UNE VIE DE MENSONGE

Bonjour tout le monde!

J'avoue me surprendre moi-même, je pensait poster en retard mais apparemment non ;) Tant mieux me direz vous :)

Déjà, un grand merci à aliena wyvern, Gin Lise et AnanasPower pour leur review et pour avoir mis cette fic en favoris et de l'avoir follow :)

Gin Lise: Je suis contente de te retrouver pour cette fic. Ravie que ce début t'es plu, en espérant que ça continu :)

Voilà, je vous abandonne mon deuxième chapitre ;)


Chapitre 2 :

Deux ans étaient passés depuis que les frères d'Alnia lui avaient demandé de s'infiltrer au sein de la compagnie de Thorin. Et en deux ans, elle ne s'était jamais pardonnée d'avoir accepté. Elle était maintenant dans l'auberge du Poney Fringuant à Bree, entrain de dîner tranquillement. Elle s'était vêtue d'un pantalon noir, rentré dans des bottes noires. Sa tunique marron était resserrée à la taille par une ceinture de cuir noir. Elle n'avait pas vraiment changé en deux ans, toujours les mêmes cheveux châtain foncé, les mêmes yeux noisette. Elle avait eu deux ans pour tout préparer, mais elle ne savait toujours pas comment faire. Cela faisait maintenant un an qu'elle avait quitté Ered Mithrin, et cela lui avait provoqué un intense sentiment de liberté. Elle entendit d'un coup la porte de la taverne s'ouvrir. Se retournant, elle vit sur le pas de la porte treize nains lourdement armés, ainsi qu'un Homme entièrement vêtu de gris et à son plus grand étonnement, un tout petit homme arborant de grands pieds velus. Alnia avait déjà entendu parler des hobbit, mais pour beaucoup de gens ils n'étaient qu'une légende. Et même dans les légendes, il se disait que les hobbit étaient des créatures paisibles et qui ne se souciaient pas des problèmes hors de chez eux. Un nain à la barbe blanche et d'un grand âge demanda des chambres au tavernier.

Alnia fixait les nains tours à tour quand son regard se posa sur un nain en particulier. Il avait de longs cheveux d'un noir de jais avec quelques mèches blanches. Il avait une carrure imposante, incitant au respect. Elle devina tout de suite que c'était lui, Thorin Ecu-De-Chêne. A ses côtés, Alnia remarqua un nain tout aussi imposant, si ce n'est plus. Il avait différents tatouages sur le crâne, ainsi que sur ses avant-bras aussi gros que les cuisses de la naine. Elle ne savait pas pourquoi, mais ce dernier l'intrigua. Elle avait l'étrange impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais elle savait que cela était impossible. Elle avait vécu toute sa vie aux Montagnes Grises, comment aurait-elle pu le voir ?

C'est alors qu'elle sentit un regard sur elle. Elle surprit alors le magicien entrain de la fixer étrangement. Elle le vit dire quelque chose aux nains qui se dirigèrent vers les escaliers avant de s'approcher de la naine.

« Cette chaise est-elle prise ? » demanda-t-il

« Comme vous le voyez, non »

Il s'assit face à elle et continua de l'observer. Ses yeux d'un bleu pâle donnait l'impression à Alnia qu'il pouvait voir jusqu'au tréfonds de son âme.

« Que fait une jeune naine seule par ici ? » demanda-t-il d'une voix intéressée

« Vous vous doutez bien que je ne dirais rien à une personne dont je ne connais même pas le nom, et encore moins le visage »

« Vous vous méfiez des autres »

« J'ai appris à ne pas me fier aux apparences, c'est tout. Qui êtes-vous ? »

« Je me nomme Gandalf. Gandalf le Gris » répondit l'homme « Je peux également connaitre votre nom ? »

« Pourquoi vous le donnerais-je ? Que me voulez-vous ? »

« Et bien, je vous ai donné mon nom, il serait juste que vous me donniez le vôtre. J'aime savoir à qui je m'adresse. Et je ne vous veux rien en particulier, si ce n'est que j'ai remarqué vos regards sur les nains tout à l'heure »

La naine réfléchit quelques instants. Après tout, elle devait s'infiltrer dans la compagnie. Comment le pourrait-elle si elle refusait même de donner son nom ?

« Alnia, je m'appelle Alnia »

« Et bien, ravi de vous rencontrer »

« Le nain qui était là tout à l'heure, le brun qui semblait être le chef, il s'agissait de Thorin Ecu-De-Chêne n'est-ce pas ? »

Gandalf lui lança un regard un peu surprit avant de répondre.

