Chalut !

Merci pour vos reviews qui pleuvent de toute part, que ce soit pour ma fic précédente, pour celle ci ou encore les vieilles, que c esoit ici ou sur mon blog... C'est que du bonheur, j'adore ce début d'année !

Anne Laure : Eh oui, la boucle est bouclée. Ma première fic était avec les Maraudeurs et celle ci aussi... ce qui ne veut pas dire que ce soit la denrière, juste que ça va bientôt faire un an que je suis sur FF...
Camille :Bah oui il fallait bien que j'inove quelques parts alors quitte à les mettre à Serpentards, je les ai fait un peu... méchants. Mais t'inquiètes tu les aimeras... Au bout d'un moment on s'habitue à tout ;)
Dailly Till : J'espère en tout cas qu'elle te plaira...

Bonne lecture et à vendredi
E


Le début de la mésentente

Tout explosa en quatrième année, en fin de quatrième année.

Cette année là, j'avais vu mon corps se transformer peu à peu pour prendre des courbes plus généreuses. Aux vacances scolaires, ma mère m'avait aidé à renouveler ma garde robe pour mon plus grand bonheur. J'avais féminisé le contenu de mon armoire sans pour autant dévoiler beaucoup de chair.

Le regard des garçons avaient aussi évolué et me gênait. Au début, j'avais été mal à l'aise devant leurs yeux scrutateurs et parfois appréciateurs. J'avais rougi, j'avais bafouillé avant de réussir à ignorer cette gêne qui accompagnait toujours ces moments là. Et les réactions, exagérées, de mon père m'avaient fait rire alors que maintenant elles m'agaçent prodigieusement. Enfin avant…

Au mois de juin de notre quatrième année, je me trouvais être, comme les années précédentes, major de promotion. Mes amies m'en avaient félicité et les professeurs avaient laissé entendre que je serais sans doute préfète l'année suivante. Scolairement tout allait bien.

Du coté des Maraudeurs, là aussi tout allait pour le mieux puisque mon manque de réaction les ennuyaient et que, par conséquent, ils préféraient aller humilier les autres. Mais voilà, j'étais une malchanceuse de naissance et cela ne pouvait pas durer. Il fallait qu'à un moment je perde le contrôle de ma vie et ce fut ce soir de juin que se produisit le brusque tournant.

Je me promenais peu avant le couvre feu. Les filles parlaient de garçons. Pour tout dire, elles bavaient devant les Maraudeurs dont les farces ne faisaient qu'ajouter à leur charme. Si j'avais été de bonne foi, j'aurais avoué à l'époque qu'ils étaient déjà fort mignons. Mais je ne l'étais pas et je les détestais pour les blagues qu'ils nous faisaient subir.

Au détour d'un couloir, j'avais entendu des voix. Trois voix que je reconnus très rapidement. Mon premier réflexe, dicté par l'instinct de survie, fut de me cacher avant de continuer à écouter leur conversation.

Ce soir là, j'étais d'humeur vengeresse et je souhaitais les battre à leur propre jeu. J'espérais qu'ils parleraient de la future farce qu'ils avaient organisée, que je pourrais déjouer et pourquoi pas retourner contre eux, alors j'écoutais vraiment très attentivement.

- Bon tout est prêt pour ce soir.

- Cool, je suis sur qu'il va en rester baba !

- Oui, on a bien fait de garder le secret…

Je me rapprochais le plus possible pour entendre.

- On va bien s'amuser ce soir dans la Forêt Interdite !

Mon sang s'était glacé. La Forêt Interdite faisait partie du parc de Poudlard. Chaque année le directeur répétait qu'il ne fallait en aucun cas y aller à cause des créatures qui y vivaient et qui n'apprécieraient pas forcément de nous y voir. Je savais que certains élèves lors de leurs retenues y allaient avec le garde chasse pour chercher des plantes ou encore des animaux magiques.

Mais ce que je savais depuis près de deux ans, c'était qu'un loup garou s'y baladait en toute liberté les soirs de pleine lune. Or la pleine lune était prévue pour ce soir justement ! D'où le sang qui se glace dans les veines… Et le mouvement de recul que j'avais eut… Et tandis que l'armure que j'avais bousculée, tombait je courrais le plus rapidement possible vers ma tour pour chercher de l'aide. J'entendais très clairement les bruits de courses dans mon dos.

- Poil de Carotte !

- Reviens ici tout de suite !

- Les gars, il faut la stopper avant qu'elle ne prévienne un préfet !

