Bonjour ou bonsoir!
Visiblement, ce début vous avez plutôt plu, alors on continue.
Non pas que j'aie eu l'intention de m'arrêter, si je commence, je vais jusqu'au bout. Nous sommes donc partis pour passer encore quelques temps ensemble, pour mon plus grand plaisir!
Merci à toutes pour vos reviews, n'hésitez pas à en laisser, à poser vos questions (sauf en ce qui concerne la suite, je ne dévoile jamais rien!)
Bonne lecture!
Auteur : Heavyinfinity
Nb de chap : 34
Univers de SM
Beta: Tracie (love-jella19)
A Moment Changes Everything : Chapitre 2
BPOV
Le bar se remplissait à un rythme régulier. Je tombai dans ma routine, faisant le tour de mes tables, tout en prenant des commandes supplémentaires d'autres personnes au passage. Il y avait une bonne ambiance ce soir. La piste de danse était bondée et le DJ était excellent. Il était plus facile de travailler quand la musique était bonne, je dansais presque de tables en tables. Je fis un sourire à Kristin, une de mes collègues préférée parmi les autres serveuses. Elle me fit un clin d'oeil, et quand nous nous croisâmes, nous fîmes quelques pas de danse, nous tournant autour, frottant nos fesses l'une contre l'autre, tout en balançant nos plateaux. Comme c'était à prévoir, il y eut quelques encouragements de la part des hommes. Nous rîmes et nous séparâmes, reprenant le chemin de nos tables respectives. Nous nous amusions bien ensemble, mais nous savions que si ça devenait trop torride, les crétins, présents dans la foule, pourraient se faire de "fausses idées".
Je rapportai un plateau de bouteilles vides au bar et les plaçai dans un casier. Je fis signe à Nicole, la barmaid, lui montrant les bouteilles pour lui indiquer ce qu'il me fallait. Elle hocha la tête et alla me chercher les bières dont j'avais besoin. Après qu'elle les ait récupérées, je me baissai derrière le bar et rechargeai mon plateau. « Ça bouge bien se soir, hein Izz ? » Dit-elle, ravie.
« Ouèp, il devrait y avoir de bons pourboires, pas vrai ? » Je lui souris en retour.
« Oui, mais j'espère que ça ne s'agitera pas trop. » Dit-elle, la mine renfrognée. Jon, le patron du club, était un personnage un peu douteux. Il n'avait qu'un seul videur pour tout le club, et il se trouvait près de l'entrée. Ça faisait un long trajet à parcourir au milieu de la foule s'il y avait du grabuge au fin fond du bar, et les serveuses savaient qu'elles étaient pratiquement livrées à elle-même, avec leurs clients un peu trop "amicaux". La plupart du temps, ça ne posait pas de problèmes. Nous étions douées pour repérer les personnes bizarres et chacune assurait les arrières des autres.
« T'en fais pas Nic, je te protégerai, bébé. » Plaisanta Ian, l'autre barman.
« Ouais ok, et ne m'appelle pas bébé ! » Dit-elle sèchement, levant les yeux au ciel. Ian était dingue de Nicole et tout le monde le savait. Apparemment, elle n'avait pas le même intérêt pour lui, et le gardait à bonne distance. Je suis sûre que c'était un bon divertissement pour les personnes qui avaient la chance d'être assises au bar.
Je souris et m'écartai du bar, prête à aller distribuer mes boissons. Alors que j'avançais, je remarquai un signe de la main venant d'une de mes tables. Je levai les yeux et grognai. Kevin, un des habitués, et un groupe d'amis, avaient trouvé une place dans ma section. Je lui fis signe que je l'avais vu et me préparai au désagrément qui allait arriver. Sa petite bande avait les mains baladeuses, mais Kevin était bien au-dessus de la moyenne, et avait récemment commencé à me harceler pour avoir mon numéro. Et ce, malgré le fait que sa copine fréquentait aussi le club, et bien souvent avec lui. Je remarquai que sa petite amie était absente ce soir et il reluquait ouvertement, n'importe quelle femme qui entrait dans son champ de vision. Je forçai un sourire poli sur mon visage et approchai de la table. « Qu'est-ce que ce sera ce soir ? » Demandai-je.