« En effet »

« Il part pour Erebor »

Gandalf la regarda de plus en plus suspicieusement.

« Comment savez-vous cela ? »

« Je vais tout vous dire, mais s'il vous plait, allez le chercher car cela le concerne également »

Gandalf hésita un instant, avant d'incliner la tête et de s'éloigner vers les escaliers. Alnia savait ce qu'elle allait faire. Cela la rebutait, la dégoutait même. Elle n'arrivait même plus à se regarder en face dans un miroir, car tous ce qu'elle voyait c'était le monstre qu'elle était en train de devenir, le monstre que tous les Gazat étaient.

Gandalf revint quelques minutes plus tard avec Thorin derrière lui, et pour la première fois Alnia le vit de face. Ses traits étaient d'une dureté implacable, autant que ses yeux. Des yeux d'un bleu glace, froid et dur qui semblait comme éteint et plein de rancœur.

« Thorin » commença Gandalf quand ils furent près d'Alnia « Je vous présente Alnia. C'est la personne qui voulait nous parler »

Thorin la regarda intensément, tentant de fouiller son expression. Il ne savait pas s'il devait se méfier d'elle ou non, mais elle lui paraissait inoffensive. Elle n'avait pas l'air très vieille, il aurait dit qu'elle avait environ 100 ans, peut-être un peu plus. Mais il ne manqua pas la fine cicatrice qu'elle avait au cou.

Il s'assit finalement en face d'elle et à côté du magicien.

« Bien, je vous écoute. Qu'avez-vous de si important à nous dire ? »

Alnia sursauta légèrement à sa voix. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'elle soit aussi grave. Il y avait encore quelques minutes, elle se sentait brave et déterminée, mais maintenant qu'il était face à elle, elle se sentait bien plus intimidée qu'elle ne l'aurait cru.

« Je sais que votre tête a été mise à prix, et je sais par qui, enfin je crois l'avoir deviné. Je sais où vous allez, et d'autres le savent aussi »

« Que voulez-vous dire ? » s'inquiéta Gandalf

« Cela fait maintenant un an que je me suis enfuie des Montagnes Grises » dit-elle d'un coup

Gandalf ouvrit de grands yeux tandis que Thorin empoignait doucement la garde de son épée.

« Vous êtes une Gazat » grogna le nain

Alnia avait pu sentir toute la haine que Thorin pouvait ressentir envers son peuple, et elle pouvait le comprendre d'une certaine manière.

« Non, je ne le suis pas »

« Vous mentez. Il n'y que les Gazat qui vivent dans ces montagnes, si on exclut les orcs »

« Thorin » tenta Gandalf « Relâchez votre épée. Regardez là, vous voyez bien qu'elle ne ressemble en rien à ce peuple »

Thorin dû admettre que le magicien n'avait pas tort. Les Gazat avaient les cheveux ainsi que les yeux noirs, mais pas elle. Puis, elle semblait bien moins cruelle que ce peuple barbare même si il avait l'impression qu'elle était tourmentée par quelque chose.

« Laissons-la s'expliquer » proposa Gandalf en faisant signe à Alnia de poursuivre

Elle inclina la tête avec reconnaissance mais aussi avec une certaine raideur. Le geste de Thorin vers son épée ne lui avait pas échappé.

« J'ai été élevée dans un village d'Hommes, à Fornost. Ma mère est morte en me donnant la vie dans ce village et j'y ai grandie. Mais voilà, le village fut attaqué un soir par les Gazat, sans raison apparentes. J'ai été enlevé et ai été contrainte de servir une famille. Je ne vais pas vous raconter les détails, mais ils étaient souvent en contact avec le seigneur de la montagne et j'entendais certaines choses. Dont le fait que la tête de Thorin Ecu-De-Chêne était mise à prix ainsi que il y a désormais deux ans, un espion vous aurait entendu, Gandalf, proposer à Thorin de reconquérir sa terre et que ce dernier avait accepté. J'ai su qu'ils voulaient tout faire pour vous en empêcher. Je suis resté encore un an, pour en savoir un peu plus et dès que j'ai pu, je me suis enfuie »

« Comment ? » demanda Gandalf

« Je sais me battre, j'ai appris à Fornost. Mais ce soir-là je me suis juste contenté d'assommer les gardes et de partir aussi vite que j'ai pu »

Gandalf et Thorin la fixèrent encore quelques instants.

