Disclaimer : L'univers d'Eyeshield 21 et ses personnages sont la propriété exclusive de Yusuke Murata et Riichiro Inagaki. Ici, seuls Gwenaël et l'histoire m'appartiennent.

Note de l'auteur : Ouais alors en fait, j'adore mon OC, Gwenaël. J'le trouve crissement cool et j'suis certain qu'on serait grave potes s'il existait alors j'le met partout. PARTOUT.

Aussi, les chapitres seront très courts (en moyenne 3 pages sur OpenOffice), parce que le bac approche pour moi, et que quand j'prévois trop de pages (genre mes fics Marvel et Harry Potter) bah j'ai la flemme et j'mets trois mois à poster...

Chapitre 2 – Retrouvailles

Terrain de sport, à égale distance de Deimon et Zokugaku

C'était le dernier quart temps, et les Devil Bats menaient la danse. Le score était de 36 pour Deimon contre 16 pour Zokugaku. Hiruma avait été très clair sur un point : Rui Habashira était peut-être un trou d'cul, mais il était un trou d'cul honnête, et certainement pas un crevard.* Et pour cela, le quaterback avait demandé à son équipe de les laisser marquer des touchdown de temps en temps, histoire de sauver leur honneur, mais pas au point de gagner.

– Set !, cria Hiruma.

Kurita, Jûmonji, Toganô, Kuroki et Komusubi, les linemen, se placèrent correctement.

– Hut ! Hut ! Hut !, hurla encore le quaterback.

Kurita jeta le ballon à Hiruma par-dessous, et bloqua les linemen avec ses coéquipiers pour protéger Hiruma d'un éventuel placage, qui n'arriva évidemment pas face à ces incapables de Zokugaku. Le blond eut un léger rictus et passa le ballon à Sena qui sprinta derechef, évitant aisément les joueurs adverses et marqua un nouveau touchdown, faisant passer leur score à 42.

Ils remportèrent finalement le match une fois que le dernier quart temps eut touché à sa fin, et tous étaient contents, même Hiruma qui eut un sourire diabolique face à la mine de Habashira, bien qu'il s'agissait là probablement du dernier match qu'ils jouaient avec Musashi. Ses coéquipiers et amis lui offrirent une carte signée par tous, excepté Hiruma évidemment, et lui proposèrent une petite virée à Shibuya (ndla : quartier branché de Tokyo) pour fêter la victoire et aussi son départ, même si cet événement n'était pas vraiment propice à la fête. Le kicker accepta avec plaisir et toute l'équipe rentra bientôt au local pour le déjeuner.

Appartement d'Hiruma Yoichi

Il ne le reconnu pas immédiatement. A vrai dire, le Gwenaël qu'il avait connu avait beaucoup trop changé pour qu'il parvienne à le reconnaître directement. Non seulement il avait des airs de clochard assis comme ça sur un vieux sac de l'armée, mais en plus le physique était complètement différent. Le petit potelé boutonneux à l'air hagard en permanence avait disparu, et à la place se tenait un jeune homme plutôt grand, de la taille d'Hiruma dirons-nous, la peau nette, une jeune barbe et de longs cheveux noirs ramenés en un chignon lâche qui permettait à quelques mèches de s'accrocher dans les poils de barbe. Concernant l'ensemble, on pourrait dire qu'il s'agissait là d'un charmant jeune homme, séduisant même. En revanche, si Hiruma était mince, Yukimitsu était maigre, mais ce jeune homme-là, Gwenaël, n'était ni mince, ni maigre. Il était anorexique. C'était flagrant, et on voyait clairement que ses vêtements étaient beaucoup trop larges pour lui. Le visage émacié, les yeux sombres… Une jeune bourgeoise de bonne famille aurait dit qu'il était laid, mais le fait est qu'il n'était pas laid, car cette maigreur, cette apparence, faisait le charme de Gwenaël. Cela faisait de lui ce qu'il était. Ce qu'il était devenu, surtout. Et c'était quelque chose de très étrange pour le japonais qui lui faisait face, car il l'avait connu comme étant un bon vivant, toujours à manger quelque chose, souriant et futur linemen. Maintenant il n'était même plus possible de lui envisager une carrière sportive.