« Trois Buds, Une Miller Lite, et toi sur mes genoux, Izzy ! » Commanda-t-il, fier de lui.
« Je vais aller chercher vos bières, sans problèmes, mais j'ai bien peur de ne pas être au menu ce soir. » Soupirai-je, faisant demi-tour.
« Allez, sois pas comme ça, Izzy, tu sais que ce n'est qu'une question de temps. » Dit-il avec un petit sourire arrogant. Je l'ignorai tout en m'éloignant pour aller chercher leur commande.
La nuit se poursuivit dans le même esprit, les commentaires suggestifs devenant de plus en plus fréquents à cette table, à mesure que les verres s'enchaînaient. J'essayais de rester polie, mais ma patience commençait à s'épuiser. Finalement, après avoir entendu Kevin décrire, à voix haute, un de ses fantasmes mettant en scène ma bouche sur sa queue, j'en eus assez. « Ok, Kevin, c'est bon. Tu dépasses les bornes et on ne me paye pas assez cher pour écouter ces conneries toute la soirée. Voilà les bières que tu as commandées, tu pourras aller chercher le reste toi-même. Je ne m'occuperai plus de cette table tant que tu seras là. » Mes paroles étaient sèches et je savais que mes yeux lui lançaient des éclairs.
« Hé bien, hé bien, je n'aurais pas cru que tu soies si sauvage, petite Izzi. J'aime les filles insolentes. Allez, j'ai juste envie de te connaître ! » Dit-il alors que ses amis l'encourageaient. Je sentis du mouvement dans mon dos, et vis que Kristin était venue se placer derrière moi. « Oh, encore mieux, une amie ! » Cria-t-il, sous les cris de ses amis. « C'est pour ça que tu joues les filles difficiles, Izzy ? Tu préfères jouer dans l'autre camp ? » Les tables tout autour se mirent à huer et siffler. Nous avions du public maintenant. Je tendis la main, déplaçai Kris à mes côtés et entourai sa taille de mon bras.
« Tu sas quoi, Kev ? » Hurlai-je. « J'ai essayé de te dire non gentiment, j'ai essayé de rester polie. Mais maintenant, il va falloir qu'on mette les choses au clair. Tu n'as aucune chance avec moi. Tu fais partie de ma "zone des imbaisables". Toi, en tant que personne, tu as déjà violé trois de mes règles sur les "imbaisables". » Je levai la main et les comptai sur mes doigts. « Je ne couche pas où je bosse, je ne me tape pas le mec de quelqu'un d'autre, et je ne me tape JAMAIS quelqu'un qui pense qu'il a son mot à dire concernant les personnes avec qui j'ai couché avant. »
Il y eut un moment de silence chez notre auditoire, captivé, suivit par une explosion de rires et de sifflements. On m'encourageait et on se moquait de Kevin. Son visage était rouge de colère. Il poussa sa chaise en arrière, se leva et avança vers moi. Je murmurai rapidement à Kris d'aller chercher Dean, notre videur. Je me retournai pour trouver Kevin face à face avec moi. La foule qui nous entourait, était désormais avec lui. « Apprends-lui ce qu'est un vrai mec ! Te laisse pas te faire rabaisser par une salope ! » Je réalisai que je ne pouvais compter sur aucun soutien des autres clients. Il est mieux de ne pas se mêler d'une bagarre dans un bar si vous n'avez aucun intérêt en jeu, et la plupart de ces personnes allaient juste regarder pour voir comment ça allait finir. « Izzy, tu vas regretter de m'avoir parlé comme ça ! » Se mit à rugir Kevin. Soudain, je sentis une vague de froid derrière moi. Kevin recula légèrement. Son visage changea, une expression d'incertitude se dessina. Avant que je ne puisse me tourner pour voir ce qu'il se passait, j'entendis une voix calme.
« Tout va bien ici, Izzy ? » Je reconnus immédiatement la parfaite régularité et sonorité des mots. Un vampire se tenait derrière moi. Mon cœur tressauta puis se mit à taper fort. Je me forçai à inspirer, mais ma respiration était faible. La panique menaçait de m'engloutir, mais je la remballai de toutes mes forces. Je me retournai doucement, pour voir quel visage aurait ma mort. Le vampire était grand, alors au début, je ne vis qu'un t-shirt noir et une veste. Je levai les yeux vers son visage et hoquetai quand je vis les yeux couleur ambre qui me regardaient.