« Pourquoi me dire tout cela ? Qu'avez-vous à y gagner ? » interrogea Thorin

« Rien du tout » admit-elle « Hormis la mort. Ça fait un an que je me cache. S'ils me retrouvent, je suis sûr d'être condamnée, bien que je ne pense pas qu'ils soient à ma recherche. Je vous dis tout ça car je suis une naine, et que si je peux un tant soit peu vous aider, je le ferais. Car je fais partis du peuple des Khazad, c'est dans mon sang et si mon peuple est menacé, c'est de mon devoir d'aider »

« Qu'est-ce que vous sous-entendez ? » lui demanda Thorin

« Laissez-moi partir avec vous. Non, laissez-moi parler avant de refuser » le coupa-t-elle quand elle vit qu'il allait protester « Ils ont prévus de vous attaquer durant ce voyage. Si vous ne vous faites pas les plus discrets possibles, c'est fichu. Je peux vous aider, je sais par où ils pensent que vous passerez, je sais leur manière d'attaquer. J'ai vécu là-bas depuis que j'ai 15 ans, croyez moi je sais comment ils fonctionnent »

« Je suis désolé, mais une naine ne devrait pas à avoir à prendre part à cette quête. C'est trop dangereux » refusa Thorin

« De toute façon je risque ma vie partout où je vais. Je vous l'ai dit, s'ils me retrouvent, je suis morte. Alors si je dois mourir, je préfèrerais que ça soit en vous aidant comme je le peux. Ça sera beaucoup moins douloureux et bien plus rapide, vous pouvez me croire. Et puis, je vous avoue que je m'y connais en guérison de blessure. La famille que je servais n'était pas la plus douce qui pouvait exister, et je me suis soignée plus d'une fois toute seule »

Thorin la sonda du regard une minute, ses yeux allèrent pendant quelques secondes à la cicatrice qu'elle avait au cou. Il ne savait pas trop quoi faire. Il savait que c'était une mission suicide. Il interrogea Gandalf du regard qui lui ne semblait pas contre cette idée.

« Je dois en parler avec les autres membres de la compagnie avant de prendre une décision »

« Je comprends » acquiesça Alnia « J'attends ici »

Thorin hocha la tête et s'éloigna en direction de l'escalier tandis que le magicien restait à la table de la naine.

« Vous avez dit avoir peut-être deviné qui avait lancé cette mise à prix » signifia Gandalf alors qu'Alnia hochait la tête « Qui est-ce ? »

« Je connais l'histoire de la bataille d'Azanulbizar, comme tous les nains. Je sais comment Thorin aurait vaincu Azog le Profanateur. Mais voilà, depuis plusieurs années, circule une rumeur. La rumeur selon laquelle Azog serait encore en vie, et qu'il voudrait la mort de Thorin et de toute sa lignée »

« Vous en êtes sûr ? »

« Il ne s'agit que d'une rumeur. C'est peut-être faux, mais il vaut mieux être prudent »

« Vous avez raison. Pour l'instant, ne dites pas cela à Thorin, pas tant que nous n'en sommes pas absolument sûr »

Alnia hocha la tête et resta silencieuse le reste du temps. Elle pensait avoir réussi à les convaincre mais au fond d'elle, elle espérait qu'ils refusent qu'elle se joigne à la compagnie. Tous ce qu'elle avait dit n'était qu'un demi-mensonge. Sa famille la traitait vraiment mal, elle s'était déjà soignée seule et elle détestait vraiment sa famille. Et par-dessus tout, la rumeur sur le Profanateur existait réellement.

Thorin revint vers eux quelques minutes plus tard mais accompagné de quatre autres nains. Elle reconnut celui à la barbe blanche et celui aux tatouages qu'elle avait vu tout à l'heure, et les deux autres devaient faire partie des plus jeunes : un était blond aux yeux bleus, tandis que l'autre était brun aux yeux marrons. Alnia ne put s'empêcher de remarquer un léger air de famille entre les deux.

« Alnia, voici Balin et son frère Dwalin » présenta Thorin en désignant le nain à la barbe puis celui aux tatouages « Et mes neveux, Fili et Kili » finit-il en montrant le blond et le brun

Alnia hocha la tête et répéta ce qu'elle avait dit plus tôt aux nouveaux venus. Tous la regardaient et l'écoutaient sans l'interrompre. Quand elle eut finit, le silence s'installa pendant plusieurs minutes.