Hiruma fit éclater sa bulle de chewing-gum, toujours abasourdi de trouver son ami d'enfance devant sa porte, tordant nerveusement la hanse de son sac à la manière d'un Sena Kobayakawa qui doit annoncer qu'il a besoin d'aller au petit coin. Le quaterback n'était pas souvent surpris dans sa vie, mais là, c'était la plus grosse surprise de sa vie. Il retrouvait Gwenaël après cinq longues années durant lesquelles il avait fait son deuil, tout comme Musashi et Kurita. Car en effet, cinq ans auparavant, lorsque Gwenaël avait quitté le Japon pour retourner vivre en Angleterre, un avion s'était crashé et il n'y avait eut aucun survivant. Ne connaissant pas le numéro du vol et étant dans l'incapacité d'en apprendre plus sur les autres, les trois amis s'étaient fait une raison, d'autant plus qu'ils n'avaient eut aucune nouvelle de leur ami.

– Salut Hiruma, fit Gwenaël dans un japonais approximatif.

Le blond ne répondit que par un sourire. Un sourire étrange, mêlé de colère et de joie, car il était tiraillé entre les deux sentiments, ne savait pas pour lequel il devait opter. Et Gwenaël s'en contenta, suivant Hiruma lorsque celui-ci lui ouvrit la porte et le laissa entrer à l'intérieur de l'appartement. Le brun n'avait pas oublié les manières du Japon, aussi retira-t-il directement ses chaussures avant d'entrer complètement.

Un silence total régnait dans la pièce principale, et Hiruma se contenta de déposer un peignoir et tout le nécessaire dans la salle de bain pour que Gwenaël se lave : celui-ci déposa ses affaires dans l'entrée et s'enferma dans la petite pièce, comprenant qu'Hiruma avait besoin de temps pour encaisser son retour soudain et que c'était le seul moyen qu'il soit tranquille chez lui.

Le démon prit son portable et envoya un message à Musashi, puis à Kurita.

Gwenaël est vivant. Il est chez moi.

A tout à l'heure à Shibuya, il sera avec moi.

Hiruma.

La réponse de Kurita fut immédiate, mais celle de Musashi se faisait attendre. Si le premier était aux anges, le second était perplexe.

Hiruma déposa son portable sur le coin de la table basse et patienta. Il ne savait plus quoi penser. Devait-il être réellement en colère ? Devait-il en vouloir à Gwenaël de se pointer devant chez lui comme ça, en mode « Hey salut j'suis vivant ! » ? Ou bien devait-il respecter le passé et étreindre le futur ? Si Gwenaël était là, dans cet état, et probablement de lui-même, c'est qu'il avait dû passer cinq années difficiles et peut-être qu'il était dans le trouble présentement. En tout cas, une question turlupinait le démon plus que les autres : comment diable avait-il trouvé cet appartement ? En dehors de Musashi et Kurita, personne n'était au courant de son adresse, pas même le lycée ou son père.

Gwenaël sorti enfin de la salle de bain, en pyjama noir, emmitouflé dans le peignoir tout de même. Ses cheveux étaient détachés et tombait en une cascade toujours humide sur ses épaules. Il se racla la gorge comme pour annoncer sa présence au blond qui se leva et se dirigea vers le comptoir où il prépara des infusions de thé.

– Je sais que je viens sans prévenir mais…

– On a fait notre deuil, coupa Hiruma.

– Votre deuil ?, s'étonna Gwenaël.

– Un avion qui partait presque en même temps que le tient s'est craché alors qu'il allait en Europe. On a cru que c'était le tient, et on n'a jamais eut de nouvelles de toi ensuite. On en a conclu que t'étais mort.

Le brun prit place sur le canapé, abasourdi. Lui qui s'était persuadé que ses amis n'avaient jamais cherché à reprendre contact avec lui, il s'était fourvoyé. Bon, il n'avait jamais perdu espoir ceci étant dit, car durant ces cinq années passées à Londres, il n'avait pensé qu'au Japon.

