Vous êtes partant pour un OS dérivé de Kurenai club?
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Titre : Kurenai club (AU, dérivée de ma fic)
Rating : T
Résumé : Kurosaki Ichigo vient d'arriver à la fac de Tokyo et reçoit l'aide d'un étudiant aux cheveux bleus. Seul problème : Kurosaki souffre d'un dédoublement de personnalité, et c'est le bleu qui en profite!
Disclaimer : Bleach appartient à Tite Kubo.
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Kurosaki Ichigo travaillait depuis seulement trois minutes, vingt secondes et un demi centièmes dans ce club pour le moins « hors du commun », qu'il avait déjà rencontré tout le monde.
Kaien, Shuuhei, Yumichika et… Grimmjow.
Ichigo aurait préféré être aveugle plutôt que de plonger ses yeux dans les deux lagons bleus de Jaggerjack. Ce n'était pas humain d'avoir des yeux pareils!
Il devait, d'un simple coup d'œil, hypnotiser les hommes, les soumettre à ses désirs, enfin les mettre à ses pieds!
Ichigo était attiré par ce genre d'homme. Comme un aimant.
Grimmjow était ce genre d'hommes qui vous restait dans la tête. Vous savez, le genre dont on n'oubliait ni la voix, ni le corps, ni le sourire, ni les yeux. Le rouquin avait cette image gravée en lui.
Le bleuté ne lui adressa qu'un sourire qu'il qualifia de moqueur et il se sentit oh combien laid face à lui! Comment un homme tel que lui pourrait, ne serait-ce qu'une seconde, poser ses yeux sur lui?
Ichigo aimait les hommes. Ce n'était pas un crime, il savait que ce n'était pas un crime, c'était même plutôt agréable.
Ichigo était vierge. Ce n'était pas un crime, il savait que ce n'était pas un crime, et il aurait tout donné pour que Grimmjow soit celui qui le déflore.
Mais comment? Ce type n'était attiré que par l'argent, d'après ce qu'il en avait vu.
Tranquillement à l'abri derrière le bar du club, Ichigo essuyait machinalement quelques verres à bière pendant que Yumichika, un large sourire aux lèvres, servait un groupe d'hommes trentenaires près de la porte d'entrée.
Grimmjow les accompagnait et se trouvait au milieu d'eux. Visiblement, les mains qui se posaient sur ses cuisses ne semblaient pas le gêner.
Ichigo avait dû rater un épisode. Ce club vendait de l'alcool, ça il le savait. Ce club faisait travailler des hommes assez séduisants, plutôt jeunes qui déambulaient, fesses cambrées, entre les tables.
C'était ce qu'on appelait communément : une maison close!
_Ichigo, tu peux m'aider? Demanda cordialement un Yumichika essoufflé.
_Euh… oui, bien sûr! Lança le rouquin en se tournant vers lui.
_Il faudrait que tu t'occupes de la chambre 4...
« Chambre? »
_Il faut refaire le lit, changer les draps enfin tu vois quoi, non?
_Non!
Les yeux ambrés s'étaient élargis. En déglutissant difficilement, l'orangé se demanda ce qu'on lui avait encore caché.
Lors de son entretient avec Aizen, le gérant, il avait entendu parler très brièvement d'un sous-sol où les clients, accompagnés d'un des employés d'Aizen pouvaient descendre. Ichigo s'imaginait bien que, dans ce genre de lieu, ils ne devaient pas faire que du tricot…
_Mais euh… je ne sais pas où est la chambre 4! Lança-t-il, dans l'espoir d'échapper à la tâche.
_Tu descends les marches jusqu'au sous-sol, lui expliqua Yumichika, occupé à remuer un cocktail aux couleurs vives. La première porte sur ta gauche c'est la réserve. Prends ce qui t'es nécessaire puis ensuite va au fond du couloir et trouve la porte ornée d'un « 4 ». Ce n'est pas si compliqué, hein?
_Mais…
Le roux avait une bonne excuse. Au-delà du fait qu'il ne voulait pas descendre dans ce lieu sombre qui paraissait glauque qu'était le sous-sol du « Kurenai club », il ne savait, malheureusement, pas faire un lit convenablement!
Enfin, il savait faire son lit : ramener son drap sur son oreiller, sans faire attention aux plis. Mais faire un lit au carré, c'était une autre histoire…
_Prends exemple sur la chambre cinq, reprit Yumichika, jettes-y un coup d'œil et tu sauras comment faire le lit.
_Okay…
_En attendant, est-ce que tu peux me déboucher ces bouteilles-là! Je reviens!
Hissant son plateau sur sa main droite, Yumichika sortit de derrière le bar et avança dans la salle, prudemment.