« Je ne sais pas si c'est une bonne idée que vous veniez avec nous » objecta Balin

« Et puis, qui nous dit qu'ils ne vont pas partir à votre recherche ? Ça pourrait les conduire jusqu'à nous » ajouta son frère

« Vous avez raison au fond. Mais à leurs yeux, je suis insignifiante. S'ils font des recherches, ils n'emploient de gros moyens sinon ils m'auraient déjà retrouvé. Ils m'ont sûrement déjà considérée comme morte » signifia-t-elle « Mais je l'ai dit, je sais comment ils fonctionnent, comment ils se battent. Je pourrais vous apprendre certaines choses à ce sujet. Laissez-moi vous aider »

« Fili, qu'en pense-tu ? » demanda Thorin

« Et bien, d'un côté je me dis que c'est dangereux mais d'un autre je me demande si on peut se passer de son aide. Elle a vécu suffisamment longtemps là-bas pour connaitre pas mal de chose même si je me demande si on peut vraiment avoir confiance »

Alnia tiqua aux derniers mots.

« Je ne vous demande pas de me faire une confiance absolue là, tout de suite. La confiance se gagne, mais je le répète, je peux vous aider » objecta-t-elle

Fili continuait de l'observer intensément, sans ajouter un mot mais Alnia ne dévia pas le regard, même quand son frère prit la parole :

« Une combattante de plus ne serait pas de trop. Surtout si elle sait guérir les blessures. Si on venait à être blessés, on serait soigné beaucoup plus vite s'il y avait deux guérisseurs parmi nous »

Thorin regarda ses neveux tours à tour, réfléchissant à leur parole.

« Vous êtes bien sûr de vouloir partir avec nous ? » demanda Thorin

« Oui » confirma Alnia d'une voix sûre, alors qu'une voix dans sa tête hurlait non, qu'il ne fallait surtout pas qu'il accepte qu'elle vienne

« Vous vous rendez compte des dangers auxquels vous vous exposez » lui dit Balin

« Je m'en rends compte, et ça ne m'effraie pas » assura-t-elle

« Je ne peux garantir votre sécurité » lui dit Thorin

« Je le sais, et je le comprends. Je suppose que vous ne pouvez garantir la sécurité de personne »

Thorin hocha la tête tandis que Balin rédigeait rapidement un contrat marquant son entrée officielle dans la compagnie. Thorin signa finalement en bas du parchemin, puis Balin fit de même avant de le tendre à Alnia. Cette dernière lu rapidement le contrat qui disait :

« Par le présent contrat, nous engageons Demoiselle Alnia comme quinzième membre de la Compagnie de Thorin Ecu-de-Chêne deuxième du nom, fils de Thrain, roi légitime de la Montagne Solitaire.

Nous nous engageons à lui remettre un quinzième du trésor de la montagne en cas de réussite.

La présente Compagnie ne sera pas responsable des différentes blessures pouvant survenir pendant le voyage (incinération, éviscération, perte d'un membre…), mais la présente Compagnie s'engage à payer les frais funéraires, s'il doit y en avoir.

Chef de la Compagnie : Thorin Ecu-de-Chêne

Premier conseiller : Balin, fils de Fundin »

Alnia signa en bas du parchemin avant de le rendre à Balin qui vérifia la signature avant d'annoncer :

« Bienvenue dans la Compagnie de Thorin Ecu-De-Chêne mademoiselle Alnia »

La naine lui lança un sourire un peu crispé. Elle se sentait terriblement coupable. Ils venaient de lui accorder le premier signe de confiance et elle les trahissait. Elle sentit un regard sur elle et elle vit Fili la regarder d'un drôle d'air.

« Vous feriez mieux d'aller vous coucher » conseilla Thorin à Alnia « Nous partirons tôt demain »

Alnia acquiesça et commença à monter les escaliers, mais elle pouvait toujours sentir le regard étrange de Fili. Elle avait l'impression qu'il n'avait pas totalement confiance, et ce n'était peut-être pas plus mal qu'une personne se méfie d'elle.

Alnia entra dans sa chambre et s'assit sur son lit. Sa tête entre les mains, elle laissa ses larmes couler librement.

« Qu'ai-je fait ? » se demanda-t-elle « Pourquoi il a fallu que ça tombe sur moi »

Elle sentait vraiment que ces nains étaient loyaux et qu'en l'acceptant dans la compagnie, ils mettaient une part de leur confiance en elle. Elle avait honte d'avoir fait ça, de les avoir trompés de la sorte.

Elle finit par s'allonger sur le lit aux couvertures trouées, puis elle s'endormit quelques minutes plus tard. Encore une fois, elle fit ce rêve étrange, mais une voix qu'elle avait déjà entendue quelque part s'était ajoutée et criait « Daelonna », nom qu'elle n'avait jamais entendu.