Ma tête vacilla après l'identification. Je murmurai les premiers mots qui me vinrent à l'esprit. « Je vais bien, Jasper. Qu'est-ce que tu deviens ? »
JPOV
En entrant dans le bar, je remarquai qu'il y avait plus de monde ce soir. La foule était plus agitée, et je sentis de fortes émotions m'assaillir, alors que je cherchais un coin tranquille pour observer et attendre. Je savais que Bella était là, quelque part. Son odeur était faible, mais présente. Je scannai la pièce et la repérai. Elle riait et dansait avec une autre serveuse, pour le plus grand plaisir de la foule qui les entourait. Je grimaçai quand une énorme vague de désir sexuel me frappa. Bella semblait vraiment s'amuser sur le moment, ce qui était un grand changement par rapport à la Bella que je connaissais. Elle avait l'air beaucoup mieux dans sa peau que lorsqu'elle était à Forks, capable d'être le centre de l'attention sans se sentir gênée. Je les regardais, elle et son amie, arrêter de danser, avant que ça ne dégénère, et se remettre au travail. Je me frayai un passage à travers la masse de gens et achetai une bière, par obligation, m'assurant d'éviter Bella pendant qu'elle travaillait. Je repérai où semblaient être les tables dont elle s'occupait et trouvai un endroit d'où je pouvais regarder sans être vu. Elle allait et venait sans répits, au milieu de ses tables, à mesure que la nuit défilait.
Je laissai mes pensées dériver vers la Bella que je connaissais du temps de Forks. Mes échanges avec elle avaient été limités par la constante inquiétude d'Edward, pour sa sécurité en ma présence. Le temps que nous avions passé à Phœnix, à nous cacher de James, n'avait pas été des plus instructif, la concernant, outre le fait qu'elle se faisait énormément de soucis pour les personnes qu'elle aimait et qu'elle se sacrifierait pour les protéger. J'avais goûté à l'affection qu'Alice éprouvait pour elle, continuellement, et à l'amour obsessionnel que ressentait Edward quand il était avec elle. Cependant, tout ce que je savais sur elle venait des autres. Sa timidité et mon manque de contrôle nous avaient empêchés de passer du temps ensemble après notre retour à Forks. Puis, il y avait eu le fiasco lors de son anniversaire, où j'aurais mis fin à sa vie si je n'avais pas été stoppé.
Je me souvenais de cette soirée avec une parfaite clarté. Je revoyais très distinctement, le moment où le papier avait entaillé son doigt. J'entendais son hoquet de stupeur quand elle reconnut le danger. Je me figeais et arrêtais de respirer, conscient du risque. Avant que je ne puisse bouger, Edward la poussait loin de moi, contre cette stupide table en verre. Le bruit du verre qui se brisait et des éclats qui fendaient sa peau, m'assourdissait. Je sentais la rapide montée de soif de sang, la mienne et celle des membres de ma famille. J'étais incapable de ne pas me jeter sur elle, même si je priais pour que ma famille me stoppe. Heureusement, ils m'avaient empêché de l'atteindre, mais le mal était fait. Ma faiblesse allait lui coûter son bonheur, quand Edward fut déterminé à ce qu'elle vive une vie dénuée des risques qu'il lui apportait.
Je revins au temps présent et la regardai travailler. Je pouvais dire qu'elle se fatiguait à mesure que la soirée passait. Elle gardait une expression aimable, mais je remarquai que ses yeux se durcissaient à chaque fois qu'elle parlait avec un gars à une des tables. Je me concentrai plus spécifiquement sur leur conversation et compris immédiatement son irritation. C'était un gros connard, qui harcelait une serveuse occupée. Je fus surpris de sentir que la colère était ce qu'il ressentait avant tout, suivie de près par son envie d'avoir Bella. Je me rapprochai en entendant que leurs échanges devenaient de plus en plus agressifs et insultants. Elle semblait bien s'en sortir, mais je notai qu'elle avait un petit plan de secours au cas où les choses s'enveniment un peu trop. Je dus me retenir d'éclater de rire quand j'entendis Bella expliquer sa "zone des imbaisables". Ma première pensée fut pour Emmett et la façon dont il se roulerait par terre, mort de rire, en entendant la douce Bella dire un truc pareil. Je me sortis de ces pensées quand je sentis une vague de furie venir du connard qui se levait et avançait vers Bella. Merde, il était temps de me manifester.