Ichigo se tourna vers les bouteilles qui n'attendaient plus que d'être débouchées. Silencieusement, il fit son travail puis nettoya encore quelques verres qu'il rangea bien proprement sous le comptoir.
Lorsque Yumichika revint près de lui, il remarqua alors que Grimmjow avait disparu. Il n'était plus avec son groupe de clients et il n'était visible nulle part dans la salle…
_Qu'est-ce que tu attends? Lui demanda Yumichika en l'encourageant à descendre au sous-sol.
_J'y vais!
Prudemment, d'un pas lent, Ichigo descendit l'escalier en colimaçon jusqu'au sous-sol obscur.
Les lumière rouges qui tamisaient le couloir lui coupèrent la respiration pendant un instant. Il avait l'impression que des flammes dansaient sur les murs, sur son corps. Les lumières tamisées chauffaient l'espace mieux qu'un incendie et le roux prit son courage à deux mains et ouvrit la réserve. Il y prit de quoi refaire un lit convenablement puis s'avança dans le large couloir.
Il tenta, par tous les moyens en sa possession, de faire abstraction de ce bruit de grincement sonore provenant de la chambre « 2 ». Quelqu'un semblait l'occuper…
En parvenant jusqu'à la chambre « 5 », il l'ouvrit le cœur battant. Il espérait que personne ne se trouvait à l'intérieur.
Ses yeux se posèrent sur un espace agréable, à la lumière feutrée et sentant bon l'encens. Il apprécia le large lit moelleux aux draps rouges, puis étudia comment ceux-ci étaient pliés. Il tenta de garder en mémoire les éléments de la chambre puis sortit de la pièce pour pousser la porte de la chambre « 4 ».
_Ah bah c'est pas trop tôt!
Au milieu du volume, Grimmjow se tenait. Il fouillait dans l'armoire de la pièce et déposa une bouteille de couleur bleue sur la table de nuit.
_Qu'est-ce que tu fais là? Lui demanda le roux en déposant les draps sur un siège.
_C'est ma chambre préférée, répliqua le bleu, c'est là que j'couche le plus souvent!
_Okay, ça c'est fait, soupira l'orangé, quelque peu choqué.
Il avait subitement imaginé Grimmjow en position de levrette avec un quelconque inconnu au physique dégoûtant et au ventre bedonnant derrière lui…
Il chassa cette vision de son esprit et retira les draps du lit.
Ils semblaient avoir été salis… Il tourna un regard interrogateur vers Grimmjow.
Pourtant, il ne l'avait pas vu descendre avec un client. Tout du moins pas encore ce soir…
_Aizen et moi on a fait des folies de not' corps, expliqua-t-il.
Ichigo sentit son cœur battre plus fort. Aizen Sosuke? Le patron? Le patron et Grimmjow étaient… ils étaient ensemble?
La nouvelle sembla l'assommer mais il ne démordit pas à sa tâche et commençait à étendre les draps frais sur le lit. C'était vraiment trop glauque de refaire un lit sur lequel venait de passer son patron et ce type! Un type qui, en plus de cela, semblait lui retourner l'estomac comme jamais aucune montagne russe ne l'avait fait!
Kurosaki poussa en soupir de soulagement en constatant que le bleuté n'était plus dans la pièce. Il ne tenait pas à ce que Grimmjow, son regard perçant et son corps de rêve, ne l'observent pendant son travail.
Silencieusement, il retira les draps utilisés du lit. Il ne voulait absolument pas penser à ce qui avait pu se passer entre ces bouts de tissus…
« Goujat! » pensa-t-il avec un sourire en coin.
Était-ce vraiment lui, Kurosaki Ichigo, ce jeune étudiant sans histoire, qui changeait le lit d'une maison close? Était-ce lui qui s'imaginait les pires positions folles sur ce lit entre son patron et son collègue bleuté?
_Non…., souffla-t-il comme pour se réprimander lui-même.
Il passa plusieurs minutes à lisser les plis des draps, à tapoter les oreillers. Finalement, il n'avait pas si mal réussi.
L'armoire de la chambre attira alors son regard. Grimmjow en avait sortit une bouteille de couleur bleue qui reposait maintenant sur la table de nuit.
Le roux s'en approcha et déchiffra les mots inscrits sur l'objet :
_Lubrifiant? Lit-il avec une grimace. Je crois que je vais y aller…
Quelque peu dégoûté, il prit dans ses bras les draps qu'il venait de retirer et allait quitter la chambre lorsque l'armoire fermée attira de nouveau son regard.
Il n'y avait pas de mal à ce qu'il y jette un coup d'œil, hein?