Elle fut réveillée le lendemain par des coups à sa porte.

« Alnia, nous partons dans deux heures » la prévint Gandalf à travers le bois

Elle s'assit au bord de son lit et regarda par la petite fenêtre. Le jour ne s'était pas encore levé, l'Est était parsemé de quelques rayons rosés, montrant que le soleil allait bientôt apparaitre. Elle passa rapidement par la salle de bain et s'habilla avant de descendre. La grande salle de la taverne était remplie de murmures et Alnia devinait que l'ensemble de la compagnie devait être là.

Quand elle entra dans la salle, un grand silence prit place. Tous les nains la fixaient quand Thorin éleva la voix :

« Voici le quinzième membre de notre compagnie, Alnia qui s'est jointe à nous hier soir. Elle connait certaines informations qui nous seront d'une grande aide »

Les nains se présentèrent alors un à un, s'inclinant doucement devant elle. Alnia dû admettre qu'elle n'avait pas retenu tous les noms car beaucoup se ressemblaient. Les présentations se finirent avec le hobbit.

« Bilbon Sacquet, mademoiselle » se présenta-t-il en s'inclinant « Venez donc manger quelque chose » lui proposa-t-il gentiment

Alnia suivit le hobbit et s'assit près de lui. Elle mangea en silence, n'osant pas regarder les nains de peur qu'ils découvrent par un seul regard ce qu'elle devait faire. Comme si les mots « traitresse » et « meurtrière » étaient marqués sur son front.

Deux heures plus tard, ils partirent de la taverne sur des poneys. Alnia en avait acheté un ayant une robe d'un beige clair et une crinière marron foncé. Ils traversèrent les prairies verdoyantes de la Comté. Les doux rayons du soleil apparaissaient petit à petit derrière les quelques nuages.

Alnia était en fin de file, avançant seule. Elle voulait absolument éviter de se lier avec qui que ce soit. C'était le mieux à faire pour eux mais aussi pour elle. Mais bien entendu, c'était sans compter sur un jeune prince nain.

« Ça vous ennui si je vous tiens compagnie ? »

Alnia tourna la tête vers sa gauche et vit le plus jeune neveu de Thorin, Kili, près d'elle.

« Pourquoi voudriez-vous me tenir compagnie ? Vous ne me connaissez même pas » rétorqua-t-elle

« Justement, c'est l'occasion » lui dit-il dans un sourire « Mais si vous préférez être seule »

Il commença à partir mais Alnia le retint, sans qu'elle ne sache pourquoi.

« Non, attendez. Excusez-moi »

Kili se plaça près d'elle et lui sourit gentiment

« Il n'y a pas de mal. Pourquoi restez-vous toute seule en bout de file ? Joignez-vous à nous »

« Je ne suis pas très à l'aise. J'ai l'impression de ne pas être à ma place » admit-elle

Mais pourquoi se confiait-elle à lui ? Alnia n'en avait aucune idée. Elle avait l'impression qu'elle pouvait faire confiance à Kili, il semblait vraiment très gentil et elle se surprit elle-même en faisant cette constatation.

« Ne dites pas de bêtise, vous faites partie de la compagnie. Et puis, vous savez on ne mord pas » rigola-t-il

Alnia se mit à sourire doucement. Ce nain était plein de bonne humeur. Il semblait toujours heureux, toujours à avoir le mot pour rire même dans les pires situations.

« Je m'en doute, mais j'ai du mal à accorder ma confiance c'est tout. Vivre pendant si longtemps avec des Gazat fait cet effet-là. On a l'impression que tout le monde nous veut du mal »

Kili la sonda du regard un instant. Elle avait l'air tellement fragile qu'il ne comprenait vraiment pas comment elle avait pu survivre avec un peuple pareil.

« C'était vraiment si terrible que ça ? » demanda-t-il timidement

« Non, c'était encore pire que ce que vous pouvez imaginer »

« Vous êtes restez là-bas longtemps ? »

« Presque toute ma vie » soupira-t-elle « Quand Fornost a été attaqué et que j'ai été enlevé je n'avais que 15 ans »

Kili la regarda avec de grands yeux. Si jeune. Il ne comprenait vraiment pas comment on pouvait faire ça à quelqu'un.

« Et quel âge avez-vous aujourd'hui ? »

La naine regarda Kili avec un petit sourire, amusée de sa curiosité. Jamais elle ne s'était autant confié, encore moins à un presque inconnu.