Je m'infiltrai rapidement parmi la foule, faisant attention à contrôler mes mouvements, pour ne pas blesser les humains que je bousculais. Je me plaçai derrière Bella et vis le visage du connard se modifier quand il remarqua ma présence. Je sentis sa confusion et notai que sa colère s'amenuisait de par sa peur de moi. « Tout va bien ici, Izzy ? » Demandai-je, insistant sur le nom que, visiblement, elle utilisait. Je maintenais le contact visuel avec lui, mais était pleinement conscient de la réaction de Bella. Elle regardait toujours devant elle, mais son cœur battait à vive allure et sa respiration était saccadée. Je sentis une brusque montée de terreur venant d'elle, mais soudain plus rien. Elle se retourna doucement face à moi mais son cœur tapait toujours fort dans sa poitrine. Elle leva lentement les yeux, et je finis par détacher mon regard du connard pour rencontrer celui de Bella. Ses yeux marron se dilatèrent sous l'effet de surprise quand elle me reconnut. Son souffle était toujours rapide et irrégulier et elle hoqueta. « Je vais bien, Jasper. Qu'est-ce que tu deviens ? »
Je me retins de rire, une nouvelle fois, mais ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire. Ma bonne humeur fut de courte durée quand je remarquai que sa respiration était difficile. Elle tituba légèrement et je levai rapidement les mains vers ses bras pour la stabiliser. A l'instant où mes mains touchèrent sa peau, nous nous figeâmes. C'était plus que le choc de la différence de température entre nous. C'était comme si toutes les personnes autour de nous s'étaient évaporées et que nous étions seuls dans la pièce. Une totale sensation de calme s'abattit sur moi et, pour la première fois depuis que j'avais adopté le style de vie des Cullen, je ne ressentis aucune soif de sang. Je sentais le rythme cardiaque et la respiration de Bella se réguler, alors qu'elle retrouvait son équilibre. Nous nous regardâmes un moment, sans rien dire, avant que je ne la relâche, sans jamais la quitter des yeux. « Intéressant, » Dis-je à voix haute, me demandant si elle avait ressentit quelque chose à mon contact.
« Toujours, » Répondit-elle, de façon énigmatique, son cœur s'accélérant encore.
Je vis le videur s'approcher avant qu'elle ne le remarque « Quel est le problème, Izz ? » Beugla-t-il en me regardant froidement, alors que je me tenais près d'elle. Je restai impassible, mais je grimaçai intérieurement, car il avait, clairement, mal interprété la situation.
« Tout va bien, maintenant, Dean. » Dit rapidement Bella. « Ce tas de merde, là-bas, me donnait du fil à retordre, mais il est calmé. »
« Et le blondinet derrière toi, Iz ? Pas de problème ? » J'étais content que le videur fasse une double vérification avant de laisser Bella.
« Ouais, pas de souci Dean. C'est un vieil ami. » Elle fit un léger sourire en coin au mot ami. Je grimaçai, souhaitant pouvoir ressentir ses émotions. Je notai que son cœur battait vite, à nouveau, et me demandai ce qu'elle pensait. Je n'avais jamais voulu aucun mal à Bella Swan, mais à cet instant précis, le jour de son anniversaire, j'avais été bien loin d'être son ami.
« Bon d'accord Izz, si tu dis que c'est bon, c'est bon. » Répondit le videur puis il se tourna pour partir. Bella regarda son amie serveuse.
« Kris, je vais fumer une clope, reprendre mon souffle. Est-ce que tu peux surveiller mes tables une minute ? »
« Pas de problème, prends ton temps. » Répondit la serveuse, soulagée de reprendre le travail. Les yeux de Bella croisèrent les miens et elle arqua un sourcil.
« Est-ce que je peux te tenir compagnie ? » Demandai-je gentiment.
« Et si je dis non ? » Murmura-t-elle.