La porte en bois s'ouvrit lentement, dans un grincement, et les yeux ambrés découvrirent la réserve personnelle de Grimmjow : préservatifs, lubrifiant à gogo, jouets aux formes bizarres, objets électriques, menottes…
_Là, je vais vraiment y aller! Souffla-t-il de plus en plus mal à l'aise.
Il referma l'armoire d'un geste maladroit et se précipita en dehors de la chambre. Le couloir était vide, et il s'empressa de rentrer dans la réserve en poussant un soupir de soulagement. La vision de ces choses à caractère sexuel et même S&M, lui serrèrent la gorge pendant de longues minutes.
Il devrait dire à Yumichika qu'il ne voulait plus faire ce genre de trucs…
_C'est fait?
La voix de Grimmjow le fit soudain sursauter.
Le roux porta une main à son cœur et se tourna pour le fusiller du regard. Il se tenait dans l'encadrement de la porte de la réserve. Son coude posé sur la poignée de la porte, et son autre main dans sa poche de pantalon, ses cheveux semblaient légèrement décoiffés.
Qu'avait-il bien pu faire depuis qu'il avait quitté l'orangé dans sa chambre?
_Oui, c'est fait! Répondit-il, agacé. Et je ne suis pas ta boniche!
_Non, mais tu pourrais le devenir…
Ichigo n'eut pas le temps d'esquisser un « quoi? » que le bleuté avait fait un pas dans la pièce. Instinctivement l'orangé recula, gardant une distance sécurisante entre lui et son collègue.
Le jeune homme ignorait pourquoi, mais la présence de Grimmjow, là avec lui, dans cet espace confiné le fit transpirer. C'était l'appréhension, rien de plus...
_T'es rouge comme une tomate!
_Tu t'es regardé?
La réplique n'était pas la mieux adaptée. Ichigo avait tenté de répondre du tac au tac, mais tout ce qu'il récolta fut un rire sadique.
_Relax..., reprit le bleuté. J'vais pas t'manger... Quoique!
Ses yeux se baissèrent soudain pour s'arrêter sur ce qui semblait être la braguette de notre jeune rouquin. Celui-ci, plaqua immédiatement sa main entre ses jambes, même si c'était complètement puérile.
Il observa la main de Grimmjow se tendre doucement dans sa direction, lentement, très lentement. Le temps s'était comme arrêté dans la petite pièce du sous-sol du Kurenai club. Les yeux ambrés virent passer une lueur étrange dans le turquoise du regard face à lui. Il ne sut jamais ce que cette lueur fut, mais il savait qu'elle avait agit comme une clef faisant sauter un verrou.
Les doigts de Grimmjow entrèrent en contact avec la peau de sa joue et malgré lui, le jeune roux dut admettre que c'était certainement le meilleur contact qu'il puisse exister sur cette terre. Les doigts du bleuté étaient chauds et leur peau rugueuse. Mais sa joue semblait apprécier.
Soupirant doucement, il ferma les yeux et apprécia encore un peu plus la caresse. Personne ne l'avait jamais touché comme ça. Pourquoi?
Pourquoi Grimmjow le touchait-il comme ça?
Mais à ce moment précis, ce n'était pas vraiment la question à se poser. Ichigo rouvrit les yeux.
L'homme qui se tenait devant lui, il ne le connaissait pas. Il ne savait rien de lui. Mais si les yeux étaient le miroir de l'âme, alors celle de Grimmjow devait être aussi pure que la mer des Caraïbes.
Pourquoi le regardait-il ainsi? Qu'avait-il de plus, lui, Ichigo?
Il avait oublié où ils se trouvaient. Il avait oublié que cet homme était un homme, que manifestement, deux hommes ne se regardaient pas de la sorte innocemment.
Mais avant qu'il n'ait put s'attarder plus longuement sur la question, l'autre referma la porte d'un coup de pied. Et bien entendu, Grimmjow éteignit la lumière d'un coup de poignet.
_C'est pas drôle! Lança la voix inquiète du rouquin. Rallume cette lumière!
Un silence étouffant l'entoura alors. Il tendit l'oreille de plus belle, n'entendant que le bruit d'un tissu qui frottait. Quand soudain, il sentit un corps se rapprocher de lui, il fit volte-face et tenta de s'éloigner de lui. Mais c'était peine perdue.
Ichigo se retrouva au fond de la pièce surchargée. Impossible de sortir, impossible d'aller plus loin. Impossible d'échapper à Grimmjow. Et le noir dans lequel il évoluait ne rendait la situation que plus effrayante.
Ou bien était-ce : excitante?
_Arrête! Lança alors l'orangé. Okay, j'ai bien flippé, maintenant rallume cette putain de lumière!!
Il poussa un cri alors qu'il sentit une main caresser ses cheveux.
