Deuxième chapitre, là où les choses sérieuses commencent... ;). Merci aux lecteurs anonymes et à mon seul reviewer x). Bonne lecture. Bises, Camille.


Deux septembre 1976


Je descendai les escaliers, d'un pas rapide, sautant même les dernières marches. Mes cheveux encore humides sautillaient au même rythme que mes mouvements pendant que j'essaiyai de faire un noeud présentable à ma cravate. Démarche plutôt compliquée puisque je ne le faisais qu'avec une seule main, l'autre tenant mes livres de cours. Hier soir, je ne m'étais pas endormie avant deux heures du matin alors forcement le réveil fut un peu rude. Résultat, j'étais à présent en retard.

Les cours allaient commencer dans quelques instants, je pris donc quelques raccourcis connus de Poudlard et accélérai le pas, allant même jusqu'à trotiner. J'étais passée furtivement à la Grande Salle pour prendre mon emploi du temps, sans prendre la peine de manger. Puis j'étais repartie à mon dortoir pour prendre les affaires nécessaires pour les Potions. La journée commençaient réellement mal. J'avais fait le tout au pas de course, bousculant quiconque se trouvant sur mon passage.

Me voila donc enfin devant la porte des cachots, qui allait se refermer avant que mon pied ne fasse barrage. Slughorn, tout d'abord surpris, me fit un regard désapprobateur puis me laissa passer. J'entrai sans broncher et levai les yeux pour chercher une place vide. Tout le monde discutait joyeusement entre voisins. Nous avions cours commun avec les Serdaigle, l'ambiance était donc conviviale contrairement à d'autres maisons... Mon regard remonta progressivement du premier aux rangs suivants, scrutant la moindre trouée qui m'indiquerait une chaise libre. J'arrêtai ma contemplation à l'avant dernière paillasse et m' y dirigeai rapidement, avant que le professeur ne commence le cours.

Je m'installai maladroitement faisant racler le tabouret, et tomber la moitié de mes livres. Il fallait que je me calme. Plus posemment, je sortis un parchemin et ma plume, prête à subir l'heure de torture. Mon niveau en potions était très moyen et je m'étonnai tous les jours d'avoir eu un Effort Exceptionnel à mes BUSEs.

J'observai plus attentivement le reste de la classe. Slughorn discutait gaiement avec Lily Evans, assise au premier rang. Des filles papotaient entre elles, et gloussaient aux blagues lancées par les garçons, assis derrière elles. Je me sentais étrangement de trop, dans ce paysage et un sentiment de malaise s'empara de moi. S'il y avait eu Mary, j'aurais moi aussi fait parti de ce décor chaleureux. Mais sans elle, c'était affreusement ennuyant et même triste.

Je tournai ma tête vers mon voisin pour la première fois depuis le début. Il s'agissait de Remus Lupin, l'un des quatre Maraudeurs. Il semblait préoccupé mais sentant mon regard sur lui, se ressaisit et me souria. Son visage fatigué et les cernes sous ses yeux laissait à penser que lui aussi ne passait pas de très bonnes nuits mais son sourire venait illuminer ses traits et la lueur dans ses yeux miels effaçait tous ces signes d'insomnies. Je lui souris à mon tour.

Les autres Maraudeurs n'étaient pas présents et je ne m'en portais pas plus mal. Heureusement, qu'ils étaient nuls en potions! J'aimais bien Remus, il était très gentil mais James et Sirius, c'était une autre affaire. Ils étaient du genre à se moquer de tout et n'importe quoi, et cela m'agaçait au plus haut point. Pendant que Mary sortait avec Sirius, je m'embrouillai souvent avec ce dernier ou James à propos de ça. Pour moi, critiquer les autres était malsain, vile et facile. Je mettais ça sur le dos de l'adolescence mais j'espérais vraiment qu'un jour ils changeraient de ce point de vue là.