« Alors, je sortirai d'ici et tu n'auras plus jamais à me revoir, » Répondis-je doucement mais fermement. « Tu n'as qu'un mot à dire et je m'en vais. » Elle haussa un sourcil comme si elle doutait de ma sincérité. J'ouvris la bouche pour essayer de la convaincre, mais elle parla la première.
« Bon ok, tu peux me retrouver derrière. Je dois aller récupérer ma veste. » Je hochai la tête tandis qu'elle se glissait vers le fond du club.
Je me retournai pour aller à la sortie et remarquai que le connard et ses potes étaient toujours à leur table. Je m'approchai d'eux doucement, projetant une onde menaçante en avançant. « D'accord gros débiles, ce sera votre unique avertissement. Si JAMAIS vous importunez encore cette fille, ce visage sera le dernier que vous verrez. » Mon ton était froid et plat, ne laissant aucune place pour des questions. Ils écarquillèrent les yeux tout en hochant la tête. Lopettes ! Ils se pissent dessus à la première menace. Je me frayai un chemin parmi la foule jusqu'à la porte d'entrée, puis tournai vers la porte arrière.
Bella était déjà là, assise sur les marches, ses bras entourant ses genoux. Elle avait la tête relevée scannant l'allée et elle me vit alors que j'avançais vers elle. Elle tremblait légèrement et je sentis un soupçon de peur. Je m'arrêtai à environ 3 mètres d'elle. « Bella ? » Dis-je doucement. « Est-ce que je peux m'approcher ? Ou veux-tu que je parte ? » Ses yeux s'agrandirent et leva légèrement la tête.
« Avec qui es-tu ici, Jasper ? » Murmura-t-elle, sachant que je l'entendrais.
Je soupirai un peu en comprenant sa question. « Non, Bella, je suis seul. Les autres ne sont pas là. »
« Bien, » Murmura-t-elle encore. J'écoutai son rythme cardiaque se calmer, et me demandai pourquoi elle aurait peur des autres.
« Pouvons-nous parler, Bella ? » Demandai-je gentiment.
« Je dois retourner travailler maintenant, Jasper. Si tu veux, tu peux me retrouver à la fermeture, à 3 heures. » Suggéra-t-elle.
« Bon, ok, je t'attendrai ici. » Elle hocha la tête en se levant et rentra dans le bar.
« Bella, si tu as besoin de moi là-dedans, dis juste mon nom. Je l'entendrai. »
Elle me regarda sans expression. « Ça ira. »
Je retournai à l'intérieur, ne discutant pas quand je dus à nouveau payer l'entrée. Je passai devant le videur et il me regarda dans les yeux. Je fus surpris, vu que la plupart des humains évitaient d'avoir un contact trop proche. « Izzy va bien ? » Je lui fit signe que oui. « Bien, il vaut mieux que ça reste comme ça. » Je souris légèrement et poursuivis mon chemin. Ses sentiments envers elle étaient affectueux et protecteurs. Il avait de bonnes intentions, mais sa menace était creuse. Si je voulais lui faire du mal, il ne lui serait d'aucune aide. Je vérifiai l'heure sur ma montre, remarquant qu'il me restait deux heures à tuer avant la fermeture. Je trouvai une table tandis que les gens s'en allaient petit à petit.
Je gardai un œil sur Bella, mais elle ne semblait plus avoir de problème avec ses clients. Elle avait l'air d'être de plus en plus fatiguée et de larges cernes se formaient sous ses yeux. La foule continua de diminuer, puis la fermeture fut annoncée. Les derniers traînards finirent leurs verres et sortirent. Bella portait un plateau de bouteilles vides au bar. Je marchai vers elle. « Je vais t'attendre derrière aussi ? » Elle me regarda et hocha la tête.
« Je dois laver mes tables et ensuite me changer. J'en encore pour 20 minutes, à peu près. » Dit-elle, désolée.
« Je vais attendre. » Lui dis-je.
Quinze minutes plus tard, j'étais à la porte de derrière quand elle s'ouvrit et Bella sortit. Je remarquai qu'elle portait à nouveau, un jean et des baskets. Je regardai Bella hésiter à la porte, et balayer la zone des yeux avant d'avancer. « Qu'est-ce que tu cherches, Bella ? Est-ce que ce con t'a encore emmerdée ? » Une infime trace de sourire se dessina sur ses lèvres.
