devant le vieux bâtiment, une voiture des années 30 mais tout à fait reluisante. Mélissandre détourna son regard de l'engin pour le diriger vers l'enceinte du magasin.
-« Arcana Cabana. » Lu-t-elle difficilement sur une des vitres sales. Drôle d'endroit pour un magasin, c'était bien silencieux ici et il n'y avait personne. Le vent fouettait ses cheveux dans tous les sens. Une atmosphère de mal-être régnait ici, Mélissandre sentait que quelque chose s'échappait de cette étrange boutique.
-« On dirait que le propriétaire fait tout pour que personne ne veuille y entrer… » Murmura-t-elle. Elle fronça les sourcils quand elle remarqua qu'elle s'était avancée, sans s'en apercevoir, jusqu'aux marches qui menaient à l'entrée. Elle n'avait rien à faire ici.
Soudain, son regard fut attiré par quelque chose. Mélissandre poussa une exclamation de joie et oubliant toutes ses craintes, elle fonça jusqu'à la porte prête à saisir son insaisissable morceau de papier coller sur la vieille porte en bois par ce vent incessant.
Mais le destin en voulu autrement et une nouvelle fois le papier lui échappa au moment où sa main allait se refermer sur lui et il s'engouffra dans la fente de la boîte aux lettres.
Mélissandre retint son souffle et ouvrit la porte.
Elle éternua à cause de l'abondance de poussières dans l'air et regarda ce qui se trouvait en face d'elle.
-« Wow… » Murmura-t-elle. Le musé ne pouvait égaler cet endroit, Mélissandre en était sûre! Des étagères allant jusqu'au plafond du magasin étalaient des centaines d'objets plus étranges les uns que les autres. Même sur le sol, entre les allées – y avait-il seulement une structure de rangement ?- des antiquités s'entassaient dans tous les sens. Mélissandre observa les piles de livres avec intérêt : comment tenaient-elles en équilibre? Ca relevait de la magie, impossible ! Elles devraient s'effondrer sur le sol, en sachant qu'elles penchaient fortement d'un côté puis de l'autre… Elle continua à avancer dans le magasin, le planché grinçant à chaque pas mal-assurés qu'elle faisait.
Un cigne en cristal blanc, finement sculpté retint alors son attention. Mélissandre s'émerveilla de ses ailes déployées comme un signe de liberté. La statuette n'était pas plus grande que sa main, c'était sans aucun doute la plus belle chose qu'on pouvait trouver ici, peut-être pas celle ayant le plus de valeur mais aucun prix n'était affiché, comme si elle était trop précieuse pour pouvoir être achetée.
-« Oh j'y crois pas ! » Elle se détourna de l'oiseau pour voir juste à côté, une veille lampe -aussi vieille et poussiéreuse que les autres objets de la boutique- comme dans un de ses films préférés. D'après la légende elle renfermerait un génie qui accorderait à la personne qui la frotterait, 3 vœux. Ce n'étaient que des légendes bien entendu mais la fillette aimait croire à ces choses-là. Elle se précipita donc vers l'étagère et frotta le côté de l'objet avec sa manche sans que rien ne se passe. Têtue, elle jeta quelques regards autour d'elle et saisit maladroitement la lampe de ses petites mains blanches. Elle avait bien l'intention de faire sortir le génie qui s'y cachait.
Était-ce à cause de son impatience ou de la malchance qui semblait la poursuivre, qu'un plateau en argent tenant en équilibre grâce à la lampe s'écrasa sur le sol dans un bruit assourdissant ? Emmenant dans sa chute nombre d'autres étranges babioles, Mélissandre en remarqua quelques-unes brisées sur le sol, la faisant bondir de peur. La lampe qu'elle avait dans ses mains s'écrasa parterre parmi des morceaux de verre. Elle regarda avec tristesse la tête du cigne encore entière mais à présent séparée du reste de son corps. Par sa faute. Mince, mais qu'est-ce qu'elle avait fait? Y avait-il un marchand ici ? Non, qui voudrait de ce sinistre magasin ! La petite fille se mit à détester cet endroit, on lui avait pourtant appris à ne toucher à rien. Il fallait qu'elle parte et vite.
Elle recula une dernière fois vers la sortie mais son sac percuta un objet qu'elle sentit se renverser. Elle se crispa, attendant l'impact de l'objet sur le sol.
Mais le bruit du choc ne vint jamais.
-« Le second empereur de la dynastie des Hans avait enfermé l'épouse qu'il aimait le moins dans cette urne. » Retentit une voix forte derrière Mélissandre. Elle sursauta et poussa un cri en se retournant.
Face à elle se dressait un homme d'environ 30 -35 ans, tenant entre ses mains ladite urne qui quelques secondes auparavant aurait dû tomber sur le sol.