Lily Evans avait raison sur Potter et Black. Ils étaient immatures mais pourquoi leur en vouloir, ils apportaient un peu d'insouciance, de gaieté dans ce monde devenu si sombre. La Préfète-en-Chef criait beaucoup après James pour ces raisons, c'était même de l'acharnement. Le pauvre n'avait même pas le droit de bouger un petit doigt au risque de se faire rabrouer. Qu'on se le dise, Evans était un peu trop coincée. En outre, Potter l'agaçait encore plus avec ses demandes incessantes pour sortir avec lui. Les voir se disputer valait son pesant de Chocoballes. Bref, c'étaient des vrais énergumènes.

De toute façon, je ne me faisais plus la réflexion vu qu'ils m'ignoraient maintenant. Ou peut être que c'était moi qui les évitait. Question à laquelle je ne sus répondre car Slughorn commenca à parler.

" Bonjour chers élèves, ou devrais-je dire brillants chimistes! Car cette année, j'ai avec moi l'élite de l'élite, les meilleurs en potions de tout Poudlard! Je ne m'attarderai pas sur les ASPICs si ce n'est de vous dire qu'il vous faudra travailler dur pour avoir des résultats convenables à vos examens. Et j'attends la plus grande rigueur de la part de mes élèves préférés (regard vers une Serdaigle du deuxième rang). Mais passons sans plus tarder au cours d'aujourd'hui qui portera sur... le Véritasérum. Ouvrez vos livres page dix, vous formerez des équipes de deux pour faire cette potion. Et pas de bavardages s'il vous plaît! "

Slughorn alla au tableau et d'un coup de baguette, fit apparaître la liste d'ingrédients de la préparation. Quelques élèves, dont mon voisin, se dirigèrent vers la vieille armoire en bois où se trouvaient le nécessaire aux potions, située au fond de la classe. Pendant ce temps là, je regardai le livre, me préparant psychologiquement au travail à fournir. Le Véritasérum était très compliqué à réaliser, il fallait plus d'une heure pour la préparation, mélanger des dizaines d'ingrédients et attendre au moins une semaine pour que le tout fasse effet. Cependant, c'était une solution très utile et je rêvais intérieurement d'en avoir une réserve personnelle.

Remus revint à notre table, portant dans ses bras plusieurs bocaux et branches de quelconques végétaux. Je l'aidai rapidement et nous nous mîmes au boulot. La répartition des taches se fit telle que je coupais les plantes et je mélangeais tandis que Lupin dosait les différentes solutions. Je m'y attelai du mieux que je pus mais le sérum qui giclait du bulbe de dictame me fit pleurer, ma vue se brouillant de plus en plus.

" Tu ne veux pas que je le fasse? me demanda mon partenaire avec une once de pitié. Ca ne me fait rien moi.
- Euh oui je veux bien, lui répondis-je soulagée. Je suis sure que les dernières lamelles ne doivent plus faire 1,3 cm...
- La taille n'est pas très importante mais il faut pas qu'elle fasse 5 cm non plus quoi! "

En disant ça, il me montra une de mes précédentes coupes qui paraissait effectivement plus grande que la taille demandée. Je souriai gênée. J'ai du lui paraitre nulle et empotée mais on ne peut pas être bon partout! Je tentais cependant de me justifier.

" T'as pas de chance, tu es tombé sur la plus mauvaise des septièmes années en potions! Rajoute à ça, que je me suis levée il y a à peine un quart d'heure alors mes sens ne sont pas encore au maximum de leur capacité.
- Hmmm... pas grave, tu sais j'ai vu carrément pire avec James (nouveau sourire, nostalgique cette fois-ci). Mais c'est que ton réveil n'a pas sonné, que tu étais en retard? "

Je tachai de tourner trois fois la spatule dans le sens des aiguilles d'une montre et réfléchis en même temps à la réponse que j'allais lui donner. Vérité ou mensonge? J'optai pour la vérité, après tout, et je ne sais pas pourquoi, j'avais confiance en Remus.