« Non, ce con est le dernier de mes soucis. Des vampires, Jasper. Je regarde s'il n'y a pas des gros méchants vampires. »
Au début, j'ai cru qu'elle plaisantait, mais l'expression sur son visage me disait qu'elle était sérieuse. « Bella, les chances qu'un vampire s'attaque à toi, au hasard, sont plutôt minces, surtout dans une ville avec autant de personne dans les alentours. Ton odeur n'est pas aussi alléchante pour nous autres qu'elle l'était pour Edward. J'imagine que c'est difficile de ne pas s'en faire pour ce genre de chose, mais tu devrais être assez en sécurité. »
Son visage se durcit un peu. « Merci pour tes conseils sur comment survivre à un vampire, Jasper. Pour ton information, ce n'est pas d'un vampire "au hasard" dont je m'inquiète. Ce sont eux qui me cherchent, bien spécifiquement. » Je fus choqué par ses dires.
« Qui te cherchent ? » Dis-je, incrédule. « Bella, est-ce que tu pourrais me dire ce qu'il se passe, s'il te plaît ? Qu'est-ce qui te fait penser que des vampires te cherchent ? » Ses épaules s'affaissèrent et elle détourna le regard.
« C'est vraiment une longue histoire, Jasper. » Murmura-t-elle.
« Je n'ai rien d'autre que du temps, Bella. » Je la regardais se poser des questions et commençais à m'inquiéter qu'elle me demande de la laisser tranquille. « Je pensais ce que j'ai dit. Si tu me dis de partir, je ne t'embêterai plus. Mais si tu as des ennuis, Bella, surtout avec des vampires, je veux t'aider. » Je vis une larme couler de son œil droit, et sentis une onde de désespoir avant qu'elle ne disparaisse.
« Bon d'accord. Tu peux me raccompagner chez moi. Nous pourrons discuter là-bas. »
Sur ce, elle se tourna et marcha le long de la ruelle jusqu'à la station du métro qu'elle avait emprunté le nuit précédente. Je la rattrapai rapidement pour marcher à côté d'elle. Son allure était rapide pour une humaine, et ses yeux balayaient constamment les rues sombres. Je tentai de la rassurer. « Il n'y a pas de vampires dans les parages, Bella. Pas à plusieurs kilomètres à la ronde, au moins. Je n'en ai pas croisé beaucoup depuis que je suis ici. Si quelqu'un se rapproche, je le saurai. »
« Merci Jasper, mais c'est devenu une habitude. » Répondit-elle. Je soupirai, me demandant depuis combien de temps elle vivait avec cette peur. Nous atteignîmes la station et attendîmes le métro 1. Quand il arriva, nous entrâmes dans une rame vide.
« Où est-ce que tu t'arrêtes ? » Demandai-je.
« 145ème rue. » Répondit-elle. Je frissonnai en l'imaginant faire un si long parcours toute seule. Nous nous assîmes l'un en face de l'autre, et fîmes le trajet en silence. Le visage de Bella était si crispé et fatigué. Je pouvais presque la sentir se forcer à rester alerte.
« Bella, je te promets, si quelqu'un vient, je te le dirai. Humain, vampire, monstre des marais, personne ne passera sans que je ne le voie. » Ma pauvre blague de monstres ne la fit pas sourire, mais elle me regarda attentivement avec ses yeux fatigués. Je vis un autre débat se jouer dans ces yeux là, avant qu'elle ne les ferme et repose sa tête contre la vitre du métro.
« Merci. » Murmura-t-elle. Son corps s'enroula autour de son sac et sa respiration ralentit peu à peu. Elle ne s'endormit pas, mais elle put au moins se reposer. Elle ouvrit les yeux au moment où nous atteignîmes son arrêt, preuve qu'elle était réveillée. Nous sortîmes du métro puis nous dirigeâmes vers les escaliers menant à la sortie de la station. « Mon immeuble est trois blocs plus haut, puis deux sur la gauche. » Me dit-elle. Je hochai la tête et nous avançâmes. Nous marchâmes en silence, et je la suivis jusqu'à un bâtiment indéfinissable.