Le cœur au bord des lèvres et l'estomac noué, il se débattit violemment alors qu'une autre main venait de passer dans son cou.
_Arrête, gémit-il.
Les pires situations imaginables passèrent alors dans son esprit. Ce type allait le violer! Ce type allait le violer et le tuer! Il allait lui faire des trucs horribles!
_J'te veux pas de mal, souffla le bleuté au creux de son oreille.
Le rouquin sursauta. Le souffle chaud tout contre son oreille lui donna un frisson. Mais était-ce réellement un frisson de dégoût?
Son cerveau était incapable de tourner correctement, de penser avec clarté. Les yeux turquoises semblaient briller dans l'obscurité, et Kurosaki eut un coup au cœur lorsqu'il comprit que les yeux le fixaient. Ce n'était pas seulement le toucher de cette homme sur sa joue qu'il avait apprécié, quelques minutes plus tôt. C'était aussi son regard. Il le captivait!
_Laisse-moi sortir, dit-il alors d'une voix mal assurée.
_Non, répondit l'autre.
_Et pourquoi pas?
_Parce que y'a qu'ici que j'peux faire ça…
Tout ce que put alors sentir Ichigo par la suite, fut une main chaude sur sa joue, ainsi qu'une langue humide jouer avec le lobe de son oreille. Même s'il devait avouer que cet homme le répugnait, la sensation était bien meilleure que tout ce qu'il avait pu expérimenter jusque là.
Mais hors de question que Grimmjow en sache quoique ce soit :
_Dégage, gros dégueulasse! Lança-t-il en repoussant l'homme aux cheveux bleus.
_Chuut… T'veux qu'on nous entende?
Ichigo se pétrifia. Les mains de Grimmjow ne cessaient de courir sur son corps, avec frénésie. Pourquoi lui faisait-il ça?
Il se tortillait, tentant d'échapper aux caresses déplacées. Ses mains posées sur les épaules musclées, il le repoussait de toutes ses forces. Mais Grimmjow était bel et bien accroché à lui, impossible de s'en défaire.
_Grimmjow… je… je vais le dire à Aizen…
_Tsss… Ca sonne comme une gamine de dix ans « j'vais l'dire à maîtresse »! T'crois que ça va m'arrêter?
Le souffle de Kurosaki devint de plus en plus court par la suite.
Les lèvres de Jaggerjack couraient à présent dans son cou, sur sa joue, traçant la ligne de sa mâchoire. Pourquoi ne lui mettait-il pas un bon coup de genoux entre les jambes?
Pourquoi Ichigo ne le repoussait-il pas avec plus d'ardeur?
« C'est parce que j'aime ça... » se dit-il soudain en sentant son cœur se serrer. Sa tête tournait à cause du plaisir. Son souffle était court, tentant de se calquer sur le rythme effréné de son propre coeur.
_Dis… dis-moi ce que tu veux et… et arrête ça! Reprit-il avec une grimace.
Grimmjow émit un ricanement sonore. Ses mains vinrent se positionner de part et d'autre du visage de Kurosaki. Ce dernier, emprunt à une appréhension de plus en plus grande, ne put qu'attendre la sentence.
Il savait que cet homme allait, par la force des choses, l'embrasser.
Ses lèvres étaient si proches. Même dans le noir de la pièce, il pouvait sentir son souffle chaud contre son nez, puisqu'il était plus grand que lui. Il pouvait sentir la proximité du corps de Grimmjow face au sien. Il ne s'était jamais retrouvé dans une telle situation avec un inconnu. Jamais il n'avait été si proche de quelqu'un de la sorte.
Jamais il n'avait été si excité...
_Peu importe si j'te dis c'que j'veux ou non, Bambi. D'toute façon, t'serais incapable de m'le donner, chuchota Jaggerjack tout contre ses lèvres.
_Je…
Mais avant qu'il n'ait pu protester ou dire un mot, le bleuté avait tourné les talons. La lumière fut allumée à nouveau et Ichigo, tremblant contre le mur de la petite pièce, observa Grimmjow quitter la pièce, sans un mot.
Le souffle court, les joues rouges et les jambes tremblantes, le rouquin tomba au sol. Son cœur battait si vite qu'il crut qu'il allait lui arracher la poitrine!
Pourquoi lui avait-il fait ça? Pourquoi l'enfermer ici avec lui, dans le noir, et ne rien lui faire? Il aurait put aisément l'embrasser, le toucher, le violer… Et pourtant, il n'en avait rien fait.
Les mains de Kurosaki se serrèrent l'une contre l'autre. Ses yeux se plissèrent.
En fin de compte, il n'était pas soulagé. Il n'était pas du tout soulagé que Grimmjow n'ait rien fait de son corps.
Il était simplement... déçu.