-« Elle a été enfermée à l'intérieur pendant 10 ans, jour pour jour. On dit que celui qui l'ouvre, subira le même sort. » Finit-il dans un murmure mais assez fort pour l'enfant qui n'osait plus bouger. Elle l'observa, attendant ce qui allait se passer maintenant. Il était grand, vêtu de vieux habits ainsi que d'un long manteau de cuir -noir ou brun ? Trop usé pour le savoir- qui descendait jusqu'à ses pieds. Le plus surprenant mise à part son allure sombre était ses longs cheveux châtain ou blond suivant la lumière qui filtrait à travers les vieilles fenêtres de la boutique. Ils étaient crollés et semblaient n'avoir jamais été coiffés. Tout cela plus un semblant de barbe et deux yeux bleus clairs, fatigués mais perçants comme deux poignards faisait de cet homme un étrange personnage qui semblait sortir d'une toute autre époque…
Lui aussi l'avait observé, mal à l'aise qu'elle était devant lui. Il regarda derrière elle et tiqua en voyant tout ce que cette enfant avait cassé en si peu de temps, à elle toute seule. Il soupira et repoussa l'urne sur le côté. Il faisait tout pour que personne ne vienne le déranger, seul des professionnels ou collectionneurs venaient et encore… quelques voleurs aussi mais cette gamine n'était pas douée pour ce genre de chose, elle n'était certainement pas là pour lui voler quoi que ce soit.
Il lui tourna le dos et remis en place certaines choses sur une étagère.
-« Excusez-moi, c'est parce que je… je cherche un petit mot… » Dit Mélissandre d'une voix mal assurée.
-« Un petit mot ? » Répéta l'homme sans grand intérêt.
-« Oui, il s'est envolé dans votre magasin. C'est juste une… une…. »
-« Une coïncidence. » Le marchand s'arrêta dans ses mouvements et se retourna pour regarder la petite fille, droit dans les yeux.
-« Ouais, c'est juste une coïncidence. » Dit Mélissandre, nerveuse. Un silence s'installa. Tout ce qu'elle espéra alors était de s'en aller bien vite avec ou sans le mot de John.
L'homme aux longs cheveux ne bougeait toujours pas. Est-ce qu'il était possible que… Non c'était une fille ! Mais un tel hasard n'existait pas. Il n'avait rien à perdre, il attendait déjà depuis tant de temps… Il prit une grande inspiration et dit :
-« Je voudrais te montrer quelque chose, Mélissandre. » Il passa devant elle d'un pas lent.
-« Comment vous savez que je m'appelle Méissandre ? » Son cœur se serra. C'était un étranger, elle ne l'avait jamais vu ! L'homme lui fit volte-face, irrité.
-« Je lis dans les pensées ! » S'exclama-t-il d'une voix dure et l'air sévère. Il se retint de sourire à la vue de l'effet qu'il produisit. La pauvre enfant avait sursauté et le regardait avec de grands yeux bruns, terrorisée.
« Bien joué Balthazar ! » Pensa-t-il avec ironie. Elle n'avait que 10 ans tout de même. Voyant qu'elle le regardait toujours avec peur il soupira et montra son sac à dos.
-«C'est écrit sur ton sac. » Il se détourna une fois de plus et se plaça derrière son contoir. Il la regarda tourner ridiculement en rond afin de chercher son nom inscrit sur son sac à dos.
-« Viens par ici. » Lui ordonna-t-il. Mélissandre s'immobilisa et le fixa incertaine. Elle s'approcha tout de même, lentement, de l'autre côté du meuble en face de lui. Elle devait lever la tête pour pouvoir voir son visage, pourtant elle n'arrivait pas à le regarder dans les yeux. Il était très intimidant.
Il sortit une petite boîte carrée en pierre et la posa sur le meuble. Encore une fois il se demanda si ce qu'il faisait avait un sens, si ce à quoi il pensait était possible. Mais il était trop tard pour reculer. Du temps où il avait été l'apprenti de Merlin, son maître lui avait appris à garder un esprit ouvert. "Ne sous-estime aucune apparence, reste ouvert à chaque possibilités qu'un destin peu offrir." Eux qui pratiquaient la magie, c'était indispensable.
Balthazar ouvrit la boite et dévoila une statuette de dragon de couleur argent. Quelque chose dans l'atmosphère de la boutique changea. C'était toujours ainsi quand il présentait l'anneau de Merlin à un enfant. Mais jamais ça n'avait été plus loin. L'héritier du plus grand sorcier de tous les temps n'avait jamais été trouvé, même après presque 3 000 ans.
Il prit délicatement la statuette et la plaça dans sa main, paume ouverte et l'avança devant Mélissandre qui la fixait avec fascination.
-« C'est très particulier. Et si tu lui plais, tu pourras le garder. »
...
A suivre...
...