" On va dire que la nuit a été blanche, donc le réveil très dur. "

Il me fit un regard compatissant, comme s'il comprenait ce que je vivais. Avec ce garçon, on se sentait tout suite à l'aise et je suis sure qu'il pouvait soutirer un secret à un Mangemort sans même utiliser de Véritasérum. Je le détaillai tandis qu'il coupait les dernières branches de Gerbedouce. Ses mains étaient fermes, et la facilité avec laquelle il enfonçait la lame dans la plante me déconcerta. Je levai la tête vers son visage. On pouvait voir un pli sur son front, signe de concentration. Quelques mèches de cheveux sauvages barraient son front, bougeant sensiblement au rythme de ses mouvements. La courbe de son nez arrondi descendait vers ses lèvres légèrement entrouvertes. Je remarquai des petites cicatrices sur sa joue et me demandai la raison de leur présence. Pendant que j'émettai quelques hypothèses douteuses, toujours en observant ses mimiques, il se tourna vers moi avec un air interrogateur.

" Quoi, je pleure moi aussi? demanda-t-il me faisant sortir de ma transe.
- Euh.. n-nan " marmonai-je en rougissant.

Je détournai mon regard sur le livre, tachant de me concentrer sur la recette. J'aurais du être un peu plus discrète sur ce coup. En plus d'être nulle et empotée, je me faisais l'effet d'être une bécasse. Mon image empathissait de plus en plus, il valait mieux que je ne me laisse plus distraire et finir cette fichue potion.

Nous passames le reste du temps à travailler en silence, si ce ne sont quelques explications et recommandations de Remus à mon égard. Le temps passa assez vite et j'en fus ravie. La fin du cours s'annonca quand Slughorn nous donna à faire quarante-cinq centimètres de parchemin pour la semaine prochaine, sur l'origine, les effets et les conditions d'utilisation du Véritasérum. Dommage que le travail n'était pas en équipe cette fois-ci.

Remus partit rendre la potion au bureau sous l'oeil appréciateur de Slughorn puis se dirigea vers la sortie. Par un élan de courage, je le rattrapai en courant et lui retins le bras. J'enlevai aussitôt ma main, maladroite. Il m'interrogea du regard.

" Je voulais te dire merci, enfin pour la potion. J'aurai surement une bonne note grace à toi. " réussis-je à articuler.

Son visage s'apaisa et un petit sourire apparut au coin de ses lèvres.

" Toi aussi, t'as participé alors tu as autant de mérite!
- Tu sais bien que non, lançai-je
- Bon d'accord, j'ai peut être un peu plus de mérite que toi alors! " plaisanta-t-il (ou pas).

Je ris franchement moi aussi, et nous nous séparames. Je retournai à la salle commune, je n'avais plus cours de toute façon. J'étais surprise par ma réaction envers Remus, on aurait dit une de ses groupies éperdue de lui. Pouah, je me dégoutais moi même. Bizarrement, je me sentais un peu plus légère que ce matin. Mais le contre-coup du réveil brutal arriva et un mal de tête lancinant se propageait en moi. De plus, mon déjeuner manqué se faisait ressentir et je décidai après avoir posé mes affaires de faire un petit tour vers les cuisines.

Je descendai les dernières marches menant au hall d'entrée quand j'aperçus une scène pour le moins habituelle. Un sourire se forma sur mes lèvres, presque malgré moi.

" Mais quand vas-tu grandir Potter? l'incendia Evans. T'es Préfet-en-Chef et tu te permets de faire des blagues aussi puériles! Franchement, de la Glue Perpetuelle sur les bancs de la Grande Salle. Comment t'as pu faire ça? "

Cette fois-ci, je ris franchement. Les Maraudeurs commençaient fort cette année. Finalement, c'était peut être aussi bien de m'être levée en retard, j'avais pu échaper à cette farce. Je m'imaginais mal enlever ma robe de sorcier collée à tout jamais sur le banc. Mais il est fort dommage que je n'ai pas vu la scène. Ca devait être hilarant.

Mais ça l'était moins pour Potter en ce moment. Il affichait une certaine peur sur son visage mais ne paraissait pas désolé, au contraire. On voyait bien qu'il s'était payé une bonne tranche de rire. Je me demandais si Sirius, Remus et Peter étaient dans le coup eux aussi. Je voyais la pauvre Lily bouillir de l'intérieur et James fronçait les sourcils, attendant qu'elle explose.