– Mon père m'a empêché d'avoir des contact extérieurs au Royaume-Unis, fit Gwenaël. Je n'ai jamais réussi à vous recontacter. J'ai fugué il y a quelques jours après ma majorité, et j'ai pris l'avion.

– Pour venir directement ici ?, s'étonna Hiruma.

– Où aurais-je pu aller ? Je n'ai jamais réussi à vous oublier, vous étiez mes seuls amis. Je suis désolé de…

– C'était pas ta faute, fuckin' chieur, coupa Hiruma en déposant les tasses de thé sur la table basse, prenant place à côté de son ami. On a toujours su que nos darons étaient des connards.

Gwenaël attira soudainement Hiruma dans une étreinte fraternelle et le serra contre lui comme s'il s'agissait d'une bouée de sauvetage qu'il ne voulait pas la lâcher, et qu'il ne pouvait pas lâcher. Hiruma ne savait pas trop quoi faire. Il savait que Gwenaël avait toujours eut un peu peur des contacts humains, et lorsqu'il faisait ce genre de choses, c'est qu'il en avait besoin. Alors il passa ses bras autour de Gwenaël, reproduisant les mêmes gestes que sa mère pour le réconforter après un cauchemar lorsqu'il était enfant. Dessinant de légers cercles au creux de son dos pour l'apaiser, lui montrer qu'il était là.

– Tu m'as tellement manqué p'tite trace, fit Gwenaël en mettant fin à l'étreinte.

– Et toi donc vieille merde, répliqua Hiruma en prenant son thé qu'il commença à siroter.

Le reste de l'après-midi fut très agréable. Ils devisèrent sur leur parcours respectifs, se racontant toutes sortes d'anecdotes, jouant à la console et buvant du thé. Hiruma se sentait bien, et il proposa même à Gwenaël de s'installer avec lui. Son ami lui avoua qu'il avait l'intention de le lui demander, et passa un coup de fils à Alfred pour que celui-ci lui fasse parvenir le reste de ses affaires par colis. Le majordome accepta, mais se permit de mettre son protégé en garde : son père avait payé les services de japonais pour le retrouver et le ramener au Royaume-Unis.

– Et s'il a engagé des Yakuzas ?, paniqua Gwenaël après avoir raccroché.

– Qu'ils viennent, rit Hiruma. Je suis armé aussi. Et j'ai des informations sur n'importe qui.

– T'es démoniaque.

– La légende raconte que j'ai vendu mon âme au Diable et que j'ai pris sa place, fit le quaterback sur un ton humble qui ne lui ressemblait pas du tout.

Gwenaël rit. Mais la perspective qu'il puisse mettre Hiruma en danger en restant chez lui le terrorisait, bien que le blond lui assura le contraire plusieurs fois et fit dévier la conversation sur le football américain pour lui changer les idées. Hiruma lui expliqua qu'ils avaient gagné le Christmas Bowl en parvenant à battre les Teikoku Alexanders, et que désormais ils allaient essayer de remporter la World Cup Youth qui aurait lieu aux États-Unis dans huit mois très précisément.

– Ça doit fait deux ans que j'ai pas touché un ballon ou même enfilé un dossard, murmura Gwenaël. Sinon je me serais porté volontaire.

– Dans ton état ?, railla Hiruma. T'as que la peau et les os. Tu te ferais broyer.

– C'est pas le physique qui compte trou d'cul !, répliqua le brun.

– Si tu tiens vraiment à représenter le Japon avec nous, il va falloir te remplumer, et aussi te faire bosser dur pour être à notre niveau. T'es sûr de vouloir ça ?

– Bien sûr que oui. J'ai pas pu venir avec vous au Christmas Bowl, alors je viendrais avec vous à la World Cup Youth.

(*Si vous avez capté la référence aux Gardiens de la Galaxie, vous êtes supers pis j'vous aime.)