« On ne vous a jamais dit que ça ne se faisait pas de demander l'âge d'une femme ? »

Kili baissa la tête, un peu honteux et les joues un peu rouge. Alnia s'amusait de sa réaction.

« Désolé » souffla-t-il « Je ne voulais pas être indiscret »

Le silence s'installa entre eux pendant quelques secondes. Alnia commençait vraiment à l'apprécier, ce qui n'était vraiment pas bon.

« J'ai 143 ans » répondit-elle après quelques minutes

Kili la regarda avec de grands yeux. Ils reflétaient d'abord la surprise, avant de passer à l'indignation, puis la colère. Il était réellement révolté. Elle avait été retenue plus de 100 ans dans cette montagne.

« Pourquoi ne pas être partie plus tôt ? »

« J'ai déjà essayé, et ça m'a valu 20 coup de fouet »

Et cela était la vérité, c'était la première fois qu'elle était sortie de la cité sans autorisation. Elle avait reçu 20 coups de fouet dans le dos, arrachant presque la peau de ses os. Elle pouvait encore sentir la sensation du fouet frappant sa peau, l'odeur du sang qui envahissait tout l'espace et surtout, la douleur. Chaque coup lui arrachait des cris, et le pire de tout ça c'est que c'était son propre frère, Drelk, qui lui avait administré le châtiment.

« 20 ! » répéta Kili outré « Comment peut-on faire ça ?! A une femme qui plus est ! C'est vraiment… »

« Horrible ? Affreux ? » tenta de continuer Alnia pour lui « Je crois qu'il n'y a pas de mot assez fort pour décrire ce que c'est. Mais au fil du temps, on s'habitue aux coups »

« Ils vous frappaient régulièrement ?! »

Alnia hocha la tête

« Je n'étais pas la plus docile des servantes. Depuis que j'ai 15 ans, je ne crois pas qu'il se soit passé un jour sans que je ne sois frappée ou humiliée. Car il n'y avait pas seulement la famille que je servais. Le fait que je ne sois pas une Gazat y était pour beaucoup, je le sais. Alors j'ai subis les coups pendant des années, attendant juste le jour où un coup serait trop fort et où la mort viendrait me prendre. Car les Gazat sont là pour ça, pour vous retirer toute envie de vivre. Mais quand j'ai entendu pour votre oncle, j'ai été révolté. Je ne le connaissais pas, mais comme tous les nains, je connaissais son histoire et je ne voulais pas le laisser se faire tuer. Je ne pouvais pas »

Kili l'avait écouté sans l'interrompre. Alnia s'était confié à lui comme à un vieil ami. Beaucoup de chose qu'elle venait de lui dire étaient vrais, sauf la dernière partie.

« Vous êtes bien plus solide qu'il n'y parait. J'avoue que ce que vous avez subis me révolte. Mais ici, avec nous, ils ne pourront pas vous atteindre. Vous verrez »

« Je le sais, mais vous voyez, à cause des Gazat je ne sais plus si je peux avoir confiance ou non. Car il ne faut pas oublier qu'ils sont aussi des nains au départ »

« Mais vous oublier une chose. Nous, nous ne sommes pas comme eux. On ne frappe pas les femmes, on ne maltraite pas les ouvriers, femmes ou homme. Un jour, ils paieront pour tout ce qu'ils vous ont fait »

Alnia lui sourit tendrement. Cela lui avait vraiment fait du bien de se confier. Mais elle s'en voulait d'une part, car Kili semblait avoir confiance en elle et elle le trahissait.

Ils continuèrent leur route ensemble, discutant de choses et d'autres. Bientôt, Bofur et Fili se joignirent à eux et pour la première fois, elle oublia pourquoi elle était là. Elle se sentait vraiment bien avec ces nains. Sauf que Fili la regardait toujours étrangement. Mais ce n'était pas la même lueur de suspicions de la veille, c'était autre chose, une sorte de tristesse. Après qu'ils se soient arrêtés pour déjeuner et qu'ils furent repartis, Alnia se plaça non loin de Fili tandis que Kili et Bofur étaient juste devant eux.

Alnia ne savait pas vraiment comment engager la conversation, mais elle n'eut pas à le faire car Fili parla le premier.