" Oh et puis je m'en fiche! Quelle connerie il a fait Dumbledore en te nommant Préfet. Tu te rends compte, il va falloir repayer huit bancs et une centaine de robe de sorciers! Y'en a qu'on pas les moyens de se les payer! "

Ah, j'avais pas pensé à ça sur le coup. James était à présent furieux, ce qui se comprenait.

" Comment peux tu penser ça de moi? s'indigna-t-il. Je suis pas un monstre Evans! Sache que ce sort n'est qu'un dérivé de la Glue Perpétuelle, ses effets durent seulement deux heures. Si je ne t'aimais pas, je penserais que t'es une coincée, relache un peu... ajouta-t-il mais la gifle que lui assena Lily arrêta son discours.
- Sale Veracrasse! " hurla-t-elle.

Elle partit dehors sans demander son reste, telle une furie rousse (si ça existe). James porta une main à sa joue et la frotta. Sous ses lunettes, ses yeux chocolats étaient emplis d'un certain désespoir et se firent vides pendant un instant. Il me faisait de la peine, sincèrement. Je me décidai à reprendre mon chemin et passai devant lui, lui faisant un regard compréhensif. Il haussa les épaules puis me souria. Ce n'était pas un sourire hyper joyeux mais c'était mieux que rien. Dire à Evans qu'elle était coincée n'était pas franchement la bonne tactique à adopter. Il avait apparement compris, enfin j'espère pour lui.

Je continuai ma route, arrivai en cuisine et me commandai une part de cheesecake. Le reste de la matinée se passa sans anicroches. J'ai tenté de commencer mon devoir de potions. Ce n'était pas dans mes habitudes de m'avancer mais je n'avais rien à faire, de plus la septième année s'annonçait très difficile, autant mettre toutes les chances de mon côté. Et puis il fallait que je m'occupe l'esprit, afin de ne pas penser à des choses trop sombre. Seulement, mon mal de tête augmentait de plus en plus et mes efforts de concentration furent vain. Si l'infirmerie ne me révulsait pas autant, j'y serais allée en courant dès maintenant.

Je poussai mon énieme soupir devant mon assiette de haricots. La Grande Salle était bondée, normal au déjeuner. Le vacarme était assourdissant quand on y faisait attention. Mais moi je me sentais seule. Ce début d'année ne s'était pas trop mal passé, ça aurait pu être pire disons. Je pensais que le souvenir de Mary m'empécherait de vivre pleinement. D'accord, je n'étais pas au mieux de ma forme, mon esprit était souvent ailleurs et je ne respirais pas vraiment le bonheur. Mais je n'étais pas malheureuse, je redécouvrai Poudlard, le Poudlard sans Mary. Car en sixième année, juste après sa mort, je ne voyais rien autour de moi, ne parlais pas et ne pensais pas. D'ailleurs je ne me souvenais même plus de certaines périodes comme si j'étais présente mais pas consciente de mes actes. Et là, c'est comme si je voyais des choses que je n'avais jamais vu. Ce qui me tracassait le plus, c'est que je n'avais personne à qui raconter tout ça. C'est là que Mary me manquait le plus. Tout ceci était... ennuyant sans elle. Je ressentais un énorme vide. Je suis sure qu'elle m'aurait ri au nez si je luis aurais raconter tout ça, mes lèvres s'étirèrent à cette pensée. En un certain sens, Mary était toujours présente, je l'entendais me sermonner au fond de moi. Voila que je devenais folle, squizophrène même mais cette idée était rassurante. Oui c'est sur, folle à lier!

Je marchai dans les couloirs, me dirigeant vers la classe de Soin aux Créatures Magiques. Nous avions cours théorique et je me réjoussais intérieurement. C'était ma matière préférée. Enfin, il fallait aller au delà des Scrouts à Pétard ou des Botrucs bien sur. Le programme de spécialité était largement plus intéressant: elfes, loups-garou, fées, vampires... en plus j'adorais mon prof': Mr Banner. Il était sympa, agréable et souriant. On voyait que la matière le passionnait et il transmettait cette passion à ses élèves. Tout du moins, à ceux qui savaient la recevoir.