Le quartier avait l'air d'être limite dangereux, et encore une fois, le fait de la savoir seule, ici, au milieu de la nuit, me fit frissonner. « Je sais quels endroits éviter, Jasper. » Elle semblait lire mes pensées. Je ne répondis pas, ne voulant pas l'énerver. Nous entrâmes dans l'immeuble et elle m'emmena vers les escaliers, jusqu'au 5ème étage. « Désolé, l'ascenseur est coincé. » S'excusa-t-elle.
« J'ai vécu avant qu'ils n'existent, Bella. Les escaliers m'iront très bien. » Ses lèvres remontèrent un peu et elle ouvrit la porte de son appartement.
L'appartement était petit et délabré, mais très propre. Il y avait peu de meubles et pas de moquette. Je sentis l'odeur de l'humain qui dormait sur le canapé dans le salon. Je remarquai que son sang avait l'odeur de puissants stupéfiants et plissai les yeux. Bella marcha vers lui et replaça, gentiment, une couverture sur ses épaules. Elle avait un air triste et doux. Je me demandais quelle était la nature de leur relation et était frustré par mon incapacité à lire les émotions de Bella. Avec un peu de chance, j'aurai une meilleure idée de la situation quand il se réveillerait. Elle vit le regard intense que je posais sur l'homme endormi. « Ne le juge pas, Jasper. C'est une personne bien, même en ce moment. »
« Bella, je me fous de ce qu'il s'inflige. Je n'aime simplement pas l'idée que tu vives avec un drogué. Les toxicomanes sont imprévisibles et tu ne sais pas de quoi il peut être capable. »
Elle souffla. Mentalement, je grimaçai, craignant d'avoir dépasser les bornes. Je me préparai à recevoir son indignation, mais au lieu de ça, elle murmura, « Je sais. Ma chambre est par là. »
Elle me précéda dans le petit couloir vers une chambre exigüe avec des murs en briques, principalement meublée par un lit double. Il y avait un petit placard et une minuscule commode. Il y avait des piles de vêtements au sol, soigneusement pliés, et je fus une nouvelle fois frappé, par la propreté de l'endroit. Elle attrapa quelques affaires de toilettes, des habits et se tourna pour quitter la chambre. « Je vais aller laver cette merde que j'ai sur la figure et me changer. » Dit-elle en se dirigeant vers la salle de bain.
Quand elle revint quelques minutes plus tard, je fus stupéfié à la vue de son visage débarrassé de la couche de maquillage qu'elle mettait pour travailler. Elle avait toujours cette peau de porcelaine, mais ses pommettes étaient plus saillantes. Les cernes noires sous ses yeux révélaient son extrême fatigue. Elle portait un pantalon de flanelle et au moins deux pulls. Je fronçai les sourcils, remarquant à quel point l'appartement était froid et qu'elle devait sûrement être frigorifiée. Je me forçai à détourner le regard, inquiet d'être surpris à la regarder. Elle reposa ses affaires et me fis face. « J'ai bien peur qu'il n'y ait pas grand-chose pour s'asseoir. C'est soit le lit, ou par terre. »
« Par terre, ça ira très bien, Bella. »
Nos regards se croisèrent et son état de fatigue me frappa une fois de plus. J'étais consumé par le besoin de savoir ce qui n'allait pas et comment elle s'en était retrouvée là, mais je savais qu'elle avait désespérément besoin de repos. Je m'obligeai à afficher un visage calme. « Bella, tu n'as aucune idée de combien il m'est difficile de dire ça, mais je crois que tu devrais dormir un peu avant que nous ne parlions. » Elle cligna des yeux, surprise, puis me sourit, reconnaissante, tout en s'asseyant au bord de son lit.
« Je crois que c'est une très bonne idée, Jasper. Comme je te l'ai dit, c'est une longue histoire. Je crains que tu ne trouves le temps long par contre. Nous n'avons pas de télé, et je n'ai que quelques livres. Tu peux te servir si tu veux. » Elle me montra une pile de livres usagés. Je ne fus pas surpris de trouver quelques romans de Austen, mais un titre différent attira mon attention Une brève histoire du temps de Stephen Hawking. C'était une sélection courte mais éclectique, de la littérature anglaise à la physique. Je pris le livre de Hawking, comme je ne l'avais jamais lu.