Leurs réflexions m'avaient donné une idée. Je savais très bien où se trouvait celui de septième année des Griffondor et par chance je n'étais plus très loin. J'avais à peine hésité avant d'hurler son nom afin qu'il sorte de la salle désaffectée où il venait soit disant réviser avec sa petite amie.

- Qui hurle comme ça ? Furent ses mots en ouvrant la porte.

Je le percutais de plein fouet avant de tendre le bras derrière moi. Au coin du couloir, les Maraudeurs s'étaient statufiés. J'avais trouvé un préfet mais pire que tout j'avais trouvé le seul qui leur vouait une haine indescriptible.

Pour expliquer cette rancœur, il fallait remonter quelques mois plus tôt au moment de la St Valentin. Williams, le préfet, avait passé une bonne partie de sa matinée à se préparer pour son rendez vous galant. Une fois arrivé devant celle qui allait devenir sa petite amie, avec un sourire de vainqueur il avait commencé à lui parler mais seul un nuage de mouche était sorti de sa bouche…

Inutile de dire que ça avait ruiné son rendez vous. Il avait alors décidé d'être leur pire cauchemar et ces derniers mois une guerre rangée avait eut lieu entre eux. Et c'était les Serpentards qui avaient un avantage certain.

- Qu'est ce que vous faites là tous les trois ?

- …

- Encore à ennuyer un Griffondor ?!

- On a rien eut le temps de faire, dit Sirius, le regard menaçant fixé sur moi.

- Ils ont l'intention d'aller dans la forêt Interdite ce soir, murmurais je.

J'avais parlé le plus doucement possible mais j'étais quasiment sure qu'ils m'avaient entendu les dénoncer. Je ne pouvais pas garder l'information pour moi, ils risquaient de se faire tuer s'ils y allaient ce soir. Je ne pouvais pas dévoiler l'existence du Loup Garou. Sa présence avait été tenue secrète depuis longtemps alors autant qu'elle le reste.

- Vous êtes punis ! Hurla le préfet.

- Et sous quel prétexte ? Demanda Black avec un sourire en coin.

- Vous avez agressé cette élève.

Je me retournais vers les Maraudeurs pour voir leurs regards posés sur moi. Ils ne m'avaient pas agressé, ils n'avaient même pas eu le temps de me toucher… Mais là, je voyais très bien qu'ils en avaient très envie… Je me tournais vers le préfet bouche bée. Se rendait il compte qu'ils allaient se venger sur moi ? A son petit sourire, je compris que cette partie du problème ne l'avait même pas effleuré.

J'étais rentrée avec lui dans la Tour Griffondor, avant de filer dans mon dortoir en espérant y trouver un sentiment de sécurité… Mais de voir mes amies parler de garçons et des nouvelles robes à la mode ne me procura qu'un vague mal être. Il ne restait pas longtemps avant le départ en vacances et il me faudrait être très prudente jusque là mais au moins je savais qu'aucun élève ne serait blessé ce soir.

Par contre, le lendemain matin… J'eus à peine le temps de franchir le tableau de la Grosse Dame que j'étais violemment projetée contre un mur, atterrissant lourdement sur le sol. J'entendis des rires autours de moi dont un qui ressemblait bizarrement à un aboiement. Le visage de Potter apparu alors devant mes yeux.

- Ne te mêle plus jamais de nos affaires, murmura t il en m'aidant à me relever.

Une fois debout, il était reparti vers la grande salle, suivi de deux de ses amis, sans un regard en arrière. S'il cherchait à m'effrayer il pouvait se féliciter d'avoir réussi… Mais je ne me voyais pas lui parler du loup garou. Il était le type de personne à chercher à ridiculiser tout le monde alors cet élève…

Je sentis du chaud sur ma joue. J'y portais la main et découvris que je saignais. Tout le monde était parti manger le petit déjeuner. Même mes amies ne m'avaient pas attendue. Il en était toujours ainsi quand un élève se faisait rudoyer par les Maraudeurs, les autres disparaissaient pour ne pas subir eux aussi. Au fond de moi, j'avais espéré que mes amies seraient plus solidaires…

Je marchais en boitillant vers l'infirmerie, me remémorant toute la scène. Les coupables de mon vol plané ne faisaient aucun doute et ce qui était sur aussi, c'est qu'ils ne paieraient pas pour tout cela… Comme toujours. Un sentiment d'injustice m'empara, me broyant le ventre.

J'ouvris la porte de l'infirmerie. Seul un lit dans le fond était occupé. Je cherchais quelques minutes partout mais aucune trace de Mme Pomfresh… Peut être l'élève pourrait il me renseigner… Délicat d'aller voir quelqu'un qu'on ne connaît pas dans une infirmerie. Ca pouvait être une blessure toute bête comme la mienne ou quelque chose de plus personnel… Mais un élancement dans ma joue me fit prendre mon courage à deux mains pour aller le voir.