« Je voudrais vous présenter mes excuses »

« Vos excuses ? » s'étonna Alnia « Vous ne m'avez rien fait, enfin pas que je sache en tout cas »

« Je n'ai pas été très agréable avec vous hier soir. J'avoue que je ne savais pas si je pouvais vous faire confiance »

« Et vous me faites confiance maintenant ? »

« C'est un peu tôt pour le dire. Comme vous l'avez dit, la confiance se gagne. Mais je vous ai entendu parler avec Kili ce matin. Je pensais au début que vous mentiez, que vous étiez juste une naine rallier à la cause des Gazat, mais quand j'ai entendu votre histoire je me suis dit que ça ne pouvait pas être ça. Surtout quand on voit la cicatrice que vous avez au cou »

Alnia l'avait écouté parler et avait senti son cœur battre plus fort quand il avait parlé de ses soupçons. Fili était très perspicace. Elle devrait se montrer très discrète.

« Je ne vous en veut pas. C'est normal que vous ayez eu des doutes. Quant à cette cicatrice, je l'ai eu quand je me suis faite attrapée entrain de tenter de sortir en douce dans la cité. J'ai provoqué les gardes en leur disant que je préférais encore mourir plutôt que de les respecter. Alors l'un d'eux à mit son couteau sous ma gorge et à appuyer si fort que ça m'a entaillé. Mais l'un de mes maîtres est arrivé à ce moment-là et il m'a emmené avec lui. Il s'est occupé de me châtier »

« Vous n'avez jamais cessez de tenter de vous enfuir »

« Jamais, j'étais prête à mourir s'il le fallait et maintenant que j'ai réussi à partir, je n'ai aucune envie de mourir »

« Ca n'arrivera pas » lui affirma-t-il

Ils continuèrent de marcher tout le jour durant jusqu'à la tombée de la nuit. La lune en forme de croissant semblait être un sourire de lumière sur le ciel noir au-dessus d'eux. Ils s'arrêtèrent non loin d'un ruisseau. Un feu fut allumé et Bombur s'occupa du repas. Alnia installa sa couche près du feu et mangea tranquillement, avec Bilbon un peu à l'écart. Elle remarqua que Thorin lui ne mangeait pas, mais qu'il lançait de temps en temps quelques regards furtifs vers elle. Quand elle eut finit son repas, elle récupéra un autre bol de nourriture pour l'apporter à Thorin.

« Vous devriez manger un peu » dit-elle en lui tendant le bol, mais il n'esquissa pas le moindre mouvement, se contentant de la fixer d'un regard brûlant

« Je n'ai pas faim. Allez-vous en » la congédia-t-il d'une voix grondante

« Vous n'avez rien mangé ce midi et vous ne mangez rien ce soir. A ce train-là, vous serez mort avant même qu'on atteigne les Mont Brumeux »

« Qu'est-ce que ça peut vous faire !? Je vous ai dit de me laisser »

Alnia sentait la colère monter peu à peu en elle. Ce nain était le plus têtu qu'elle est jamais vu.

« Bon très bien ! » dit-elle « Mourrez de faim si ça vous chante ! C'est votre problème après tout ! » dit-elle d'une voix froide avant de renverser le bol sur le sol

« Vous n'avez pas à me parler comme ça ! »

« Et vous non plus ! Je n'ai pas quitté les Montagnes Grises et la cruauté des Gazat pour laisser un nain me dicter ce que je dois faire ! »

« Vous oubliez que je suis le roi ! »

« Oh non je ne l'oublie pas ! Mais cela ne vous donne pas le droit de me parler comme ça ! Je viens vous voir gentiment et vous vous m'envoyer promener ! Alors allez-y laissez-vous crever de faim si ça vous amuse. Ce n'est pas moi qui vous plaindrais ! »

Puis Alnia tourna vivement les talons, ignorant le regard noir que devait lui lancer Thorin. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû s'énerver comme ça, mais ce nain n'aidait vraiment pas. Elle s'allongea sur sa couche et s'enroula dans sa couverture, tentant d'ignorer les nains autour d'elle.

Elle s'endormit en quelques minutes, mais comme toujours le même rêve vint troubler son sommeil. Elle se réveilla le lendemain avant tout les autres. Le ciel commençait à s'éclaircir à l'Est et elle remarqua Thorin assis là où elle l'avait laissé la veille. Elle rangea en silence sa couche et sa couverture avant de s'asseoir près du feu mourant et tisonna les braises avec une branche.

« Déjà réveillée ? »

Elle sursauta légèrement à la voix grave qui avait résonnée derrière elle mais ne se retourna pas pour autant.