« C'est parfait, Bella. Est-ce que tu veux que je lise dans le salon pendant que tu dors ? » Je n'arrivais pas à imaginer qu'elle puisse être à l'aise si je restais là pendant son sommeil, considérant que la dernière fois que nous nous étions vus, j'avais essayé de la tuer.
« Je crois que tu ferais mieux de rester ici, Jasper, à moins que tu ne penses pas pouvoir supporter la proximité. Andy serait surpris s'il te trouvait à son réveil et il se mettrait à poser un million de questions. Tu n'as pas l'air d'avoir de difficultés à être dans la même pièce que moi pour le moment. Si tu sens que tu as soif, tu peux toujours sortir. » Suggéra-t-elle avec ironie.
Je m'approchai doucement et m'agenouillai pour que je puisse être à hauteur de ses yeux. « Je te donne ma parole, Bella. Tu ne cours aucun danger avec moi. J'ai chassé aujourd'hui, et bien que ton odeur soit agréable, je suis en parfait contrôle. Je sais que tu as une vraie raison de ne pas me faire confiance, mais je te promets que tu peux. » Elle me regarda dans les yeux et je fus content de n'y voir aucune trace de peur.
« Je te fais confiance, Jasper. » Ce fut tout ce qu'elle dit. Comme si tout était règlé, elle recula sur le lit, s'allongea et commença à entasser une montagne de couvertures. Je ne pus m'en empêcher alors que je la regardais se débattre.
« Besoin d'être bordée, Bella ? » Son visage apparut de derrière les couvertures et je fus surpris quand elle me tira la langue.
« Non merci, je gère. Maintenant, ferme-là et laisse moi dormir pour que je sois toute belle. » Je souris et m'installai par terre, contre le mur. J'éteignis la lumière, n'en ayant pas besoin pour lire. Je fus content d'entendre la respiration de Bella se calmer assez rapidement. Je n'avais pas l'habitude qu'on ait confiance en moi, et ça faisait du bien qu'elle en ait assez pour s'endormir aussi facilement. J'ouvris le livre pour faire passer le temps, espérant qu'elle dorme bien et qu'elle se réveille bientôt, que je puisse entendre son histoire.
Deux heures plus tard, j'avais finis le livre de physique et me rabattais sur un Austen. J'avais apprécié le bouquin de Hawking, plus que je ne l'aurais pensé. Cela faisait un moment que je n'avais pas étudié la physique, et je fus interpellé par la frontière obscure entre la science et la philosophie, quand l'homme cherchait à en savoir toujours plus. Je fus soudain distrait par une brusque augmentation du rythme cardiaque de Bella. Sa respiration devint saccadée et elle se mit à gémir. Je sentis une vague intense de peur déferler sur moi et devenir plus forte. Quoique ce soit qui lui permette de bloquer mes pouvoirs, cela devait avoir moins d'effet quand elle dormait. « Non, non. Charlie, non ! »
Je pouvais à peine la voir sous les couvertures, mais manifestement, elle faisait un cauchemar. Je me levai lentement et allai vers elle, ne sachant pas bien quoi faire. Je n'étais pas sûr de sa réaction si j'utilisais mes pouvoirs pour la calmer. « Bella, réveille-toi, tu fais un mauvais rêve. » Dis-je fermement. Elle se redressa rapidement, les yeux grands ouverts, mais dans le vide. « Bella, c'est bon. Je suis là, tu es en sécurité. » Elle sembla alors me remarquer et je tendis doucement ma main vers la sienne. Dès que nos peaux entrèrent en contact, la même sensation de calme me submergea. Je vis son visage se détendre aussi. Elle me fit un signe de la tête puis se rallongea, mais sans relâcher ma main. Je repositionnai les couvertures autour d'elle avec mon autre main et m'installai par terre, à côté de son lit. Sa main était chaude et douce dans la mienne. Au moins, ce serait une façon agréable de patienter jusqu'à ce qu'elle se réveille.
La rencontre ne fut pas longue à arriver!
J'ai hâte de connaître votre ressenti sur ce chapitre.
Bizzzzzzz
Em.