Je n'étais plus qu'à deux pas quand je me raidis, incapable de savoir si je devais continuer d'avancer ou faire demi tour. Dans son lit, Rémus Lupin me regardait fixement cherchant sans doute à savoir pourquoi je m'approchais volontairement de lui. J'avais esquissé un léger sourire avant de prendre la parole.

- Salut… Tu sais où est l'infirmière ?

- Comment t'es tu fait cela ?

Sa voix était douce. Il n'y avait aucune menace et le fait que je lui parle ne semblait pas le déranger. Je m'approchais un peu plus. Devais je lui dire que ses amis étaient les responsables ? Se moquerait il de moi ?

- Tes amis n'ont pas apprécié que je les dénonce hier soir…

- Hier soir…

En répétant la fin de ma phrase, il avait perdu contact avec la réalité comme s'il plongeait dans ses souvenirs. Et au vu des barres qui venaient de se former sur son front, ce n'était pas agréable…

- Oui, ils voulaient sortir du château…

Il posa ses yeux sur moi, et je me sentis obligée d'ajouter quelque chose.

- Les soirs de pleine lune, il faut rester bien à l'abris, non ?!

Il avait commencé à gesticuler dans son lit. Et là, j'avais commencé à réfléchir, à assembler les morceaux du puzzle…

- Pourquoi, tu crois qu'il y a un loup garou à Poudlard ? M'avait il demandé, feignant la moquerie.

- Non, je sais qu'il y en a un.

Un lourd silence s'était abattu entre nous. Il me fixait avec une telle intensité que je me sentis mal à l'aise. Je m'approchais un peu plus de son lit et m'asseyais dans le fauteuil à ses cotés.

- C'est douloureux ?

Je n'avais pas réellement voulu poser cette question. Enfin si, mais pas à lui. Lui et ses amis avaient l'habitude de persécuter les gens et je ne voulais pas qu'il croit que je me souciais de son bien être mais j'étais curieuse… Et puis j'allais ainsi savoir si j'avais raison de penser qu'il était un loup garou…

- Et tu crois que c'est moi ?!

- Oui.

J'avais répondu d'une voix ferme en le regardant moi aussi dans les yeux. Je comprenais très bien qu'il ne veuille pas m'en parler. Tant de choses nous séparaient mais je ne voulais pas qu'il me prenne pour une imbécile.

- Il me suffira de revenir à la prochaine pleine lune pour vérifier…

Il avait crispé les mâchoires. Il pensait sûrement que je lui ferais du chantage pour avoir la paix, ou que je n'hésiterais pas à le dire à tout le monde pour que les Maraudeurs perdent un peu de leur superbe…

- Et tu me retrouveras ici… Oui, ça fait mal. Mal physiquement et psychologiquement. La transformation est douloureuse et j'ai toujours peur de blesser quelqu'un…

- C'est pour cela que je les ai dénoncé hier…

- Tu as bien fait. Je n'aurais pas supporté d'avoir la mort de l'un d'entre eux sur la conscience…

Je du faire une moue sceptique ou qui traduisait mon inimitié avec ses amis parce qu'il ajouta :

- Ils ne sont pas aussi mauvais que tu le penses. Ils le savent depuis des années et ne m'ont jamais repoussé…

- Alors que vous m'avez repoussé parce que j'étais Griffondor, dis je en me levant. Je vais y aller…

Je n'avais pas attendu qu'il réponde et tandis que j'arrivais près de la porte celle-ci s'ouvrit en grand pour laisser passer les Maraudeurs et l'infirmière. Les premiers me jetèrent un regard noir et partirent voir Rémus un peu plus loin. Mme Pomfresh, quant à elle, s'occupa de moi, et bientôt toutes traces de la matinée avaient disparu.

Finalement je n'eus pas plus de coups pour les avoir dénoncé et je me posais beaucoup de questions. Durant l'été, je n'avais pu m'empêcher de craindre cette rentrée. Je trouvais si étrange qu'ils oublient si facilement ces heures de retenues qu'ils avaient eu par ma faute.

Les nuits de pleines lunes, je pensais à Rémus… Des trois, il avait été le plus gentil et même dans l'infirmerie, il n'avait rien fait pour être sur que je me taise. Non, il était toujours calme et doux… A se demander pourquoi il traînait avec de tels abrutis… Etait ce parce qu'ils savaient tout de sa condition ou y avait il des raisons plus profondes ?