Je tournai vers un autre passage, plus fréquenté celui-ci. Les élèves allaient en cours, discutant gaiement. C'est là que mon sentiment de solitude réapparut, au milieu de cette foule. J'avais l'impression que tout tournait au ralenti autour de moi, que je ne faisais pas parti de ce monde. Je me dépêchai d'entrer dans la salle pour y voir déjà quelques élèves installés. Je souris en voyant un certain Serpentard assis au troisième rang. Il regardait par la fenêtre, sa tête posée sur sa main, rêveur. Ses cheveux chatains avaient poussé durant l'été ce qui lui donnait un côté rebelle. Ses grands yeux verts et ses traits fins lui donnaient un air faussement angélique mais son statut de Serpentard démontrait tout le contraire. Je le connaissais depuis ma troisième année et nous étions désormais "partenaires" en créatures magiques. Il ne voulait pas le dévoiler à tout le monde de peur de ternir sa réputation. Ben oui, trainer avec une Gryffondor n'était pas bien vu chez les Verts. Parler avec lui était agréable mais ça ne serait pas un grand ami. Nous étions trop différents.

Je m'approchai hésitante, puis donnai une tape sur son épaule.

" Salut Isidore! m'exclamai-je plus enthousiaste que je ne l'aurais voulu. Je peux reprendre ma place ou c'est déjà pris?
- Hey Hel', oui bien sur tu peux, répondit-il légèrement surpris. Comment vas-tu? "

Il parlait, semblant détaché de tout mais avec les années, j'appris que c'était sa voix normale. Seulement elle était plus grave En regardant plus attentivement, je vis que la puberté avait agi sur lui. Il avait en effet une barbe de trois jours qui lui poussait sur le menton et les joues. Ca fait un peu bizarre de le voir ainsi, je ne pensais pas qu'il aurait autant changé en un été, mais ça ne faisait que renforcer son charme.

Nous échageames les banalités d'usage, parlant de nos étés respectifs, les évènements tragiques de ces derniers temps et la rentrée à Poudlard. J'omettai bien sur de lui parler de Mary et toute chose s'y rapportant. J'appris avec surprise qu'il était contre Voldemort et ses idées lugubres de Sang-Pur. Très étonnant de sa part, puisqu'il était lui même un sang-pur, de surcroît à Serpentard.

Mr Banner arriva un peu en retard et nous pûmes commencer le cours. Notre prof' n'avait pas changé d'un pouce si ce n'est la moustache qu'il s'était faite pousser. Son patalon en lin était à présent vraiment trop usé pour être porter et son pull trop grand le faisait paraître myséreux. Ses sourcils brouissailleux me faisaient penser aux hommes de Cromagnon. Cependant la sympathie qu'il dégageait nous montrait bien le grand coeur qu'il avait.

Je suivais avec attention le cours: la naissance des elfes, en tant qu'espèces. C'était passionnant. Mais ceci était gaché par mon mal de tête qui persistait encore, la douleur s'emplifiant à chaque minute. A la fin du cours, tout son un peu trop fort m'était insoutenable. Le bruit se répercutait dans ma tête telle une balle rebondissante, doublant sa puissance à chaque choc. Je pensais réellement cette fois-ci faire un tour à l'infirmerie. Je n'allais pas tenir plus longtemps ainsi.