« Vous avez décidé de m'ignorer toute la journée ? »

« Si ça peut m'éviter d'avoir envie de vous tuer à tout bout de champ, oui » répondit la naine

Thorin se contenta de réveiller les autres, plus ou moins violemment. Bombur commença à préparer le petit déjeuner avec Bofur tandis que Kili s'asseyait près d'Alnia.

« Bonjour » dit-il d'une voix encore ensommeillée « Bien dormis ? »

« Bof, et vous ? »

« Ça va. Il faut avouer que ce n'est pas le lit le plus confortable que j'ai connu. C'est vrai que vous avez l'air fatiguée »

« J'ai fait des rêves étranges toute la nuit. Trois fois rien »

Kili attrapa deux portions de petit-déjeuner et en donna une à Alnia. Ils mangèrent en silence, tentant d'émerger doucement. Ils partirent une heure plus tard, après avoir effacé toutes traces de leur passage. Alnia se retrouva une nouvelle fois à chevaucher aux côtés de Kili, mais elle resta silencieuse les premières heures du voyage. Elle réfléchissait. Malgré le fait qu'elle commençait vraiment à apprécier Kili, elle n'oubliait pas ce pourquoi elle était là. Si ça n'avait tenu qu'à elle, il y a déjà longtemps qu'elle serait repartie. Mais elle n'oubliait pas non plus la menace de ses frères. Elle savait parfaitement qu'ils étaient capable d'attaquer Fornost, et elle ne voulait pas infliger ça aux Hommes qui eux, n'avaient rien demandés.

Son regard glissa vers Thorin. En dépit du fait qu'il pouvait se montrer parfaitement désagréable quand l'envie lui prenait, elle ne pouvait pas nier que c'était un bel homme, enfin un beau nain. Mais il semblait toujours triste et plein d'une rancœur qui coulait dans ses veines.

« Et bien Alnia, vous êtes bien silencieuse aujourd'hui » fit remarquer Bofur au bout d'un certain temps

« Désolée, j'étais perdue dans mes pensées »

« Tout vas bien ? » s'inquiéta Kili

« Oui oui, ne vous en faites pas »

« Vous savez, tout le monde nous tutoie dans cette compagnie, je pense que vous le pouvez aussi » fit remarquer Kili avec un sourire

« Dans ce cas, faites de même avec moi »

Kili hocha la tête ainsi que Bofur. Alnia savait au fond d'elle que c'était une mauvaise idée. Elle était en train d'enfreindre une des seules règle qu'elle s'était imposer : ne pas se lier avec qui que ce soit. Exactement le contraire de ce qu'elle faisait en cet instant…

A l'avant de la compagnie…

Thorin était en début de file sur son poney marron. Balin était juste à côté de lui en train de lui parler de… A vrai dire, il n'en savait absolument rien. Cela faisait un moment qu'il avait cessé de l'écouter. Il repensait sans cesse à sa dispute avec la naine, Alnia. Pourquoi n'arrêtait-il pas d'y penser ? Il n'en savait fichtrement rien. Il devait admettre qu'elle avait un fort caractère, c'était d'ailleurs sans doute sa forte tête qu'il lui avait permis de rester si longtemps en vie chez les Gazat. Elle n'avait pas l'air d'être de ceux qui se laissait faire. Et pourtant, il avait vraiment du mal à croire qu'elle est pu vivre si longtemps parmi ce peuple qu'il savait barbare. Une fois il avait participé à une énième expédition pour tenter de les ramener de leurs côtés, et dans le pire des cas pour les éradiquer une bonne fois pour toute. Mais Thorin n'oubliait pas qu'au départ, les Gazat étaient simplement des nains, comme lui et comme toute cette compagnie derrière lui.

Mais maintenant plus que jamais, il détestait ce peuple en sachant qu'ils avaient fait d'Alnia une prisonnière, une simple naine qui n'avait rien demandé, puis il se demanda si d'autres étaient dans le même cas qu'elle. Il n'avait pas apprécié la manière dont elle lui avait parlé la veille, mais ce n'est pas pour autant qu'il oubliait qu'il avait besoin d'elle car elle savait certainement beaucoup de chose. Thorin se promit qu'un jour, ils éjecteraient les Gazat des Montagnes Grises et qu'il vengerait tous ceux qui avaient subi leur cruauté.


Voilà, j'espère que ça vous a plu :)

J'attends vos review pour avoir vos impressions. Le prochain chapitre viendra la plus vite possible, mais pas avant la semaine prochaine. Je préfère ne rien promettre, donc je ne peux que vous dire à la prochaine ;)

Bisous à tous et bonne vacances! ;)