Je saluai Isidore rapidement et me dépêchai de sortir. L'air frais des couloirs me fit un peu de bien, je fermai les yeux pour apprécier la sensation. Je marchai plus vite à présent, le regard vers le sol. Seulement je ne vis pas Peter Pettigrow qui arrivait en sens inverse et le percutai de plein fouet. En levant la tête, je m'aperçus qu'il était accompagné de Black et Lupin. Je ramaissai vivement mes affaires, me répendant en excuses auprès de Peter. J'allai repartir quand Black m'apostropha:

" Ben alors, on dit même pas bonjour Harper? "

Je me retournai et lui fit un signe de tête. Il avait les mains dans les poches, me surplombant de sa hauteur. Ses yeux avaient encore cette lueur de mépris et de colère qui me laissait perplexe. Je ne comprenais pas vraiment son attitude envers moi. Voyant mon manque de réaction, il s'empressa de poursuivre:

" Mais dis-moi c'est quoi cette serpillière que t'as en guise de cheveux? toisa-t-il. Rassure moi, les peignes existent chez les moldus?
- Sirius... , le réprimanda Remus. "

Alors, je devais ressembler à un poisson qui gobait des mouches. Plus ça va, et moins j'y comprenais. Qu'est ce qui lui prend de me dire ça? Peter pouffa mais la tape que Remus lui asséna dans le dos le stoppa net. Je repris rapidement contenance.

" Je peux savoir ce qui te prend? demandai-je réellement surprise. C'est quoi ton problème avec moi? On dirait Malfoy quand tu parles comme ça
- Ne me compare pas à cet idiot!
- Tu te comportes comme tel pourtant (je le regardai à présent dans les yeux, cherchant une réponse).
- Je ne te permet pas de m'insulter, s'exclama-t-il vraiment en colère.
- Pourquoi? T'es supérieur à moi c'est ça? Pffff, pouffai-je balayant l'air avec ma main, c'est pathétique... "

Ses yeux me fusillèrent mais je ne baissai pas le regard. Sa bouche formait un rictus nerveux, signe de mécontentement. Il bouillait sur place, je le voyais bien. Il essayait de se retenir, de ne pas dire ce qui le démangeait mais moi j'aimerai bien savoir.

" Ben vas-y, dis moi ce que je t'ai fait! réitérai-je
- Tu vis, m'avoua-t-il. C'est toi qui aurait du mourrir à sa place. "

Aucun nom n'avait été prononcé mais je compris tout de suite de qui il parlait. Un poids tomba brusquement dans mon ventre et ma vue de brouilla. Je compris que je pleurais quand les larmes coulèrent sur mes joues mais je ne baissai pas le regard. Je cherchai quelque chose à répondre mais rien ne vint. La vérité m'apparut enfin, j'aurai effectivement du mourrir à sa place.

Puis tout se passa brusquement. Ma tête me fit plus mal que jamais tellement que je fus obliger de la prendre dans mes mains. Un son aigu se propageait et je fermai les yeux à cause de la douleur. Je me sentai perdre pied, jusqu'à ce que soudainement, je plaquai Sirius contre le mur. Enfin c'était physiquement moi mais dans ma tête j'avais l'impression d'avoir une seconde de retard avec mes mouvements. Je sentais mes joues chauffer tandis que mes mains se ressérèrent sur le cou de Sirius. Ce dernier était trop surpris pour réagir. Dans mon subconscient, je ne voulais pas faire ça mais une autre force en moi m'y contraignait. J'étais réellement paniquée, ne sachant que faire. Pourtant mon visage était empli de haine. Je ne voulais pas faire de mal à Sirius, encore moins le tuer. Il me suppliait du regard, essayant vainement d'enlever mes mains soudées à son cou. Remus tenta de me dégager, mais toujours avec ce retard mental, je ne réalisais qu'après que je l'avais envoyé dans le décor avec une force surhumaine.

Je regardai toujours Sirius qui agonisait sous mes mains. D'un côté, une haine incommensurable naissait en moi, voulant abattre Black et de l'autre, j'étais complétement désemparée. Puis d'un seul coup, aussi vite que ça avait commencé, tout se stoppa.

Je "repris" possession de mon corps et lachais aussitôt Black. Il s'affala contre le mur et suffoca. Je voyais réellement la peur dans ses yeux. Puis je repris mon souffle, regardant mes mains. Comment j'avais pu faire ça? Je... nan, ça ne pouvait pas être possible. Ma vue se troubla de nouveau, mes mains devinrent floues et mes genous fléchirent.

Je me sentai partir. Je fermai les yeux laissant le vide m'envahir.